Résumé : Près de trois ans après la dernière Guerre Sainte, les Chevaliers d'Or, Spectres, Marinas et Guerriers d'Odin reviennent à la vie. Mais qu'est-ce que ça cache ? De plus, les cinq chevaliers de bronze semblent avoir mûris et bien changés durant ces années… Entre surprise de taille (et pas toujours agréable), romance, plus ou moins facile, et action, tous vont devoir réapprendre à vivre, et à vivre sans guerre, ni combats…

Disclaimers : Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

Genres : Action-aventure / Romance / Yaoi

Rating : T

Edit du 13/06/2016 : Chapitre bêta-lu par Lys8375. Un grand merci à elle !


Note de l'auteur

Bonjour à tous ! Et voilà ! Je vous l'avais promis, voici le 1er chapitre !
Là encore, je me suis relue trois fois, au moins, donc je m'excuse pour les fautes qui m'ont échappée. Si ça vous dérange trop, dites-les moi, je rectifierais.

Bonne lecture ^^ !


PARTIE I

Sous partie 1


Réveil

C'était étrange. Il… flottait… Oui, c'était cela. Il flottait, aussi léger qu'une plume, et c'était plutôt… agréable. Comme s'il reposait sur un nuage de coton. Et il aurait voulu s'y enfoncer encore plus, mais quelque chose le retint. Il ignorait ce que c'était, mais c'était bien là.

Peu à peu, son esprit devint plus vif, plus éveillé, et ses capacités de réflexion réapparurent. Mais il n'avait pas envie de réfléchir, ce qu'il voulait, c'était dormir. Son corps, apparemment pas d'accord, lui envoya une onde de douleur. Et devint, lui qui était pourtant si léger quelques instants auparavant, aussi lourd que du plomb, avec membres et articulations endoloris en prime.

Il pesta intérieurement et commença à maudire la Terre entière, quand il se rendit compte brutalement qu'il n'avait absolument aucun souvenir. Cela acheva de le réveiller et de le faire descendre de son petit nuage. Il se mit enfin à cogiter.

Bon, première étape, ne pas paniquer. S'il se concentrait un peu, il devrait arriver à faire ressurgir sa mémoire. S'il se fiait à la souffrance qui le traversait, il y avait de fortes chances qu'il ait pris un coup sur la tête. Il était normal qu'il ait un peu de mal à rassembler ses souvenirs, donc aucune raison de paniquer. Bien, première étape réussie !

Ensuite, deuxième étape, beaucoup moins facile que la précédente : se souvenir de son nom. Essai n°1 :

« … … »

…Ouais, pas très concluant. Bon, tentative n°2 : essayer d'analyser les images que lui envoyait son cerveau pour le mettre sur la piste de son identité. … … Sauf que son esprit était en grève et refusait de lui transmettre la moindre information.

Il sentit monter un pic d'agacement contre lui-même alors que tous ses efforts pour se souvenir restaient vains. Le pire, c'était qu'il ne pouvait même pas se rendormir sur son nuage et se laissait porter comme une plume par le vent, à cause de ces fichus…

Il s'interrompit brusquement, prit d'une inspiration soudaine :

« Une… plume ? »

Cette simple pensée fit surgir une sorte de tableau dans sa tête. Une sorte de félin avec des ailes, des serres, un bec. Sans savoir pourquoi, il était certain que cet animal était d'une importance capitale pour lui, mais il était incapable de se rappeler du nom de la créature. Pourtant, il l'avait sur le bout de la langue.

« Un typhon ?... Non… Une griffe ?... Non plus… Un tyfe peut-être… … Je m'éloigne là… »

Rhaaa ! Mais c'était à en devenir dingue ! Il fallait qu'il se calme, cela ne servait à rien de s'énerver. S'il avait pu se souvenir de cette image, alors il finirait forcément par se souvenir que cet animal était un griffon et…

Un Griffon.

Il se figea, se prenant une décharge électrique dans tout le corps tandis que ce mot s'écrivait en lettre de feu dans son esprit. Mais bien sûr !

Il se souvenait maintenant. Il était Minos du Griffon, de l'étoile céleste de la Noblesse, Juge des Enfers et Spectre d'Hadès. Et cela n'était pas la seule chose dont il se rappelait. Absolument tous ses souvenirs étaient revenus : l'appel de son maitre, son entraînement pour obtenir son Surplis, son travail aux enfers, la guerre contre Athéna, son combat contre le Chevalier du Cygne devant le passage menant à Elysion … sa mort… et son âme flottant dans le néant… Alors… pourquoi se sentait-il si vivant ?

Des montagnes de questions assaillirent son esprit. Pourtant, Minos les repoussa. Ce n'était pas le moment et, de toute façon, il savait qu'il n'aurait aucune réponse. Pour le moment, du moins. De plus, maintenant qu'il avait retrouvé la mémoire, il lui restait encore une chose à faire, mais non des moindres : ouvrir les yeux.

Ce qui n'allait pas être simple, tant il lui semblait que ses paupières pesaient des tonnes. Il essaya néanmoins, peu décidé à passer sa vie entouré de brume avec un corps de plomb. Une vive douleur lui parcourut l'ensemble des muscles, mettant fin à ses efforts. Par réflexe, il fit appel à son Cosmos. Et fut plus que surpris de le sentir. Oh, il était bien loin de son niveau habituel, tel la flamme d'une bougie comparée à un brasier ardent, mais il était bien là. Cette constatation le remplit bêtement de joie. Dans le néant, il en avait été privé, comme si on avait supprimé une partie de lui-même. Mais là, il sentait que le vide qui s'était crée venait enfin de se combler.

Minos se mit une claque mentale. Ce n'était pas le moment de s'extasier. Il enflamma son Cosmos, légèrement, et la douleur se calma aussitôt. Son corps lui parut moins lourd, si bien qu'il retenta d'ouvrir les yeux. Pour les refermer aussitôt.

La lumière l'avait tellement ébloui durant le quart de seconde où ses paupières s'étaient levées, qu'il avait cru devenir aveugle. Mais il n'en était rien, et Minos décida de retenter sa chance, y allant progressivement cette fois.

Lentement, ses paupières commencèrent à s'ouvrir, s'arrêtant un instant lorsque la luminosité devenait trop forte, avant de repartir lorsqu'il s'y était habitué. Ses deux orbes dorés enfin libérées des ténèbres, il sourit intérieurement de satisfaction, car incapable de bouger ses lèvres à cause de la douleur, avant que son regard ne se mette à voyager afin de découvrir où il avait atterri.

Sa surprise fut totale lorsqu'il découvrit qu'il était dans une des suites du château de son Seigneur, aux Enfers. Il reconnaissait sans peine les murs sombres aux tapisseries représentant de fantastiques animaux, le sol clair et agréable au toucher. Minos s'en souvenait, malgré les rares fois où il s'était baladé pied-nus. Ou encore, le mobilier simple, en bois massif, semblant venir d'une autre époque. Le tout était sobre, mais chaleureux et accueillant au possible. Lui-même se trouvait dans un lit dont la couverture brune était remontée jusqu'à son menton.

Minos était heureux. Si bien que sa joie supplanta sa douleur et qu'un sourire se dessina sur ses lèvres. Il était apaisé et, bizarrement, ému. Il était de retour chez lui, à l'endroit qu'il considérait comme son foyer, sa maison. Ce simple fait le remplissait d'un bonheur sans fin.

Un grognement attira son attention et, tournant la tête vers le bruit, le Juge du Griffon découvrit avec stupéfaction ses deux confrères, Eaque et Rhadamanthe. Ce dernier était à l'origine du grognement. Ils étaient là, avec lui, installés de la même façon que lui, dans un lit à la couverture foncée identique. Mais surtout, ils étaient vivants.

Minos se redressa autant qu'il put, ignorant la douleur provoquée à chacun de ses mouvements, passa son bras droit par-dessus la couverture, et observa ses compagnons qui reprenaient lentement leur esprit en réfléchissant. Il se demandait maintenant comment un tel miracle avait pu être possible. Il n'y avait pas si longtemps, ils étaient morts. Ils étaient dans le néant, là où allaient tous les serviteurs des Dieux à leur mort. Alors comment pouvaient-ils se retrouver ici et bien vivants ?

Il était plongé dans ses réflexions quand une voix, rauque de ne pas avoir été utilisée depuis longtemps, s'éleva dans la pièce, le ramenant à la réalité.

- Bordel ! Mais qu'est-ce qui s'est passé ?!

Visiblement, si Rhadamanthe était encore incapable de se faire obéir de son corps ankylosé, son esprit, lui, semblait au maximum de ses capacités. Et franchement, Minos aurait préféré le contraire, histoire d'épargner sa pauvre tête, qui menaçait d'exploser à tout moment tant le bruit avait réveillé la douleur de celle-ci. Un coup d'œil vers Eaque lui apprit qu'il pensait la même chose. Tous deux retinrent un soupir exaspéré. Après tout, ce n'était pas demain la veille qu'on changera le Juge de la Wyvern.

Mais apparemment, Rhadamanthe ne devait pas avoir aussi bien récupéré que Minos le pensait, car il s'exprima ensuite beaucoup moins bruyamment.

- Minos, Eaque ! Vous y comprenez quelque chose, vous, à tout ce bazar ?

Il avait dit cela en se redressant sur son coussin, d'un ton quelque peu agressif, sans doute pour dissimuler sa confusion. Seulement voilà, les deux autres Juges étaient aussi perdus que lui.

- Je pense, commença prudemment Eaque, en se redressant à son tour, qu'on nous a ressuscité…

- Ça, on l'avait compris ! répliqua la Wyvern. Ce que je voudrais savoir, c'est comment, et surtout pourquoi ?!

- Justement ! Réfléchis deux secondes, Rhadamanthe ! s'impatienta Minos, qui lui, avait suivi le raisonnement de son collègue. Les seuls à pouvoir ramener quelqu'un à la vie, ce sont les Dieux ! Et on sait tous les trois qu'ils ne font jamais rien au hasard, et que la situation doit être grave, car ce n'est certainement pas dans leurs habitudes d'être aussi généreux !

Un silence suivit cette déclaration, les trois hommes étant plongés dans leurs pensées. Silence qui fut brisé par une voix qu'ils n'auraient jamais cru entendre ici.

- Alors vous êtes enfin réveillés.

Ils se tournèrent d'un même ensemble vers la porte de la chambre, aussi rapidement que leurs corps le leur permettaient, grimaçant intérieurement au passage à cause des douleurs causées par celui-ci, pour se figer face à leur interlocuteur.

- TOI !

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Un bruit. Pas désagréable, mais répétitif et énervant. Cela le réveilla. Il essaya de se rendormir, mais rien n'y faisait. En plus, ce bruit n'arrangeait pas son mal de tête, déjà affreux depuis qu'il avait repris conscience.

… Minute… S'il pouvait ressentir de la douleur, c'est qu'il avait un corps… et s'il avait un corps… cela voulait dire que… qu'il était… vivant…?

Toute envie de dormir envolées, il se mit à réfléchir à plein régime, et tant pis pour son mal de crâne. Cependant, de toutes les façons qu'il tournait le problème, il en arrivait toujours à la même conclusion. C'était totalement impossible.

Il ne pouvait pas être vivant ! Il était mort ! Deux fois, même ! La première en confiant Athéna et son armure à l'homme s'appelant Kido Mitsumasa, la deuxième, après avoir détruit le Mur des Lamentations. Cela n'avait aucun sens ! Comment pouvait-il être en vie ?

Décidé à en avoir le cœur net, il entreprit d'ouvrir les yeux. Lentement, ses paupières se soulevèrent, avant de papillonner par réflexe, pour ensuite finir par s'écarquiller. Rien qu'à la vue du plafond, il savait où il était. Malgré les années, celui-ci n'avait pas changé d'une fissure, remarqua-t-il au passage. Mais c'était impossible ! Il était mort, bon sang ! Alors comment pouvait-il se trouver dans une salle du palais du Grand Pope, dans le Sanctuaire d'Athéna ?

Aioros, car c'était bien lui, secoua la tête dans l'espoir de sortir de ce rêve, cette illusion, ce songe, ou il ne savait quoi d'autre encore. Mais pour lui, il était évident que cela ne pouvait pas être la réalité, c'était impos…

- Aioros ? Aioros, tu es réveillé ?

Le concerné se figea brusquement. Cette voix… Cette voix qu'il n'avait pas entendu depuis si longtemps… Elle avait beau avoir changé avec les années, il la reconnaîtrait entre mille. Il sentit presque les larmes lui monter aux yeux tandis qu'il s'efforçait de tourner la tête vers l'origine de ce son si merveilleux.

Il tomba sur un visage semblable au sien, tant par la forme que par l'expression qu'il affichait. Le visage de son frère. Un doux sourire apparut sur le sien, alors qu'il chassait toutes ses questions de son esprit, se disant qu'il en aurait les réponses bien assez tôt. Non, pour le moment, seul comptait son frère. Son petit frère.

- Aiolia… murmura-t-il, submergé par l'émotion.

- Je suis content de te revoir, si tu savais… grand frère… chuchota à son tour le Chevalier du Lion, ému pas ces retrouvailles tant espérées.

Grand frère. Ces mots sonnèrent comme un profond soulagement pour le Sagittaire. Il n'ignorait pas la profonde rancune qu'Aiolia avait éprouvé à son égard après sa « trahison », pas plus que la détresse et la souffrance qu'il avait enduré pendant toutes ces années. Alors, que son frère lui pardonne malgré tout, était, pour Aioros, le plus beau présent qu'il pouvait lui faire.

Un grognement le sortit de ses pensées et, comme le Lion, il se décida enfin à rompre le contact visuel pour observer un peu mieux leur environnement. Ce fut à cet instant seulement qu'il réalisa que tous ses compagnons étaient présents, même Shion – qui avait retrouvé sa jeunesse, comme Dohko, nota-t-il.

Ils étaient tous allongés sur des lits, en rang contre les murs de la salle spacieuse, et assez espacés pour que deux personnes puissent se glisser entre eux.

Aioros finit enfin par savoir quel était ce bruit qui l'avait sorti de son sommeil, et qui n'était autre que les ronflements d'Aldébaran. Le grognement, lui, venait de DeathMask, qui semblait sortir du pays des rêves.

Dans les quelques minutes qui suivirent, tous se réveillèrent, avec plus ou moins de difficulté, de lenteur et de gémissements râleurs. Aioros et Aiolia attendirent sagement que leurs frères d'armes reprennent leur esprit, tout en échangeant des regards lourds de sens, d'affection et de promesse entre eux.

Les 14 Chevaliers se redressèrent sur leurs oreillers et seulement après, pour 12 d'entre eux, ils observèrent l'endroit où ils se trouvaient. Ces derniers se figèrent dans un bel ensemble, quelques secondes plus tard. Les deux frères, étant déjà passés par là, les laissèrent encaisser le choc puis reprendre leurs esprits.

Ce fut Shion qui se remis le plus vite et qui pris les choses en main.

- Bon, surtout, pas de panique, demanda-t-il d'une voix qui se voulait apaisante et rassurante.

- Oh oui, c'est vrai qu'il n'y a aucune raison de paniquer, railla le Cancer, dans un état d'exaspération avancé.

- DeathMask, tais-toi ! ordonna Dohko avec un regard d'avertissement vers le concerné.

Celui-ci lui envoya un regard noir avant de détourner la tête, mais obtempéra.

- Bien, reprit l'ancien Chevalier d'Or, quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez ?

Un petit silence suivit pendant qu'ils réfléchissaient rapidement, pour ensuite répondre d'une même voix.

- La destruction du Mur des Lamentations.

- Mon combat contre Rhadamanthe.

Un ange passa. Puis d'un même homme, ils se tournèrent vers celui qui venait de parler pour découvrir… deux Saga. Si les prévenus comprirent rapidement qu'il s'agissait du frère jumeau de ce dernier, Kanon, les autres en étaient à se demander s'ils n'avaient pas la berlue.

Alors que le Chevalier du Cancer ouvrait la bouche, sans doute pour râler, une fois de plus, un cri les fit sursauter. Ils se retournèrent d'un bloc, prêts à faire face à une éventuelle menace et… la personne devant eux acheva de les perdre.

Shun se tenait à côté de la porte, qui s'était ouverte sans un bruit, et les regardait, une expression de pur choc plaquée sur le visage. Il resta figé de longues secondes, si bien que les Chevaliers d'Or commencèrent à se demander si la surprise ne l'avait pas tué. Enfin, le jeune Andromède sembla se réveiller, une expression de pur bonheur s'affichant sur son visage, des larmes venant même embuer ses grands yeux verts.

- Vous êtes enfin réveillés… murmura-t-il d'une voix surchargée d'émotion.

Les ressuscités furent incapables de réagir devant un tel débordement de sentiments. Et ce ne fut que lorsque les larmes coulèrent sur les joues du jeune Chevalier que l'un d'entre eux réagit.

- Voyons, Shun… Tu ne vas pas pleurer quand même ? réprimanda gentiment Mû. Ça ne fait pas très sérieux et tu…

- Je m'en fiche !

Mû s'arrêta, légèrement abasourdi, comme les autres Ors d'ailleurs, et regarda Shun qui venait de le couper assez violemment. Celui-ci porta un bras tremblant sur ses yeux, et tandis que ses larmes continuaient de ruisseler, il reprit d'une voix tremblotante :

- Je me fiche de ne pas avoir l'air d'un Chevalier, je… Vous n'avez pas idée combien vous m'avez manqué… combien vous nous avez manqué… Vous ne pouvez pas imaginer à quel point on a espéré ce jour… ce jour où on vous reverrait enfin… ! Alors… alors je me fiche de ne pas avoir l'air d'un Chevalier ! Pour le moment, je ne suis qu'un homme… un homme qui retrouve des personnes qui lui sont chères… et qu'il croyait perdues à jamais…

Shun se tut, sachant que sa voix lui ferait défaut. Mais il n'avait pas à en dire plus. Tous furent touchés pas son discours décousu, qui reflétait si bien sa trop grande joie. Un étrange apaisement s'empara d'eux en voyant le jeune Andromède tenter de retenir ses sanglots – sans grand succès, il fallait bien l'avouer. Car ils étaient rentrés chez eux. Enfin.

Après quelques minutes, Shun réussit à se calmer quelque peu, et déclara :

- Je me doute que vous devez avoir de nombreuses questions sur le pourquoi du comment, mais avant toute chose, il faut que je prévienne Athéna-sama et les autres de votre réveil.

Il chercha une approbation quelconque après ces paroles, qui lui fut accordée pas un Shion souriant, à l'aide d'un hochement de tête.

Shun se retourna alors pour partir, en ajoutant qu'il reviendrait dans quelques minutes. Après un dernier regard vers les Ors, il referma la porte, les laissant toujours aussi dubitatifs sur leur situation… inédite, mais beaucoup plus sereins.

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Il se sentait… lourd… et nauséeux. Comme s'il était passé sous un rouleau compresseur et qu'il y était resté accroché comme un vieux chewing-gum. Sans parler de son mal de tête. Il faut dire que se faire tuer par l'une des douze armes de l'Armure d'Or de la Balance, capable, d'après la légende, de détruire une étoile, cela n'était pas une partie de plaisir.

Brusquement, il se figea. Se faire tuer… il s'était fait tué ! Alors pourquoi ressentait-il de la douleur ? Pourquoi se sentait-il si vivant ?!

Une peur panique totale s'empara soudainement de lui et lui fit brusquement ouvrir les yeux. L'éblouissement le terrorisa encore plus et, désorienté, il promena fébrilement son regard tout autour de lui.

Il se trouvait dans une salle du Palais du Sanctuaire sous-marin appartenant au Seigneur Poséidon, avec quatre autres Généraux inconscients.

Son esprit se rebella brutalement devant ces informations, rejetant tout d'un bloc. C'était impossible ! Totalement impossible ! Il était mort ! Il était mort ! Ses sens lui dictaient une chose, que sa raison repoussait de toutes ses forces. Sa panique enflait de seconde en seconde, prenant le contrôle total de son esprit. Il tenta de se défaire des couvertures qui le recouvraient, de s'enfuir le plus loin possible de cet endroit, dans des gestes désespérés.

- Io !

Il releva vivement la tête, croisant les yeux magenta(*1) du Général de la Sirène Ailée.

- S… Sorrento… ?!

Il avait prononcé ce mot avec espoir, mais de nouveau, son esprit ne put accepter ce qu'il voyait. Il recommença à se débattre, des larmes de désespoir, de douleur et de bien d'autres sentiments coulant le long de ses joues.

Mais deux mains vinrent le plaquer contre le matelas, doucement mais fermement.

- Calme-toi, Io ! ordonna Sorrento, ne comprenant pas sa peur soudaine.

- Non ! hurla le Général de Scylla. Lâche-moi ! Lâche-moi ! LACHE-MOI ! s'époumona-t-il en se débattant plus fort.

- Mais enfin, Io ! s'exclama l'Autrichien, abasourdi. C'est moi, Sorrento !

- NON ! Non, c'est faux ! Ce n'est qu'une illusion ! Tout n'est qu'une illusion ! TOUT EST FAUX !

- IO !

Les deux hommes sursautèrent, ne s'attendant pas à la participation de cette troisième voix. Ce qu'ils ignoraient tous les deux, c'était que les cris de panique de Io avaient réveillé leurs quatre compagnons. Et ceux-ci, ressentant pleinement la détresse de Scylla, n'avaient pu rester sans réagir et avaient envoyé au diable toutes leurs interrogations pour lui venir en aide.

- Voyons Io, reprit Isaak, car c'était lui qui avait crié, tout est absolument bien réel…

- Non ! Ce n'est qu'une illusion ! soutint le pauvre homme, bien que le doute commençait à s'insinuer en lui.

- Io…

C'est alors que Baian, qui était son plus proche voisin, se pencha vers lui, malgré ses muscles endoloris, et lui attrapa la main pour la serrer dans la sienne.

- Tu sens cette chaleur, Io ? lui demanda-t-il doucement. Tu penses vraiment que tu pourrais la sentir si tu étais encore mort ? Nous sommes bien vivants, Io… Ce n'est pas une illusion.

Ce dernier cessa de se débattre, perdu. Il regarda tour à tour ses cinq frères d'armes, qui attendaient patiemment qu'il se reprenne. Mais il ne savait plus où il en était.

Dans sa précédente vie, il avait été si sûr de lui, alors qu'à présent, il doutait. Il avait pensé être assez fort pour servir son Seigneur et Maître, que toutes ses différentes attaques lui permettraient de faire face à toutes les situations, et d'en sortir victorieux… Mais il avait eu tort. Le Chevalier d'Andromède l'avait battu, et même en sacrifiant sa vie, il n'avait pu empêcher la destruction du pilier dont il avait la charge. Il avait échoué dans son rôle, lamentablement.

Il éclata brusquement en sanglot. Sorrento le prit aussitôt dans ses bras. Etait-ce son cuisant échec qu'il pleurait ? Ou bien, la pression qui se relâchait ? Ou encore la joie de revoir tous ses compagnons ? Il n'en savait rien. Mais il pouvait sentir que ceux-ci le couvaient du regard, le soutenant alors qu'il se montrait faible… tellement faible…

Ce fut avec soulagement qu'il accueillit l'obscurité du sommeil, qu'une douce chaleur avait fait naître en lui.

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Une voix. Une voix l'appelait, il en était sûr. Et il la connaissait. Mais il ne s'en souvenait pas. Il n'y arrivait pas. Pourtant, elle était si douce, si mélodieuse… Elle perçait les ténèbres qui l'entouraient, telle la lune dans la nuit. Et c'était rassurant.

Pourtant, il sentait que quelque chose clochait. Qu'il ne devrait pas être ici, à ressentir toutes ces choses. Que ce n'était pas normal.

Puis il se souvint. Il était mort lors de la bataille d'Asgard contre les Chevaliers de Bronze d'Athéna. Alors pourquoi avait-il l'impression d'être vivant ? Cela ne…

- … gen ! … Ha… ! … … Ha… gen… !

De nouveau cette voix, qui l'attirait comme un aimant. Il fut tenté de résister, mais finalement se laissa aller. Il ne le regretta pas, car il sentit que les brumes de l'inconscience disparaissaient peu à peu. Il entendit plus distinctement les paroles de la voix.

- Hagen ! Réveille-toi, Hagen ! S'il te plaît, ouvre les yeux ! Hagen ! Hagen !

Ce dernier tenta d'ouvrir les yeux, voulant savoir à qui appartenait cette si jolie voix. Il fit plusieurs tentatives peu concluantes, mais lorsque enfin, il réussit, il tomba sur deux lacs bleus clairs magnifiques, qui s'illuminèrent dès qu'ils rencontrèrent les siens. Hagen reconnut enfin cette personne si chère à son cœur.

- Fre… Freya ?

Sa voix était un peu enrouée mais peu lui importait. Il réussit tant bien que mal à se redresser sur le lit, ne voulant pas paraître faible devant sa princesse. Il tenta ensuite de reprendre la parole, mais Freya se jeta dans ses bras, enfouissant sa tête au creux de son cou, coupant net son initiative.

- Oh, Hagen… Tu m'as tant manqué. J'ai cru que jamais je ne te reverrais… Je suis si heureuse que tu sois revenu…

Il sentit une humidité dans son cou, témoignage des larmes que versait la jeune femme. Il voulut l'enlacer à son tour, mais il se figea à mi-chemin.

Non, il n'avait pas le droit. Il l'avait attaqué lors de son combat contre le Chevalier du Cygne. Il avait failli la tuer. Il l'aurait fait, si Hyôga ne s'était pas interposé au dernier moment. Alors non, il n'avait pas le droit. Il était indigne d'elle et sa vie ne serait pas suffisante pour racheter son crime.

Doucement, il lui attrapa les bras et la força à se détacher de lui. Elle lui lança un regard surpris, les joues encore recouvertes de larmes. Cette vision l'attendrit autant qu'elle l'attrista.

- Hagen… ?

- Je suis désolé, Freya, mais… je ne peux pas, déclara-t-il à contrecœur.

- Mais… Pourquoi ? lui demanda-t-elle, ne comprenant pas son rejet, tandis que son regard redevenait humide.

- Freya… murmura le Guerrier d'Odin, le cœur serré. Je… je ne peux pas, je… je ne suis plus digne de toi. J'ai failli te tuer et sans le Chevalier du Cygne, tu… tu serais…

- Hagen, l'appela-t-elle doucement, en posant ses mains sur ses joues et en le forçant à la regarder dans les yeux.

Ce dernier n'y lut que tendresse, douceur… et amour… Il fut profondément bouleversé par ce regard. Comment pouvait-elle encore l'aimer ?

- Hagen, je ne t'en ai jamais voulu pour ça. En fait, ce serait plutôt à moi de m'excuser… Non, laisse-moi finir. Ajouta-t-elle en voyant qu'il allait protester. Je t'ai imposé un choix cruel entre ton devoir et tes sentiments, et, bien que tu ais choisi le premier, je n'ai jamais douté de ton amour pour moi. On a tous les deux des choses à se reprocher alors… laisse-nous une autre chance, Hagen… s'il te plaît…

Et, pour appuyer ses paroles, Freya le reprit dans ses bras avec toute la tendresse dont elle était capable.

Hagen eut un léger mouvement de recul, hésita, avant de finalement replier ses bras autour d'elle et de lui rendre son étreinte, tout en laissant couler des larmes de soulagement. Oui. Oui, il voulait leur laisser une autre chance. Repartir à zéro, sans faux-semblant, en faisant table rase du passé, pour se tourner entièrement vers l'avenir.

Il enfouit doucement son nez dans les cheveux soyeux de sa princesse. Fermant les yeux, il respira son doux parfum, sous les regards attendris de ses compagnons, qui s'étaient réveillés depuis en moment déjà.


1* : La vrai couleur est magenta secondaire, mais je ne voyais pas ça dans un texte ^^', donc je n'ai mis que magenta. Pour la voir, vous allez sur la liste de couleur de Wikipédia.

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Alors, alors, verdict ?

Dans ce chapitre, je voulais montrer qu'on avait tous des réactions différentes face à une même situation. J'ai voulu aussi mettre un peu d'humour, notament au début, mais ça donne un résultat très mitigé, selon moi -_-'

Sinon, je pense que le 2ème chapitre arrivera Samedi prochain (le 09/04/11), mais je ne promet rien, on ne sais jamais.

Merci de m'avoir lu, et à bientôt ^^