Chapitre II : mission (presque) impossible

Les deux zigotos de Serpentard partirent en lançant regards noirs et injures aux occupants du compartiment qui ne prirent même pas la peine de les relever.

Ils nous avaient remarquées. Les Maraudeurs. Est-ce vraiment encore la peine de les présenter ? ça ne m'étonnerait pas que leur renommée soit mondiale. J'exagère peut-être un chouilla… Bon, d'accord c'est parti pour un rapide tour d'horizon. C'est simple, ils sont quatre : Lupin, Black, Pettigrow et Potter. Ils sont Gryffondor, ce qui équivaut à irresponsables. En fait, leur but dans la vie c'est de faire des blagues et d'emmerder le maximum d'élèves. Au bout de la sixième année, on peut dire que c'est réussi.

Bref, comme on peut le voir, je ne les porte pas spécialement dans mon cœur. J'aime bien Pettigrow, il est sympa, en tout cas il n'est pas arrogant comme Potter. Lupin, lui il joue à l'homme mystère, il sourit, il est gentil avec tout le monde mais ça ne l'empêche pas de participer à toutes les blagues. Quant à Black… ben… bref. En fait, pour tout dire, je suis amoureuse de lui depuis ma première année. J'ai un peu honte, on va me prendre pour une midinette sans cervelle. Mais je n'y peux rien, ça me tombe dessus sans prévenir. De toutes façons, personne n'est au courant, et comme je cultive un dédain particulier pour les Maraudeurs, je ne prête même plus attention au fait qu'il est particulièrement mignon.

- Cullen ? s'étonna Potter en nous voyant. Moi je comptais pour du beurre, c'était bien connu.

En réalité, Liz attirait les regards parce qu'elle était jolie et originale. Personne d'autre ne s'habillait en arc-en-ciel à Poudlard. Enfin si, moi ! Mais à côté de Liz on ne me remarquait pas.

- Ouais Potter, ça vous dirait de faire un peu moins de bruit quand vous égorgez des Serpentard ?

Lupin sourit, Pettigrow pouffa, Black et Potter firent leur sourire de séducteur. Rien d'original.

- Pas de problème, de toutes façons ils ne devraient pas revenir ! Tu veux discuter Cullen ? demanda Black en lui faisant signe de rentrer dans leur compartiment.

- Nan Black, mon devoir sur les Véracrasses me paraît plus intéressant ! répondit Liz en repartant dans notre propre compartiment.

Et moi, je la suivis. D'accord, ça fait un peu mouton comme comportement mais je ne voyais pas l'intérêt de m'immiscer dans cette conversation ô combien intéressante, et je ne vois pas plus de raison de rester comme un cruche au milieu du couloir. D'ailleurs, les Maraudeurs sont déjà partis.

- Tu n'as réellement pas fini ton devoir ? demandai-je à Liz en refermant la porte.

- Nan, ça m'énervait. Je me suis dit que je trouverai plus d'idées quand je serai vraiment obligée de le faire.

- La veille de le rendre, c'est ça ? soupirai-je

- Exactement ! dit-elle en souriant.

Je me suis tue, je ne la comprenais que trop bien. Mais j'estimais tout de même que deux mois étaient suffisants pour rédiger cinq devoirs. Je me remis donc à contempler le paysage.

Très vite, des nuages noirs envahirent le ciel et de grosses gouttes de pluie s'écrasèrent sur les vitres… ou s'engouffrèrent par la partie que j'avais laissée ouverte. Je lançai un juron sonore sous l'œil amusé de Liz et refermai la vitre. Et comme la pluie brouillait à présent la vitre, j'avais gagné le droit de reprendre mon livre et de le finir.

Après de longues heures de réel ennui, le devoir de Liz était presque fini et mon livre un vieux souvenir. Je soupirai pour la énième fois.

- C'est gentil de vouloir faire le ventilateur, Annie, mais sans effet ! dit Liz en roulant son parchemin après avoir soigneusement rangé sa plume.

- Ne m'appelle pas Annie ! grognai-je.

Liz sourit.

- Alors, qu'allons-nous faire cette année ?

- Je n'y ai pas réfléchi…

Tous les ans depuis notre deuxième année, nous nous fixions un objectif à atteindre avant juin. Notre première mission était de faire virer le prof de Défense Contre les Forces du Mal et avait, ma foi, pas trop mal réussi. Mais c'était assez simple puisque le poste était maudit, et aucun prof ne restait plus d'un an. Donc on n'a jamais su si c'était sous le coup de nos efforts ou simplement du destin qu'il était parti.

L'année suivante, on avait décidé de caser Denis Osten, l'un de nos camarade Serdaigle, avec une gentille Poufsouffle, Amelia Bones. En fait, l'objectif était plutôt de faire enrager Mary-Sue, une fille de notre maison qui a un an de plus que nous, qui craquait pour Denis.

Pour notre quatrième année, on avait voulu réitérer notre exploit mais on avait mis la barre beaucoup plus haut : faire tomber une peste de Gryffondor amoureuse d'un des pires Serpentard. On a bien failli rater notre coup mais le Serpentard était heureusement très amoureux et la fille assez fière d'être l'objet de toutes ses attentions.

Et puis l'année dernière, ça a été notre chef-d'œuvre, si bien que je me demande comment nous allons pouvoir faire mieux. C'était l'année des BUSE, on n'avait pas eu beaucoup d'imagination au début donc on avait décidé de faire un coup en rapport avec les examens. Et puis la tête de Sally Jones, une insupportable greluche de Poufsouffle, s'est imposée à nous. Pour faire court, à la veille des examens, Sally est tombée en dépression et n'a pas pu passer ses BUSE. Dommage ! Ça faisait cinq ans qu'on se retenait avec Liz…

Mais cette année, je n'avais plus d'idées… Il fallait quelque chose de grand, quelque chose qui ait un impact…

- Moi j'ai eu une idée tout à l'heure, dit Liz, interrompant ainsi mes pensées.

- Quoi donc ? Ça va faire du bruit ?

- Non, je pensais plus à un truc… discret.

- Discret ! m'écriai-je.

Ce n'était pas Liz Cullen. C'était une imposteur, un Serpentard polynectarisé, une…

- Mais beaucoup plus intéressant !

- Mouais, bougonnai-je, pas vraiment convaincue.

- les Maraudeurs, dit Liz simplement.

- Pardon ! Quoi les Maraudeurs !

Elle est définitivement devenue folle. Qu'est-ce qu'on a à voir avec les Maraudeurs ?

- Tu n'as pas remarqué un truc depuis l'année dernière ?

- Heu…

- Et toi qui te dis observatrice, railla-t-elle.

Je lui lançai un regard noir en réfléchissant. Les Maraudeurs… les blagues, ça c'est normal… les insultes aux Serpentard, ça aussi… la drague et les copines, pas nouveau… les sorties, non plus… Ah mais oui ! les sorties ! L'année dernière, quelquefois ils étaient plus…

- Fatigués !

- Dix points pour Serdaigle ! lança Liz ironiquement.

- Mais quel est le rapport avec nous ?

- Oh, Annie ! Tu as oublié ton cerveau chez toi, c'est ça ? s'exaspéra-t-elle.

- Et si tu m'expliquais clairement ? Avoue que c'est un peu brumeux comme plan : "Les Maraudeurs".

- C'est simple : on va savoir pourquoi ils sont plus crevés que les autres années !

- Mais c'est nul ! On s'en fout ! m'écriai-je

Liz parut vexée. Puis un sourire en coin se peignit sur sa bouche :

- Dis donc toi ! T'es toujours bizarre quand on parle d'eux ! T'as pas quelque chose à me dire ?

Oups… Je me composai en quatrième vitesse un visage neutre et dis en me moquant :

- Moi ? Mais bien sûr, tu ne savais que j'étais secrètement amoureuse de Potter depuis ma première année ?

Elle sourit et ne dit rien. Je marquai un point. Après un silence durant lequel je réfléchissais à sa proposition, je finis par abdiquer :

- D'accord ! Après tout, on n'a jamais essayé, et puis on ne sait jamais ce qu'on pourrait découvrir de … compromettant ! dis-je avec un petit sourire sardonique.

- Ah c'est bien toi, ça ! dit-elle en riant. Ça va être génial, faudra qu'on mette tout au point ! Maintenant, excuse-moi, je vais faire un petit somme !

Je retournai à la contemplation de ma fenêtre en songeant à cette conversation. Elle soupçonnait quelque chose pour moi, c'était certain… Je me sentais coupable de ne rien lui dire, mais en toute sincérité, je ne vois pas ce que je pourrais lui révéler… Que j'étais amoureuse de Black ? Mais je m'en fichais moi-même, c'était plus de l'attirance physique qu'autre chose. Et puis je ne gagnerai rien que les moqueries de Liz…

Pfou ! C'est compliqué tout ça !


Voilà... merci pour vos reviews, si vous voulez me faire plaisir... recommencez !

La suite vendredi prochain... et comme je suis sympa, en exclusivité pour vous, le titre: Terrain glissant