Disclaimer : Les personnages sont la propriété de Marvel. Les événements se basent sur ceux du film X-men : First Class

Pairing : Erik/Charles ; Erik/Raven

Note - histoire de : Mes oraux sont finis ! Yepee ! :D
Maintenant que le remue-ménage du Bac est fini, je vais pouvoir me consacrer à cette présente fic. Je tente de rédiger tous les chapitres avant mon départ en vacances, comme ça je pars l'esprit tranquille. J'pense pas qu'elle s'éternisera cette histoire, pas plus de dix chapitres. C'est ma première fic X-men, c'est donc mon petit test (ça se sent d'ailleurs, l'intrigue est confuse).
Fin bref, qui lira verra.

Bref je rappelle que les passages en italique sont des souvenirs. C'est à partir de ce chapitre que je commence à m'éloigner du film et à divaguer 8)

Bonne lecture :D


« Erik, que regardes-tu ? »

Accoudé à la fenêtre ouverte, l'homme ne bougeait plus, figé dans une expression livide, sa cigarette continuant de se consumer entre ses doigts tremblants. Charles le rejoignit, mû par l'inquiétude. Son compagnon ne cilla toujours pas alors qu'il posait une main se voulant rassurante sur son épaule. Le regard acier ne parvenait pas à se détacher d'un point situé au bas de leur immeuble.

« Erik, répéta le télépathe de plus en plus anxieux, Qu'y-a-t-il ?

- L'homme avec le paquet, je le connais. »

Sa voix était aussi glaciale qu'une rafale de vent hivernal. Charles détailla la silhouette désignée par son ami, facilement repérable car elle était la seule présente dans leur rue en cette heure matinale. Grand et élancé, le détenteur du paquet paraissait attendre quelque chose ou quelqu'un. Son cou pivota, dévoilant une mâchoire carrée et des pommettes hautes. Un visage aristocratique serti de yeux bleu pâle. Un frétillement détourna l'attention de Charles de l'examen physionomique qu'il pratiquait sur l'inconnu. Il jeta un œil à l'intérieur de l'appartement et s'aperçut que les couverts abandonnés sur la table du petit-déjeuner tressautaient et s'entrechoquaient dans un tintement métallique. Reportant dans la seconde son regard sur Erik, il fut frappé par l'immense fureur qui émanait du corps de son ami. Sans savoir qui était l'homme qui patientait au bas de l'immeuble, Charles devina où Erik l'avait connu. Dans les camps, assurément. Et ils ne devaient pas avoir été du même côté.

« Erik calme-toi ! »

Trop tard, l'allemand s'éloigna de la fenêtre et quitta l'appartement en claquant la porte d'entrée sous les vaines tentatives de Charles pour le retenir. Il ne pouvait rien faire lorsqu'Erik était dans un état pareil. Il porta ses doigts à sa tempe en dernier recours, mais avant d'avoir pu entrer en contact avec l'esprit d'Erik, un cri rauque résonna dans la rue, brisant l'atmosphère calme du petit matin.

Charles se pencha en avant, perplexe. Sa main s'avança, hésitante. Il la rattira vers arrière, la rapprocha plus doucement. Sa salive lui faisait l'effet d'une sphère de plomb coincée dans sa trachée. Il ferma les yeux, se concentra, expira son appréhension dans un soupir lourd, puis ses doigts se refermèrent autour de son genou. Rien. Il ne ressentait rien, pas la moindre pression. Il serra plus fort, ses jointures blanchissant, se vidant de leur sang. Rageant presque, il frappa nerveusement sa jambe, espérant ridiculement une douleur, une réaction. Néant. Le bas de son corps ne lui était plus familier, comme si on lui avait greffé deux membres aussi dur que le bois, aussi froid que le marbre. Ce n'était plus de l'optimiste que d'espérer qu'un jour les muscles de ses jambes se remettent en marche, recommence à se bander, à chauffer, à s'activer, à vivre tout simplement.

Il voulait courir. Loin, s'enfuir du manoir, traverser la forêt, les champs, la route nationale. Sentir l'air glacé déchirer ses poumons, son cœur battre contre son torse, la sueur couler sur ses tempes.

Il rejeta la tête sur le dossier de son fauteuil, abattu.

Erik, bon dieu, Erik, tu m'as marqué au fer rouge sur ce coup.

Il s'était donné une semaine. Une semaine pour accepter son corps récemment handicapé. Sept autres jours ne seraient visiblement pas de trop... Non ! Il devait s'y habituer ! Maintenant ! D'accord ses jambes étaient désormais d'une inutilité indiscutable. D'accord il devait abandonner le footing. Il souffla un grand coup. Il fallait aller de l'avant, il n'allait pas s'apitoyer sur son sort, maudire Erik pour son manque d'attention. C'était un accident après tout, son ami n'avait été qu'à moitié responsable. Okay, à deux tiers responsable serait plus réaliste. Mais il ne lui en voudrait pas. Charles prendrait sur lui, il ne laisserait pas l'amertume le gagner et le dévorer comme elle avait détruit son ami. Autre chose, penser à autre chose. À l'école. Aux mutants qui avaient besoin d'être secondés dans l'apprentissage de la maîtrise de leurs pouvoirs.

Hank s'approcha de son bureau. Aussitôt, Charles reprit un masque de convenance, camouflant ses états d'âme proche de la dépression. Le scientifique n'eut même pas le temps de frapper contre le battant de la porte. Autant ne pas perdre de temps.

« Entre, Hank, c'est ouvert.

- Bonjour professeur, comment vous sentez-vous ?

- Au mieux, vu ma condition actuelle. »

Hank hocha la tête, mal à l'aise. Sans même faire d'efforts télépathiques, Charles pouvait ressentir toute la rancune que le chercheur entretenait pour Erik. Officiellement, Hank lui reprochait d'avoir blessé son mentor, mais intérieurement, il devait encore plus lui en vouloir d'avoir amener Raven avec lui, du mauvais côté. Le Fauve brûlait de sentiments passionnés pour la jeune mutante mais celle-ci l'avait laissé tomber pour suivre aveuglément Erik. Un bien triste triangle amoureux, songea Charles.

« Que me voulais-tu Hank ?

- Alex et moi, nous nous occupons des plans d'aménagements du manoir, mais nous avons besoin de votre accord au sujet de plusieurs pièces.

- Allons voir ça mon ami. »

Charles donna un coup de roue et s'avança dans les couloirs de l'immense demeure, Hank sur ses talons – ou plutôt, à sa suite. Adossés à une des commodes du corridor, Alex et Sean se donnaient des coups de coude joueurs pour passer le temps. Quand ils aperçurent leur professeur, ils se redressèrent subitement, l'air soudain plus sérieux. Leur regard coula comme un seul sur le fauteuil de Charles et encore une fois, leurs pensées les précédèrent. Toute cette haine finissait par épuiser le télépathe.

« Quel est votre soucis messieurs ?

- On voudrait péter le mur entre les deux chambres pour faire une salle plus grande, expliqua Alex avec son flegme habituel.

- Permission accordée.

- Nous souhaiterons aussi transformer la chambre du fond en laboratoire pour les cours de chimie et il faudrait faire appel à un plombier pour l'arrivée d'eau et de gaz.

- Je n'y vois aucun inconvénient. C'est même une excellente initiative. J'appellerai demain matin le service de chaufferie. Autre chose ?

- Pour l'instant c'est tout, répondit le blond en se soutenant à nouveau sur la commode. On devrait pouvoir commencer les travaux dans les deux semaines, c'est ça Le Fauve ?

- Si nous finissons rapidement les plans, oui.

- Parfait. Je vous laisse à vos occupations dans ce cas, déclara Charles en se retirant. »

Les trois élèves se concertèrent d'une œillade perplexe. L'état de leur professeur les affligeait, mais ils ne pouvaient rien y faire. Aucun d'eux n'avait pu stopper la balle renvoyée par Magneto. Dans un certain sens, ils étaient tous responsables.

Alex donna un coup sur l'épaule de Sean avant de l'entraîner dans un autre coin du manoir tandis que Hank sortait un calepin et un crayon où il griffonna les ébauches des premières modifications.

Les deux garçons se rendirent dans les sous-sols de la maison, Havok voulait s'entraîner – ou se défouler serait plus exacte – Sean lui tiendrait compagnie tout en l'aidant à orienter correctement son rayon. Le blond enfila la tenue à l'esthétique discutable conçue par Hank alors que son ami prenait place à l'autre bout de l'abri anti-nucléaire. Alex envoya un premier rayon sans plus attendre et toucha de plein fouet le mannequin qui s'embrasa immédiatement. Sean s'écarta, manquant de se faire brûler par les hautes flammes qui dévorait la poupée géante à côté de lui. La colère d'Alex l'empêchait de contrôler l'intensité de son pouvoir et il visait n'importe comment. Il devait se concentrer, au risque de tuer son ami. Alors qu'il se préparait à lancer un nouveau de ses jets rouges, la voix du roux s'éleva, l'interrompant dans son geste.

« C'est un connard.

- Qui ?

- Bah Erik...'Fin « Magneto » comme il veut qu'on l'appelle. »

Les paroles de Sean empestaient le mépris tandis qu'il mimait des guillemets imaginaires autour du surnom de leur ancien allié. Alex garda le silence. C'était un sujet qu'il n'aimait pas aborder.

« Comment est-ce qu'il a pu se casser comme ça ? Le professeur l'a aidé et lui c'est comme ça qu'il le remercie. Un connard je te dis. J'ai jamais pu le sentir. »

Le jeune homme ne voulait pas entrer dans le débat. Il ne détestait pas Erik autant que Hank et Sean. Malgré sa trahison, malgré ses erreurs, il continuait d'avoir pour lui une admiration muette. Erik restait le type qui l'avait sorti de prison avec l'aide du Professeur, l'homme qui avait poussé les jeunes mutants à s'affirmer et à grandir. Sans lui, Sean n'aurait peut-être jamais pris son envol, Raven n'aurait jamais réussi à prendre confiance en elle. Erik n'était pas monochrome, il n'était pas que l'homme qui avait blessé le Professeur. Mais ça, impossible de le dire à voix haute, pas en présence d'Hank et de Sean en tout cas. Et même devant le Professeur, Alex n'osait pas. La fermeture éclaire coulissa alors qu'il retirait son haut d'entraînement, manifestement pas d'humeur pour continuer. Il préférait garder Sean, entier, en vie et de préférence pas rôti.

« Hey Alex ? Qu'est-ce tu fous ? Pourquoi tu t'tires ? Alex ? »

Le blond ne prit pas la peine de refermer la porte blindée. Il s'engagea d'un pas rapide dans les couloirs, mettant une bonne distance entre lui et son ami qu'il ne voulait ni entendre ni voir. Il fallait qu'il se repose. Ou au contraire qu'il évacue la pression, autrement qu'en détruisant tout ce qui l'entourait. Courir était ce qu'il lui fallait.

Son jogging enfilé, Alex s'élança dans une course sans but dans les alentours du manoir. De la fenêtre de son bureau, Charles couvait l'adolescent d'un regard protecteur souillé par une pointe de jalousie inavouable.

La caresse du soleil était presque aussi douce que celle de cette main tendre enfouie sous le coton de son haut. Les yeux clos, il appréciait à sa juste valeur cette sérénité offerte pour un court laps de temps. Bientôt, ce moment explosera comme une bulle de savon, cessera d'exister et d'être inscrit dans le présent pour ne devenir qu'un délicieux souvenir enseveli au fond de sa mémoire. Les doigts qui glissaient le long de son épiderme, redessinant les muscles de son torse, le poids de ce visage appuyé sur son épaule, le ronronnement presque inaudible de cette respiration qui ricochait contre son cou, le léger chatouillis d'une mèche folle, il voulait tout graver sur les parois de son crâne, se souvenir de tout, des sensations, des paroles murmurées, des promesses futiles échangées. Il voulait se rappeler, que malgré l'horreur, malgré la haine et toutes les saloperies qu'il avait dû endurer pendant son existence, il y avait eu dans sa vie, des instants comme celui-ci, où le calme plat régnait, où sa colère et sa rage étaient loin. Il n'y avait qu'eux deux allongés dans l'herbe à dorer sous les rayons du soleil d'été. Pas de Schmidt, pas de hurlements effrayés, pas de mort. Juste Charles et lui.
La tête brune se redressa, quittant le confort du corps sur lequel elle reposait. Ses paupières à lui se soulevèrent, dévoilant à sa vue un visage serein orné d'iris colorées par le bleu le plus splendide au monde. Le regard épinglé à ce visage face à lui brillait d'une lueur joueuse qui s'accordait au large sourire dessiné sur ses lèvres rouges. Doucement l'autre s'approcha de lui, plissa des yeux, séducteur, plongea sur sa bouche, engageant un baiser fiévreux auquel il répondit instinctivement, dévoré par une passion dévastatrice.

Erik papillonna des cils quelques secondes, étourdi et perplexe. Son subconscient le surprenait grandement. Rêver de Charles était une chose, rêver d'une telle intimité entre eux en était une autre. Fantasmer sur un ami cher avait toujours un côté étrange, étonnant et surtout très embarrassant. Bien évidemment, Erik savait qu'il avait une affection dépassant l'amitié pour le télépathe, il l'avait lui-même qualifié de fraternelle. Charles était un être à part, presque irréel dans sa gentillesse, son discernement et sa bienveillance. Pour quelqu'un comme Erik, dont le chemin de l'existence était semé de salopards de première catégorie, un homme d'une pureté tel que Charles était une rareté précieuse et un joli cadeau de dédommagement de la part du Destin.

Ce pourrait-il que leur relation soit plus profonde qu'un banal attachement amical ? De plus en plus, Erik s'interrogeait et ce, bien avant ce rêve. Dès la première fois qu'il avait rencontré Charles Xavier, au milieu de l'eau glacée de l'océan, ce sentiment anormal l'avait envahi. Ce n'était pas de la rancune, ni de la colère, juste un calme immense, terriblement relaxant. Le manipulateur de métal, de nature si méfiante, froide et hautaine, avait presque immédiatement donné sa confiance à cet inconnu qui lui répétait avec conviction qu'il n'était plus seul, ou qu'il ne l'avait jamais été. Ses paroles avaient suffis pour que l'allemand libère ses barrières et laisse Charles pénétrer sur son territoire. Cette aveuglement, bien qu'il lui ait été plus que bénéfique par la suite, effrayait Erik. Par quel sortilège Charles était parvenu à se faire une telle place dans son cœur ? Charles était puissant et pas uniquement grâce à sa mutation. Il avait un pouvoir de conviction phénoménale.

Raven, encore endormie, soupira à ses côtés en changeant de position.

Sans le moindre bruit, l'homme quitta le lit pour rejoindre la balcon attenant. Ce qui lui faisait le plus peur dans ce rêve, ce n'était pas tant d'avoir embrassé Charles, après tout il ne contrôlait pas ses pulsions et le vide provoqué par l'absence de son ami avait peut-être entraîné des confusions émotionnelles dans son esprit peu habitué à traiter autre chose que la vengeance. Non, ce qui angoissait véritablement Erik, c'était cette impression de déjà-vu, comme s'il avait déjà vécu cette scène au milieu des champs. Le frisson qui secouait son épaule lui indiquait assez clairement que si son cerveau avait tout oublié, son corps se souvenait.