Hey !

Bonne rentrée à tous ! –Désolé si j'en déprime certain(e)s.-

Désolée pour le retard. J'ai eu quelques problèmes internet dû à un déménagement récent. J'ai aussi été pas mal occupée avec la rentrée qui approche ( Lundi putain !) et c'est pour cette raison que ce chapitre n'arrive que maintenant. C'est aussi à cause de ça que je n'ai pas répondu à toutes les gentilles reviews qu'on m'a laissé et j'en suis vraiment désolée. Pour le coup ça m'a fait vraiment chier. Vraiment j'ai pété une durite de merde et crié dans mon oreiller. Si, si.

Enfin bon, le voilà. Tout beau, tout propre et prêt à être lu.

J'espère qu'il vous plaira. C'est un peu lent pour le moment mais ça ira mieux par la suite je vous le promets !

A bientôt

Orpheo


La pièce était plongée dans le noir, et seul un trait de lumière qui provenait de la porte permettait à Stiles de voir ce qui l'entourait. Avec un soupir il se tourna vers le réveil posé sur la table de chevet.

5h44.

Il avait dormi quatre heures. Déjà parce qu'il revoyait Greenberg à chaque fois qu'il osait fermer ses paupières et ensuite parce que l'idiot qui partageait son lit piquait toute la place. Il jeta à un regard noir à son meilleur ami mais celui-ci se dissipa dans l'obscurité lorsqu'il fit face aux paupières closes de Scott. L'hyperactif grogna avant de se débarrasser de la couette avec ses pieds. Et en plus, c'était une véritable bouillote. Il crevait de chaud.

Sachant qu'il ne réussirait pas à se rendormir, et qu'il avait déjà vu tout ce qu'il y avait d'intéressant à voir sur le plafond, il décida de se lever. Il ne prit pas la peine d'être silencieux puisqu'une bombe pouvait exploser sans que cela ne réveille l'endormi.

Il descendit les escaliers et se rendit immédiatement dans la cuisine. Sans hésitation, il ouvrit l'un des placards duquel il sortit le pot qui contenait le café. Se repérer dans la maison de Scott n'était plus un problème depuis longtemps. A vrai dire, il connaissait mieux l'organisation de la maison que le brun lui-même.

Sans s'en rendre compte, il se mit à faire la vaisselle qui trainait dans l'évier, le bruit de la machine à café en fond. L'odeur se propagea rapidement dans la pièce et Stiles s'attabla une fois que sa boisson fut prête. Le pied tressautant, il jouait avec la fine couche de mousse présente sur le dessus.

Ses pensées s'égarèrent et bientôt il se retrouva à penser à la famille de Greenberg. Il en fût agacé parce qu'il n'avait pas envie d'avoir ce genre de réflexions dès le matin mais son esprit ne lui en laissa pas le choix.

Il imagina les parents se lever après que Mr Greenberg ait éteint le réveil. Il vit Mme Greenberg s'affairer dans la cuisine, préparer le petit-déjeuner pour toute la famille. Il les entendit discuter de tout et de rien comme tous les matins, le père se plaignant des impôts tandis que la mère soupirait en écoutant son mari. Et puis il assista aux visages défaits des deux parents quand ils réalisèrent que leur fils ne descendrait pas les escaliers pour déjeuner avec eux ce matin, parce qu'il était mort et qu'ils ne le verraient plus.

Stiles se leva d'un bond, le souffle saccadé. Il se précipita ensuite hors de la cuisine et partit chercher de quoi s'habiller. Il piqua des affaires à Scott sans même les regarder et se faufila dans la salle de bain en essayant de garder l'esprit vide de toutes pensées.


« Stiles c'est toi qui est à l'intérieur ? »

L'adolescent releva la tête en étendant la voix étouffée de la mère son meilleur ami. L'eau froide coulait doucement sur son corps nu et il se rendit compte qu'il était dans la salle de bain depuis un bout de temps. Il s'empressa d'éteindre le robinet et de sortir de la cabine tout en prenant soin de répondre à Melissa.

« Oui, je sors dans quelques minutes !

- Ce n'est pas pressé, c'était juste pour m'assurer que la fin du monde n'était pas pour aujourd'hui.

- Parce que ça aurait été le cas si ?, demanda-t-il, confus.

- Si Scott s'était levé en avance, un jour d'école. », répondit-elle avant de s'éloigner.

L'adolescent eut un sourire amusé avant de s'habiller prestement pour éviter de monopoliser la salle de bain plus longtemps. En regardant son portable il constata qu'il était déjà 6h30 et qu'il était resté une demi-heure sous la douche.

Une fois sorti, il décida qu'il était temps pour son ami de se lever et il se dirigea vers la chambre. Le voir roupiller tranquillement insuffla en lui une pulsion sadique soudaine et il y céda rapidement. D'un mouvement agile du poignet qui témoignait d'une pratique quotidienne, il tira sur la couette. Il savait cependant que cela ne suffirait pas à réveiller Scott alors il se permit d'ouvrir les volets, noyant ainsi la tanière de son ami d'une lumière aveuglante.

« Enfoiré. », grogna le brun sans prendre la peine d'ouvrir un œil.

Stiles éclata de rire avant de venir s'asseoir sur le lit de son ami. Celui-ci finit par se lever, les cheveux ébouriffés et la tenue débraillée quand il en eut marre que son meilleur ami enfonce son index dans ses côtes toutes les deux secondes et ils descendirent rejoindre Melissa qui préparait le petit-déjeuner. Un silence s'installa, pourtant inhabituel lorsque Stiles passait la nuit chez les McCall. Le jeune homme pouvait en effet discuter de tout et n'importe quoi sans même avoir besoin d'un interlocuteur. Scott n'était pas très bavard le matin et la plupart du temps il ne faisait que hocher la tête aux palabres de son ami et marmonner un « oui » ou un « non » quand cela était vraiment nécessaire.

L'adolescent à la peau bronzée jeta un regard en coin à son ami quand il le vit jouer avec sa nourriture pensivement, la jambe bougeant de façon frénétique comme à chaque fois qu'il devait rester assis plus de deux minutes. Il se demanda un instant à quoi il pensait avant de conclure qu'il était bien trop tôt pour essayer de comprendre le cerveau particulier de Stiles.

Ils ne partirent pour le lycée qu'une heure plus tard, après que Scott ait mit dix ans à choisir ses vêtements, à la plus grande surprise de l'hyperactif qui n'avait jamais vu son ami se soucier autant de son apparence. Surprise qui se transforma en amusement quand son ami prononça un prénom, de façon somme toute innocente.

Allison.

La nouvelle. Jolie brune aux fossettes.

Qui ne semblait plus quitter les pensées de Scott.

Stiles eut un grand sourire tandis qu'il démarrait sa vieille jeep et le plus petit lui jeta un regard étrange, à la fois interrogatif et effrayé –cette tête annonçait toujours les ennuis- avant d'hausser les épaules et de se tourner vers la vitre. Il préférait ne pas savoir.

Tout amusement déserta cependant des deux jeunes hommes quand ils aperçurent la façade du lycée. Stiles n'avait jamais eu autant envie de gerber qu'en l'espace de ces deux derniers jours. Pas pour les même raisons toutefois. Pile à l'endroit où Greenberg se trouvait la veille s'agglutinait à présent tout un groupe de personne, reniflant et sanglotant. Le mur était rempli de fleurs –qui avaient été arrachées de la façon la plus barbare qui soit quelques mètres plus loin- et de mot écrits aux marqueurs bariolés. Une photo du décédé reposait au centre, photo qui provenait visiblement des annales du lycée et qui montrait un jeune homme au regard timide et au sourire hésitant.

Enfoirés d'hypocrites.

L'hyperactif sentit une bouffée de rage remonter dans sa poitrine à la vision de deux idiotes qui chialaient en se prenant dans les bras comme si la nouvelle les touchaient. Aucun de ces abrutis n'avait jamais parlé à ce pauvre mec et voilà qu'ils se mettaient tous à vanter ses qualités –qu'ils inventaient de toute pièce puisqu'ils ne le connaissaient pas- et à se remémorer des souvenirs ridicules. La plupart d'entre eux n'avaient fait que le regarder avec mépris ou l'avaient tout bonnement ignoré pendant toute sa scolarité et pourtant si vous les écoutiez à présent, ils vous diraient qu'ils étaient de très bons amis.

Il entendit Scott soupirer à sa gauche.

« Allez, viens ça ne sert à rien de rester là », finit-il par dire en attrapant le bras de Stiles et en l'entrainant vers l'entrée. Son ami devait avoir compris son cheminement de pensé mais il fut tout de même étonné de sa perspicacité soudaine. Pas que son ami soit idiot, mais il n'était pas très observateur et le peu d'empathie qu'il pouvait éprouver se manifestait seulement en présence d'animaux malades.

« Stiles. », appela-t-il quelques minutes plus tard alors qu'ils parcouraient le couloir principal pour rejoindre leurs casiers respectifs.

« Hum ?

- C'est moi...ou l'on nous observe ?, chuchota-t-il en jetant de bref regard autours de lui.

- Non ce n'est pas toi.

Il avait en effet perçu les nombreux regards « discrets » de leurs camarades mais il avait préféré penser à autre chose sinon il savait qu'il allait être énervé toute la matinée.

-…Tu-Tu crois que c'est à cause de Greenberg ?

- Non, non…Je penses qu'ils ont juste réalisé à quel point nous étions géniaux. Notre beauté irréelle leur a soudainement sautée aux yeux et- Bien sûr que c'est à cause de Greenberg, Scott ! », répliqua-t-il sarcastiquement en agitant les bras.

Celui-ci ne releva pas, trop habitué et ouvrit son casier en regardant derrière lui de temps à autre pour voir si on le fixait toujours.

« Salut. »

Les deux jeunes hommes se tournèrent d'un même mouvement. Allison les fixait d'un œil hésitant, la main gauche dans ses cheveux tandis qu'elle remettait une mèche derrière son oreille. Le visage de Scott s'illumina tandis qu'il adressait le sourire le plus idiot de la planète à la brune.

« Hey... », lança d'ailleurs le plus petit tandis que l'hyperactif lui adressait un signe de la main tout en se balançant sur ses talons.

« Vous aussi vous avez le droit aux coups d'œil insistants d'après ce que je vois. », dit-elle jetant un regard derrière son épaule. Un peu plus loin un groupe de filles les regardaient en chuchotant avant de partir en les fixant comme s'ils étaient des êtres répugnants.

La nouvelle grimaça et Scott ri nerveusement. « Ouais, je me demande ce qu'ils ont tous…

- Ce qu'ils ont tous c'est qu'une rumeur coure selon laquelle nous serions responsable du suicide de Greenberg. », s'écria la voix agacée de Lydia, qui venait d'apparaitre, Jackson à ses côtés. Le blond n'avait pas l'air très heureux d'être là mais il ne dit rien et resta à côté de sa copine, le visage fermé. La jeune fille avait aujourd'hui rassemblé ses cheveux en un chignon lâche qui complétait sa légère robe bleue. Comme à chaque fois qu'il la voyait, Stiles ne put s'empêcher de penser qu'elle était magnifique. Raison pour laquelle il ne réagit pas tout de suite à ce qu'elle venait de dire.

« Quoi ?! »

La rousse jeta un regard ennuyé à Scott et Allison qui venaient de crier tandis que Stiles ouvrait la bouche en grand.

« Responsable dans quel sens ? Genre…on l'a poussé à se suicider ou genre: nous l'avons littéralement poussé ? », demanda-t-il en fronçant les sourcils.

Scott se tourna vers lui, le visage recouvert par une expression blasée : « C'est vraiment la première chose qui te viens à l'esprit là ? Ils pensent qu'on l'a tué ! », finit-il avec la voix plus aigüe qu'à l'ordinaire.

« Comment peuvent-ils dire ça ? », souffla la nouvelle, les yeux dans le vide. Scott tourna vers elle un regard concerné tandis que Lydia levait les yeux au ciel.

« Parce qu'un idiot a dit que c'était le cas et qu'ils l'ont tous écoutés.

- Mais ils pensent vraiment qu'on a tué Greenberg…tous les neuf ?

- Tu as écouté ce que je viens de dire Stilinski ou t'as fait semblant ? »

Il resta un instant bouche bée qu'elle se souvienne de son nom avant de répondre :

« On ne s'est jamais parlés et eux ils pensent que nous avons orchestré un meurtre tous ensemble. C'est absurde.

- Ce ne sont pas des flèches.

- Ça, ce n'est pas nouveau. », répliqua-t-il avec un sourire, auquel elle répondit, à sa grande surprise.

Silence.

La sonnerie retentit et le couple s'en alla sans rien ajouter, les laissant tous les trois plantés dans le couloir.

« Pourquoi je sens que la journée va être longue ? », demanda Scott a personne ne particulier. Stiles ricana avant de lui taper l'épaule en guise de soutien.

Allison sortit son emploi du temps de la poche de sa veste et fronça les sourcils un instant en regardant le papier.

« Tu as cours de quoi ? »

La question venait de Scott évidemment, qui n'avait pas lâché la jeune fille du regard depuis qu'elle était apparue dans son champ de vision.

« Physique-chimie.

-Oh, comme nous !

Stiles se mordit l'intérieur des joues pour ne pas rire devant l'expression de pur ravissement qui peignit les traits de son meilleur ami. Ils prirent la direction de la salle sans tarder, et le silence s'installa alors qu'ils parcouraient les couloirs. Scott semblait vouloir dire quelque chose toutes les deux secondes mais se ravisait à chaque fois et Stiles lançait un regard noir à toutes les personnes qu'ils croisaient. Allison semblait pensive mais elle adressait un petit sourire à Scott à chaque fois que ses yeux rencontraient ceux du brun, ce que celui-ci considéra comme étant positif.

Ils finirent par arriver devant la salle et ils rentrèrent à l'intérieur après un gémissement exagéré de l'hyperactif qui n'était nullement pressé de voir la tronche du professeur Harris. L'adulte avait une dent contre lui pour une raison obscure et il ne se passait pas un cours sans que celui-ci ne fasse une remarque à l'adolescent.

La salle plongea dans un silence tendu dès qu'ils y mirent un pied et Scott soupira en voyant tous les regards converger vers eux. Allison leva les yeux au ciel avant de parcourir la pièce jusqu'à une place en les ignorant. Les deux garçons la suivirent plus lentement et Stiles en profita pour assassiner tous ces idiots du regard. En observant autours de lui, il remarqua la présence d'Isaac et Hale, assis au fond, qui avaient revêtit leurs masques impassible et qui regardaient par la fenêtre comme s'ils n'étaient pas accusés d'avoir poussé un mec au suicide par la majorité des élèves de ce putain de lycée.

« Meurtriers. »

Stiles se tourna d'un coup vers l'abruti qui venait de parler mais il fut coupé par Scott qui le choppa par l'épaule et qui le poussa à marcher jusqu'au fond de la salle. Il leva les yeux au ciel devant la moue autoritaire de son ami mais ne dit rien, même quand celui-ci pointa la chaise du doigt pour qu'il s'y asseye.

Une fois qu'il fut assis, il observa la pièce et ne put s'empêcher de rire. Parce que sans le vouloir, tous les pseudo-meurtriers étaient assis à côté. Il avait en effet remarqué la présence d'Erica et Boyd sur sa droite et Lydia et Jackson venaient de s'installer à côté d'Allison. Plusieurs têtes se tournèrent dans sa direction, incluant ses compagnons d'infortune et son rire redoubla. Il devait passer pour un taré mais il n'était plus vraiment à ça près.

« Et bien, je vois que Mr Stilinski n'a toujours pas retrouvé les neurones qui manquaient à son cerveau pour que celui-ci fonctionne correctement. »

Le rire de l'hyperactif disparu pour laisser place à un sourire ironique à la vision de son professeur. Il ne manquait plus que lui tiens.

« Avant de commencer le cours : on m'a demandé de dire aux élèves ayant assisté à…l'accident d'hier de se rendre au bureau du professeur Morell à la fin des cours. »

Les abrutis qui leur servaient de camarades se mirent à chuchoter furieusement en entendant ça et Stiles hésita entre recommencer à rire et se taper la tête contre la table. Il etait certain qu'Harris l'avait fait exprès. A la place, il posa sa tête dans sa main et soupira. Il se demanda ce qu'on leur voulait encore. Ils avaient pourtant tout dit. Aucun d'eux n'avait poussé ce pauvre Greenberg, puisqu'ils avaient tous assistés à la scène d'en bas. Il espérait que les profs ne soit pas aussi crédules que les élèves.


Les cours avaient été longs.

Entre les élèves qui les regardaient ou murmuraient sur leurs passages, et les professeurs et leurs discours sur « le terrible accident », Scott commençait légèrement à saturer. Il avait plusieurs fois dû retenir son meilleur ami qui voulait aller casser la gueule aux abrutis qui leur balançaient des insultes. Stiles avait toujours été impulsif – son hyperactivité y étant pour beaucoup- et il avait une grande gueule alors il était difficile pour lui d'encaisser sans rien dire. Scott, était quant à lui plus modéré, déjà parce qu'il avait toujours peur qu'une crise d'asthme se déclenche s'il s'énervait trop et ensuite parce qu'il était trop occupé à essayer de raisonner son meilleur ami pour se préoccuper de ce genre de chose. Mais là, il commençait à en avoir marre.

La seule chose positive était que Allison était restée avec eux toute la matinée. Il avait donc pu l'admirer pendant des heures et sentir son parfum envoutant à chaque fois que ses cheveux se mouvaient. Stiles l'avait charrié pendant cinq bonnes minutes quand elle les avait laissés pour se rendre aux toilettes et ils avaient finis par chahuter dans les couloirs jusqu'à ce que deux terminales leur fasse une remarque méprisante à laquelle Stiles n'avait pu s'empêcher de répondre.

« Nan mais c'est pas possible d'être aussi cons ! », s'écria d'ailleurs l'hyperactif en fourrant rageusement ses bouquins dans son casier.

« Laisse tomber, demain ils auront trouvés autre chose.

- J'espère parce que sinon je ne réponds plus de rien et là ils auront une raison de me traiter de meurtrier. »

« Allez, allons manger ! »

Le visage de l'hyperactif s'éclaira et il s'empressa de fermer son casier avant d'attraper Scott par l'épaule pour qu'il marche plus vite. Evoquer la nourriture marchait à chaque fois. Ils parlèrent de tout et de rien dans la file d'attente, notamment d'Harris qui était un gros con, et aussi de l'entrainement de crosse qui les attendaient en fin de journée. Les plateaux en main, ils se dirigèrent vers une table naturellement mais une jeune fille au nez crochu s'empressa de s'installer et de poser son sac à côté d'elle. Stiles haussa les épaules avant de retourner à sa conversation et de voguer vers une autre table mais encore une fois, des élèves leur barrèrent la route et cette fois-ci Stiles plissa les yeux.

Pourquoi il avait l'impression qu'il allait encore se mettre en rogne ?

Au bout de la cinquième table à laquelle on leur refusait l'accès, les deux amis sentirent leur patience –déjà fortement ébranlée pour l'un- s'étioler rapidement. Alors que Stiles s'imaginait déjà planter la tête du gros balourd qui venait de lui sourire comme un con dans son assiette pleine de purée, il sentit le basané le tirer par le bras.

« Tiens, regardes elle est libre celle-là !

- Tu déconnes, y'a Hale !

- Et alors on n'a pas trop le choix je te rappelle.

- Je sais pas, il a pas l'air d'humeur…

-…Parce que t'arrives à lire l'expression de son visage toi ?

- Non, je pars du principe qu'il n'est jamais de bonne humeur c'est tout. », répliqua l'hyperactif en haussant les épaules. Scott essaya de réprimer le sourire qui le démangeait mais il échoua lamentablement et entraina un Stiles ricanant vers la table du sombre et stoïque Derek Hale.

« Euh…excuse-moi, on peut s'asseoir ? »

Le brun leva un regard indéchiffrable vers eux et prit un moment pour les dévisager avant de finalement hocher la tête, après ce qui avait semblé être des lustres à Scott. C'était limite si des gouttes de sueurs ne perlaient pas sur son front tellement il était mal à l'aise. Stiles lui jeta son regard « Je te l'avais dit, j'ai toujours raison mais tu ne m'écoutes jamais abruti » avant de prendre place à ses côtés.

« Et donc, ta voisine ?

- Elle a recommencée ! Elle est complètement folle, et je crois que répondre à ses délires de tarée en miaulant quand elle appelait « Skeeky » n'était pas une bonne idée. Maintenant elle reste devant la haie pendant des heures à appeler ce foutu chat imaginaire et elle ne lâche pas l'affaire tant que je n'ai pas « miaulé ». Ne ris pas enfoiré, c'est horrible. », répliqua l'hyperactif en frappant son meilleur ami sur l'épaule quand celui-ci s'étouffa de rire avec sa purée.

« Ah vous voilà, je vous ai cherchés partout ! »

Les deux jeunes hommes se retournèrent vers Allison qui se tenait derrière eux, son plateau dans les mains et Stiles ouvrit de grands yeux.

« Que t'est-il arrivé ?! », s'écria Scott les yeux écarquillés en regardant la brune de bas en haut. Celle-ci soupira avant de s'asseoir à côté du brun. La jeune fille était toute débraillée et ses longs cheveux semblaient avoir affronté une terrible tempête. Elle avait des traces de griffures sur les bras et un trou à son collant.

« Une folle m'a attaquée dans les toilettes en disant que c'était de ma faute si Greenberg était mort. Je commence d'ailleurs à en avoir plus que marre de ces conneries si vous voulez mon avis. », répondit-elle en commençant à manger sans donner plus de détails.

« Merde, elle t'as salement amochée.

- Hum, ça va, comparée à elle, je suis resplendissante. », répliqua-t-elle avec un sourire satisfait. « Salut Derek. »

Le brun qui écoutait leur discussion silencieusement, hocha la tête dans sa direction avant de se replonger dans son assiette. Stiles ne put s'empêcher de le regarder du coin de l'œil, en se demandant ce qu'il pensait de toute cette histoire.

« Pourquoi elle, elle a le droit de casser la gueule à ces abrutis alors que tu m'en empêches depuis ce matin ? », se plaignit-il ensuite en se tournant vers son meilleur ami qui était en train de replacer les mèches brunes de sa voisine de façon à ce que cela ressemble de nouveau à quelque chose. Celle-ci avait les joues rosies et tentait de dissimuler sa gêne en prenant de grosses bouchées de son plat. Stiles leva les yeux au ciel en voyant que Scott ne l'écoutait pas et posa sa tête dans sa main. Ses yeux se posèrent sur Derek qui contemplait le couple, le regard étrange. Il dut d'ailleurs sentir qu'on l'observait puisqu'il détourna les yeux pour venir les plonger dans les siens. Le contact perdura de longues secondes avant qu'il ne soit coupé quand ils entendirent un éclat de voix derrière eux.

Un mec était en train de gueuler à Isaac de dégager et le blond semblait hésiter entre abdiquer et balancer son plateau dans la tronche de l'importun. Marc Smith, terminal. Un mec banal au visage quelconque qui se prenait pour quelqu'un d'extraordinaire. Les pires ces mecs-là. Stiles grimaça et le mouvement de son genou s'accéléra alors qu'il essayait de rester assis sur le banc. Il savait que casser la gueule de ce type ne ferait qu'aggraver les choses mais bordel ça le démangeait.

« Hey, Isaac ! Par ici ! », s'exclama Scott, focalisant par la même occasion tout le réfectoire sur sa personne. Le blond tourna un regard curieux vers eux avant de secouer la tête doucement avec un léger sourire en coin. Il se dirigea ensuite vers leur table après un dernier regard pour Smith qui se mit à ricaner avec ses potes débiles.

« Vous vous rendez comptes qu'on fait exactement ce qu'ils veulent qu'on fasse ?

- Tu veux dire, nous regrouper afin que la rumeur débile qu'ils font circuler soit crédible, oui je pense que ça m'a effleuré l'esprit à un moment. », répondit Stiles en adressant un sourire ironique au jeune homme qui vint s'asseoir en face de Scott.

« Je déteste cette situation. », lança Lydia en s'installant comme si de rien n'était à côté d'Allison. « Cette salope de Judith n'a pas voulu me prêter son miroir et je n'ai même pas eu le droit à un deuxième dessert. »

« Tu as le droit à un deuxième dessert d'habitude ?! Merde, je veux être une femme.

- Même si tu étais une femme Stilinski, on ne te donnerait rien. Lyd', pourquoi on ne va pas manger avec Danny, je suis sûr qu'il nous a gardé une place. », intervint Jackson sans même jeter un regard aux autres occupants de la table.

« Vas te faire foutre Whittemore, si j'étais une femme je serais courtisée H24 et même toi tu ne pourrais pas résister à mon charme. », répliqua l'hyperactif avec un sourire coquin en direction du sportif, déclenchant par la même occasion les rires de Scott, Allison et Isaac.

« T'as de sérieux problèmes. », lui dit Jackson avant de focaliser son attention sur Lydia qui avait suivi leur échange d'un air ennuyé.

« Parce que tu ne veux pas que Danny se fasse emmerder à son tour juste parce qu'il traine avec nous. Allez, assieds-toi. »

Le blond marmonna quelque chose dans sa barbe mais il finit par abdiquer et prit place en face de sa petite amie. Le silence s'installa après ça, les occupants de la table n'ayant pas l'habitude de se côtoyer, ils n'avaient pas grand-chose à se dire et ne parvenaient pas à trouver un sujet sur lequel discuter.

« Qu'est-il arrivé à ton collant ? », demanda soudainement la rousse, les yeux rivés sur le trou qui déformait le collant de sa camarade. Celle-ci sembla gênée par la question, ce qui était justifié vu que c'était Lydia qui venait de poser la question et la jeune fille était intimidante.

« Une folle, dans les toilettes.

- Cette histoire prend vraiment des proportions énormes, ça devient fatiguant. (Elle soupira avant de lancer un sourire à la brune), enfin j'ai un collant de rechange dans mon casier pour ce genre d'accident si tu veux.

-…Euh, et bien merci. »

« J'adore ta veste en passant ! »

Elles se sourirent et étrangement tous les garçons présents à table eurent la conviction que quelque chose d'important venait de se passer mais comme c'était un truc de gonzesse ils ne savaient pas vraiment ce que cela signifiait.

Suite à cela, les deux jeunes femmes commencèrent une discussion que les autres occupants de la table écoutèrent distraitement tout en continuant de vider leurs assiettes.

« Boyd et Reyes sont là. »

Le groupe hésita un instant entre regarder l'entrée du réfectoire ou continuer à fixer Hale qui venait d'ouvrir la bouche.

« Mon dieu, mais-mais il parle !

- La ferme, Stilinski. », répondit le brun en lui lançant un regard noir. Il se reconcentra ensuite sur son assiette mais celle-ci était malheureusement vide, ce qui provoqua un rictus amusé chez l'hyperactif qui était assis en face de lui.

Pendant que Stiles taquinait son voisin de table, Allison s'était quant à elle tournée vers les deux arrivants pour les inviter à leur table. Boyd marcha vers eux d'un air impassible même si le soupir qu'il venait de pousser démontrait clairement à quel point l'idée de rester assis avec eux l'enchantait tandis que la blonde s'était empressée de les rejoindre et de prendre place à la droite de Stiles qui lui adressa un sourire. Boyd finit par arriver et s'assit à la gauche de Derek sans rien dire.

« Bien, maintenant que nous sommes tous réunis nous allons pouvoir discuter de choses sérieuses. », lança Stiles subitement.

Sa remarque entraina quelques expressions interrogatives. Scott, lui, poussa un soupir en voyant le sourire qu'arborait son meilleur ami. Pourquoi il sentait venir la grosse connerie ?

« Quelle est notre prochaine cible ? », chuchota-t-il d'un air conspirateur.

Allison pouffa, Scott se recouvrit le visage avec sa main mais ses épaules tressautèrent un instant, Jackson dissimula son sourire derrière sa main, Isaac secoua la tête, Erica eut un sourire, Lydia arbora une moue ennuyée et Derek haussa les sourcils tandis que Boyd le regardait d'un air blasé.

L'ambiance détendue se dissipa de façon inattendue quand Stiles se reçut une brique de lait sur la tête. Il resta confus un moment, sous les yeux grand ouverts des autres occupants de la table et ne se réveilla que lorsqu'il sentit le liquide couler le long de son crane pour venir s'échouer dans son cou alors que la petite brique en carton s'écrasait sur le sol en un « Poc » retentissant.

La salle plongea dans un silence pesant.

« Je vais les buter. », siffla-t-il en se levant, le visage hermétique.

« Stiles, non ! », s'exclama Scott en voyant son ami se diriger d'un pas lent vers le groupe de mec qui se fendaient la poire à la table d'à côté. Bien sûr que c'était encore Smith, ce mec était une vraie plaie. Stiles l'ignora cependant et s'arrêta devant la table, le visage toujours aussi fermé.

Il ne dit rien et attendit que les abrutis se tournent vers lui. Smith avait encore du lait sur les mains, qu'il avait dû se recevoir en balançant la brique et se les essuyait à présent l'air de rien.

« Un problème ? »

Un problème ? Il lui demandait s'il avait un problème ? Stiles sentit une rage froide s'infiltrer dans tout son être et il sentit son corps trembler sous la puissante émotion qui le submergeait.

Un sourire sans-joie s'étira sur ses lèvres fines.

« Si j'ai un problème ?(il eut un reniflement stupéfait ) Hier j'ai eu le malheur de voir un mec s'écraser la face contre le sol, aujourd'hui on m'accuse sans preuve d'avoir poussé ce même mec à se suicider et un petit enculé aux neurones calcinés par la connerie me balance du lait à la tronche pendant que je suis tranquillement en train de déjeuner à cause de cette putain de rumeur à la con. Alors oui, Smith j'ai un problème mais je pense qu'il peut se régler avec mon poing dans ta tronche de merdeux. », asséna-t-il d'une voix froide en appuyant ses mains contre la table et en avançant son visage pour qu'il soit à la hauteur de celui du Terminale.

« Tu veux me tuer moi aussi ? »

Stiles n'aimait pas la violence. Il évitait d'ailleurs toute confrontation et préférait de loin utiliser sa verve naturelle quand il s'agissait de se sortir d'un différent.

Mais parfois, la violence était nécessaire.

Il savait se battre, voulait se battre et allait se battre et ce même si Smith était plus baraqué que lui et qu'il allait surement finir plus amoché. Il s'en foutait, il en avait ras-le-cul qu'on le prenne pour un con et il avait décidé de ne pas réfléchir à ses actes. Pour le moment en tout cas.

C'est pourquoi il attrapa l'enfoiré par le col de son t-shirt et qu'il tira afin qu'il se lève et soit ainsi à sa hauteur.

« Pourquoi pas, au moins cette fois-ci je serais accusé pour quelque chose. »

Smith le poussa et Stiles perdit la prise qu'il avait sur son vêtement. Avec une colère qu'il ne se savait pas posséder il élança son bras droit en visant le nez de ce connard. Il imaginait déjà l'os se briser sous ses phalanges et le râle que l'adolescent allait produire.

Il n'atteint jamais sa cible cependant puisqu'une main attrapa son bras en plein vol et il se sentit tirer par une forte poigne. Quand il leva les yeux il remarqua que la main qui enserrait son poignet appartenait à Hale et que celui-ci n'avait pas l'air de vouloir le lâcher.

« Qu'est-ce que tu fous putain !

- La ferme. »

Stiles ne sut pas pourquoi, peut-être à cause du ton sec ou de la prise qui se resserra sur son poignet, mais pour la première fois depuis longtemps il l'a boucla quand on lui dit de le faire. Derek ne le lâcha que lorsqu'ils atteignirent l'extérieur. A cette heure, l'endroit était désert et la légère brise de ce début septembre rafraîchissait son esprit échaudé.

« Merde ! J'allais lui en foutre une bonne, pourquoi-

- Parce que ça ne sert à rien. Cela n'aurait fait que t'apporter des ennuis et tu le sais. », L'interrompis le brun d'un ton froid. L'hyperactif se mit à faire les cents pas, cherchant quelque chose à dire pour contrer l'argument du plus grand et il finit par soupirer, parce que l'autre avait raison forcément mais ça ne lui plaisait pas pour autant. Il était censé être celui qui avait raison, c'était son truc merde !

« Mais il m'a balancé du lait à la tronche l'enculé! », rugit-il brusquement. Il venait de passer une main dans ses cheveux et s'était souvenu du lait quand sa main avait effleuré les mèches collantes. Il reprit sa marche, de nouveau énervé.

« J'ai vu ça.

- T'aurais fait quoi à ma place ?!

- Surement la même chose. » (Stiles s'arrêta brusquement, lui jeta un regard noir avant d'ouvrir la bouche mais Derek le devança), mais personne ne m'aurait stoppé, j'aurais eu des ennuis et la rumeur n'aurait fait qu'amplifiée au lieu de se tasser comme cela va se produire quand ses idiots auront trouvé autre chose à raconter. »

« Wow, tu sais vraiment parler en fait ! »

Derek lui jeta un regard noir et Stiles laissa apparaître son sourire moqueur.

« Mais c'est de la connerie. Toi, si tu avais fait la même chose, le mec se serait écrasé parce que tu es monsieur-je-suis-mystérieusement-effrayant Derek Hale et personne ne t'aurait fait chier après ça. » Il resta pensif quelque secondes avant d'ajouter : « D'ailleurs je suis sûr que tu es le seul à ne pas avoir subi de remarques aujourd'hui n'est-ce pas ? »

Le brun croisa les bras, faisait ressortir les biceps musclés qu'il cachait sous son pull bleu marine. Il ne répondit pas toutefois et détourna les yeux pour éviter les prunelles brunes de son vis-à-vis. Celui-ci renifla avec amusement.

« Je le savais. Personne n'ose se mettre à dos le grand Derek Hale.

Le concerné grogna et voulut protester mais Scott arriva à ce moment-là, les autres sur les talons.

« Putain tu fais chier Hale, je voulais voir Stilinski se rétamer la gueule !

- Vas te faire foutre Jackson.

- Moi je voulais voir Smith s'en prendre une, ce mec est un gros con.

- Merci Isaac, tu es bien le seul qui me soutienne. Tu es mon nouveau meilleur ami à présent. »

« Hey ! »

« Non merci. », rétorqua le blond immédiatement.

« Hey ! »

Scott et Stiles affichaient tous deux une moue outrée qui fit ricaner Jackson.

« Mais je t'ai ramené ton sac !

- Ok, je te garde. », répondit l'hyperactif avec un sourire en prenant le sac qui se trouvait dans la main tendue du brun.

« Dis plutôt que c'est parce que tu t'es fait jeter ! »

Mine de rien, Stiles était plutôt content qu'ils l'aient tous rejoint. Il savait que cette soudaine solidarité n'était due qu'à la situation actuelle mais il trouvait tout de même ça sympathique d'être ainsi entouré. Même s'ils le regardaient d'un air blasé ou qu'ils se moquaient de lui, c'était étrangement amical et il n'avait pas l'impression d'être jugé.

« Il faudrait peut-être que tu ailles te nettoyer. », dit alors Erica en pointant son t-shirt taché du menton. Le regard des autres convergea vers le vêtement et Stiles soupira en voyant les taches qui maculaient son t-shirt bordeaux. En effet, on aurait dit qu'on lui-

« On dirait qu'on t'a éjaculé dessus mec, c'est dég'. »

Penser la même chose que Jackson au même moment était vraiment perturbant.

Les filles poussèrent des exclamations dégoûtées alors que Scott et Isaac ricanaient doucement. Boyd garda l'air impassible qui ne semblait jamais le quitter et Derek fronça le nez d'un air délicat qui ne lui allait pas et qui donnait à Stiles l'envie de se marrer.

« Et dire qu'il n'est que midi et qu'on a encore le rendez-vous avec Morell et l'entrainement de crosse, ça me déprime. », lança Scott après avoir regardé sa montre et constaté qu'il ne restait plus que dix minutes avant la reprise des cours.

« Je me demande quand même ce qu'elle nous veut. », ajouta Lydia d'un air pensif.

Ils se posaient tous la question...


Voilà, voilà~

Dans le prochain chapitre : Des révélations, des ennuis, des répliques pourries !

…Nan c'est faux, j'en sais rien encore. (sauf peut-être pour les répliques pourries, elles sont omniprésentes…)

Mais je peux vous affirmer une chose, Isaac sera très présent.

A bientôt :)

Orpheo

Ah et comme d'habitude : n'hésitez pas à me laisser un mot pour me dire si ça va ou si faut que j'arrête le massacre tout ça tout ça !

Promis, cette fois j'y répondrais !