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Disclamer : Tous les personnages (sauf certains de mon invention) et tous les lieux reviennent à J.K Rowling.

Résumé : Nom : Draco Lucius Malfoy - Motifs de l'emprisonnement : Accusé d'avoir été un partisan de Voldemort – Accusé de complicité dans le meurtre de Ginevra Molly Weasley. Six ans après la fin de la Guerre, Draco Malfoy demande sa mise en liberté conditionnelle…

Note : Bonjour ! Je me suis bien avancé dans la rédaction du chapitre 4 d'où cette nouvelle publication ) Pas de bla bla inutile, je vous souhaite…

Bonne lecture !

OoO

Chapitre 2

Hermione se retenait difficilement de prendre l'un pour taper sur l'autre. Cependant, elle doutait que cela entrait dans ses fonctions de médiatrice.

- S'il vous plait, je vais vous demander de vous calmer pour la énième fois, dit-elle finalement d'une voix dure. Je répète aussi que nous sommes là pour l'intérêt de votre fils…

Les deux concernés se turent, après un long regard noir. Depuis près d'une heure, la jeune femme s'escrimait à faire régner l'entente entre les deux anciens époux. Andréa et Amaïa Link, séparés depuis des mois maintenant, se disputaient la garde leur fils unique de 7 ans, Cameron. Trouver un consentement dans le cadre d'un divorce faisait parti de son travail, et malheureusement elle en réglait trop souvent. Parfois, elle traitait des dossiers originaux, tel que le cas Malfoy, mais elle préférait de loin les affaires familiales.

- Bien, nous allons profiter de cette accalmie pour reprendre les faits, reprit Hermione plus doucement. Amaïa, vous demandez la garde exclusive de Cameron…

- Oui, en effet je refuse que mon fils…, intervint l'intéressée mais la jeune femme l'interrompit d'un simple regard.

- Laissez-moi finir je vous prie. Bref… et vous Andréa vous souhaitez que cette histoire se termine au plus vite afin de pouvoir vivre librement avec votre nouvelle compagne. Maintenant dites-moi où se trouve l'intérêt de Cameron ?

Hermione pensa à ce petit garçon, blond comme les blés, au regard innocent, trop jeune pour voir ses parents se déchirer. Dans chaque séparation, tout parent pensait agir au mieux pour son enfant, mais dans la plupart des cas, ledit enfant souffrait des décisions parentales. La jeune femme était surtout là pour les enfants, pour faire entendre leur voix, avant qu'un tribunal ne leur impose une décision arbitraire.

- Insinuez-vous que notre fils soit malheureux ? Demanda Andréa, abasourdi.

- Non, mais il va l'être si vous continuez sur cette voie. Un enfant a besoin de parents, qui a défaut d'être unis, s'entendent et agissent dans son intérêt. Croyez-vous que c'est le cas ?

- Êtes-vous mère Mlle Granger ? Questionna Amaïa.

- Hermione fut prise au dépourvu. Elle ouvrit la bouche pour rétorquer lorsque quelqu'un frappa à la porte de la petite pièce où ils étaient tous trois réunis. La tête d'Elena, sa supérieure, apparut dans l'entrebâillement de la porte.

- Excusez-vous de vous déranger… Hermione je peux te parler une petite minute ?

- Elena, je suis en pleine…

- Oui je sais, mais c'est urgent, insista la jeune chef. Mr et Mrs Link, je vous promets qu'elle ne sera pas longue.

Hermione jeta un dernier regard à ses clients, elle avait la légère crainte qu'ils s'entretuent durant son absence. A leur niveau de haine, ils en étaient capables. Après une seconde de réflexion, elle se dit que peut-être une petite pause s'imposait, elle en prenait l'entière responsabilité.

- Allez prendre une boisson dans le hall, nous reprendrons ceci dans 15 minutes, dit-elle avant de se lever.

Elena la conduisit dans son bureau. Le dossier Malfoy, en évidence sur l'office, ne laissait aucun doute sur le sujet de la conversation. Une semaine plus tôt, soit le lendemain du repas au Terrier, elle avait fait part à sa supérieure de sa décision de prendre ce dossier en main. Celle-ci l'avait félicitée pour son courage. Hermione s'était retenue de lui rétorquer qu'elle l'avait fortement influencée dans son choix.

- Draco Malfoy souhaiterait que tu interviennes au plus vite, déclara Elena sans préambule.

- Depuis quand écoute-t-on les exigences des prisonniers d'Azkaban ? Riposta la jeune femme, consternée.

- Malfoy n'est pas un prisonnier comme les autres.

- Tiens donc, il a droit à une cellule avec des barreaux en or ?

Hermione fulminait. Pour qui se prenait-il ? Elle reconnaissait bien là le petit merdeux qu'elle avait côtoyé à Poudlard.

- Ne sois pas aussi sarcastique Hermione, je ne fais que répondre aux ordres, répondit Elena. Bien entendu, Malfoy ne sait pas que tu t'occupes de son cas, nous lui réservons cette petite surprise.

- Peut-être renoncera-t-il à sa fichue demande s'il me voit arriver…

- Permets-moi d'en douter… Bref, je voulais juste dire que cet après-midi, tu te présenteras à la prison d'Azkaban, un Portoloin partant du Ministère t'y conduira. Les gardiens ont été avertis ce matin, ils attendent ta venue.

- Pardon ? Si vite, je…

Hermione s'effondra sur l'unique chaise du bureau. Elle n'était pas encore prête à affronter Malfoy, elle avait à peine regardé l'épais dossier. Elle allait se présenter à lui avec aucune stratégie. Il la mangerait toute crue. La jeune femme fit part de ses doutes à Elena.

- Je te fais confiance Hermione, tu as beaucoup de répartie et un sacré caractère, il n'est pas en position de force, toi si.

- Et pour le dossier ? Je ne l'ai pas étudié, je m'attendais pas à ce qu'il exige ça.

- A quelle heure se termine ton rendez-vous avec les Link ? Demanda Elena, en consultant son agenda des médiations. D'ailleurs, je vois que cet après-midi, tu devais t'entretenir avec Miss Wate… Je m'en occuperais du coup.

- 11h normalement mais comme je leur ai donné un petit quart d'heure de répit…

D'un côté, Hermione était soulagée de ne pas affronter Mary Wate. Son cas la désespérait et elle ne voyait pas, en tant que médiatrice, ce qu'elle pouvait faire de plus. Mary était une jeune femme de 25 ans, nymphomane peut-être, dont la garde de sa petite fille de 4 ans lui avait été retirée suite à des signalements de négligence. Malheureusement, Miss Wate ne savait se passer des hommes, différent toutes les semaines, faisant diminuer à chaque entretien ses chances de retrouver à nouveau sa petite Lauran. Hermione pensait qu'elle avait plus besoin d'un psychomage que d'une médiatrice. D'un autre côté, la jeune femme se doutait fortement qu'elle perdait au change. Malfoy serait une affaire d'autant plus compliquée.

- Bon, tu termines quand même à 11h, décida sa supérieure, la faisant sortir de ses réflexions. Comme ça, jusqu'à midi, tu te plongeras dans le dossier.

- D'accord… Je pourrais quitter le service durant une petite heure durant le temps de midi, je dois aller voir Ron pour le prévenir…

- Pas de soucis. Tu as toutes les cartes en main maintenant.

Leur conversation s'acheva ainsi. Hermione retrouva Andréa et Amaïa, cependant le cœur n'y était plus. Elle ne cessait de penser à son entrevue avec Draco Malfoy.

OoO

Nom : Malfoy

Prénom(s) : Draco Lucius

Date de naissance : 5 juin 1980

Ascendance : Lucius Malfoy, sorcier – Narcissa Black, sorcière. Sang pur.

Motifs de l'emprisonnement : Accusé d'avoir été un partisan de Voldemort – Accusé de complicité dans le meurtre de Ginevra Molly Weasley.

Voici comment débutait ce fameux dossier. S'ensuivait une description assez précise de l'histoire de sa courte vie. Hermione sauta volontairement ce chapitre. Relire les faits d'une enfance pourrie gâtée ne l'intéressait guère.

Une grande partie de la pochette était consacrée aux nombreux rapports d'interrogatoires et d'entretiens que le jeune Malfoy avait passés. Hermione en lut quelques bribes, elle voulait s'imprégner de l'état d'esprit du prisonnier, essayer d'anticiper son état actuel… Il devait être suffisamment lucide pour avoir demandé une mise en liberté… ou fou au choix.

21 septembre 1998 – Auror Mitchell Raven.

Résumé : Mr Malfoy n'a pas cillé durant tout l'entretien, ses doigts ont tapoté la table dans une cadence presque agaçante. Son comportement frôle l'insolence et je n'ai jamais autant d'aplomb chez un jeune homme de son âge et surtout au vue des circonstances. Il a beaucoup de répartie, de ce fait je n'ai pas pu le conduire là où je le souhaitais.

- Reconnaissez-vous votre responsabilité dans le meurtre de Ginny Weasley ?

- Ai-je vraiment le choix ? Je ne faisais qu'obéir aux ordres…

- Alors en fait, vous n'étiez qu'un pantin articulé entre les doigts habiles de votre père et de Voldemort ?

Malfoy fit mine de réfléchir.

- Je n'irais pas jusque-là…

- Vous savez ce que je pense Mr Malfoy ?

- Dites toujours même si cela m'intéresse peu.

- Vous êtes suffisamment intelligent, même trop intelligent pour se contenter de suivre les ordres sans arrière-pensées.

Il m'a regardé, un brin ironique. Son attitude nonchalante est inadaptée, comme s'il était détaché de tout cela.

- Si je suis trop intelligent pour cela, si je ne suis pas un pantin, qui suis-je ?

- A vous de me le dire Mr Malfoy…

OoO

03 octobre 1998 – Auror Mitchell Raven

Résumé : Cf observations précédentes.

- Comment se porte la famille Weasley ?

La question a fusé et j'en fus surpris.

- Ai-je devant moi une personne qui ressent une once de culpabilité ?

J'ai espéré… une seule seconde peut-être. Draco Malfoy ne pouvait pas être qu'un monstre sans cœur.

- J'en ai simplement rêvé cette nuit, alors je me suis demandé…

Non, ce gamin ne pouvait être qu'un monstre.

- Je vois que vous dormiez bien la nuit, je pense que ce n'est plus le cas pour cette famille.

Il a haussé les épaules, comme si cela l'indifférait.

- Ils ne sont pas les seuls à être en deuil… J'ai perdu mon père et ma mère est internée dans je ne sais quel asile…

- Attendez, je vais sortir un mouchoir, je sens la petite larme venir.

Je le vis serrer les dents. C'était la première fois que je constatais une perte de contrôle de sa part.

- Ce n'est pas très professionnel Mr l'Auror, vous n'êtes pas là pour m'abaisser.

- En effet, mais pour l'instant vous ne répondez pas à mes attentes alors je passe à autre chose…

- Je vois… vous essayez de comprendre pourquoi j'ai aidé mon père à tuer Ginny Weasley. Est-ce que vous savez que certains gestes ne s'expliquent pas ?

- Vous n'êtes ni fou, ni idiot alors il y a forcément une explication.

OoO

10 janvier 1999 – Auror Mitchell Raven

Résumé : RAS

- Alors vous croyez que j'ai participé au meurtre de Ginny Weasley parce que je ressens un espèce de sentiment complexe envers Harry Potter ? Théorie très intéressante Mr l'Auror.

- Vous déformez mes propos Mr Malfoy

Il adopta encore cette attitude nonchalante très Malfoyenne. Sourire narquois, bras croisés, affalé au fond de son siège.

- Vraiment ? Cela fait des mois que vous cherchez une explication et vous en êtes à établir des théories fumeuses. Je n'éprouve aucun complexe vis-à-vis de Potter…

- Je ne sais pas… Il était considéré comme le héros par la communauté sorcière, il avait une famille adoptive aimante, une petite-amie, des amis sincères… Bref quelques petites choses à envier.

Malfoy éclata de rire. Un rire qui me fit froid dans le dos, à son image. Froid et cruel.

- Je crois que vous avez mal lu mon dossier. J'avais aussi une famille, des amis, une petite-amie.

- Oui en effet, un père absent et autoritaire, une mère névrosée accrochée aux mondanités… Quelle était votre place au milieu ? Quant à vos amis… ils vous craignaient, votre soi-disante petite-amie, elle courrait après la richesse. Pas très glorieux dans l'ensemble.

- Je ne vous permets pas de juger mon entourage, s'énerva-t-il. Personne n'est parfait, Potter ne l'est pas non plus, je n'ai rien à lui envier.

Un silence s'installa. Le jeune Malfoy s'est redressé sur chaise, abandonnant momentanément son m'en foutisme habituel.

- Entre nous Mr l'Auror, reprit-il. Je pense que cette chère Ginny mérite une meilleure considération. Elle existait en dehors d'Harry Potter et cela vous avez des difficultés à le comprendre.

Hermione referma doucement le dossier. Abasourdie par ce qu'elle venait de lire, elle resta un long moment le regard fixé dans le vide, l'esprit ailleurs. Affronter Malfoy serait plus dur que prévu. Elle espérait qu'il soit moins virulent que six ans auparavant, sinon elle ne tiendrait pas le coup. La jeune femme admirait la patience de l'Auror, surtout au vue du nombre d'entrevues qu'il a passé avec lui. Les entretiens continuaient sur des pages et des pages.

Elle ne souhaitait pas que cette affaire la tienne aussi longtemps. Quelques entrevues et elle prendrait sa décision. Draco Malfoy était un nuisible, dont il fallait rapidement se débarrasser.

L'agitation soudaine dans les couloirs du service la rappela à l'ordre. Elle avait laissé la porte de son bureau volontairement ouverte, elle n'avait pas voulu s'enfermer seule avec Malfoy. Il devait être midi. Elle attrapa sa cape et prit la direction de l'atrium.

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Le Chaudron Baveur était bondé. Le début de la saison estivale attirait les badauds. Hermione se fraya difficilement un passage. Elle salua juste Tom, accaparé par une bande de Sorcières bruyantes.

Trois coups de baguette plus tard, elle rejoignit le Chemin de Traverse, étrangement calme par rapport à l'ambiance du bar. Elle repéra sans difficultés le magasin des jumeaux. Les Sorciers Facétieux représentaient la fierté de la famille Weasley, même de Molly, qui avait officiellement reconnu que ses fils avaient un certain sens des affaires.

Ron travaillait avec eux depuis la fin de la Guerre. Il avait refusé de continuer ses études, au grand dam de ses parents. Il avait préféré se lancer dans une activité à plein temps et le magasin des jumeaux ne désemplissait pas. Les Sorciers avaient ressenti le besoin de fêter la fin du calvaire, et rien de tel que les ingéniosités de Fred et Georges pour cela.

- Hé Hermione, tu viens profiter de nos dernières offres ? S'exclama Fred… ou Georges peut-être. Souvent ils s'amusaient à échanger leur tenue de travail.

- Non désolée, je viens vous emprunter Ron, j'ai besoin de lui le temps de midi, répondit-elle en souriant.

Elle aimait les jumeaux, rien parce qu'ils avaient le don de la faire rire. Elle souvint d'avoir confisqué leurs petites inventions dans la Salle Commune de Gryffondor. A l'époque, la jeune femme était de loin de se douter qu'ils finiraient par en faire un commerce.

- Le pauvre, il est accaparé par des adolescentes en chaleur… ma foi tant qu'il vend.

Hermione suivit son regard et tomba sur son petit-ami, entourée d'une troupe de jeunes filles, visiblement accrochées à ses lèvres. Elle ne savait pas qu'une présentation de produits farceurs pouvait être aussi passionnant… Elle sourit de plus belle, nullement jalouse. Elle n'avait douté du potentiel séducteur de Ron.

- C'est ça d'être un héros, c'est la rançon de la gloire, reprit Fred. Bon tu m'excuses chère belle-sœur, j'ai des clients à satisfaire !

Elle lui fit un signe de tête et rejoignit Ron. Il l'aperçut et lui offrit un petit sourire. Hermione sentit son cœur se gonfler d'amour. Elle repensa aux paroles d'Harry. Non jamais elle ne se lasserait d'être à ses côtés et de l'aider à se relever.

- Voilà les miss, je vous laisse choisir selon vos goûts, dit-il, achevant ainsi ses arguments de vente.

Les adolescentes se regroupèrent autour du présentoir tandis que Ron s'approchait d'elle.

- Salut toi, je suis vraiment surpris de te voir ici, chuchota-t-il avant de l'embrasser.

Hermione savoura l'instant. Ses lèvres lui manquaient la journée. Elle se réveillait seule le matin alors que souvent elle rêvait d'un câlin. Rien de sexuel, juste qu'il la prenne dans ses bras et qu'elle se blottisse dans sa chaleur.

- Je ne voulais pas être seule alors que je vais affronter Azkaban cet après-midi, répondit-elle contre ses lèvres.

En guise de réponse, il l'entoura dans une étreinte rassurante. Si Hermione parut surprise, elle ne le montra. Peu importe qu'une foule les entourait, peu importe le sourire moqueur des jumeaux, elle voulait être nulle part ailleurs.

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Prochain chapitre : Apparition en chair et en os de ce cher Malfoy...