Disclamer : Tout appartient à JKR !
Titre : Nounours
Résumé : Ils étaient heureux. Et ça, c'est très important. Ils étaient même amoureux, à la vie à la mort. Two-shot.
Rating : K+
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Salut salut ! C'est toute stressée que je poste une suite à cet ex-OS. Suite et fin par ailleurs (je suis quelqu'un de très raisonnable qui sait poser des limites.) J'espère que vous apprécierez, que vous sauterez de joie, que vous vous trémoussez d'impatience toussah toussah.
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La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve et tu auras vécu, si tu as aimé.Alfred de Musset
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Flaws. Bastille.
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Bonne lecture !
Les années sont passées. Ils se sont aimés, ils ont ri, ils ont chanté, ils se sont fiancés.
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C'était un soir, elle s'en souvenait. Elle n'en savait pas plus. Tout se mélangeait dans ma tête, qu'elle disait. Tout était confus, je ne sais plus rien. Et puis, elle se mettait à pleurer. C'était fou à quel point elle était sensible.
C'était en effet un soir, durant le mois septembre. Neville et elle avaient passé l'été ensemble, à droite à gauche. Ils avaient vus les koalas, les buffles, plein d'eau et de montagnes. Tout était très joli. Ils s'étaient coupés du monde, comme deux ermites. Ils étaient revenus, main dans la main, tout heureux et bronzés.
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Un mois de novembre, ils avaient emménagé ensemble. Elle avait choisi une petite maison, toute rouge. Dans le salon trônait une très grande cheminée dans laquelle un feu ronflait. Elle aimait bien s'assoir en tailleur sur le tapis, juste devant et le regarder. Tout ce jaune-orangé, ça la réchauffait. Quand Neville rentrait du travail, il s'asseyait à ses cotés, et la prenait dans ses bras. Ils pouvaient rester des heures dans cette position, sans échanger un mot. Ils en oubliaient parfois même de dîner.
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Quand ils étaient rentrés à Londres, tout avait changé. C'était justement le soir de septembre en question. Tout était différent. Les rues étaient désertes. Les magasins fermés. Elle était bien triste, elle aurait bien aimé s'acheter un chocolat chaud, dans un petit café, pour se réchauffer. Elle s'apprêtait à en faire la remarque à Neville, quand une sirène retentit. Une voix mécanique, à l'accent écossais, ce qu'elle trouvait fort détestable, surtout pour une voix que tout le monde allait entendre dans toute la ville, se fit entendre. Elle annonçait un bombardement imminent.
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Elle cultivait des jolies fleurs dans le petit jardin attenant à leur maison. Des fleurs jaunes, bleues, rouges et bleues. Des bégonias, des géraniums, des pensées ou encore des hortensias. Elle passait ses journées à jardiner, sous la pluie ou le soleil, sa petite pelle et son arrosoir à la main. Tous ses voisins la félicitaient. Une année, son jardin fut même élu le plus joli de sa rue. Le soir de cette annonce, Neville l'avait embrassée et l'avait emmenée dans un grand restaurant pour fêter ça. En dessert, elle avait pris un millefeuille à la framboise, et Neville un fondant au chocolat. Neville avait tâché sa chemise blanche avec le chocolat. Ils en avaient drôlement ri.
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Et là, plus rien. Elle ne savait plus rien. Le vide, le néant. Je ne sais plus, je ne sais rien, je ne sais pas, ne cessait-elle de dire.
Dans ces moments là, tout se bouscule dans une tête. Alors dans sa tête, d'ordinaire déjà troublée, ce fut le chaos total. Les connexions se stoppèrent. Ses membres ne répondaient plus. Elle restait inerte. Sa fin aurait été certaine si Neville ne l'avait pas portée jusqu'au parc le plus proche. Mais ça, elle n'en sut jamais rien.
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Ils partaient souvent en week-end. Neville rentrait le vendredi soir, l'embrassait avec fougue et lui annonçait qu'elle avait cinq minutes pour faire sa valise, que le portoloin les attendait pour un lieu qu'elle ne connaitrait qu'une fois sur place. Elle montait alors en riant les escaliers de l'entrée pour aller dans sa chambre et remplir son sac. Elle prenait de tout, des manteaux, des tongs et même des parapluies. Et puis ils partaient. Lorsqu'ils arrivaient à destination, elle se rendait compte qu'elle avait oublié l'essentiel dans sa valise. Comme d'habitude disait Neville. Et il sortait de son sac à lui ce qu'elle avait oublié.
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Tout aurait été beau si tout avait été fini. Mais le beau est trop superficiel et comme toutes les choses, il a une fin. Surtout lui d'ailleurs.
La guerre surprise continua. Les bombardements s'intensifièrent. Elle ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment de ce conflit. Elle subissait juste, en essayant de continuer à vivre. Neville, lui était au courant de tout. Il ne lui disait rien, de peur de la faire pleurer. Elle était assez sensible, mais c'était pour ça qu'il l'aimait autant. Pour son trop grand cœur. Neville, qui travaillait à St Mangouste, anciennement au Service d'empoisonnement par potions et plante, fut réquisitionné. Il soignait les blessés, mais elle l'ignorait.
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Tous les jeudis, ils sortaient le soir. Ils allaient au restaurant, puis au bal. Là-bas, Neville la faisait tournoyer. Elle aimait tellement ces moments là. Elle se sentait pousser des ailes, elle se sentait toute puissante. Toute légère qu'elle était, Neville la portait très haut, pour qu'elle touche les étoiles. C'était le moment de la semaine qu'elle aimait le plus. Toute la journée, elle en trépignait d'impatience, allant parfois jusqu'à oublier d'arroser ses fleurs. Elle s'en mordait les doigts le vendredi, mais tant pis, elle recommençait quand même la semaine suivante.
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La guerre, c'est affreux, qu'elle disait tous les soirs, après le fromage à Neville. Des gens meurent. Des enfants meurent. Du sang. Du sang partout, jusque dans ses rêves. Avant, elle rêvait en noir et blanc. Désormais, elle rêvait en rouge et noir. Elle n'en pouvait plus, elle était à bout. Cette voix écossaise la faisait trembler de peur. Elle le voyait cet homme, à quelques mètres d'elle lui annoncer de sa voix mécanique que ça fin était proche. Alors, il venait vers elle et prononçait le sort fatidique. Avada Kedavra. C'était le seul moment où son rêve se colorait. Un éclair vert et puis plus rien. Le néant. Le noir complet.
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Le lundi, c'était le jour des courses. Elle allait au magasin pour acheter deux salades, quatre carottes et une douzaine d'œufs, et elle revenait avec deux salades, quatre carottes et une douzaine d'œuf. Enfin, ça, c'est ce qu'elle disait à Neville. En vérité, elle ajoutait deux tablettes de chocolat, un paquet de bonbons et un chou-fleur. Mais chut, c'est un secret. Après, elle flânait quelques minutes sur le chemin de Traverse. Parfois quelques heures, quand il pleuvait. Elle aimait bien marcher sous la pluie. Elle aimait la sensation des cheveux gonflés après coup. Elle aimait se sentir fraiche. Le soir, quand Neville rentrait, il lui disait toujours qu'elle sentait la rosée du matin. Elle riait et lui servait des carottes Vichy en chantonnant.
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Neville ne savait pas qu'elle faisait ces rêves. Lui, rêvait simplement d'une vie plus simple, sans blessés de guerre, et sans guerre tout simplement. Il rêvait en couleur lui. Très en couleur même. Il y avait du bleu, du jaune, du bleu, du blanc, du violet, du orange et bien plus encore. Et puis il y avait elle. Elle était toujours là dans ses rêves. Elle était toujours là lorsqu'il se sentait heureux. Et ses rêves à lui étaient toujours heureux.
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Le mercredi, c'est le jour des enfants. Comme elle n'avait pas d'enfants, elle avait décrété que c'était son jour à elle. C'était le jour ou elle allait se baladait pieds nus sur la plage, ou elle allait s'acheter une nouvelle paire de chaussettes ou encore le jour ou elle essayait tous les parfums du magasin jusqu'à sentir comme sa voisine de 93 ans. Elle était tellement gentille cette voisine qu'elle allait souvent prendre le thé chez elle. Elle apportait toujours des petits gâteaux qu'elle faisait le matin. Elle les recommençait toujours 5 fois, jusqu'à ce qu'ils soient parfaits. Le reste, elle le mettait dans une boite que Neville apportait au travail le lendemain matin pour manger durant la journée.
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Tout a une fin. La guerre aussi. Mais elle ne se termine pas au même moment pour tous. Pour Neville, elle se termina plus vite que pour elle. Un matin, la voix écossaise annonça un bombardement sur Ste Mangouste. Boum. 258 morts. Un pays en émoi pendant quelques heures et puis c'est tout. Elle ne pleura pas. Elle se contenta de se taire, à jamais. A ce soir Neville ! furent les derniers mots qu'elle prononça. Ce soir en question arriva. Sans Neville.
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Le mardi, c'était le jour de la maison. Elle faisait la lessive. Elle aimait bien faire la lessive. Elle changeait les draps, lavait les carreaux, récurait le sol de la cuisine et passait le chiffon à poussière sur les meubles. Elle aimait faire le ménage. Elle trouvait ça reposant, et après, sa maison sentait bon. Et ça, elle aimait plus que tout, même plus que les artichauts. Quand Neville rentrait le mardi soir, il remarquait tout de suite que la maison était toute propre et toute brillante. Toute la soirée durant, il la surnommait Ma petite fée de logis. Ca la faisait rire à chaque fois qu'il le disait.
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Neville disparut un vendredi. Elle ne sut jamais s'il avait prévu un quelconque départ en week-end. L'enterrement était prévu pour le mardi suivant.
Elle était brisée. Tellement brisée qu'elle n'allât jamais à cet enterrement. Elle s'était contentée d'aller au suivant, celui du mercredi. Celui qui suivait le jour où elle avait été retrouvée pendue dans sa belle cuisine récurée du sol au plafond. Elle était alors toute vêtue de rouge, comme dans ses rêves.
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Une tombe, c'est tout bête : c'est un bout de pierre posé sur le sol. Mais chacune est unique. Une seule dans ce monde porte les mêmes noms.
Neville Londubat
(1980-2005)
Hannah Londubat
(1980-2005)
Voilà voilà, c'est fini.
C'est la fin. La sur-fin. Comme les vacances pleurons tous ensemble, cela nous donnera peut-être (pas) de courage pour la semaine prochaine.
Une review ? :)
