Bonsoir tout le monde ! Voici le premier chapitre ! Des commentaires seraient les bienvenus, parce que sinon, j'ai l'impression d'écrire en aveugle.
Chapitre 1 : Sorcier ?
Hermione Granger, Auror détachée au département des Mystères, dormait du sommeil du juste quand le Patronus de son meilleur ami la réveilla en pleine nuit pour lui demander de l'aide. Le message qu'il apportait avait le ton embarrassé caractéristique de Harry-qui-a-besoin-d'Hermione-pour-le-tirer-d'affaire. Elle grogna, pesta, jura, mais sortit de son lit. Elle connaissait ce ton et savait que Harry ne la dérangerait pas pour rien. Surtout pas en ce moment qu'il naviguait au radar dans les couloirs du Ministère, perpétuellement fatigué. Son filleul faisait ses dents, lui avait-il expliqué. Elle se sentait un peu coupable d'avoir insisté pour qu'ils sortent si tard tous les trois. Ils avaient passé un bon moment, malgré tout... et un Harry qui riait aux éclats n'était jamais quelque chose qu'elle prenait pour acquis.
Elle jeta un œil à son réveil : minuit. Elle s'était couchée tôt après une journée bien remplie ; elle voulait arriver au travail aux aurores pour travailler efficacement avant d'être constamment dérangée par ses collègues.
Elle s'habilla, glissa sa première baguette dans la poche spécialement prévue à cet effet de sa robe d'Auror et dissimula la deuxième dans sa botte droite. Elle sortit également un revolver de sa cachette et l'attacha dans un étui juste au-dessus de son genou droit. Si besoin était, elle pouvait tirer de la main gauche et utiliser sa baguette de sa main droite. Elle ne pensait pas en avoir besoin ce soir mais d'après son expérience, un Auror devait se préparer à toutes les éventualités et la plupart des sorciers étaient déconcertés par les armes d'origine moldue.
Quelques fois, être Née-de-Moldus est un avantage.
Sans plus attendre, elle transplana à Pré-au-Lard.
Hermione arriva devant les Trois Balais avec un claquement très sonore dans la tranquillité du village endormi. Pré-au-Lard avait prospéré dans l'ère post-Voldemort et de nouveaux bâtiments, commerces et résidences, avaient été construits. Sans bruit, elle se dirigea vers la maison encore en travaux que lui avait indiquée Harry, en bordure de la bourgade. La porte d'entrée était entrebâillée et de la lumière brillait à l'étage. Elle entra et monta silencieusement l'escalier. Sur le palier, elle s'orienta facilement et s'arrêta juste à l'entrée de la pièce où Harry se trouvait.
Elle évalua rapidement la situation. Son meilleur ami faisait les cent pas, la baguette crispée dans son poing mais dirigée vers le sol. Près du mur sur sa gauche se tenait un grand homme maigre et pâle, entièrement habillé de noir, immobile. Il ne suivait pas Harry du regard mais semblait perdu dans un monde intérieur. Soudain, avant même que son ami ait remarqué sa présence, l'homme sembla sortir de sa torpeur et braqua son regard sur elle. Il l'accueillit d'une voix rauque :
- Miss Hermione Granger, bonsoir. Entrez, je vous en prie. Nous vous attendions.
Harry sursauta et s'exclama :
- Je ne vous ai pas dit comment elle s'appelle !
Un sourire étira les lèvres minces de l'homme, qui ne répondit pas. Hermione entra dans la pièce avec méfiance, même s'il ne semblait pas y avoir de danger immédiat. Il en fallait beaucoup pour rendre Harry nerveux comme il l'était à présent. D'une voix posée, sans trahir son propre trouble, elle répondit :
- Bonsoir, monsieur. C'est Auror Hermione Granger, s'il vous plaît. Harry... ?
L'inconnu esquissa une grimace et une courbette quand elle rectifia son titre. Harry, avec un sourire fatigué et reconnaissant, se tourna vers elle :
- Salut, 'Mione. Merci d'être venue. Je te présente le professeur Ebenezer Graymes de l'université de... je-ne-sais-plus-quoi, de New York.
- Harry, il n'y a pas d'université magique, à New York, fit Hermione d'un air un peu supérieur. Tu veux peut-être parler de l'université de Salem, dans le Massachusetts ?
- L'Auror Potter ne s'est pas trompé, Auror Granger, rectifia l'homme en noir d'un ton doucereux. J'enseigne les traditions anciennes à l'université de Columbia, à New York.
Hermione leva un sourcil étonné.
- Vous enseignez dans une université moldue ?
Au lieu d'acquiescer, son interlocuteur soupira et demanda d'un ton où perçait une pointe d'impatience :
- C'est la deuxième fois que vous employez ce terme. Que signifie-t-il ?
- Quel terme ? demanda Hermione pour clarification. Moldu ? C'est comme cela que nous désignons les personnes et les choses qui ne sont pas magiques. Pourquoi me demandez-vous cela ? Je sais que les Américains l'emploient également, parce que j'ai étudié à Salem.
À ces mots, le professeur Ebenezer Graymes éclata de rire.
Dès qu'il le vit rire, Harry sut que l'homme allait avoir des ennuis. Il avait beau être mystérieux et l'avoir pris par surprise, personne, jamais, ne se moquait d'Hermione Granger et de ses études sans en subir les conséquences. Avec un amusement mêlé de fatigue et de soulagement d'avoir appelé Hermione à la rescousse pour résoudre le mystère du sorcier sans baguette, Harry s'installa confortablement contre le mur pour regarder le spectacle, sans toutefois relâcher sa vigilance.
- Mademoiselle, commença Ebenezer Graymes quand son hilarité se fut calmée, il n'y a plus de sorcellerie à Salem depuis la fin des procès de 1692, quand la plupart des sorciers ont été pendus.
Hermione l'air dangereusement calme, demanda :
- En êtes-vous sûr, professeur ?
- Absolument, confirma Graymes avec une grimace. Seuls quelques-uns de ceux qui pratiquaient réellement des envoûtements et des rites sataniques se sont enfuis et ont fondé Apocalypse.
- Apocalypse ? répliqua Hermione, incrédule. Vous voulez me faire croire qu'il n'y a plus de magie à Salem et que les rescapés du massacre ont fondé une ville appelée Apocalypse ? Mais ils vous enseignent quoi, en Histoire de la Magie, en Amérique ?
- Miss Granger...
- Auror Granger !
- Auror Granger, grinça Graymes, je vous assure qu'Apocalypse existe, puisque j'y suis allé, et je puis vous certifier que ses habitants sont bien les descendants des rescapés de Salem. J'ajouterai même que jusqu'à récemment, ils perpétuaient religieusement les traditions de messes noires et de cultes du diable de leurs ancêtres !
Harry se redressa, alarmé.
- Messes noires ? Culte du diable ? 'Mione, il faudrait prévenir les collègues du Bureau Fédéral que...
- Aurore Potter, je ne vois pas pourquoi vous voudriez prévenir le FBI d'une affaire qui, en plus d'être terminée, ne relève absolument pas de leur juridiction.
- Qui a parlé du FBI ? répliqua Harry. Je parlais du Bureau des Investigations Fédérales de Sorcellerie qui dépend du Ministère Américain de la Magie. Le BIFS. Comment pouvez-vous ignorer cela si vous êtes un sorcier ?
Hermione considéra pensivement l'homme en face d'elle, essaya d'ignorer la colère qui enflait en elle. Comment osait-il ? De toute évidence, il n'était pas un sorcier ordinaire. Sa simple présence à Pré-au-Lard prouvait qu'il n'était pas un Moldu mais il semblait tout ignorer du monde magique tel que Harry et elle le connaissaient, que ce soit en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. Il émanait de lui une aura de pouvoir différente de la signature magique qu'elle avait appris à identifier. Il l'avait appelée par son nom quand elle était arrivée, à la grande surprise de Harry. Elle savait que son ami protégeait jalousement son esprit ainsi que ses communications. Elle avait elle-même modifié l'enchantement qui permettait de communiquer par Patronus : désormais, il n'était plus besoin de prononcer le message à voix haute, il suffisait de le penser, un peu comme un sort informulé. Elle-même était certaine que ses boucliers d'Occlumancie étaient en place avant même qu'elle arrive à Pré-au-Lard. Dans ce cas, comment avait-il su ?
Détachée du bureau des Aurors au Département des Mystères depuis un an et demi, Hermione considérait comme sa prérogative la liberté d'enquêter sur n'importe quelle énigme que le monde magique lui présentait. La controverse sur Salem, en particulier, l'intriguait et l'irritait. Elle avait passé quatre ans à l'Institut des Sorcières de Salem après avoir achevé sa septième/huitième année à Poudlard et rompu avec Ron. Elle savait que la sorcellerie y existait toujours, protégée par le Code du secret de la confédération internationale des mages et des sorciers de 1692, par lequel le monde magique avait plongé dans la clandestinité. Cet Ebenezer Graymes, d'un autre côté, semblait convaincu de ce qu'il avait expliqué d'un ton professoral, ce que Hermione savait identifier mieux que personne.
Une autre question plus préoccupante était le danger présenté par cet homme inconnu. On avait envoyé Harry ici pour surveiller des activités suspectes et comme le Patronus de son ami lui avait avoué d'un ton penaud, c'était lui qui s'était fait surprendre. Il était difficile de prendre Harry Potter par surprise. Qui plus était, cet homme ne semblait nullement se soucier d'être interrogé par deux Aurors dont le Survivant. Était-il alors simplement ignorant, pour une raison ou pour une autre, de la culture magique ou bien était-il dangereux au point de mépriser deux Aurors ?
Quand il devint clair qu'il n'avait pas l'intention de répondre à la question de Harry, Hermione en posa une autre :
- Professeur Graymes, pourquoi ne prenez-vous pas Harry Potter au sérieux ?
L'homme eut un reniflement de dérision.
- J'ai toujours trouvé difficile de prendre au sérieux, comme vous dites, un homme qui s'affuble d'une robe ridicule et d'une cape dans l'espoir de ressembler à un magicien.
Harry en resta bouche bée. Est-ce que cet Américain venait bien d'insulter sa masculinité, son statut de sorcier et son uniforme d'Auror en une seule phrase ? Très vite, la colère remplaça la stupéfaction. Comment osait-il ? Résistant à l'impulsion de lui jeter un sort, il se rabattit sur une réplique puérile :
- Parce que vous croyez que votre manteau sans manche de gothique, c'est mieux, peut-être ?
- Harry ! s'exclama Hermione. C'est un macfarlane, expliqua-t-elle d'un ton urgent, comme si elle espérait désamorcer la situation. C'est un ancien modèle de manteau d'homme.
Le professeur inclina la tête en direction de Hermione comme pour saluer sa culture. Harry demanda :
- Et pourquoi vous ne critiquez pas les robes d'Hermione ?
Il avait voulu son ton soupçonneux mais il sortit pleurnichard. Merlin, il fallait qu'il dorme.
- Miss Granger est une dame. Il n'y a rien de choquant à ce qu'elle porte des robes.
S'il n'avait pas été aussi contrarié par l'ensemble de la soirée – non, l'ensemble de la semaine -, Harry aurait pu rire de l'expression indignée de Hermione. Néanmoins, il gardait assez de lucidité pour réaliser qu'essayer de dialoguer avec cet inconnu alors qu'ils étaient tous deux fatigués et en colère – et Hermione offensée était dangereuse et imprévisible – revenait à ouvrir la porte à un désastre. D'un ton qu'il espérait raisonnable, il déclara :
- Professeur Graymes... vous conviendrez avec moi qu'il est tard et qu'il est évident que nous avons beaucoup de questions à éclaircir. Je crois comprendre que vous êtes de passage en Grande-Bretagne ?
Le sourire sardonique de son interlocuteur lui indiqua qu'il n'avait pas été assez subtil en allant à la pêche aux informations. Il poursuivit cependant :
- Je propose que nous remettions la suite de cet entretien à plus tard, quand nous serons tous reposés.
Quand j'aurai dormi une quinzaine d'heures. Il quêta du regard l'appui de Hermione et elle vint à son aide.
- J'ai une chambre d'amis, professeur Graymes. Je pense que vous comprendrez qu'en tant que représentants de la loi, nous ne pouvons pas vous laisser livré à vous-même dans notre monde. Il est évident que vous en ignorez tout. Si vous venez avec moi, vous ne craindrez pas les méprises.
Avec une grimace, Graymes compléta :
- Et vous pourrez me garder à l'œil.
Nullement désarçonnée, Hermione répliqua avec un sourire subtil :
- Bien sûr, professeur. nous somme obligés. Puisque vous évoquiez les histoire de juridiction, tout à l'heure, je pense que vous comprendrez que nous ne pouvons pas vous laissez quitter la nôtre sans plus d'informations. C'est notre travail, après tout.
Non sans humour, l'Américain acquiesça et déclara :
- C'est une proposition raisonnable. Où habitez-vous ?
Harry aurait embrassé Hermione. Des années après leur sortie de Poudlard, il pouvait toujours compter sur elle pour analyser la situation et prendre l'avantage, malgré les efforts manifestes de leur interlocuteur pour se montrer le plus désagréable possible.
On croirait Snape réincarné.
L'idée le fit frémir. Il avait beaucoup de respect pour l'espion assassiné par Voldemort, il avait même envisagé de nommer son fils d'après lui, mais dans le secret de son esprit, il pouvait admettre qu'il le préférait mort. Dire qu'il était amoureux de ma mère... Il réprima un tremblement et redirigea son attention dans la pièce. Grâce à son amie, la perspective de son lit bien chaud avec Ginny dedans se rapprochait agréablement...
Hermione était furieuse. Contre cet Américain macho qui soufflait le chaud et le froid et leur extorquait des informations sans rien révéler, contre le Ministre qui avait envoyé Harry tout seul exécuter cette mission ridicule malgré sa fatigue évidente, contre Harry qui n'était pas fichu de demander un congé quand il n'était pas en état d'assurer – le fiasco de cette nuit en était la preuve : elle voyait bien son attention vagabonder... Elle était en colère mais elle ne le montra pas. Au lieu de cela, elle sourit gracieusement au professeur Graymes et lui répondit :
- J'habite à Londres mais ne vous en faites pas, nous y serons rapidement.
Ignorant son regard interrogateur, elle se tourna vers Harry qui semblait prêt à s'endormir debout.
- Comment es-tu venu ?
- Portoloin.
- Ah. Tu en as un pour le retour ?
Son ami secoua la tête et Hermione se jura d'étrangler le Ministre à la première occasion. Dans son état de fatigue, il était hors de question pour Harry de transplaner – il risquerait de se désartibuler quelque chose – et les Portoloins étaient réglementés, y compris pour les Aurors, elle ne pouvait donc pas en créer un. Elle suggéra :
- Poudlard ?
- Je ne veux pas réveiller tout le monde.
- Ça ne dérangerait pas Min...
- Je sais. Mais ça n'en vaut pas la peine.
Hermione se creusa la tête.
- Les Trois Balais ?
Harry secoua la tête.
- Ginny me tuera si je ne rentre pas de la nuit.
Hermione regarda autour d'elle.
- Pas encore de cheminée dans la maison ?
- Non, elle est encore en travaux.
- D'accord. Harry, je te ramène à Godric's Hollow. Professeur Graymes, vous venez avec nous.
- Hein ? Non, Hermione, tu ne vas pas nous transplaner tous les trois ?
- Et pourquoi pas, Harry ? Je l'ai déjà fait. Ne discute pas.
Sans attendre, la jeune sorcière passa son bras autour de sa taille et s'adressa à l'Américain :
- Professeur Graymes, venez par ici et attrapez mon bras.
L'homme haussa un sourcil mais obtempéra. Hermione agrippa fermement les deux hommes, se concentra, et transplana.
