Bonjour tout le monde ! Bienvenue sur le deuxième chapitre de Comment séduire Dean Winchester en douze leçons ! J'espère que vous l'aimerez autant que j'ai aimé l'écrire…

Au programme aujourd'hui : Cas' s'essaye pour la première fois à l'entreprise délicate de séduire un homme… Pire : un Winchester. Dix fois pire : Dean Winchester.

Je tiens à remercier tous mes lecteurs du premier chapitre, les anonymes, ceux qui ont laissé une review, ceux qui m'ont mise en follow ou favorite… Merci mille fois !

Je précise de nouveau que rien dans l'univers de Supernatural ne m'appartient (que d'injustice en ce bas monde). Pas plus que Cosmopolitan.

Bonne lecture… Et n'oubliez pas la review !


Chapitre 2

Leçon n°1 : Regard de braise tu auras

Ce fut avec le plus grand sérieux que Castiel, ce soir-là, s'installa tranquillement sur le siège arrière de l'Impala – le seul endroit au monde qui combinait tout à la fois les avantages d'être familier, à l'abri de Dean qui ne viendrait jamais le chercher là et silencieux. Castiel voulait se concentrer.

Il avait réfléchi toute la journée à sa conversation avec cette fille étrange qui lui avait conseillé de séduire Dean. La proposition était définitivement tentante. Présentée ainsi, elle lui paraissait avoir de sérieuses chances de réussir… et certes autant d'échouer, mais Castiel comptait bien s'impliquer profondément dans cette nouvelle mission.

Plus les jours passaient, plus rester en la présence de Dean sans pouvoir afficher ses sentiments devenait complexe. Castiel redoutait un refus catégorique s'il avouait son amour au chasseur; mais avec cette revue les choses étaient un peu différentes. Il possédait une chance véritable de peut-être vivre un jour une relation amoureuse avec le chasseur.

La fille (dont il ignorait le nom) avait suggéré à de nombreuses reprises que Dean ne lui était peut-être pas si indifférent qu'il ne le croyait. Castiel ne savait quel crédit apporter à ces paroles. Mais ce soir, il avait envie d'y croire.

Castiel avait l'intention d'étudier au maximum chaque ligne de chaque paragraphe de cet article pour obtenir le meilleur résultat possible. Il était hors de question que cette opportunité lui échappe.

Fronçant les sourcils sous l'effet de son intense concentration, l'ange ouvrit le magazine à la bonne page et, avec tout le sérieux dont il était capable (ce qui n'était pas peu dire), débuta sa lecture.


Le premier conseil concernait le regard que Castiel était censé adopter pour attirer Dean « dans ses filets », comme disait le magazine. En amour comme à la pêche, en avait conclu l'ange en hochant la tête d'un air déterminé.

Cette partie avait laissé Castiel passablement désorienté. Il avait l'intime conviction que Dean et lui échangeaient souvent de longs regards et communiquaient ainsi – mais peut-être n'étaient-ce pas des regards langoureux ? Des regards charmeurs ? Des regards intéressés ?

Dans le doute, Castiel allait y remédier.

Votre regard, en plus d'exprimer votre attirance, se doit d'attirer l'attention de l'autre. Mettez vos yeux de braise en valeur : ne lésinez pas sur l'achat de mascara et de fard !

La vendeuse du salon de beauté s'était montrée fort sympathique et n'avait pas rechigné à rester pas moins de trois heures en sa compagnie pour trouver le maquillage parfait. Elle avait même appelé toutes ses collègues pour qu'elles lui viennent en aide. Elles avaient pris énormément de photos de lui, ce qui laissait Castiel satisfait : on ne prend en photo que ce qui nous plaît, donc son maquillage était réussi.

Hélas, Dean avait lui jugé que son maquillage trahissait un très haut degré de comique et avait passé également trois heures sur le sujet… mais à rire, lui.

Sam aussi, à la réflexion.

- Bordel, Cas', c'est quoi ce bleu sur tes paupières, mec ? avait haleté le cadet, qui tentait de conserver son sérieux – sans succès.

- C'est pour faire ressortir mes yeux, avait rétorqué Castiel, froissé.

- Hey, Cassandra, tu t'es faite belle aujourd'hui ! avait rétorqué l'aîné, plié en deux, entre deux crises de fou rire.

Définitivement vexé, Castiel avait disparu, ôté promptement le maquillage honni et soigneusement barré sur le magazine l'option « adoptez un décolleté élégant ». Ainsi que celle « mettez vos lèvres en valeur : optez pour le plus sexy des rouges à lèvres ! ».

Il était vrai qu'il avait une enveloppe masculine. A croire que le monde se rebellait pour lui compliquer la vie.

Il décida alors de passer à la suite des évènements.

Après que les deux frères eurent calmé leur fou rire et cessé leurs moqueries, évidemment, ce qui avait mis une bonne semaine. Heureusement, Dieu avait doté Castiel de trésors de patience, ce qui, estimait l'ange, était une vertu vitale pour séduire Dean Winchester.

Castiel se prépara donc à l'étape suivante en tentant de ne commettre aucune erreur, cette fois-ci.

Jouez de votre regard, les filles ! Quoiqu'il arrive, fixez votre homme dans les yeux. Battez des cils à la Bambi sans hésiter, mais pas trop : le mâle sera séduit, il comprendra qu'il vous plaît ! Assortissez le mouvement d'un geste avec vos cheveux : jouez avec vos mèches, entortillez-les, ça a son petit charme !

Concluant que Bambi devait être assurément une jeune femme remplie de charme qui avait fait succomber tous les hommes du coin, Castiel s'était entraîné toute la journée à imiter ce qui était à présent son nouveau modèle - sans savoir comment faire précisément, certes. A présent que Dean, Sam et lui se trouvaient à manger dans un petit diner, il décida de passer à l'action, et passa les dix premières minutes à ne pas quitter l'aîné des yeux, sous le regard éberlué de Sam à côté de lui.

- Pourquoi tu me regardes comme ça, Cas' ? s'enquit finalement Dean en fronçant les sourcils, vaguement agacé. J'ai de la sauce sur le nez ?

- Non, tu n'en as pas, Dean, répondit l'ange en continuant de le fixer sans détourner le regard.

Il joua alors son va-tout, et battit des cils. Trois fois. Rapidement.

Dean le regarda avec des yeux ronds.

- Euh… Cas', mon pote, t'as une poussière dans l'œil, quelque chose ?

- Non, répondit de nouveau l'ange.

Et il recligna des yeux. Lentement, cette fois-ci, puisque le magazine ne précisait ni la longueur attendue de l'action ni son rythme.

- Cas' ? T'es malade ?

- Absolument pas, Dean, pourquoi ?

Castiel ne comprenait absolument pas ce qui n'allait pas chez Dean. N'envoyait-il pas des signaux assez clairs à l'humain ? Appliquait-il mal les conseils du magazine ?

Ce fut alors que l'ange se remémora une phrase de la revue qu'il avait bien failli oublier.

Bien sûr. Le problème devait venir de là : son action était incomplète, donc Dean ne pouvait pas comprendre, évidemment.

Aussi, Castiel remonta lentement la main vers sa tête, saisit une mèche de cheveux et la fit tourner entre ses doigts en regardant Dean tout en battant énergiquement des paupières.

Sam faillit s'étrangler avec sa feuille de salade.

Dean, lui, recula rapidement, l'air horrifié – même si une table entière et trois énormes hamburgers le séparaient de l'ange et que celui-ci ne représentait pourtant aucun danger...

- Cas'. C'est quoi ton problème, mec ? glapit Dean.

- Je te regarde, répondit calmement Castiel sans quitter le chasseur des yeux.

- Merci Captain Obvious, je m'en serais pas douté. Sérieux, arrête de me regarder comme ça. C'est flippant.

Si votre homme paraît gêné, ne vous alarmez pas pour autant. Ce n'est pas forcément un signe de dégoût ni de rejet. S'il s'enfuit en courant, il sera toujours temps de revoir vos techniques de drague.

- D'accord, Dean, acquiesça sagement l'ange.

Et il se tint tranquille le restant de la soirée. Avant de recommencer le lendemain matin, évidemment.

Cette fois-ci, Castiel comptait bien parvenir à son but, et pour ce faire, il avait longuement révisé la leçon inculquée par le magazine et s'était entraîné de nombreuses fois. Cette fois-ci, c'était sûr, Dean allait enfin se jeter dans ses bras et l'embrasser. Castiel ne rêvait plus que de ça. Comment seraient les lèvres de Dean ? Seraient-elles aussi douces que dans ses fantasmes les plus fous ? Et comment cela serait-il d'être dans ses bras ? De le caresser ?

Oui, ça ne pouvait que marcher, cette fois-ci, c'était certain !

Dean et Sam discutaient du fameux nid de vampires qui avait élu domicile en ville. Castiel, silencieux, en profita pour se répéter mentalement les consignes de la revue.

La meilleure façon d'être claire sur ses intentions et ses sentiments sans ouvrir la bouche ? Un échange de regards bien proportionné. Etape 1 : coup d'œil furtif. Etape 2 : quelques minutes plus tard, recommencez en laissant durer le regard. Etape 3 : soutenez son regard... Résultats garantis !

Castiel prit une petite inspiration discrète pour s'encourager. Il était fin prêt.

- Alors, Cas', qu'est-ce que tu en penses ? interrogea Dean en se tournant vers l'intéressé.

Castiel se mordit la lèvre et regarda Dean.

- Oui, je suis d'accord, approuva-t-il, avant de détourner prestement le regard.

- Ah. OK.

La voix de Dean laissait entrevoir une très légère note de… Qu'était-ce au juste ? De la surprise ? Du désappointement ? De l'hésitation ? Castiel ne sut analyser le phénomène plus précisément.

Il lui avait été difficile de détourner son regard des yeux de Dean. Il aimait fixer ces prunelles vert forêt pétillantes et hypnotisantes. L'ange aurait pu rester des heures à détailler les yeux de Dean et les moindres recoins de son visage, ce qui avait été une aide précieuse la veille au soir.

Il lui avait toujours semblé qu'il avait une connexion, déjà avec Dean, mais aussi avec ses yeux. Ils communiquaient ainsi. Sam leur faisait souvent la réflexion qu'il était extrêmement désagréable d'être dans la même pièce qu'eux lorsqu'ils se regardaient ainsi. « Bordel, trouvez-vous une chambre, qu'on en finisse ! » était une phrase qui revenait très souvent dans la bouche du cadet, lors de ce genre de discours – lequel n'était pas rare non plus.

La conversation reprit comme si de rien n'était et Castiel, sans fixer ouvertement le chasseur, ne put s'empêcher de jeter des regards à la dérobée à Dean. Dean qui, il s'en apercevait avec surprise, faisait exactement la même chose… avec un brin de méfiance en plus.

Non, il devait se tromper.

Mais… Mais si ! Là, un regard en coin, vite détourné…

Dix-sept secondes trois centièmes plus tard… Oh ! Exactement la même chose !

Dean faisait la même chose que lui.

Castiel sentit une panique grandissante l'envahir. Est-ce qu'une telle réaction était normale ? Dean était-il censé réagir ainsi, ou pas ? Qu'avait indiqué le magazine, déjà ? « Résultats garantis »… Mais ça ne veut rien dire ! se lamenta l'ange intérieurement.

Pourquoi un magazine pour femmes, déjà ? Pourquoi pas un magazine pour anges ? Ce serait plus pratique, ça ! C'étaient les anges qui avaient besoin de conseils amoureux ! Pas les femmes ! Elles devaient bien savoir comment faire ! Elles savaient décoder les signaux !

Pourquoi la Gazette du Paradis n'avait-elle jamais fait un article sur la question ? C'était bien beau, les exclusivités sur les dernières frasques de Gabriel, les méfaits des démons ou les nouveaux amis de Jésus, mais ça ne résolvait pas les problèmes délicats de séduction des humains ! Il allait écrire à la rédaction, tiens. Rochel serait ravi d'avoir un article aussi original. Et Mehiel bondirait de joie à l'idée de faire des recherches sur le sujet.

… Sauf qu'il était persona non grata au Paradis.

Conclusion : Castiel allait devoir se débrouiller avec Cosmopolitan.

Ô joie.

Puisqu'il en était ainsi, Castiel appliqua l'étape numéro deux illico presto.

- Tu crois qu'ils logent près de Porterville, toi, Cas' ? interrogea Dean en se tournant une fois de plus vers l'ange.

- C'est là que je les ai repérés, répondit Castiel en relevant les yeux et en soutenant le regard du chasseur qui lui sourit.

Une seconde. Deux… Trois… Castiel détourna le regard vers la fenêtre. Père, que c'était compliqué de faire ça !

Soudain, l'ange sentit une main qui se posait lourdement sur son épaule et l'obligeait à pivoter, ce qu'il fit avec surprise. Dean s'était avancé à grandes enjambées et le détaillait sévèrement. Castiel détourna le regard avec application.

- Merde, Cas', c'est quoi ton problème aujourd'hui ? cracha le chasseur en le secouant légèrement. Pourquoi tu évites mon regard ? T'as fait une connerie ou quoi ?

- Mais non ! protesta Castiel, choqué, en redressant la tête, un peu attristé.

Pourquoi Dean pensait-il que quelque chose n'allait pas ?

- Alors quoi ? s'impatienta Dean. Quelque chose ne va pas ? D'habitude tu te gênes pas pour me regarder !

- Mais, Dean…

- Tu es malade ? Quelque chose ? demanda une fois de plus le chasseur.

Castiel releva la tête et croisa le regard de Dean. Leurs yeux se vrillèrent les uns dans les autres. Vert contre bleu. Etape numéro trois.

Castiel eut l'impression de rentrer chez lui après un long voyage. La chaleur de ces magnifiques yeux… accompagnée de cette main sur son épaule… et…

Quelle chose étrange. Le regard de Dean était plein d'énervement, mais aussi… d'inquiétude ? Etrange, oui.

- Je ne comprends pas, Cas' ! reprit Dean. Je…

- Eh bien moi, c'est toi que je ne comprends pas, Dean, claqua la voix de Sam, sèche, à l'autre bout de la pièce. Un jour tu te plains qu'il te regarde trop, aujourd'hui qu'il ne te regarde pas assez… Faut savoir, Dean ! Tu veux quoi, à la fin ?

Oui, Dean, que veux-tu ? Veux-tu de moi ? songea Castiel, avide d'avoir une réponse.

Dean ouvrit de grands yeux, ouvrit la bouche également, balbutia quelque chose d'inaudible puis se tut. Sa main se retira de l'épaule de Castiel, sa bouche se plissa et finalement il s'éloigna à grands pas, furieux.

- Chier ! Vous faites tous chier ! rugit-il en sortant de la chambre et en claquant la porte derrière lui.

Malgré cette réaction disproportionnée et le départ de Dean, Castiel ne put s'empêcher de sourire. Visiblement, Dean ignorait ce qu'il voulait. Donc il ne rejetait pas forcément l'ange.

Peut-être Cosmopolitan n'était-il pas aussi inutile qu'il l'avait pensé…

A suivre…