Bonjour la compagnie!
Vous avez été nombreuses à demander une suite à cet OS!
J'ai été très surprise (et agréablement!) de voir avec quel enthousiasme il avait été accueilli, donc, en guise de remerciement, je vous laisse découvrir le deuxième (et dernier?) pan de cette aventure!
Au fait, je fais un peu de pub: la fiction "Préquelle en Sardou" de Indocile est une songfic qui se rattache directement à la première partie de cette histoire. N'hésitez pas à aller faire un tour!
Les reviews anonymes gagnent leurs réponse à la fin du texte, comme d'hab! :D
Bonne lecture!
Drago continuait de filer en silence Owen Cauldwell et ses acolytes. Ils marchaient, allaient sortir de la gare. Owen transpirait à grosses gouttes, et il changeait de main toutes les trente secondes pour porter sa mallette. Il jetait des regards en coin autour de lui, terrifié. A son inverse, les cinq autres avançaient d'un rythme quasi-militaire, le visage fermé. Etait-ce des sorciers ? Ils n'en avaient pas l'air : vêtus de costumes noirs, leurs lunettes de soleil sur le nez malgré l'absence absolue de l'astre du jour, ils ne ressemblaient en rien à des sorciers. Aucune trace de baguette magique. Une chance : Drago pourrait les neutraliser plus rapidement et facilement. L'image d'Hermione passa devant ses yeux. Il la chassa d'un geste bref. Il n'était plus question de ressasser le passé. Il avait été surpris de la voir, mais c'était fini. Il avait fini leur histoire depuis qu'il avait accepté de devenir Langue-de-Plomb. Il avait voulu servir le pays et avait renoncé à toute forme d'humanité. Cette humanité qu'il recherchait et qu'elle lui avait implorée. Plus que tout.
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- Ravi de voir que vous avez pris la bonne décision, Mr Malefoy.
- Quels talents voulez-vous de moi ?
La bouche de l'homme se tordit dans un sourire mauvais.
- Tu sais tuer, non ?
Drago se raidit.
- J'ai appris, en effet.
- Alors, ça va nous faciliter la tâche.
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Cette humanité qu'il avait désirée, qu'il avait presque réussi à atteindre. Grâce à elle, la fille de ses pensées, la femme de sa vie. Mais il avait choisi. Il avait préféré l'honneur à ses sentiments. Entre eux, ça avait toujours été ainsi. Pourquoi ça aurait changé ? Peut-être, s'il avait appris qu'il avait une fille, tout aurait été différent ? Peut-être aurait-il renoncé et vécu à l'abri loin du monde avec Hermione et Rose ? Il secoua la tête. Impossible. En troquant son humanité, en devenant une machine à tuer et à accomplir des besognes toutes plus ingrates les unes que les autres dans les ténèbres, il avait acquis un piédestal et désormais, Hermione pouvait être fière de feu-son fiancé. Il avait disparu en héros, et sa fille, qui avait ses yeux et qui lui ressemblait beaucoup, pouvait se montrer la tête haute et parader avec fierté à Poudlard. Son père était mort avec les honneurs, elle n'avait plus à craindre quoi que ce soit de l'ancienne réputation des Malefoy, lâche et opportuniste. Il avait fait ça pour qu'Hermione n'ait pas honte de leur relation. Après tout, il aurait fait la même chose s'il avait su à l'époque qu'elle était enceinte. Pour les protéger, il avait dû payer le prix fort. Mais il ne regrettait rien. Les voir heureuses, voir leurs sourires de loin, valait bien tous ces sacrifices. Elles étaient en sécurité. C'était tout ce qui comptait. Il ne s'en plaignait pas. Et il les aimait de loin. Et puis, de toute façon, même s'il avait voulu changer quoi que ce soit, ce qui était fait était fait. On ne refait pas le passé. Autant ne pas vivre dans les souvenirs.
- Il a appris à tuer, mais il n'a jamais tué de sa vie. N'est-ce pas, Malefoy ? Cette disgrâce sur ta famille…
Il serra les poings. Son regard se fit plus dur.
- Il n'a peut-être pas eu le courage de tuer, mais il a eu celui d'abandonner la femme de sa vie, ça prouve qu'il n'a presque plus de cœur. C'est un bon début pour rentrer dans ce milieu.
Hermione chercha du regard son voisin de siège dans la grande gare. Les sentiments étaient complexes et la submergeaient : elle l'avait cru mort. Finalement, il était en vie. Il était en vie. Etait-ce seulement possible ? N'était-ce pas un effet de son imagination ? Est-ce qu'elle était seulement consciente de ce qu'elle pensait ? Il était en vie. Cet homme qu'elle avait aimé. Cet homme qui l'avait aimée. Cet homme qui avait disparu. Cet homme qui réapparaissait à l'improviste. Et finalement, cet homme qui surgissait de son passé pour venir tout chambouler. Cet homme qui venait de disparaître à nouveau, la laissant avec encore plus de questions. Qu'est-ce qu'il faisait là ?
Son cœur se serra, elle manqua trois battements et sa respiration se saccada. Elle voulait en être sûre. Elle voulait le voir de ses propres yeux. Elle l'avait eu sous les yeux pendant deux heures de trajet, mais elle ne s'était rendu compte de rien. Il avait finement joué, mais il s'était trahi, il avait eu trop confiance en lui. Comme toujours. Et elle le connaissait si bien. A présent, elle voulait confirmer ses craintes.
Elle l'aperçut enfin, qui sortait sur la rue. Une chance. Elle n'avait rien à faire ici finalement : elle ne venait à Paris que pour rendre hommage à son fiancé décédé. Si ce dernier n'était pas décédé, quelle raison aurait-elle d'aller au cimetière prier sur une tombe vide ? Elle se décida donc à le suivre. Elle prit une distance suffisante pour qu'il ne remarque rien et le fila. Se faisant, elle ruminait. Elle voulait confirmer. Pour mieux se relever. Elle avait pleuré pendant quinze ans. Elle avait appris à accepter. Et voilà qu'il revenait. Comme par enchantement. Elle avait le souffle coupé. Trop de souvenirs vinrent bouillonner dans sa tête. Son sourire ravageur, ses yeux d'un gris cendre qui lui disaient « je t'aime », ses mains. Ses mains longues et blanches qui la connaissaient par cœur et qui savaient l'amener au septième ciel. Ses bras forts qui la serraient si intensément et pourtant si délicatement, de peur de la briser. Et cette bouche… Ses lèvres fines qui lui contaient monts et merveilles… ces mêmes lèvres qui vomirent la trahison de sa vie.
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- Je dois aller à Paris. J'ai une mission. Mais promis, mon amour, quand j'aurais fini, je demanderai un congé et nous irons passer une semaine loin de tout. Rien que nous deux. Tu m'as bien dit que tu rêvais d'aller à Paris ?
Elle rit avec légèreté en hochant la tête.
- Alors je reviendrai te chercher et nous irons visiter ensemble cette ville merveilleuse. Et je t'épouserai là-bas.
- Tu me promets que tu rentreras sain et sauf ? reprit-elle plus sérieusement, de l'inquiétude dans la voix. Et tu me promets que tu seras à l'heure pour m'y emmener, hein ?
- Je te le promets.
Il lui offrit un sourire tendre et elle se blottit dans ses bras.
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La rancœur commença à se faufiler dans son cœur. Je te le promets. Il lui avait promis. Etait-il au courant à cette époque qu'il ne rentrerait jamais chez eux ? Qu'elle allait éduquer leur fille seule ? Etait-il au courant et lui avait-il menti délibérément ?
Elle soupira. Evidemment. On ne prenait pas une telle décision à la légère. Il le savait et il avait monté tout ça. Il l'avait manipulée pour mieux l'endormir. Et elle, pauvre sotte, elle y avait cru. Elle se maudit. Mais elle le maudit encore plus. Alors comme ça, il s'était fichu d'elle. Il l'avait abandonnée. Il les avait abandonnées. S'il restait le bénéfice du doute sur le fait qu'il ne sût pas au moment où il avait pris sa décision qu'il allait devenir papa, il n'y avait plus de questions pour le présent. Depuis quand était-il au courant ? Depuis longtemps, à l'évidence. La photo qu'elle avait dans les mains était témoin. Et ça remettait beaucoup de choses en question. Notamment sur son mariage avec Ron. Parce qu'alors, Ron était au courant. Ron était peut-être même complice de Drago. Peut-être ? Sûrement. Sinon, elle n'aurait pas trouvé cette photo d'elle et sa fille dans le portefeuille de cet homme. Il était donc au courant qu'il se prédestinait à être père et mari.
Et il avait… fui ? Non, quelque chose manquait. Une pièce du puzzle était encore manquante. Hermione ne pouvait l'imaginer. Pourquoi avait-il décidé de mettre en scène sa mort et de vivre sa vie différemment ? Y avait-il une autre fille ? Avait-il renoncé à sa vie pour vivre pleinement sa liberté ? Mais ça n'avait aucun sens : il n'aurait pas de photo de Rose et d'elle-même sur lui, dans ce cas. S'il avait vraiment fui pour les oublier.
Elle fronça les sourcils. Comment s'était-il présenté ? Daniel. Il avait dit s'appeler Daniel.
Il s'était arrêté quelques mètres devant lui, aux aguets. Il était à l'évidence en pleine mission. Mais Hermione s'en moqua éperdument.
Elle eut un sourire désabusé. Très bien. Elle voulait ses réponses. Ça faisait quinze ans qu'elle en était privée, et elle n'avait aucune envie de laisser passer un jour de plus. Parce qu'en plus, qui sait où il serait dans quelques heures ? La rancune et la douleur étaient un moteur suffisant pour avoir une revanche en bonne et due forme. Il avait voulu jouer à l'abruti, en lui parlant comme si de rien n'était. Parfait. Elle allait faire la même chose.
Drago continuait d'avancer. Ils s'engageaient dans une impasse. Parfait. Il s'approcha en silence. Il les vit rentrer dans une boîte de nuit miteuse. L'endroit idéal pour un troc malintentionné. Il fronça les sourcils. Comment rentrer dans ce lieu sans se faire remarquer ?
- Vous avez oublié ça ! s'exclama une voix enjouée derrière lui.
Il se retourna, sursautant presque. La stupeur se lut sans problème sur son visage. Hermione Granger se tenait devant lui en lui tendant un portefeuille de cuir tanné. L'expression ingénue qu'elle affichait masquait parfaitement ses sentiments réels et elle lui sourit largement.
- Vous marchez vite, heureusement que j'ai pu vous rattraper !
Drago resta sans voix quelques minutes. Son cerveau semblait être court-circuité l'espace d'un instant. Il afficha une mimique interdite et Hermione pouffa.
- Allons, allons ! Ne soyez pas aussi ému, ce n'est qu'un portefeuille ! J'aime rendre service.
L'homme sentit son cœur s'arrêter. Pour deux raisons. Et il fut si partagé, qu'il ne parvenait pas à mettre de l'ordre dans ses pensées.
D'une part, il y avait Owen Cauldwell qui était à l'intérieur de ce bar malfamé, il devait récupérer la prophétie et il devait buter tout ce petit monde. Il avait déjà suffisamment perdu de temps, et il allait passer à l'attaque.
De l'autre, il y avait Hermione Granger qui arrivait de nulle part et qui lui tendait son portefeuille. Il y avait cette femme d'ordinaire intelligente et raisonnée qui n'aurait certainement pas eu cette attitude-là en temps normal. Et ça, il comprenait ce que ça signifiait : elle savait. Elle avait compris qui il était et elle avait décidé de jouer pour lui faire payer son silence de quinze ans. Par Merlin, ce n'était réellement pas le moment. Et la colère le submergea. Non pas parce qu'elle lui était indifférent, mais parce qu'elle n'arrivait juste pas au bon moment. Pourquoi le destin a-t-il toujours besoin de frapper à la porte à l'improviste quand c'est pas le moment ?
Hermione toussota légèrement, le ramenant à la réalité.
- Daniel, ça va ? s'enquit-elle, semblant s'inquiéter. Vous êtes très pâle.
Il hocha la tête nerveusement. Elle se délecta de le voir aussi troublé et aussi aux aguets. Drago crispa la mâchoire, cherchant désespérément une solution pour s'extraire de cette situation gênante et problématique. Evidemment qu'il pouvait lui jeter un sort pour qu'elle le laisse partir et il viendrait ensuite la libérer et lui donnerait les réponses qu'elle attendait ? Ou pas. Parce qu'il fallait aussi l'avouer, Drago Malefoy n'était pas le genre d'hommes à avoir suffisamment de tripes pour affronter une femme telle qu'Hermione Granger. Pour ça, il était encore un peu lâche et ça lui allait très bien. Du moins, ça lui avait été très bien, jusqu'à maintenant. Il n'avait donné aucune explication sur son décès et sur sa disparition. On s'était occupé de tout pour lui. Il avait même laissé Ron mentir à sa place. Et Harry aussi. A l'évidence, c'était peut-être pour cette raison qu'il était maintenant coincé dans cette situation gênante.
Il jeta un regard vers l'entrée de la boîte de nuit et soupira.
- La femme qui est sur la photo me ressemble beaucoup…, commenta Hermione d'un ton neutre. C'est fou, les ressemblances, n'est-ce pas ?
Elle avait une voix détachée. Elle se délectait de savoir à quelle sauce elle allait le manger. Cuit lentement, à l'étouffée, pour qu'il reste tendre quand elle prendrait la première bouchée. Il tressaillit, puis, comprenant où elle voulait en venir, il hésita : devait-il jouer le gars qui ne savait pas de quoi elle parlait ? Fortement déconseillé. Avec Hermione Granger, il valait mieux jouer cartes sur table. Il déglutit. Il devait en finir rapidement avec elle, sinon sa mission échouerait. Et s'il avait choisi de la laisser, c'était bien pour une raison particulière ? Quel intérêt de remuer le passé à présent ? Il planta son regard sombre dans les yeux noisette et empreints d'ingénuité de l'ancienne femme de sa vie (ou plutôt de la femme de son ancienne vie) et déclara d'une voix ferme.
- D'accord, Hermione. Tu as quelque chose à me dire. Je veux bien parler, mais après. Pour l'instant, j'ai une mission à mener à bien. Alors, si tu m'attends gentiment, le temps de régler ce petit contretemps, je serais tout à toi par la suite.
Tout à elle ? Il se mordit la langue d'avoir sorti cette aberration. Heureusement, elle ne releva pas.
- Parler ? Mais de quoi ? s'étonna Hermione.
Le visage de l'homme brun s'assombrit. Elle fit mine de réfléchir.
- Oh ! s'exclama-t-elle avec véhémence. Tu veux sans doute parler du fait que tu m'as prise pour une courge pendant quinze ans ? Que tu m'as fait croire que tu étais mort pour que tu voies à quel point j'étais sincère sur mes sentiments ? Ou alors pour me montrer que je pouvais parfaitement éduquer ma fille seule ? Ou alors que tu as fui tout simplement devant tant de responsabilités ?
Drago s'impatienta : non seulement il n'aimait pas les reproches, il n'avait jamais été bon dans les conflits, il les fuyait ou il les éradiquait. Mais en plus, Owen Cauldwell était dans cette boîte de nuit depuis bien longtemps déjà. Et il perdait un temps précieux. Mais en même temps, il ne pouvait se résigner à abandonner une nouvelle fois celle qu'il avait déjà trahie. Il prit une profonde inspiration.
- Je ne veux pas entrer en conflit avec toi maintenant.
- Oui, convint Hermione d'un ton mauvais. Tu as certainement une mission très importante, et je dois m'effacer, comme j'ai dû m'effacer quinze ans avant ? Et une fois que ta mission très importante sera finie, tu disparaîtras aussi vite que tu as disparu cette journée-là.
Drago déglutit. Il soupira. Si Hermione Granger était une sorcière intelligente, elle comprendrait qu'il avait une mission sur le feu et qu'il devait y aller coûte que coûte. Oui. Elle était intelligente. Elle comprendrait.
- Très bien. Tu veux discuter, discutons. Je te promets qu'on discutera. Mais pour l'instant, j'ai une mission. Je n'ai pas de temps à perdre. Tu gaspilles des minutes qui me sont précieuses.
- Oh, pardon d'être aussi chiante ! tempêta Hermione. C'est vrai, ça fait à peine quinze ans qu'on ne s'est pas vus, pourquoi serais-je aussi sensible ?
Il serra les poings, étouffa un juron et leva les yeux au ciel. Merlin qu'elle l'emmerdait. A priori, non, Hermione ne comprenait pas qu'il avait un devoir à accomplir. Il lui jeta un rapide regard : elle avait les traits déformés par la colère. Son cœur chavira. Merlin qu'il l'aimait. Pourquoi devait-il être aussi odieux avec elle ? Il avait pourtant fait son choix. Il pensait son cœur inébranlable. Alors pourquoi fallait-il qu'elle réapparaisse pour qu'il se liquéfie comme un marshmallow sur un feu de camp ? Il détourna le regard. Il devait être encore plus horrible. Pour qu'elle arrête de s'accrocher. Qu'elle ne cherche plus aucune réponse. Tout était foutu. Quel idiot d'avoir été démasqué dans ce train !
- Je vais te tuer !
Il sortit de ses pensées pour la dévisager à nouveau. Elle pointa sa baguette magique sur lui dans un accès de fureur.
- Que crois-tu faire ? cracha Drago.
Il jeta un regard apeuré aux alentours, priant pour qu'aucun moldu ne voie la baguette. Avait-elle perdu la tête ? Il la fusilla du regard.
Elle trembla de rage. Puis, éclata en sanglots. Sa baguette s'abaissa doucement.
- Je te hais ! Je te hais tellement ! Comment as-tu pu me faire ça ? Nous faire ça ? Dis-moi !
Elle le voulait suppliant, désespéré, anéanti. Elle aurait voulu le voir ramper à ses pieds, implorer son pardon. Elle attendait qu'il lui promette monts et merveilles, dans un mélodrame larmoyant, avec une musique plombante de violons et piano dans le genre « je t'aime mon amour, pardonne-moi ». Elle attendit. Rien ne vint. Elle le savait pourtant. L'homme qu'elle aimait était tout sauf larmoyant. Il remplissait toutes les caractéristiques d'une mauvaise série B. Sauf le mélodrame.
Elle se rapprocha, se jeta dans ses bras, s'agrippa à son veston, martela de ses poings son torse. Elle voulait lui faire mal. Qu'il ressente le dixième de ce qu'elle avait connu. La douleur, la tristesse, la souffrance. Il ne se défila pas. Elle se fatigua. Et posa sa tête au creux de son cou, secouée de larmes. Il resta statique, immobile. Presque comme un pantin sans cœur. Ou du moins, c'est ce qu'il voulait lui montrer. Parce que ses yeux, ses yeux qui reflétaient une douleur insoutenable, elle ne les vit pas. Il se mordit les lèvres pour résister à la tentation de rabattre ses bras sur le corps frêle qui se collait à lui. Cette femme qu'il aimait tant et qui n'était plus sienne désormais. Cette femme qui avait refait sa vie comme il avait choisi sa voie. Il n'avait plus le droit de revendiquer une quelconque paternité à Rose. Il n'avait plus le droit d'aimer Hermione.
A présent, il n'avait plus qu'un devoir à accomplir. Et il était en train d'y faillir. Elle ne pouvait se raccrocher à un souvenir d'eux, à une idylle avortée. Il devait la blesser à nouveau. Fort. Pour qu'elle ne se relève plus à sa recherche.
- Hermione, dit-il d'une voix lente et hachée. Laisse-moi. Il ne reste plus rien pour un « nous », ici.
Il rompait. Il la rejetait, à nouveau. Et ça faisait encore plus mal qu'avant. Hermione sentit son cœur se fendre. Cette sensation de n'avoir plus rien à la place de son organe vital. Le vide absolu. Le néant. Ce sentiment de vide, la tête bourdonnante. Le corps engourdi, comme s'il était fait de coton. Merlin que ça faisait encore plus mal de se faire jeter par un vivant revenu d'entre les morts.
Elle se détacha, presque machinalement. Elle ne ressentait même pas les larmes qui coulaient intensément sur ses joues. Elle regarda Drago comme si c'était la première fois qu'elle le voyait. Puis, ses jambes ne la supportèrent plus. Elle tomba lourdement sur le sol, sa baguette sauta de côté et elle s'affala sur ses genoux.
Drago hésita un dixième de seconde. Son cœur le meurtrissait bien plus que ses mâchoires contractées ne le montraient. Merlin qu'il se haïssait de la blesser ainsi, de la traîner dans la boue pour qu'elle lâche prise. Merlin qu'il aurait aimé la prendre dans ses bras, lui chuchoter des mots doux, caresser ses formes, ces courbes dont il rêvait si souvent et qu'il recherchait chez toutes les femmes qu'il avait croisées après elle. Essuyer ses larmes, la faire sourire. L'embrasser. Ah, Merlin, poser ses lèvres sur les siennes et arrêter toute cette comédie.
Mais tout était trop tard, à présent. Il inspira longuement. Puis, avec un courage surhumain, il se détourna. Le devoir l'appelait. Il avait fait une croix sur ses sentiments il y a quinze ans. Rien ne pourrait y remédier. Sans un mot, il tourna les talons, ensorcela le vigile et rentra dans la boîte de nuit.
- Tu me promets que tu resteras toujours avec moi ? Toujours ? Pour la vie entière ?
- Tu vas devenir ma femme, Hermione. Evidemment que je serais là pour toi. Pour toujours.
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Menteur. Hermione resta prostrée dans cette impasse. Il commençait à pleuvoir. Mais s'en apercevait-elle-même ? Elle avait la tête vide. Elle ne savait plus quoi penser. Elle avait envie de mourir. Là, tout de suite, sur l'asphalte. Non, elle ne pouvait pas mourir. C'était injuste pour Rose. C'était injuste pour Ron. Ron… Ron qui savait depuis le début et qui n'avait rien fait d'autre qu'accepter.
Elle eut un sourire désabusé. Un violent haut-le-cœur la fit se courber et elle déversa tout son mal-être sur le bitume. Les larmes se frayaient un chemin entre les traînées des précédentes. Elle allait rentrer. Elle n'avait plus rien à faire ici. Plus rien du tout. A quoi servait de se morfondre sur une tombe vide ? A quoi servait de faire tout ce trajet pour commémorer quelqu'un encore vivant ? Elle hoqueta.
Elle se releva lentement, piteusement. Elle ne prit même pas la peine d'épousseter ses vêtements. Elle ne pensait qu'à rentrer. Un simple transplanage et elle serait chez elle, loin de tous, à pouvoir pleurer tout son soûl et à se morfondre sur elle-même et sur leurs années passées… Leurs ? Non, plus question de pleurer pour un abruti pareil. Un crétin qui avait décidé de l'abandonner et qui osait le lui dire dans les yeux. Elle le détestait. Mais elle se détestait encore plus d'avoir osé espérer. Elle avait cru, oui. Elle avait pensé qu'il l'aimait encore un peu. Mais elle avait eu son regard froid et vide. Ou plutôt, son attitude crispée, comme si elle le gênait. « J'ai une mission ». Oui, plus rien ne comptait à part ça. Elle secoua la tête, ramassa lentement sa baguette magique au sol. Elle renifla sans grâce. Peu importait, à présent. Elle était malheureuse. Seule, triste, avec un trou béant au milieu de la poitrine. Plus rien ne comptait.
Plus rien ? Si. Encore une dernière chose. Elle voulait des réponses. Et il n'en avait donné que partiellement. Pourquoi était-il parti ? Elle voulait une réponse. Et elle l'aurait. En tremblant, elle se rapprocha de l'entrée de la boîte de nuit par laquelle il était entré. Elle n'était pas encore calmée, mais elle essuya ses larmes d'un revers de manche. Son regard se fit plus déterminé. Elle ne repartirait pas avant d'avoir eu une conversation normale et explicite avec lui. Il lui devait au moins ça. Le vigile était toujours assommé par terre. Elle enjamba sans pitié son corps inerte et se fit plus discrète, cherchant une trace de son bourreau.
Drago mit un temps à fou à repérer Owen Cauldwell. Grâce à une autre invention géniale des Frères Weasley – ou devrait-on dire de George Weasley –, les lunettes qui voient à travers les murs, il pouvait donc identifier les personnes qui se trouvaient à l'étage ou au sous-sol. C'était sans compter la conversation qu'il venait d'avoir et qui l'avait considérablement chamboulé. En tout cas, plus que ce qu'il pensait. Le poids dans sa poitrine ne l'avait pas quitté et il tenta vainement de se calmer.
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- La maîtrise de soi, c'est le plus important pour être Langue-de-Plomb. Sois intraitable. Il arrivera de nombreux imprévus dans tes missions. Tu dois être toujours calme. Tu dois toujours savoir faire face à cette situation. Car plus que ta vie, c'est le secret professionnel qui importe. Tu portes l'honneur de la communauté sur tes épaules. Ne l'oublie jamais.
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Les imprévus, au cours de sa carrière, il en avait eu. Mais jamais, à aucun cours d'entraînement, on lui avait dit « ton ex risque de te retrouver et de vouloir te faire la peau ». Pour ça, il n'était pas préparé. Et ça le troublait.
Enfin, il le vit. Owen Cauldwell était en mauvaise posture. Dans les sous-sols de la boîte de nuit. Il était entouré de six autres personnes. Drago essaya de faire le calme en lui et sortit sa baguette magique discrètement, descendant les escaliers qui menaient aux toilettes. Une porte dissimulée dans le mur se tenait à côté et il l'ouvrit en silence. Jetant des regards de part et d'autre, il s'engouffra dans le couloir d'un noir corbeau.
Il se rapprocha. Et put entendre des éclats de voix. Des bribes de conversations.
- C'est bon. Maintenant que nous avons cette prophétie, tu ne nous aies plus d'aucune utilité.
- Attendez ! Ce n'était pas ce qui était prévu !
Plusieurs hommes émirent un rire gras. Owen Cauldwell semblait paniqué. A l'évidence, on lui avait fait miroiter des choses auxquelles il n'aurait pas droit. Drago se colla contre la porte de la pièce qui le séparait de ses victimes. Il en compta six : trois à côté de Cauldwell, un qui le tenait en joue et les deux derniers derrière lui. Celui qui tenait l'arme, et certainement celui qui venait de parler, devait être le grand patron. Drago fronça les sourcils. Ce n'était pas des sorciers. Une arme ? Une sorte de pistolet.
Le plus important, c'était la mallette. Où était-elle ? Il l'aperçut enfin, posée sur une table. Elle venait d'être ouverte. A priori, la prophétie était toujours dedans. Il tira une petite boîte de Poudre d'Obscurité. Il se cacha dans l'ombre, débloqua la porte qui s'ouvrit avec un grincement à glacer le sang.
- Qu'est-ce que c'est ? grogna le grand patron.
La boule d'Obscurité roula jusqu'à leurs pieds et explosa, les plongeant dans une nuit noire. Ça y était. Agrippant fermement sa Main de la Gloire, qui lui permettait de voir dans le noir, Drago sortit de sa cachette et agrippa la mallette. Il y avait bien la prophétie et il en fut soulagé. Elle ne semblait pas avoir été ouverte. Une chance.
Autour de lui, les hommes en noir pestaient. Ils avaient sorti leurs armes, au cas où. Mais Drago fut plus rapide. On ne devenait pas Langue-de-Plomb sans raison. Et quand on tombait sur l'un d'entre eux, on n'en ressortait pas vivant. Ils auraient pu le savoir. Il les désarma avec une vitesse fulgurante et les neutralisa.
- Stupéfix !
La Poudre d'Obscurité se dissipa. Owen Cauldwell, recroquevillé sur sa chaise, était aussi ligoté. Et Drago venait de lui jeter un maléfice du saucisson. Le pauvre homme roulait des yeux hagards et exorbités, ne comprenant visiblement pas ce qu'il se passait.
Il finit par se rendre compte de l'homme brun qui se tenait devant lui, une expression d'horreur figée sur le visage. Il essaya de se calfeutrer encore plus sur sa chaise, comme s'il espérait se fondre dans la matière. Mais c'était peine perdue, le maléfice l'avait déjà immobilisé.
Drago s'approcha à pas lents vers le grand patron et l'attrapa sans ménagement par le col. Il scruta ce visage, cherchant à deviner pour qui il travaillait ou ce qu'il voulait.
- Vous êtes qui ? Pourquoi vous vouliez cette mallette ?
L'homme ne répondit pas, trop effrayé. Drago haussa les épaules. De toute façon, on lui avait demandé de rapporter la mallette, en mettant tout le monde hors d'état de nuire. Mort ou vif, on lui avait dit. Oui, mais voilà : Drago Malefoy n'était pas un homme à tuer. Il aurait pu, il aurait voulu. Il avait juste fait cette promesse, une fois. Et il s'y tenait.
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- Tu dois le tuer ? Mais tu sais lancer l'Avada Kadavra ?
- On me l'a enseigné. De toute façon, je n'ai pas le choix.
- On a toujours le choix, Drago. Tu peux dire non. Tu peux refuser.
Il blêmit.
- Tu ne comprends pas. Si je ne le tue pas, il me tuera.
- Tu n'es pas un tueur, Drago. Et même Dumbledore le sait.
- Hermione…
- Promets-moi que tu ne tueras jamais, tant que ce n'est pas nécessaire.
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Drago eut une interjection de mépris. Si faible… L'homme sans défense était si faible. Pas même capable de se montrer digne. Il secoua la tête, lâchant le patron qui semblait sur le point de s'évanouir. Puis, se tournant vers Owen Cauldwell, il le toisa avec mépris.
- Pourquoi tu traites avec eux ? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait croire ?
Mais là encore, aucune réponse. Drago soupira, grommela quelques insultes et sortit de son manteau une petite fiole transparente. Il en fit boire quelques gouttes à Cauldwell qui écarquillait les yeux d'effroi.
- Maintenant réponds.
- Je ne sais pas. Ils m'ont menacé, ils voulaient cette prophétie et m'ont dit qu'en échange, j'aurais la vie sauve.
Drago leva les yeux au ciel. Sérieusement ? Il avait été menacé et n'avait rien eu d'autres comme informations ? Rien du tout ? Il n'avait pas parlé à quiconque de ça et avait courbé le dos sur une menace aussi nulle ? Stupide Poufsouffle.
Il réitéra le manège avec le grand patron qui fut un peu plus intéressant.
- La prophétie concerne les quartiers de lune. La dernière en vie sera l'Elue. Nous devons trouver l'Elue. Elle seule pourra nous aider.
Drago haussa un sourcil. Ce charabia ne lui disait rien qui valut. Il soupira. Au moins, il avait rempli sa mission. Son supérieur serait content. Il récupéra la mallette et s'apprêta à transplaner.
- Attends… Tu ne vas pas le laisser là ?
Drago sursauta aussi vivement que s'il avait pris une décharge d'électricité. Merlin, c'était pas vrai ! Hermione Granger était encore là, devant lui. Elle affichait une moue de pitié envers Owen Cauldwell. Comment l'avait-elle retrouvé ? Et surtout, pourquoi était-elle encore là ?
- Qu'est-ce que tu fais là ? grogna-t-il, peu concédant.
Mais ça ne parut pas choquer Hermione.
- Je suis venue pour des réponses. J'estime que c'est mon droit. Je le mérite. Et tu as le devoir de me les donner.
Il soupira, la mallette entre les mains. A l'évidence, il n'avait plus le choix. Elle avait raison. Il pouvait bien faire ça. La mission était accomplie. Il avait bien cinq minutes à lui accorder. Il lança un sort de confusion et d'assoupissement sur ses victimes et se tourna vers elle, lentement.
- Très bien, soupira-t-il gravement. Je t'écoute.
Hermione humecta ses lèvres, baissant les yeux. Elle avait enfin le droit de poser ses questions. Elle allait enfin avoir des réponses.
- Pourquoi ? demanda-t-elle en plantant son regard noisette dans le sien.
Ces yeux étrangers marrons, mais qui la dévoraient des yeux.
- Pourquoi tu m'as laissée toute seule ? Pourquoi tu n'es pas revenu quand tu as su pour Rose ? Pourquoi ? Est-ce que tu as fui ? Est-ce que tu as eu peur ?
Drago garda un visage impassible. Un long silence s'établit entre eux.
- Non, finit-il par dire. je ne t'ai pas laissée toute seule. Weasley était là pour toi. Il est toujours là, d'ailleurs. Je n'ai pas fui, j'ai épousé une autre cause. Et je ne suis pas revenu pour Rose car elle avait déjà un père et que j'étais mort.
- Mais tu es vivant ! Tu n'as même pas cherché à nous retrouver !
Drago sentit son cœur s'emballer. Comment ? Granger était-elle aussi sotte ?
- Crois-tu ? dit-il d'un ton qui se voulait détaché, mais où pointait une once d'énervement.
Il sortit d'un geste violent son portefeuille et mit la photo délavée sous les yeux de la brunette.
- Tu l'as vue. Tu l'as vue et tu oses me dire que je n'ai rien eu à faire de vous ? s'emporta-t-il.
Il la fusillait du regard et elle déglutit difficilement.
- Alors pourquoi ? supplia-t-elle.
Ses yeux se remplirent à nouveau de larmes et elle s'entendit sangloter. Merlin, pourtant, elle s'était juré de ne plus pleurer pour lui.
- Tu as choisi une fois. Le devoir était plus important que moi. Je ne t'en ai jamais tenu rigueur. A présent, c'est moi qui ai fait ce choix. Respecte ma décision.
Il avait un ton catégorique. Ou du moins, il voulait s'en persuader. Qu'elle ne lui courre plus après. Tout était trop tard.
- Mais je t'aime ! s'exclama Hermione.
Ou plutôt, elle s'entendit parler. Parce que sa raison était loin, très loin. Et seuls ses sentiments parlaient pour elle. D'ailleurs, ça la surprit autant que lui.
Un long silence s'installa entre eux. Le cœur de Drago fit un bond de trapéziste dans sa poitrine. Alors elle l'aimait toujours ? Après tout ce temps ? Après tout ce qu'il lui avait fait ? Mais non, c'était impossible. Et pourtant…
- Je t'aime aussi, Hermione, chuchota-t-il tout bas, si bas qu'elle crût avoir rêvé.
Pourtant il avait cet air pataud et émerveillé qu'il arborait quand il lui disait des mots tendres, quinze ans plus tôt. Il l'aimait, lui aussi. Alors…
- Alors quoi ? reprit Drago. Tu veux quoi ? Tu veux que je te dise : oui, marions-nous ! Je suis mort aux yeux du monde, mais je veux bien t'épouser quand même ! Weasley est ton époux et Rose croit que son père n'est plus, mais pourquoi pas ! Fuyons, après tout, nous ne sommes qu'un et ne pouvons vivre l'un sans l'autre ! C'est ça que tu veux ?
Elle baissa les yeux avec tristesse, un sourire désabusé sur le visage.
- Oui.
Les mots avaient encore une fois dépassé sa pensée. Elle entendit Drago soupirer. Il se passa une main sur le visage. Merlin qu'il aurait envie de s'enfuir avec elle, là tout de suite. De l'emmener dans un coin, lui faire l'amour sans s'arrêter pendant une semaine complète. La sentir entre ses bras, humer son odeur. Sa fragile silhouette qui se tenait devant lui, digne.
- Tu es désespérante, Hermione Granger, tu le sais ?
Elle sourit. Il détourna le regard. Oui, dans un monde parallèle, ils auraient pu vivre heureux. Mais finalement, ce n'était pas fait pour eux, les histoires d'amour qui finissent bien.
- Je suis désolé. C'est impossible, Hermione. Et tu le sais.
Elle s'approcha, tendit le bras. Il frémit, se raidit. Elle vint se blottir dans ses bras. Il essaya de se dégager.
- Laisse-moi… Rien qu'une fois… Une dernière fois…
Quelques mèches de cheveux bruns vinrent lui chatouiller le menton et il huma avec délice cette odeur de vanille qui l'enveloppait. Même après quinze ans, elle utilisait le même shampoing. Elle encercla sa taille de ses bras et il se sentit fondre. Il referma les siens sur ses courbes. Sa silhouette si fébrile qui l'agrippait comme si sa vie en dépendait.
Ses sens se firent plus aiguisés. La mallette tomba à terre. Il l'empoigna par la taille et l'assit sur la table. Elle enroula ses jambes autour de lui. Leurs yeux se noyèrent dans l'océan de l'autre et ils chavirèrent. Leurs lèvres se rencontrèrent, d'abord timidement, puis de plus en plus avidement. Leurs gestes se firent saccadés, incertains, comme un rêve qu'on essaie de retenir, alors qu'on en devine la fin. Leurs soupirs se mêlèrent. Il la tenait fermement par la taille, collé contre elle. Elle souriait avec volupté. Le temps semblait s'être arrêté dans cette pièce. Il n'y avait qu'eux. Plus rien ne comptait. Est-ce qu'autre chose avait seulement compté dans leur vie à part ça ? Ce bonheur, cet instant précis où leurs corps se rencontraient, s'apprivoisaient et finalement s'épousaient ?
Hermione rejeta la tête en arrière. Les yeux marron de son amant la scrutaient avec avidité. C'était une sensation étrange de se faire déshabiller du regard par un parfait inconnu, mais qui avait les mêmes techniques que son ancien fiancé. Pourtant, c'était la même sensation, le même plaisir. Machinalement, ses yeux se posèrent sur la mallette qui, en tombant, s'était ouverte. Elle se figea dans son élan.
- Drago…
Le dénommé grogna d'une voix rauque, occupé à embrasser chaque parcelle de son corps. Elle le repoussa gentiment, mais son regard restait accroché à la mallette. Ou plutôt, à la prophétie qui apparaissait sous leurs yeux.
- Drago, répéta Hermione un peu plus fermement, alors qu'il continuait son manège.
- Quoi ? finit par dire son amant, impatient.
Il émergea la tête de sa poitrine et suivit du regard en fronçant les sourcils le doigt pointé vers la boule d'un blanc laiteux et opaque qui trônait seule dans la valise. Il se raidit et déglutit. Un frisson lui parcourut l'échine et il échangea un regard non seulement surpris, mais également horrifié avec Hermione.
Pourquoi ? Pourquoi le nom de leur fille était marqué sur cette prophétie ? Pourquoi était-ce écrit Rose Malefoy ?
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Merci à Lisou: Merci de ta review! Ravie que ça t'ait plu. Il n'est pas supposé y avoir de suite, mais je me dis que si j'ai de l'inspiration, il y en aura peut-être une, un de ces quatre... ^^"
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Merci à Lale: Merci de ta review! Ravie que la curiosité t'ait menée ici! Merci de tes compliments. Il y aura peut-être une suite, mais pas sûr... Seul l'avenir le dira ^^
Merci à Marie: Merci de ta review! Désolée du délai si tardif de la réponse! J'espère que tu apprécieras la suite qui est en ligne! En tout cas, merci à toi pour ces jolis compliments, merci de suivre une autre de mes fics et désolée du délai cet été!
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Merci à Lassie: Merci de ta review et désolée de répondre aussi tard! Finalement, si, il y aura une suite! Et en plusieurs chapitres! Je suis juste désolée du retard de délai! ^^" j'espère que tu seras toujours de la partie! Au plaisir!
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Merci à Capichef: Merci pour ta review! Désolée de mettre aussi longtemps à publier et à répondre aux reviews! J'espère en tout cas que tu es toujours là et que tu aimeras ce troisième chapitre autant que les deux autres! Bonne lecture et à bientôt!
Merci à Anne Ohn Hym: Merci de ta review! Désolée d'avoir mis autant de temps à répondre et à publier! Non, ce n'est pas une fin, pas tout à fait. Il y a encore quelques chapitres. En tout cas, j'espère que tu fais toujours partie du voyage pour lire la suite! Au plaisir!
Merci à Sarah: Merci de ta review! Désolée du délai de réponse! J'espère que tu seras toujours là pour lire la suite, malgré le délai d'attente! ^^" En tout cas, merci pour tous tes jolis compliments, ça me touche bien ^^ A bientôt, j'espère!
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Kumi
