Note : Juste quelques petites pré chapitre 1, Renji s'est précipité sur le noble car amoureux de lui et sous l'effet de l'alcool, il decide de tout lui avouer. Hisagi alors à tenté de l'arrêter mais s'est pris des coups de coude de sa part, tandis que Byakuya demeurait imperturbable.. jusqu'à daigner emprisonner renji pour grabuge et soigner Hisagi dans sa propre chambre. Voici pour la première partie.

La deuxième partie... il y a de moins en moins de dialogues, et plus d'actions, tout ceci pour expliciter la nuit d'Hisagi et de vous souhaite une très bonne lecture et j'espère sincèrement que cette suite vous plaira !


Tapi dans l'ombre...en cet organisme contrôlé par le carcan d'une éducation des plus précises et impitoyables, la lassitude étendait son empire... Telle une panthère qui se déplace furtivement à travers la végétation , ressentant l'odeur de sa proie. Ses yeux dorés seuls choses visible de sa personne, fixant un lieu précis, tandis qu'un grognement sourd et gutturale semble se manifester.. Dédain parfaitement maintenu sur ce visage placide...pâle...éreinté, sous ce regard anthracite où semblait se refléter quelque chose comme de la frustration, devant le comportement de ce Fukutaisho qui n'était point le sien. Ce dernier l'observait avec une telle intensité, que l'on pourrait croire avec aisance qu'il tentait simplement de lire en lui comme dans un livre ouvert. C'était là, une chose bien arrogante, quand on connaissait le comportement si parfait...voir un peu trop de Kuchiki Byakuya.

Ses paupières voilèrent un instant ses iris ombrageuses, telle une tempête aux allures menaçantes dans le ciel...Ressentant la morsure de la panthère qui surgit en son sein, pour s'emparer de son essence... Son sang se glaça en ses veines, et sa nuque lui parut se raidir. Ses muscles se tendirent, créant ainsi des courbatures annonciatrices de cette inconscience imposée....Sa vue se troubla un court instant....éphémère...sous cette obscurité ambiante. Pénombre bienfaitrice, car elle cachait parfaitement ce qui saisissait intérieurement le Roku ban tai Taisho. Ce dernier chancela un peu en arrière, mais la fierté, toujours aussi maîtresse de cet esprit vif et rationnel, s'imposa, refusant obstinément de se laisser prendre par cette lassitude aux crocs acérés. Son pied droit se plaça en arrière. Sa vision redevint plus nette, tandis que ses orbes grises s'habituèrent petit à petit à cette ambiance sombre et étrange de la pièce. La voix d'Hisagi résonna avec plus d'acuité en son esprit las, et Byakuya dût se concentrer afin de ne point chanceler à nouveau. Sa poitrine se soulevait lentement, trahissant un contrôle en pleine action, cherchant à maintenir un aspect autoritaire et ferme.

- Je ne désire point vous toucher, et ma frustration à pour explication votre présence actuelle en mes quartiers.

Le souffle du vent se fit entendre, et s'infiltra par cette fenêtre ouverte, pour venir une fois de plus lécher de ses bras invisibles cette peau si blême et plus sensible sous le joug de la fatigue au combien harassante et entêtante. La colère se distillait pleinement en ses artères, telle une alchimie...galvanisant un peu ses muscles à réagirent, à ne point céder..tout comme cet orgueil. Une fois de plus, Hisagi formula quelques paroles...des mots moqueurs...cherchant à le provoquer, lui? le chef de clan..l'homme réputé pour sa posture implacable et surtout cette indifférence que certains prenaient pour de la sagesse....non c'était bel et bien de l'indifférence, une façon , simple et efficace, éloignant tout type de relation trop.....intime..rapprochée, pour ainsi être plus apte à agir et à protéger. Les choses implicites étaient son art...et Rukia s'en était aperçue depuis quelques temps, comprenant un peu mieux les façon de ce frère qui restait éloigné.

Sa main trembla alors que le noble la dissimulait. Ainsi Hisagi n'avait point bu, contrairement à Renji..alors pourquoi cette approche? pourquoi venir le voir ainsi et provoquer son courroux. Non l'affronter, tout comme son Fukuaisho il y avait quelques temps déjà. Mais ce combat ci, ne cherchait point à lui prendre sa place...non...cela ressemblait plus a vouloir vaincre sa fierté, ce refus catégorique que de quitter cette solitude. Les yeux de Byakuya se plissèrent et sa voix monocorde fouetta l'air, impliquant là un effort conséquent.

- Je n'éprouve nullement ce désir, Hisagi Fukutaisho, et le fait que l'alcool n'est point le facteur de votre conduite si inqualifiable, me laisse pantois. Sortez.

Comme soudainement épris par cette envie furieuse de lui imposer sa volonté, Byakuya se saisit prestement de son Zanpakutoh. Sous un son clair, métallique, la lame s'extirpa de son fourreau, et vint appuyer sa pointe sur la poitrine de ce lieutenant si peu obéissant. Senbonzakura...trembla sur ce toucher...comme hésitant...mais ce n'était point lui...mais la main qui le détenait. Les doigts se relâchèrent soudain... délaissants cette garde si précieuse... Le zanpakutoh retomba sur le sol, tandis que la vison de Byakuya s'obscurcissait indubitablement, son corps vacilla vers l'avant, alors que ses bras s'agrippèrent à Hisagi maladroitement et mollement, recherchant une preuve de la réalité tandis que son esprit semblait observer le néant. Le froid saisissant ses veines...créant en lui un frisson intense et désagréable..odieuse panthère fourbe...ne désirant point relâcher son emprise. Le noble resta un instant, luttant, en se raccrochant à cet homme, le visage reposant à demi sur cette épaule, bienfaitrice.

Évidemment, c'était l'impétueux jeune homme sa frustration. Sa silhouette, son corps, il le frustrait, mais était-ce vraiment l'obstination du brun à demeurer en ces lieux sans tourner les talons qui l'exaspérait ? Ne serait-ce pas plutôt cette alléchante invitation qui le rendit finalement sur la défensive… ? Il semblerait que cela ne soit nullement l'un, nullement l'autre. La raison pour laquelle Kuchiki byakuya semblait si éteint et sobre dans son parler, moins suffisant et acéré, ne résidait que dans cet état de fatigue dans lequel il se noyait tout naturellement. La lune, positionnée bien basse et recouverte maintenant d'une poudre nuageuse, éclaira de nouveau le dos bien bâti du Fukutaisho, accentuant dangereusement le devant de sa silhouette. Cette pénombre donnait un grain spécial au tableau que formait le paysage, avec planté en premier décor les deux protagonistes. Le Noble et le Manant.

Il analysa dans l'ombre les rares mimiques du Capitaine qui semblait se parer d'un voile de stoïcisme inviolable, impénétrable, mais sans contenir quelques failles lorsqu'Hisagi prenait la parole ou lorsque son interlocuteur daignait lui répondre avec sa froideur coutumière. L'intérieur de sa chambre du noble manquait de charme, de sensualité. C'était une pièce austère et efficace, classique s'il en est. En revanche lorsque l'Empereur blanc s'y trouvait, il englobait de par son charisme l'ensemble du lieu ; ce faisant, plus rien ne comptait pour le Lieutenant si ce n'est la vision que son vis-à-vis lui renvoyait, se délectant ainsi de sa noble et rare apparence. Hisagi Shuuhei avait sa place dans la neuvième division, et rendait visite que par devoir aux personnes de la Sixième, en l'occurrence Abarai Renji, sauf exception de ce soir où ce même Lieutenant avait souhaité la présence de son ami le tatoué 69 pour trinquer à la santé de leur unique soirée. Malheureusement leur sujet de conversation avait glissé vers un tout autre, gênant le beau garçon silencieux et réservé, aussi impassible qu'un garde.

D'un signe très léger de la tête, d'un dixième de degré vers la droite, son regard glissa vers le nble.. Le Capitaine n'était pas fatigué, il était lessivé et presque souffrant, c'était à se demander s'il n'était point malade. Il rompit le silence de sa voix grave et monotone, sans jeter l'ombre d'une expression sur Hisagi qui nonobstant les apparences percevait son état de fatigue. Il ferait tout pour que leur histoire, qu'il souhaitait ardemment voir naître, ne quitte ces quatre murs. Comment d'ailleurs se pouvait-il que cela s'ébruite avec pareil Lieutenant, pareil Capitaine… Ils n'étaient pas si différent l'un de l'autre, excepté cette position sociale.

Habituellement, le Vice Capitaine gardait secret ses sentiments, ses émotions .. Il se l'imposait depuis sa rencontre avec Kensei, afin de se concentrer pleinement sur ses projets, ses devoirs, devenant par la suite le soldat discipliné par excellence. De voir Byakuya achevé ainsi le répugnait, et se savait malheureusement fautif de son état. Ainsi, des barrières se brisèrent en lui, les remords s'amplifièrent sans toutefois l'empêcher de continuer. Il rattrapa sans difficulté ce corps indolent et meurtri par l'accablement, tandis qu'il usa d'un shunpo pour les mener tous deux jusqu'au chevet de Monseigneur. S'il traînait cet être, qui sait comment le prendrait-il.

- Pardonnez moi, Byakuya…laissa-t-il entendre dans le vide intersidéral de la pièce, alors qu'il s'accroupit, un genoux à terre afin d'aider au mieux le Capitaine à prendre appui sur le lit. Son geste - celui de coucher un noble - pouvait avoir l'effet d'une claque comme il était le reflet d'un immense respect à ne point négliger. Et il demeura au-dessus de lui, plus inquiet et admiratif qu'indifférent et fidèle à lui-même. Il laissa de nouveau traîner sa voix chaude dans la profondeur des oreilles du Taisho :

- Vous ne ressemblez plus à un Capitaine tel quel… Vous m'apparaissez si différent sans votre Kenseikan. Je n'ai pas oublié à qui je parlais, Byakuya mais arrêtez de vous sentir piétiné. Tout ce que je veux…Son visage bascula vers le sien sans autre forme de procès où l'hésitation était finalement bannie…c'est ça…

Il s'empara avidement de ses lèvres, ne s'offusquant pas de savoir s'il les retiendrait close afin de rejeter ce baiser. Mais l'image d'un Hisagi entourant de ses bras le visage d'un Taisho de glace était des plus insolites. Tout ce qu'il voulait, c'était l'embrasser...Aussi longuement qu'il le pouvait.

Le noble sombrait dans une sorte de demi inconscience, ne percevant plus cette frustration qui l'avait animée. Ses idées, comme ses réflexions ne semblaient plus cohérentes comme enlisées dans du coton. Seule la sensation étrangement rassurante d'un étreinte autour de lui, paraissait présente et distincte. Ses muscles se détendirent, comme relâchant leurs effort. Sa tête ballota sur le côté, laissant ses cheveux sombre cacher son expression qui se décrispait sur son visage blême de fatigue. non il n'était point malade mais éreinté par quelques journées à rallonges, et certaines nuits blanches..bien qu'espacées par quelques promenades nocturnes, l'aidant à retrouver un semblant de paix. Senbonzakura l'avait d'ailleurs mainte fois averti que tôt ou tard, ce surmenage ne lui serait point profitable...et ce soir c'était chose faite.

Ses yeux étaient parfaitement clos, les paupières étant bien trop lourdes pour être relevées. Un souffle chaud vint caresser sa peau, qui eut un léger frisson, tandis que des mots s'infiltrèrent en son oreille...mais étrangement tout ceci était inaudible...indéchiffrable pour son esprit embrumé par la lassitude. Une chaleur bienfaitrice s'empara de son être, guidant un peu plus ses sens vers se someil de plomb que désirait ardement son corps. Chose curieuse...fut que ce souffle chaud, ne s'écarta point de ses traits à demi caché par sa chevelure de jais, bien au contraire...il s'accentua, et une légère pression se fit ressentir sur sa bouche fine et close. Un toucher doux....soyeux..comme si deux lèvres quémandaient à ce repaître des siennes. Inconsciemment, le visage de Byakuya se tourna un peu plus face à ce contact. Toucher qu'il n'avait ressentit depuis de si longues années...depuis près de cinquante ans.

Une pincée de réticence, une nuée d'émotions toutes aussi étranges les unes des autres, des lambeaux d'alcool pour couvrir le tout, et Hisagi profitait ouvertement de Kuchiki Byakuya qui, étrangement acceptait bel et bien le baiser de ce dernier. C'était fort apprécié de sa part, surtout que le Lieutenant en voulait de cette embrassade physique, complètement galvanisé par cet élan de volupté, de salive et de toucher pour le moment véniel, n'abordant pas encore le coté salace de la chose. En lui se contractait plusieurs muscles, organes, qu'en savait-il.. Une montée de forte adrénaline l'électrisa sous ce ballet de deux langues lascivement collées l'une à l'autre, se léchouillant sans gêne ni pudeur car elles engendraient un plaisir bien trop rarissime. Les Nobles, tout comme les gradés, ne s'adonnaient que rarement, sinon jamais aux plaisirs de la chair. Par pure étique, respect, propreté et noblesse de cœur, le sexe était on ne peut plus banni, inexistant. Ou bien fort secret. Ce qui contentait tout le monde en vérité.

La fraîcheur était tout aussi indésirable et impossible à s'insinuer sous le tissu de l'uniforme d'Hisagi, pratiquement sur des charbons ardents à force de titiller cette bouche qui devint rouge sous ses assauts, sous cette danse humide. Au moins, il savourait tout ce que lui offrait le Capitaine, flattant ses papilles gustatives alors qu'une irrépressible envie l'assaillit… Sa main flottant sur le corps de ce dernier, incapable de le toucher, mais effleurant à peine du bout des doigts la texture du haori, puis du hakama, devint au fur et à mesure avide de sens, affamée de saisissement. Il souhaitait caresser et frotter avec une langueur voluptueuse la fine bosse au niveau de son entrejambe, mais une touche de respect demeura encore dans l'esprit embrumé du Vice Capitaine. Serrant des mâchoires car contrarié par ses principes, il ramena sa dextre vers lui, et gémit, plaintif et désireux, sous leur pelle insatiable. Jusqu'au moment où..La bouche du Byakuya se mut légèrement... tandis qu'au fond de son esprit noble un visage harmonieux se dessinait..son odeur caressant ses narines..ce sourire qui ravissait son coeur..

-Hi..sana..

Sa voix n'était qu'un murmure, mais la tonalité était plus que nostalgique et d'une tristesse presque poignante, trahissant les sentiments les plus secrets du noble Taisho. Sa main gauche s'éleva, dans une gestuelle appliquée, pour venir au contact de cette nuque qu'il croyait être celle qu'il oubliait pour un temps.... qu'elle n'était plus. Le visage de son épouse était si proche...si atteignable, et ce toucher sur ses lèvres était si réaliste..que ses son esprit ne chercha point l'irrationalité de la scène. Quant à Hisagi, le terme d'Hisana le glaça jusqu'aux tréfonds de son bas ventre. Il avait senti ce dressement de sa jambe, comme enlisé dans un rêve, celui de confondre Hisagi par Hisana, faisant alors jaillir en ce dernier une rage folle, une sourde envie de l'étrangler. Mais d'un tout autre coté, il était parfaitement compréhensible que le Noble quémande encore l'appel de sa feue épouse, et le jeune homme en était pleinement conscient, si bien qu'il avait honte : il était humilié d'avoir été considéré tel un substitut.

Le visage de Byakuya qui jusque là n'avait opter que pour une expression totalement relâchée et lisse, fut marquée par un froncement de sourcils.... L'image d'Hisana commençait à disparaitre, tandis que des paroles.. plus masculines lui revinrent en mémoire, une voix susurrée...frustrante...

*...piétiné...Byakuya ..je veux juste.....ça..*

Ses paupières frémirent imperceptiblement, avant de s'ouvrirent pleinement, révélant un regard des plus ombrageux et des plus stupéfaits. Comprenant rapidement à qui cette intonation appartenait de l'identité de la personne penchée sur lui, sa main se retira de cette nuque, et vint se saisir du col d'Hisagi pour le repousser avec une violence qui ne lui était point connue. Ses yeux se plissèrent sous sa révolte, démontrant un froid polaire. Cette action lui faisait pleinement oublier son état de faiblesse, totalement épris de sa fierté qui en prenait un sérieux coup. Le noble Kuchiki se maintenant sur un coude, garda un silence qui annonçait une sombre sentence :

- Comment avez vous pu oser, proféra-t-il de sa voix atone mais dangereusement glaciale. Son souffle était un peu plus sacadé sur l'instant,mais comme d'un automatisme elle se fit plus lente aux fils des secondes, jusqu'à offrir une apparence d'indifférence. Byakuya glissa un doigt sur ses lèvres, rejetant au plus profond de son être le fait d'avoir apprécié un instant cela...ressentant la blessure d'avoir été trompé, d'avoir flétri l'image même de son amour pour Hisana.

Le visage doucement affligé du Lieutenant n'affichait dorénavant qu'un masque neutre, indifférent à ces prunelles où zébrait l'orage. Un de ces orages à fuir, très certainement. Cependant, le tatoué demeura imperturbable, blessé, quoique sous le choc de cet échange galvanisant. Alors, aucun rictus, aucune ride, sinon aucune expression ne vint se dresser sur ce visage de marbre qui tolérait, le cœur en miette, un jugement des plus durs de la part du Capitaine, tout en supportant plus que difficilement l'écoulement de jours prochains sans cette enveloppe charnelle qu'il avait pour une fois, envie de peloter, de caresser, de frictionner et de palper, envie d'entendre sa voix chaude et impérieuse s'insinuer dans sa tête, envie de ressentir ce manteau de chaleur ineffable, envie de lui, tout simplement. Comment pouvait-il laisser passer une telle occasion alors que demain tout serait fini. Dans son rapprochement, il plaqua fermement sa main sur la poitrine du Capitaine épuisé, en proie au futur sommeil qui quémandait son esprit non reposé.. Tandis que le Fukutaisho l'obligeait ainsi à se reposer, déclarant toutefois :

- Vous embrassez plutôt bien…Kuchiki Byakuya… dit-il en ponctuant bien sur son nom, comme pour lui rappeler qu'il n'était plus Taisho en ces heures, surtout sans Kenseikan.

D'un bref signe de tête, agrémenté de ceci :

- Je reviens, je vais vous chercher de l'eau.

Ce fut la voix d'Hisagi qui rompit son effort, en l'appelant non point par son grade mais pas son simple nom et prénom...pas même une marque de respect. Ses sourcils se froncèrent sur ses traits pâlit par la fatigue, accentuant son air si froid envers cet homme qui osait s'adresser à lui comme s'il n'était rien de plus qu'un shinigami.

" C'est...Kuchiki Taïsho....pour vous. "

Sa voix était très clairement distincte, sous une intonation monocorde et murmurée. Pourtant c'est avec désagrément que Byakuya percevait sa propre tonalité...tout semblait si...imbibé de coton, qu'il en avait presque la nausée. Ses yeux luttaient contre ses odieuses paupières qui ne cessaient de vouloir restreindre sa vision, jusqu'à la rendre néant....Il n'était point question, même en cette instant que sa fierté ne se rabaisse à de telle familiarité, surtout avec cette affreuse pensée que d'avoir partagé un baisé qui n'était pas destiné au lieutenant de la neuvième Division..mais à une tout autre personne qui avait disparu de son quotidien...à défaut de n'avoir jamais quitté son coeur et son esprit. Ce dernier, maudissait cette absence de rationalité..que d'avoir cédé à ce contact bien trop réel, alors que son coeur avait éprouvé du réconfort.

Quand au lieutenant il ne sembla point prendre ombrage de tout ceci, et lui divulgua qu'il reviendrait avec de l'eau. Le contact de ses mains sur sa poitrine cessa...et malgré cela, le noble capitaine, n'éprouvait plus la force pour se redresser. Son organisme criait tellement sa volonté au repos, que Byakuya n'éleva pas même le petit doigt. Ses oreilles perçurent encore de manière désagréables les pas tranquilles d'Hisagi, puis le son d'une porte qui s'ouvrait et se refermait avec douceur...

Devant la cellule, il put contempler à loisir le corps gisant de Renji sur un lit froid et dur. Quelle idée d'avoir accepté de lui tenir compagnie pendant un soir. Au lieu de bavarder tranquillement, bien que difficilement pour un Hisagi peu loquace, autour d'un bon verre de sake, leur soirée respective se finissait en un désastre, lequel s'était accentué pour le Fukutaisho de la Neuvième. Il ne se souvint pas avoir bu une seule goûte de Sake, et pourtant, c'était tout comme s'il en avait abusé au même titre qu'Abarai Renji. Cependant, Renji approchait impulsivement Kuchiki Byakuya quand Hisagi Shuuhei attendait le bon moment pour sauter sur sa proie tel un fauve. Mais, à l'origine, jamais ce dernier n'avait eu en tête de .. profiter du Roku ban tai Taisho ; c'était même inconcevable et ô combien ridicule. Pourtant, l'incongru avait été fait, les dés jetés, le tour joué. Malgré sa confusion, il se souviendrait à jamais de ce baiser interdit entre un Capitaine et un Vice-Capitaine n'appartenant même pas à la sixième division.

Hisagi n'était certainement pas du genre à entretenir une relation sexuelle ou homosexuelle au sein du Gotei 13. L'audace dont avait fait preuve Renji lui avait fait pousser des ailes, c'était aussi simple que cela. Il y avait vu du génie, du courage dans son épreuve à aimer un Taisho, le plus impossible à toucher même. Néanmoins, le jeune homme fut bel et bien contraint d'être gêné au possible, ébranlé entièrement. Il venait de se bafouer à lui-même, outre avoir sali l'honneur d'un Capitaine plus que respectable. Une main vint empoigner doucement l'un des barreaux tandis qu'il posa son front entre deux barres d'un froid glacial, déposant son doux et triste regard sur la silhouette étalée sur le maigre lit. Il dormait à poings fermés. Demain, il était possible que Renji ne se souvienne plus de sa nuit, ainsi que de son toupet monstre. Refermant ses paupières, le brun quitta cette pièce, et se chargea de se chercher un verre d'eau, comme il l'avait proposé au Capitaine. Quelques longues et lassantes minutes plus tard, il revint se diriger vers la chambre de Kuchiki Byakuya, souhaitant intimement que ce dernier n'ait point appelé de gardes dans l'idée de lui barrer la route. Ce serait parfaitement justifié que de vouloir rejeter l'ingrat qu'il incarnait présentement.

La porte coulissa dans un son feutré, tandis qu'il referma derrière lui, s'assurant que personne n'environnât le Capitaine. D'un pas ferme, il s'avança du corps vraisemblablement inerte, et légèrement recroquevillé sur lui-même, puis suite à un accroupissement, il murmura :

- Kuchiki Byakuya.. ?

.. Mais pas un mot, ni un souffle.. si ce n'est celui de cet homme, régulier et contre toute atteinte serein. La fatigue avait finalement pris le dessus sur cette âme austère et mystérieuse, tandis qu'il déposa doucement le verre avant d'approcher dangereusement son visage de celui, placide, du Taisho..Sans comprendre ce qui le poussa à souffler ses mots sur son visage, il le provoqua de ses mots qui n'atteindraient que demain le fier Kuchiki, sinon jamais :

- Je vous aurai, Noble Capitaine.

A prendre comme un pari .. ? Étrange jeu que voici, mais néanmoins galvanisant et loin d'être anodin. Pour l'heure, il s'allongea tout à coté de ce corps devenu curieusement désirable, frustrant profondément Hisagi qui ne comprenait absolument pas cette attirance. Il en était même devenu turlupiné, tourmenté, ennuyé et bientôt il ferait de Byakuya son obsession. Un souvenir, des mots rejaillirent en son esprit : puissante solitude qui étreint, manque affectif qui survient. Une honte plus que gênante le submergea, mais inapte à quitter ce corps qui le réchauffait car il se trouvait maintenant situé dans ses bras, s'y nichant tel un enfant, le cœur torturé par cette attirance répugnante. Il ne supportait pas d'être séduit par un homme, cela allait au-delà de l'idée qu'il se faisait des relations entre shinigamis.

Sauf qu'actuellement, il se nourrissait de sa chaleur corporelle, paradoxalement humilié par sa propre envie. Il était comme piégé dans ce sentiment de peur d'être rejeté. Jamais encore il n'avait connu de fort abandon dans sa vie exceptée celle de Tousen, c'est pourquoi dans le cas présent, il n'accepterait pas un second rejet. Puis la provocation en valait la chandelle. Se cachaient aussi des sentiments inconnus dans le cœur noirci d'Hisagi qui, à l'origine, n'aurait pas rebroussé chemin pour venir embrasser un Taisho. Désormais lové dans des bras qu'il croyait protecteurs, sa main vint flatter naturellement le poitrail du Noble, tandis que son autre main descendit, exploratrice intrépide, pour découvrir les courbes.. Des courbes masculines mais qui semblaient lui faire de l'effet. Rougissant, il stoppa net son geste et demeura pétrifié par ses propres gestes. Pas tout de suite.. Hisagi mit un certain temps à s'endormir avec lui…

Pourtant, il ferma l'œil pour seulement deux heures, suite à quoi, il retrouva le visage toujours aussi fermé et ascétique de Byakuya. Frustré comme jamais d'avoir commis l'irréparable, qui plus est certain de ne jamais pouvoir retrouver cette chaleur, il quitta le cœur lourd ce corps si éteint, et.. s'empara par pur défi du Kenseikan sur la table de chevet. Sa journée allait s'annoncer fort pénible. A savoir déjà que deux heures ne lui suffiraient pas pour tenir. Mais il se ferait violence et oublierait - difficilement - le souvenir de cette étreinte, de ces baisers volés..