Coucou ! Après le prologue d'Un avenir à Brooklyn, voici le 1er chapitre : un dimanche à Brooklyn. Au programme, on va à la rencontre de nouveaux personnages. Peu à peu vont se dérouler les parcours personnels de chacun. En prime, LA rencontre. Niark.
J'ai commencé à publier il y a trois jours, et je vais tâcher de garder le rythme :) Un chapitre là encore assez court !
Merci beaucoup pour vos reviews ! Déjà trois ! Merci à Val, Little Doll 090 et oliverkriss-kevinaline (j'adore tes fics, au passage :D) !
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Chaque soir, lorsqu'il s'endormait, Bucky Barnes se demandait de quoi serait fait son réveil. Il éprouvait toujours, malgré le bonheur de s'endormir -il aimait énormément dormir-, une pointe de curiosité pour le lendemain. Ferait-il froid ? Chaud ? Ferait-il grand soleil ? Ou entendrait-il le bruit de la pluie par la fenêtre laissée ouverte ? C'était ces matins-là qu'il préférait. Les matins de pluie. Il se pelotonnait alors douillettement sous la couette, et dans les bras de son compagnon. Steve. L'homme blond avait aussi grandement contribué à rendre Bucky curieux de ses réveils. Il ne savait pas s'il allait le trouver éveillé contre lui, mais attendant sans bouger en le contemplant, ou éveillé et tentant de le tirer de son cocon ensommeillé d'une manière plus ou moins chaste, ou endormi, ou bien là, dans le fauteuil d'osier au coin de leur chambre, à le dessiner endormi, ou encore à la fenêtre, déjà habillé, main tendue pour sentir les gouttes de pluie.
Ce matin-là, Bucky se réveilla paresseusement, l'esprit déjà agité par cette petite touche de curiosité qui pimentait, avec tellement d'autres détails, sa vie avec Steven Rogers. Les yeux encore clos, il tendit une main vers la place de Steve, à gauche du lit. Vide. Un peu déçu, car il aimait particulièrement les câlins au réveil, Bucky tâcha d'ouvrir les yeux, avec bonne volonté mais quelques difficultés. L'odeur qui s'insinuait lentement, au gré des connections de neurones endormis qui se faisaient tant bien que mal, encourageait ce processus. Une bonne odeur de café, et de pain grillé. Bucky enregistra l'information en se préparant mentalement à l'effort terrible, se lever. Cependant, il n'eut pas à rassembler ses forces bien longtemps, car un Steve tout pimpant apparut à la porte de leur chambre, avec un plateau dans les mains, et un superbe sourire en prime.
« -Alors Bucky, on traîne au lit ?
-ghmlljsdfml, fit Bucky, même si, dans sa tête, ce qu'il voulait dire était parfaitement clair : « c'est pas humain de se lever à des heures pareilles ».
-Je sais mon amour, du coup, je me suis dis que tu apprécierai de rallonger le temps passé au lit...avec ceci, dit malicieusement Steve en soupesant le plateau.
Bucky eut un bug cinq secondes. Minute. Il a compris ce que j'ai baragouiné. Bon. Cela dit, ce n'est pas la première fois. Vraiment trop fort ce Steve.
Steve qui attendit que le brun se soit redressé en position assise pour déposer délicatement le plateau sur ses genoux. Il s'installa ensuite à ses côtés, attentif à ce que faisait son amant. A ne pas le laisser mettre le beurre dans son café et la tartine dans la confiture, par exemple. Un Bucky mal réveillé était un danger potentiel. Finalement, voyant que son homme s'en sortait, Steve s'autorisa à poser sa tête sur son épaule. Elle n'y resta d'ailleurs pas longtemps, car la douceur de la peau, sa chaleur, et l'odeur de son compagnon l'enivrèrent, au point qu'il ne put s'empêcher d'embrasser son épaule. Puis sa clavicule, puis sa jugulaire, puis son cou. Bucky tentait tant bien que mal de beurrer sa tartine, alors que son amant devenait de plus en plus entreprenant à côté de lui. Une main se faufilait pour caresser doucement son torse, tandis qu'une bouche s'occupait de maltraiter la peau de son cou. Point sensible. Bucky soupira. C'était quelque chose qu'il oubliait toujours, même si le blond se faisait un devoir de le lui rappeler quasiment tous les jours : Steve était insatiable au réveil. Insatiable.
De fait, Bucky fut à peine surpris lorsque le plateau finit par lui être arraché des mains et qu'il finit lui-même plaqué contre le matelas, la tête dans les oreillers, Steve au-dessus de lui l'embrassant sauvagement. Si une chose était bien vraie avec le blond, c'était que malgré ses dehors classes et sages au possible...il était une bête de sexe. Une bête. Il suffisait de peu à Bucky pour l'aiguicher, comme de lui lancer un regard intense au passage, ou de se balader torse nu, ou même, par un mouvement mécanique, de se passer la main dans les cheveux, ou de s'étirer. Le brun se faisait parfois sauter dessus sans vraiment comprendre ce qu'il avait bien pu faire. Ce qui aidait Bucky à supporter ces assauts était la pensée qu'il en était le seul destinataire. En effet, il avait eu peur, au début, que l'ardeur de Steve ne soit suscitée facilement par d'autres. Mais non. Il se souvenait clairement d'une soirée qu'ils avaient passés en boîte, et où Steve avait été abordé par un homme dont Bucky avait été jaloux une fraction de seconde. L'homme était véritablement beau et, objectivement, bien plus désirable que Bucky. Mais Steve n'avait pas bronché. Il avait simplement fait remarquer à quel point l'homme était impoli d'ignorer son compagnon. L'allumeur manqué était repartit sans demander son reste. Une fois rentrés chez eux, Steve avait fait l'amour à Bucky, de la plus douce des manières.
« -Dis donc, Captain, murmura Bucky alors que le blond revenait encore une fois à sa gorge, tout en remontant son T-Shirt, tu m'expliques à quoi ça sert exactement, de m'amener mon petit déjeuner au lit pour ensuite m'empêcher de le manger ?
-Je suis désolé Bucky...je crois que c'est toi, le petit déjeuner, susurra Steve, avant de lui faire lever les bras pour lui ôter son haut.
-T'es le meilleur, Captain, rit Bucky avant de pousser un gémissement surpris lorsque Steve, qui avait écarté ses jambes, vint se loger hardiment entre elles.
Captain. C'était un surnom stupide que le brun avait trouvé pour son compagnon, et sa manie de prendre tout en main et d'obtenir tout ce qu'il voulait. Bucky était conscient d'être un peu coupable de cela, car il ne pouvait rien lui refuser. Alors, pour se venger de sa propre faiblesse, il le surnommait Captain. Et son Captain se montrait à la hauteur de son surnom, lui en faisant voir des vertes et des pas mûres à longueur de temps. Il avait intérêt à être vraiment endurant avec lui, dans tous les sens du terme. Comme ce matin-là, où Steve les avait déjà tous deux déshabillés -inutile de demander, aucun des deux n'avait aucune idée de quand cela avait bien pu arriver- et s'activait à faire gémir Bucky comme lui seul pouvait le faire.
Steve l'embrassait comme un perdu, faisant courir ses grandes mains partout sur le corps chaud qu'il surplombait. Extérieurement, il était concentré uniquement sur Bucky et ses réactions à ses caresses. Intérieurement, il était terrorisé. Son angoisse tournait autour d'une unique question.
Comment diable allait-il, bon sang de bois, se démerder pour demander Bucky Barnes en mariage ?
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Au deuxième étage du vieil immeuble brooklynien, les préoccupations n'étaient pas exactement aussi tendres, dans l'appartement 2.2.
« -ANTHONY STARK, tu as intérêt à avoir une excellente explication pour ce capharnaüm dans lequel je retrouve cet appartement après n'être partie que DEUX jours ! Vociféra Pepper Potts, ulcérée, à peine rentrée de chez ses parents, en Louisiane, où elle s'était rendue pour le baptême de sa nièce.
La jolie rousse était terrifiante en colère. Ce n'était pas pour rien qu'il l'avait épousée. Elle en imposait. Mais bon dieu ce qu'elle était flippante. C'était la réflexion que se fit Anthony Stark, dit Tony, lorsqu'il osa se montrer, au milieu des plans, des tournevis en tout genre et des boîtes de pizza à moitiées mangées. Normalement, il était plutôt grande gueule, insolant, provoquant. Mais pas avec sa femme. Que non. Pepper le fusilla du regard. Elle avait pris le train de nuit pour arriver au matin à la maison, impatiente de retrouver son mari. Son mari, pas son bazar. Bazar qu'il mettait invariablement à chaque fois que Pepper n'était plus là pour lui courir après. Ce qui consolait parfois la rousse, c'était de se dire que le bordel de Tony ne consistait pas en chaussettes sales et bouteilles de bière vides, mais en pièces détachées de machines hors d'usage, en boîtes à outils et, malgré tout, une minorité d'emballage de nourriture vides.
Penaud, Tony s'avança vers elle. Il n'avait aucune excuse. Il avait pourtant un bureau pour cela, avec tout son bordel d'ingénieur de génie. Il ne savait guère comment, mais son bazar parvenait toujours à ramper en dehors de l'espace délimité pour envahir d'autres espaces qui ne lui étaient pas destinés. Comme la cuisine, ou la salle de bain, ou la chambre à coucher. Tony fit une moue coupable lorsqu'il se souvint du jour où Pepper avait retrouvé, en se couchant dessus, un projet de tournevis multifonction dans leur propre lit. Inutile de dire que Tony avait dormi sur le canapé pendant un temps long. Très long.
« -Bon, soupira Pepper, range-moi tout ça s'il te plaît…parfois je me demande si j'ai un mari ou un fils..
-Désolé, chérie…mais c'est que je travaille sur un nouveau projet, et…
-La mention « nouveau projet » t'autorise-t-elle à transformer l'appartement en laboratoire ? Fulmina Pepper.
-Non bien sûr...mais je suis...moins attentif à...l'environnement ?
-...range-moi ce bordel, Tony.
-Okay, okay, s'applatit Tony tout en faisant une pile avec les plans qui tapissaient le canapé, pour que Pepper puisse s'y asseoir. Tu sais, poursuvit-il sur le ton de la conversation, ce projet-là risque de constituer une avancée majeure pour la science et la santé !
-Ah oui ? Demanda Pepper, qui ne pouvait s'empêcher de prêter l'oreille à son époux lorsqu'il lui parlait de ses différents projets.
-Oui...vois-tu, j'ai potentiellement trouvé le secret d'une nouvelle biotechnologie ! C'est très complexe. Trop complexe. Mais il faut que j'en parle à Bruce. Il est très porté sur le progrès en médecine, je suis sûr que ça pourrait l'aider beaucoup.
-En parler à Bruce ? Demanda Pepper, tu ne crois pas qu'avec tous les patients qu'il reçoit, notre voisin a autre chose à faire que discuter avec toi de comment transformer les gens en cyborgs ?
-Il ne s'agit pas de cela, Pepper. Il s'agit de redonner aux gens l'occasion d'avoir un membre qui réagisse de la même manière -ou approchant- que le membre qu'ils ont perdu !
-Mouais…
-Je te promets que cette branche connaîtra d'ici peu un avenir prometteur.
« Si tu la prend sous ton aile, oui mon amour », se dit tendrement Pepper, « aucun doute ». Puis, elle laissa Tony à son rangement et se rendit dans leur chambre avec ses bagages. Après avoir soigneusement fermé leur porte, elle s'allongea sur leur lit, soufflant quelques secondes. Prise d'une soudaine inspiration, elle se redressa et fouilla dans son sac qu'elle avait laissé de son côté du lit. Elle en tira la petite barre de plastique blanc qu'elle avait utilisée la veille, et conservée précieusement depuis. L'objet comportait un petit cadran gris, où deux barres noires était visible. Pepper inspira fortement. Elle avait encore du mal à se faire à l'idée. Elle était enceinte.
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Wanda lisait tranquillement, confortablement installée dans le canapé rouge du salon qu'elle partageait avec son frère jumeau. Elle lisait un de ces bon romans, qui vous détendent, vous transportent ailleurs. Elle était bien, avec son livre et sa tasse de thé. Le roman parlait d'amour, de valeurs, d'amitié, d'héroïsme. C'était tout ce qu'il lui fallait. Elle avait sur elle une couverture douillette, somnolait un peu, mais lisait avidement. La jeune femme avait pour habitude de se lever tôt pour déjeuner, s'habiller, se préparer, et puis se blottir dans le salon avec un livre ou un bon film. Elle savourait le confort que représentait le fait d'avoir son chez-soi, dont personne ne pouvait vous chasser. Elle n'avait jamais expérimenté cela en Sokovie, elle, son frère et sa mère suivant sans cesse leur beau-père cambrioleur en cavale. Wanda n'avait jamais compris pourquoi sa mère était restée avec cet homme qui ne cessait de les rabaisser toutes les deux, en tant que femmes, et de vouloir faire de Pietro un « vrai mec ». Finalement, Natassia, leur mère, avait enfin pu les envoyer loin de la Sokovie, leur confiant la véritable fortune d'un pécule économisé sous à sous depuis leur naissance, en prévision de leu délivrance. Grâce à elle, cette année à Brooklyn était la première que les jumeaux avaient pu passer de relativement stable. Ils étaient bien entourés, Steve et Bucky les avaient couvés à leur arrivée, les avait aidé à comprendre ce que signifiait vivre normalement. Même si les deux hommes n'avaient d'une dizaine d'années de plus, ils leur avaient donné une idée de ce que pouvait être un vrai père, les écoutant, les encourageant dans leurs études, avec plus ou moins de succès. Wanda sourit à son livre. Oui, Pietro et elle étaient bien entourés. Ils avaient un avenir.
Ce matin-là, elle avait du mal à se concentrer sur son livre. Pietro rentrait ce dimanche de son voyage. Il était parti une semaine avec son petit-ami, pour une sorte de road-trip jusqu'à Boston. Car oui, malgré les efforts de leur beau-père pour mater ce qu'il devinait des préférences de Pietro, le jeune homme était resté irrémédiablement attiré par les hommes. Néanmoins, cet Alec, Wanda ne le portait pas vraiment dans son coeur, sentant étrangement que lui et son frère n'étaient pas vraiment assortis. Mais il convenait à Pietro alors, après lui avoir exprimé le fond de sa pensée une fois, elle l'avait laissé vivre son amourette sans l'ennuyer avec ses états d'âme. Il n'empêchait que Wanda avait toujours eu un don pour sentir les gens et plus ou moins précisément, leurs intentions. Et elle l'avait senti, Alec n'était pas aussi attaché à Pietro que le jeune homme l'était à lui. Elle avait tenté de se rassurer, de se dire qu'après tout, le temps ferait peut-être son œuvre. Cela faisait quelques mois à peine qu'ils étaient ensemble, après tout. Or, la veille au soir, très tard, de sorte qu'elle ne l'avait vu que le matin en se levant, Pietro lui avait envoyé un sms pour lui annoncer qu'il rentrait plus tôt.
La jeune femme avait vraiment hâte de revoir son grand frère -de 12 minutes- qui lui avait terriblement manqué durant cette longue semaine, mais elle ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur les raisons de ce retour précoce. Pietro s'était-il disputé avec son copain ? Après tout, son frère avait un sacré caractère, sans doute du à son hyperactivité. Pour beaucoup, il était insupportable. Pas pour Wanda. Ils se complétaient, car seule Wanda parvenait à le calmer, la plupart du temps, lorsqu'il était mal en point ou en colère. Ils se protégeaient l'un l'autre.
Soudain, un bruit de pas retentit dans le couloir, qu'elle reconnu tout de suite. Pietro était là ! Elle sauta sur ses jambes comme un cabri et fila ouvrir la porte, son visage illuminé de joie. C'était bien lui ! Sa grande carcasse bien bâtie, son beau visage fatigué -sans doute par le voyage-, ses cheveux inexplicablement blancs, ses yeux clairs. C'était son frère. Elle lui sauta au cou, heureuse de le retrouver. Il eut un rire attendri et la serra contre lui en réponse, déposant un baiser sur le sommet de son crâne.
« -Je t'ai manqué, petite sœur ?
-Doucement, tu n'es né que 12 minutes avant moi, rit Wanda, le nez dans le cou de son frère.
Elle vit tout de suite, malgré la joie des retrouvailles, que son frère n'allait pas bien. « Alec était étrange hier soir », lui dit-il en souriant comme si de rien n'était, en réponse à son regard interrogateur. Alec, encore lui, grogna-t-elle intérieurement. Elle prit son frère par sa main libre -de l'autre il tenait un sac de sport qui lui tenait lieu de sac de voyage- et le fit rentrer à la maison, se préparant à leur préparer deux thés et à l'écouter lui exprimer ses doutes sur les sentiments d'Alec. « Vivement que mon frère se trouve quelqu'un de bien », se dit-elle en refermant la porte derrière eux.
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Clint bâilla. Il n'était pourtant pas si tôt, mais il n'avait pas très bien dormi la veille. Il avait toujours du mal à dormir dans un endroit qu'il ne connaissait pas. Bah, il finirait par s'y faire. Il était sortit tôt le matin pour aller faire quelques courses, qui tenaient dans un grand cabas. Il avait pris de quoi petit-déjeuner pour cinq, car Natasha avait aussi passé la nuit à la maison, de quoi déjeuner et dîner. Les vraies courses attendraient le lendemain, une fois les enfants partis à l'école. L'ancien militaire avait profité de ces courses pour faire un tour du quartier. Il avait repéré plusieurs commerces utiles, comme une pharmacie, une épicerie de quartier, une quincaillerie. Clint avait un excellent sens de l'orientation, et c'était tout de suite adapté à la géographie de l'endroit, une carte très précise s'en affichant dans sa tête, réminiscence de l'expérience militaire. Il y avait intérêt à ne pas se paumer lorsqu'on était en mission dans un pays inconnu, c'était une question de survie. Clint soupira. Peut-être devait-il laisser ces réflexes s'en aller. Cela faisait bien une année maintenant qu'il avait quitté le corps des Marins...depuis la mort de son épouse, en fait.
Chassant ses pensées moroses, le quadragénaire composa le code de la porte cochère. Il la poussa sans difficulté, d'une main, tint la porte au concierge qui sortait les poubelles en le saluant, et entra dans le hall. Un petit « ding » retentit dans sa poche, là où il mettait son téléphone portable. Il le sortit et lut le message en continuant de marcher droit devant lui. Un bruit de pas rapides retentit alors devant lui, auquel il ne fit pas vraiment attention, jusqu'à les entendre soudainement vraiment proches, accompagnés d'une respiration hachée. Avant d'avoir le temps de relever la tête, il percuta quelqu'un qu'il n'avait pas vu venir. Son téléphone lui échappa des mains.
Il eut juste le temps, par réflexe, de se rééquilibrer d'un saut sur le côté, et de rattraper par le bras la personne qui, surprise par la colision, allait tomber. C'était un jeune homme, un peu plus grand que lui, plus fin, et vêtu de vêtements de sport. Clint aperçut, l'espace d'un instant, l'éclat d'yeux d'un bleu translucide qui lui percèrent le coeur, et d'une tignasse blanchâtre avant que le jeune homme n'aie un mouvement de recul. Si sa première impression avait été d'avoir affaire à une sorte d'ange lumineux -il n'avait pas bu son café, ce qui constituait en soit une excuse imparable à cette impression qu'avec le recul il trouvait ridicule-, il revint rapidement sur terre lorsque le garçon se dégagea brutalement de sa poigne.
« -Regarde où tu vas, vieil homme ! Cracha le garçon avec un fort accent slave, avant de sortir à grands pas.
Stupéfait, Clint resta quelques instants sans bouger, prit d'une autre sorte d'impression. Un accent slave ? Des vêtements de sport ? Quelque chose lui disait qu'il venait de rencontrer Pietro Maximoff, le fameux frère de Wanda, et qu'il n'était pas aussi sympathique que sa sœur. Il eut un petit rire. Finalement, tous ses voisins n'étaient pas irréprochables...Mais...était-ce des larmes qu'il avait vu briller sur les joues pâles ?
Il haussa les épaules. Après tout, ce n'était pas son problème. Le gamin semblait avoir suffisamment de caractère pour s'en remettre, quel qu'ait pu être l'agent déclencheur de sa colère. Car c'était bien de la colère qu'il avait vu briller dans ses yeux, avec un peu de chagrin. Il valait mieux ne pas se faire un ennemi de ce garçon, conclut l'ancien militaire, garder se distances. Tout en réflechissant, il était arrivé à son étage. Il comprit tout de suite que, malgré tout, il lui faudrait bien se mêler à cette histoire d'une manière ou d'une autre. La porte de l'appartement des jumeaux était ouverte, et Wanda était appuyée à la rembarde, l'air désemparée. Il s'approcha doucement d'elle. Elle ne l'avait même pas remarquée, toute à ses pensées, et sursauta lorsqu'il posa gentiment une main sur son épaule.
« -Ca va, petite ?
-...bonjour Clint, fit-elle tristement, pas vraiment non…enfin, moi ça va…
-...mais pas ton frère, soupira l'ancien militaire.
-Tu l'as vu ?
-Si c'est un grand gars aux cheveux blancs, ouais...c'est le moins qu'on puisse dire. On s'est rentrés dedans et il m'a envoyé sur les roses.
-Oh...je suis vraiment désolée…
-T'inquiète. Allez, viens, bâilla Clint en sortant les clés de chez lui, t'a pas envie d'un croissant ?
Wanda haussa les épaules avec un sourire, avant de le suivre à l'intérieur, où une armée de monstres attendaient leur pitance, selon les termes du quadra.
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« -De toute façon, marmonna Wanda en mordant dans son croissant, je lui avais dis que ce n'était pas quelqu'un de bien...c'est peut-être mieux comme ça…
-Tu as raison, ma chérie, dit Natasha, c'est mieux comme ça, il va pouvoir trouver quelqu'un qui lui corresponde vraiment.
-Donc, fit Clint, si je résume. Ton frère est rentré ce matin en te disant que son petit-ami…-Alec, c'est ça ?- s'était comporté bizaremment pendant le voyage. Et une demi-heure plus tard, ce même Alec l'a appelé pour rompre ?
-Oui...mais...gardez-le pour vous, s'il vous plaît...je crois qu'il ne voudra plus du tout entendre parler de cette histoire. Je n'aurais même pas du vous en parler.
-Ne t'inquiète pas. Nous sommes des tombes, sourit Natasha qui, malgré tout, adorait les potins.
-Merci.
-Et du coup, ton frère est parti.
-Ca lui arrive souvent. Il va courir, ça lui change les idées…
-Et...Il court longtemps comme ça ? Demanda Clint, éberlué.
-Une fois, il est sortit le matin et n'est rentré que le soir, fit innocemment Wanda. Je pense qu'il fait des pauses de temps en temps...mais rien n'est sûr…
-Drôle de personnage, commenta Natasha avec un rire.
-Il est hyperactif, murmura Wanda.
-Hey, ma belle, ce n'était pas une critique, se rattrapa Natasha, crois-moi, on en a vu d'autres, Clint et moi.
-C'est sûr, affirma Clint, qui comprenait à présent la grossièreté de Pietro, et lui pardonnait de bonne grâce. Ecoute, on va attendre ton frère et on va tâcher de lui changer les idées, okay ?
-C'est gentil, Clint, sourit Wanda.
Ils l'attendirent longtemps. Le reste de la matinée et une bonne partie de l'après-midi. Wanda sympathisant un peu plus avec les deux amis, et fit même plus ample connaissance avec les enfants, qui l'adoraient, surtout Cooper. Finalement, vers 16h30, ils entendirent des bruits de pas dans le couloir. Wanda fit signe à Clint que son frère était de retour. Ensemble, ils sortirent de l'appartement pour intercepter le sportif, qui avait déjà déverrouillé la porte de l'appartement des jumeaux. Le jeune homme avait l'air exténué, et le coeur de sa sœur se serra à cette vue. Elle le rejoignit et l'embrassa gentiment sur la joue. Pietro ne suait pas beaucoup, étonnamment. Il eut l'air surpris de les voir tous deux sortir du même appartement, un étonnement presque attendrissant pour Clint qui se dit que le garçon ne devait pas être un si mauvais bougre. Mais le regard cristallin changea rapidement lorsqu'il reconnu l'homme qu'il avait percuté le matin-même. Il eut un sourire provoquant.
« -Salut, vieil homme ! Lança-t-il narquoisement, ça faisait longtemps !
Clint en resta comme deux ronds de flans. Le petit ne manquait pas de culot. Il en avait cassé des gueules, et pour moins que ça ! Natasha, qui les avait rejoint entre-temps, retint son souffle. Wanda, se mordant la lèvre de gêne, réprimanda son frère d'un regard désapprobateur, mais Pietro fixait toujours l'ancien militaire, haussant un sourcil qui disait « Allez, qu'est-ce que tu vas faire, vieux schnock ? Me faire la morale ? Me coller un pain ? Viens, je t'attends ». Clint compris tout de suite ce regard, un regard qu'il avait déjà vu, chez de nombreux jeunes militaires un peu récalcitrants, ou même il y avait des années, dans son propre miroir. Autant dire que pour ce qui était de gérer la provoquation, le quadra en avait au compteur. Il ne s'énerva donc pas, se contentant de jauger silencieusement le jeune homme. Répondez à ce genre de narquoiserie, et la mise en place du moindre lien de confiance ou de respect sera compromise. À la place, un sourire s'installa lentement sur les lèvres fines du Marins à la retraite, qui planta avec assurance son regard dans celui de Pietro, un peu moins à l'aise, d'un coup.
« -Salut, sale gosse.
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Une tête à claques ce Pietro, hein ? :P
N'hésitez pas à me faire part de vos impressions, et à très vite !
