Bonjour, comme prévu, pour l'anniversaire de mon papa, un nouveau chapitre, j'ai répondu parfois très tardivement aux rewiews (euh… aujourd'hui par exemple) et je m'en excuse mais je finis toujours par le faire mais je dois avouer que j'ai eu du mal à terminer ce chapitre… Merci à Kitsune pour ses corrections d'après publication, la preuve que je ne suis pas parfaite (mais j'y tends...lol!).
Juste une chose, mais c'est important, après je vous laisse à votre lecture, le rating M n'est pas là que pour les scènes de sexe, c'est une fic plutôt glauque par certains côtés, ne lisez pas si vous ne vous en sentez pas capable, vous êtes prévenus. Alors, oui, au début, on est plus dans l'humour mais la fin… c'est autre chose. Oui, j'insiste mais c'est sérieux.
Donc, je sais que les premiers chapitres ne sont pas palpitants, mais les choses se mettent en place, si, si, je vous assure, il y a des indices aussi dans ce chapitre.
J'ose dire, sans exagérer mais avec un regret non dissimulé, que les persos de Naruto n'appartiennent qu'à leur créateur, Masashi Kishimoto et ne sont martyrisés ici que pour le bénéfice gratuit des lecteurs sadiques… comme l'auteur.
Détails :
Les rewiews sont le carburant du stylo de l'auteur mais c'est donnant-donnant c'est pour cela que je réponds toujours aux rewiews (même si parfois avec du retard) :
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Bonne lecture !
Chapitre 2
Du rire aux larmes.
En s'éveillant, il constata qu'il était seul et n'aimât pas ça. Il se leva en grimaçant quelque peu et dans l'intention de faire regretter à son amant d'avoir osé l'abandonner dans ce grand lit tout seul. Néanmoins, en posant le pied sur le sol et constatant que celui-ci n'était pas jonché de vêtements comme il s'y attendait, il comprit et se reprocha momentanément son accès de bouderie. Un sourire éblouissant se dessina sur son visage et il alla retrouver son amour, rebaptisé pour l'occasion « adorable petite perle ». En sortant de la chambre et en passant par l'entrée et le salon, il constata que les poussières avaient été faites car l'appartement embaumait l'encaustique et que, dans la cuisine, plusieurs casseroles et poêles laissaient mijoter ou rissoler doucement leurs contenus.
Naruto aimait profiter de son temps libre pour leur préparer pour au moins une semaine de repas pour compenser le fait qu'il ne puisse mitonner ses petits plats aussi souvent qu'il le voudrait et Sasuke avouait que cette initiative lui plaisait bien plus que la perspective de devoir s'y mettre lui-même. L'aspirateur était posé au milieu du salon, attendant d'être passé. Sasuke comprit que son amant avait préféré attendre qu'il se réveille pour l'allumer et une fois de plus, il s'émerveilla de toutes les petites attentions dont son blond le gâtait. Et Dieu savait que Naruto était allergique à toute forme de ménage pourtant…
Mais il savait également qu'il y avait une arrière-pensée là-dessous. Enfin, plutôt deux. La première concernait le fait que son amant souhaitait en terminer rapidement avec la corvée du ménage pour qu'ils puissent profiter pleinement de leur seul jour de congé commun hebdomadaire et la seconde concernait l'activité à laquelle il avait promis à Sasuke de se soumettre. En effet, songea Sasuke, Naruto espérait sans doute que ses efforts le dispenseraient de tenir sa promesse mais il n'était pas question de céder. Il en avait trop bavé pour réussir à la lui extirper qu'il ne le laisserait pas s'échapper ou se défiler. Cependant, il devait bien admettre que l'intention était louable et réellement charmante.
Et méritait récompense.
Il retrouva son compagnon dans la salle de bain qu'il finissait de nettoyer en faisant briller la robinetterie avec un chiffon propre, comme Sasuke lui avait appris. Il le regarda s'échiner sur les dernières gouttes d'eau et replacer les produits bien à leur place, comme Sasuke voulait qu'il soit. Il y avait peut-être un espoir finalement… Il fit preuve d'indulgence quand il le vit disposer l'après-rasage à côté du parfum après une hésitation, après tout personne n'est parfait. Il regarda avec dépit le blond remettre la crème (hors de prix) pour le visage qu'il lui avait offert au fond de l'étagère, signe d'une utilisation quasi-inexistante, hélas.
Sasuke aimait prendre soin de lui. Il n'était pas efféminé malgré son physique un peu frêle car il était musclé et savait jouer de ses poings avec habileté ; néanmoins, il appréciait de se sentir bien dans sa peau, au sens littéral du terme. Du coup, il passait une heure chaque matin à faire en sorte que ce soit le cas. Après-rasage, lotion tonifiante, crème de soin anti-rides, spray pour les cheveux, crème pour les mains, tout y passait. Il tentait de convertir Naruto mais celui-ci avait rétorqué que si lui aussi devait passer autant de temps dans la salle de bain que Sasuke pour se préparer, ses patients auraient deux fois le temps de mourir…
Il avait quand même réussi à lui faire adopter la crème pour les mains en lui en énonçant tous les avantages dans leurs jeux coquins et son nouveau cheval de bataille, c'était cette crème qu'il lui avait fait promettre de mettre le soir mais la partie n'était pas encore gagnée, manifestement. C'est vrai que le blond n'en avait pas besoin, pas vraiment. Les années le rendaient de plus en plus séduisant à ses yeux… C'est peut-être pour cela qu'il prenait tant soin de son physique, pour continuer de lui plaire même si Naruto lui répétait toujours qu'il le trouvait toujours aussi beau et même plus. Au final, ses artifices étaient une façon de se rassurer sur le fait que Naruto ne le quitterait jamais et il en avait parfaitement conscience.
- Tu es levé ? Tu as bien dormi ?
Il sortit de ses pensées pour venir embrasser les lèvres tendues involontairement vers lui avant de lui déclarer :
- Merci pour le ménage.
- Ben, il reste l'aspirateur tu sais, c'est pas fini, avoua Naruto, penaud.
- Je m'en occupe pendant que tu termines ce que tu as sur le feu avant que ça crame, ça te va ? Susurra le brun en léchant un bout de lobe d'oreille.
- Hm hm… Tout ce que tu veux.
- Oh ! Attention, tu me donnes des idées !
Le regard du blond se chargea de désir et ses mains vinrent se balader sensuellement dans son dos avant qu'il ne déclare, la voix rauque :
- Mais j'espère bien…Aïe !
Le brun lui avait collé une petite tape derrière la tête :
- Bien tenté mais tu ne t'en tireras pas comme ça, indiqua le brun, sadique.
- Mais Sasuke ! S'il te plaît ! Insista le blond, faussement désespéré.
- Non. Il n'est pas question que tu te dérobes une fois de plus, le tança sévèrement Sasuke.
- Mais j'ai besoin de rien ! Chouina le blondinet qui tentait son va-tout avec sa mine boudeuse absolument craquante et irrésistible… en temps ordinaire.
- Inutile d'essayer de m'attendrir. Nous ferons du shopping avec Sakura cet après-midi, point à la ligne.
o0o0o
Et ce fut donc un Naruto résigné mais renfrogné qui fut traîné par un Sasuke jubilant au grand centre commercial de Takashimaya de Shinjuku alors que Sakura les attendait déjà, piétinant furieusement en regardant sa montre, signe d'une mauvaise humeur évidente. Sasuke croisa le regard de Naruto et ils en conclurent la même chose : leur amie s'était une nouvelle fois disputée avec son époux. En les voyant, elle commença à vouloir leur faire sa scène habituelle dans ces cas là : réprimandes pendant un moment, cris et reproches sur à peu près tout et n'importe quoi avant de se calmer, de sangloter un coup puis de s'excuser. La devançant dans son speech, ils lui saisirent chacun un bras et la traînèrent au café le plus proche malgré ses protestations virulentes et la firent asseoir. Sasuke commanda pendant que Naruto la cuisinait (chacun sa spécialité) :
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
Et comme prévu, le regard noir de la jeune femme se changea en larmes. Le fait n'était pas nouveau mais devenait vraiment inquiétant à force de se reproduire. Sakura était devenue médecin comme Naruto bien qu'elle se soit spécialisée en chirurgie optique tandis que Naruto avait préféré opter pour la pédiatrie. Elle était brillante et commençait à faire son chemin dans ce domaine encore très largement masculin. Côté cœur, elle avait tout pour être heureuse également. Elle s'était mariée à Kankurō il y a près de deux ans à présent. Le jeune homme était venu s'installer au Japon après la fin de ses études pour gérer l'une des succursales de son père tandis que sa sœur, Temari avait choisi de s'installer au siège social, en Russie.
Mais il n'avait pas attendu la fin de ses études pour poursuivre sa relation avec la jeune femme malgré le scepticisme de celle-ci sur la durée d'une relation grande distance entre Tōkyō et Londres mais Kankurō avait persisté et lui avait prouvé qu'ils pouvaient rester ensemble et surmonter la distance. Un an après la fin de ses études, ils s'étaient fiancés pour finalement se marier l'année suivante. Et tout allait pour le mieux jusqu'à présent sauf que le couple venait de rencontrer sa première vraie crise depuis leur mariage et que celle-ci ne faisait pas partie de celle que l'on peut régler rapidement et sans heurts. En fait, la situation était très tendue entre Sakura et Kankurō et, étant les amis les plus proches de la jeune femme, Sasuke et Naruto faisaient leur maximum pour la soutenir.
- C'est encore à propos de concevoir un enfant ? Questionna doucement Naruto.
- Oui, soupira la jeune femme avant de s'emporter. Pourquoi ne veut-il pas comprendre ?
- Mais tu n'es pas totalement contre pourtant, lui as-tu expliqué ? Exposa calmement le blond.
- Bien sûr que oui !
La jeune femme soupira à nouveau, découragée. Naruto lui posa une main réconfortante sur son bras et elle lui sourit faiblement alors que Sasuke les rejoignait avec leurs boissons. Elle prit une gorgée de son chocolat chaud avant de poursuivre, plus mesurée :
- Je veux avoir des enfants avec Kankurō mais pas maintenant. Je commence à peine ma carrière et on vient à peine de se marier, ce n'est pas le moment de tomber enceinte ! Mais il ne comprend pas. Pour lui, le fait que je refuse maintenant c'est comme si je remettais en cause notre mariage en ne voulant pas le concrétiser par un bébé. C'est ridicule !Elle recommençait à s'énerver, agitant ses bras furieusement pour brasser l'air comme si ces gestes pouvaient suffire à eux seuls à régler son problème.
- Sakura, je ne veux pas me faire l'avocat du diable, l'interrompit Sasuke, mais mets toi à sa place deux secondes. Tu sais que le mari de Temari a été déclaré stérile et en dehors du recours à l'adoption, il n'y a aucune probabilité pour qu'ils aient un enfant de leurs sangs. Gaara étant gay, aucune possibilité non plus de ce côté-là. Il ne reste que lui et qui plus est, il est le successeur d'un empire financier considérable et il subit une pression énorme quant à faire un héritier…
- Et donc, je dois faire passer ses intérêts avant les miens, oublier tout mon travail, toutes ces années d'études pour devenir femme au foyer ! S'écria Sakura, ulcérée.
- Personne ne te demande d'abandonner ton travail, relativisa Naruto mais la moue de la jeune femme le dissuada de poursuivre. C'est alors qu'elle avoua :
- Si, justement. Il dit que si j'étais une bonne épouse, je m'arrêterais de travailler pour s'occuper de lui et de nos enfants. Je… je croyais qu'il me soutenait et qu'il comprenait mon besoin de faire carrière mais pour lui, il ne s'agissait que d'un passe-temps ! Ce… ce n'est pas pour ça que je l'ai épousé, je crois que… que…
- Tu sais qu'on sera toujours là pour toi et qu'on te soutiendra dans toutes tes décisions, hein ? Déclara gentiment Naruto.
La jeune femme releva la tête face à son ami qui lui souriait alors que Sasuke approuvait en hochant la tête.
- Je ne sais pas quoi faire honnêtement et je sais que je dois prendre une décision mais… je l'aime et… ce n'est pas facile. Je ne veux pas qu'on se sépare mais je ne veux pas pour autant céder. J'ai l'impression qu'il n'y a pas de solution, que je suis dans une impasse, confia t'elle tristement.
Ils burent silencieusement afin que la jeune femme puisse reprendre contenance. Sakura reprit ensuite la conversation comme si de rien n'était. C'était sa façon à elle de passer à autre chose et de chercher à ne pas ressasser sans arrêt ses problèmes pour ne pas se laisser aller à la déprime. C'était soit ça soit la colère et à choisir, quand on en était la cible, ça valait mieux. Du coup, elle retrouva tout son enthousiasme pour ce que le blond avait vainement cru enterré : le shopping.
Il fut traîné dans une dizaine de magasins. On lui fit essayer une bonne cinquantaine de pantalons, une vingtaine de pulls, tee-shirts, chemises et au moins le double de chaussures sans compter les arrêts au rayon « soins pour hommes » où Sasuke fit le plein de cosmétiques. On lui avait fait tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi si vous vouliez son avis) et il n'avait rien eu le droit de dire car avec les regards noirs de Sakura et Sasuke conjugués, il valait mieux déclarer forfait d'avance, il n'était pas de taille à leur résister. Mais quel supplice ! Un enfer mais pas seulement à cause de l'activité à proprement parler. En effet, s'ils avaient invité Sakura à se joindre à eux ce n'était pas seulement à cause de son talent inné pour assortir les couleurs ou choisir les ensembles les plus à même de mettre en valeur le corps du blond. Sakura servait de garantie.
Le couple formé par Sasuke et Naruto était très discret et en dehors de l'intimité ou de leurs réunions avec leurs amis, personnes de confiance. Leur relation restait quasiment secrète. Or, deux hommes courants les enseignes pour habiller l'un d'entre eux, seuls, auraient pu porter à soupçon et ils n'y tenaient pas. Enfin, Naruto surtout. Travaillant avec des enfants, ils n'avaient pas envie qu'on se mette à le surveiller de près pendant qu'il s'occupait d'eux ou pire, qu'on l'oblige à changer de service.
Il avait fait son deuil de son désir d'enfant lorsqu'il avait accepté sa relation avec Sasuke mais le fait de pouvoir les soigner et de les côtoyer toute la journée avec son travail était important pour lui. Ils étaient un peu ses enfants durant leur séjour et il se consacrait à eux avec le même soin qu'un père pour sa progéniture. Sasuke comprenait cela et lui-même aurait certainement vu ses collègues changer d'attitude au mieux ou lui tourner carrément le dos s'ils savaient qu'il préférait les hommes et entretenait une relation avec l'un d'entre eux.
Néanmoins, il aurait aimé pouvoir lui tenir la main dans la rue, ne pas faire semblant de n'être que deux très bons amis quand ils allaient au restaurant ou au cinéma. Cette comédie lui laissait un goût amer en vieillissant mais il savait que la société nippone était encore le plus souvent à l'image de Jiraya et rien que pour ça, ils ne pouvaient pas s'aimer librement devant tous. Penser à Jiraya n'était pas une bonne chose et la discrète pression de Sasuke sur sa main, son regard interrogateur l'incita à lui sourire pour le rassurer. Il fit celui qui en avait marre de cette séance de relooking intensif et grimaça de façon absolument gamine, en tirant la langue, ce à quoi Sasuke répliqua aussitôt en un sourire narquois et sadique, lui désignant une vitrine.
Le regard du blond se tourna très lentement dans la direction proposée et dès que ses iris se posèrent sur l'enseigne, son visage pâlit affreusement…
- J'veux pas y aller !
o0o0o
- Mais je t'assure que ça te va très bien ! Tempêta Sasuke alors que Sakura pouffait derrière eux.
- …
- Tu l'as dit toi-même, c'était beaucoup d'entretien et puis, comme ça, tu auras plus de temps pour faire autre chose ? insista le brun, un peu inquiet quand même du silence de son compagnon depuis qu'il était ressorti de l'échoppe.
- …
- J'ai quelques suggestions à ce sujet d'ailleurs, tenta audacieusement le brun alors qu'ils remontaient dans la voiture de Sakura. Un regard morne honora cette promesse.
« Ok, c'est pas gagné » se dit le brun, dépité. La jeune femme, amusée, mais ne voulant pas que le blond, qui pouvait se montrer particulièrement obstiné quand il l'avait décidé, ne fasse partager son humeur maussade aux autres, décida de débloquer la situation… à sa façon :
- Naruto, arrête de faire l'enfant, c'était que des cheveux ! La réaction ne se fit pas attendre :
- C'était MES cheveux ! J'ai l'air de quoi moi maintenant ! Avant, j'avais qu'à les attacher et j'étais tranquille et maintenant…Il soupira de façon mélodramatique, sa bonne humeur revenue : maintenant, toutes les infirmières vont me sauter dessus !
Il eut la joie d'entendre Sasuke grogner et de l'entendre grommeler :
- C'était peut-être pas une si bonne idée que ça finalement…
Sakura et Naruto se mirent à rire. La jalousie de Sasuke était vraiment très très facile à provoquer mais il est vrai qu'il y avait matière à cela. Le blond, du haut de son 1m80, avec son sourire rayonnant et sa gentillesse, était vraiment très sollicitée par la gente féminine… même s'il ne s'en rendait absolument pas compte. Sasuke savait qu'il avait dit ça sur le coup de la boutade sans réellement se soucier qu'il y ait du vrai dans ce qu'il disait. Mais il était vrai aussi que cette nouvelle coupe allait vraiment bien au blond. Au fur et à mesure du temps, les cheveux du blond avaient énormément poussé et leur propriétaire, ne faisant rien de particulier pour les entretenir sauf les laver régulièrement et les attacher, rendait dingue Sasuke mais maintenant, il regrettait presque d'avoir réussi à lui extirper cette promesse.
Personne n'avait le droit de reluquer son Naruto !
Bien sûr, il savait que son comportement était parfaitement irrationnel et ridicule et que jamais Naruto ne lui serait infidèle mais la crainte était là, enfouie profondément et prête à resurgir à tout instant. Et si jamais son amour rencontrait une femme ? LA femme ? Et qu'ils tombaient amoureux ? Naruto pourrait se marier, avoir des enfants et tout ce qu'il avait toujours désiré et que Sasuke était incapable de lui fournir. En regardant le blond secouer ses cheveux dorés qui encadraient de façon simple mais stylée son visage, en lorgnant ses mèches plus claires, il eut envie, l'espace d'un instant, d'emporter Naruto avec lui et de l'enfermer quelque part où il n'y aurait que lui qui puisse le voir. Juste un instant. Puis il se reprit. Naruto n'était pas un objet et il l'aimait tout comme Sasuke l'aimait. Il était ridicule avec ses angoisses.
Mais quand même ! Il était trop, beaucoup trop beau comme ça !!!
o0o0o
- Ton thé est une vraie merveille, Hinata-chan ! S'extasia Sakura, parfaitement détendue. La jeune femme rougie de gêne.
- Merci mais le mérite ne m'en reviens pas. C'est la mère de Kiba qui me l'a apporté l'autre jour, annonça poliment la jeune femme.
- Je suis surprise de voir comment vous vous entendez bien, reprit Sakura.
- En fait, c'était un peu difficile au début mais elle est vraiment très gentille et ses conseils sont les bienvenus. J'ai de la chance qu'elle soit auprès de moi, c'est un peu comme si elle remplaçait un peu ma mère. C'est agréable.
- Oui, tu as de la chance, murmura rêveusement la rosée.
- C'est vrai, acquiesça son amie. Je suis heureuse avec Kiba et bientôt, nous fonderons notre propre famille. Mon bonheur sera complet à ce moment-là, je crois… Oh ! Excuse-moi Sakura, je ne voulais pas….
- Je sais bien que non, ne t'en fais pas la rassura doucement celle-ci, ne voulant pas gâcher l'ambiance.
Il était devenu courant pour les deux jeunes femmes de se retrouver régulièrement depuis leur sortie de l'Université, même si, au départ, cela leur avait semblé un peu inattendu. Au début, Sakura avait été un peu réticente à côtoyer la jeune femme même si elle l'avait aidé à se réconcilier avec Naruto mais elle avait fini par apprécier la discrétion et surtout la volonté inaltérable dont faisait preuve la brune pour montrer à tous, pour se prouver à elle-même qu'elle avait changé. Ce qu'elle avait brillamment réussi par ailleurs.
Hinata avait entamé l'Université avec un an de retard, pour se donner le temps de se pardonner son comportement et de repartir sur de bonnes bases. Elle avait beaucoup travaillé avec son thérapeute mais elle avait aussi mis à profit ce temps pour se rapprocher de sa famille, de son cousin et de son père notamment. C'est aussi cela qui la décida à s'investir dans les affaires familiales. Elle n'avait pas l'ambition de reprendre la tête de l'entreprise au départ, ce rôle ayant été réattribué à Neji . Celui-ci était parti aux États-Unis pour intégrer une prestigieuse Université afin de se former au management et aux méthodes financières internationales. Hinata, elle, n'avait pas voulu quitter sa famille. Elle s'était inscrite à l'Université Nationale d'Hitotsubashi pour y suivre un cursus de commerce. Après avoir hésité, elle avait décidé de ne pas prolonger ses études en le complétant avec un Master mais d'achever sa formation directement au sein des Entreprises Hyūga.
Elle avait fait son chemin, pas à pas, écoutant les conseils avisés de son père mais aussi de son cousin, lorsqu'il revenait durant les périodes de vacances universitaires. Elle s'était rapidement familiarisée avec l'entreprise, ses méthodes, ses produits. Elle avait voulu tout connaître, tout expérimenter, rencontrer les employés et découvrir leur travail. Elle avait su aussi développer ses propres idées, en écoutant directement les employés, leurs suggestions pour l'amélioration de leur rentabilité, leurs idées pour le développement de la société. Il lui avait fallu de sérieux arguments pour imposer à son père cette nouvelle manière d'entrevoir la gestion du personnel et du management mais il lui avait laissé faire ses preuves, lui confiant une petite unité pour commencer avant de devoir se rendre compte par lui-même des résultats plus que positifs de cette nouvelle direction entrepreneuriale.
C'est ainsi que, naturellement, la place de Neji en tant qu'héritier fut rediscutée, la jeune femme paraissant désormais parfaitement apte succéder à son père. Hinata avait alors eu beaucoup de mal à ne pas s'en vouloir auprès de Neji dont elle avait l'impression de trahir la confiance et d'usurper la place. Celui-ci l'avait étonnamment bien pris. Il l'avait rassuré en lui expliquant qu'il souhaitait faire son chemin de lui-même, créer et gérer sa propre entreprise et ne rien devoir à personne sauf à lui-même. Il lui avait aussi assuré qu'il serait toujours à sa disposition pour la soutenir dans ses décisions. Il lui en avait fait la promesse. Qu'il avait tenue. Neji avait fondé une petite société avec les capitaux fournis par Sasuke lorsque celui-ci avait décidé de développer le petit commerce de services informatiques qu'il avait monté auprès de ses camarades estudiantins d'une part, mais aussi auprès de nombreux autres organismes dont sa propre Université. Lorsque les statuts, rédigés par leur nouvel avocat fraîchement diplômé avec deux ans d'avance (rester trop longtemps sur les bancs de la fac, c'était galère), Shikamaru, ils avaient déjà une clientèle toute faite. Et en plein essor. Et quand Sasuke avait décidé de se retirer de la gestion de l'affaire, il en avait pris la tête.
Côté amour, la jeune femme avait été longue avant de vraiment se décider à faire réellement attention aux hommes qui l'entouraient. Pas qu'elle ne soit pas courtisée, au contraire. En fait, elle n'avait tout simplement pas répondu aux avances et avait gentiment éconduit les prétendants. Elle ne se sentait pas prête. Et puis, il y avait eu Kiba. Il lui en avait fallu du temps pour le laisser s'approcher. Elle n'avait pas réussi à lui faire lâcher prise comme aux autres. Il la courtisa avec acharnement mais il dut attendre trois ans avant qu'elle ne réponde favorablement à sa demande pour avoir un rendez-vous. Celui-ci se vantait du fait que sa ténacité de maître-chien lui avait permis de surmonter tous les obstacles.
En réalité, ce n'était pas tout à fait exact.
La jeune femme avait accepté se sortir avec Kiba grâce à Naruto. Celui-ci avait plaidé la cause de son ami auprès d'elle et la jeune femme avait pu discuter alors de ses craintes : celle de retomber dans une spirale obsessionnelle et étouffante notamment mais le blond lui avait fait remarquer toutes les différences qu'il y avait entre celle qu'elle avait été et celle qu'elle était. Et puis, il avait souligné aussi, un peu douloureusement avait-elle noté, qu'elle avait la possibilité de pouvoir se construire la famille qu'elle avait toujours voulue et que , si ce n'était pas avec Kiba, il était temps pour elle de sortir de sa coquille et d'accepter de prendre des risques.
Son rapprochement avec Naruto allait de pair avec celui initié auprès de Sakura Les trois jeunes gens avaient beaucoup de points communs notamment par le fait que, lorsqu'elle avait repris officiellement les affaires familiales, elle en avait profité pour mettre en place un programme pour les enfants atteints de maladies incurables ou orphelines pour lesquelles l'entreprise subventionnait une partie des recherches et de l'amélioration des conditions d'accueil des jeunes patients et de leurs familles. Sasuke avait évidemment été très réticent à cette relation mais il avait dû, à contrecœur, reconnaître que la jeune femme ne tentait aucune « approche » sur son blond même s'il n'aimait pas particulièrement leurs petites « entrevues » à huis clos.
Naruto et Hinata discutaient de tout mais surtout ils se confiaient l'un à l'autre et souvent, Sakura se joignaient à eux. C'est avec eux qu'Hinata aborda ses sorties avec Kiba, leur confiant ses sentiments, ses peurs et les maladresses du jeune homme qui cherchait à bien faire mais n'y parvenait que rarement et souvent de façon plutôt ridicule. Sakura parlait de sa relation, naissante à cette époque, avec Kankurô et comment ils envisageaient de se retrouver au Japon dès qu'il aurait achevé ses études. Et Naruto… Naruto confiait aux jeunes femmes ses doutes et ses angoisses. Il n'en avait pas parlé à Tsunade, ne voulant pas perturber celle qu'il considérait comme sa mère par ses interrogations futiles. Notamment au sujet de son couple avec Sasuke. Interrogations qui n'avaient pas diminuées avec le temps.
Ce que ce dernier ignorait.
Le blond regardait souvent avec nostalgie les couples de parents qui venaient visiter leurs enfants à l'hôpital. Même s'il ne changerait son histoire avec Sasuke contre rien au monde, il aurait vraiment aimé avoir une famille. Il savait que ce n'était pas possible. Déjà qu'ils ne pouvaient pas se tenir la main dans la rue alors élever des enfants… Et puis, ce n'était pas comme si on les aurait laissé faire. Sakura l'avait tendrement étreint lorsqu'il en avait parlé tandis qu'Hinata lui avait gentiment serré la main et lui avait annoncé qu'il serait le parrain de son premier né. Il avait failli en pleurer de joie et l'avait remercié avec émotion sous le regard attendri de Sakura..
Ça avait scellé un lien particulier entre eux trois qui n'avait fait que se renforcer avec le temps. C'est pour cela aussi que Sakura se sentait gênée par rapport à Hinata. Alors qu'elle-même ne se sentait pas prête à devenir mère, Hinata, elle, rencontrait de grandes difficultés à tomber enceinte. Cela faisait près de deux ans maintenant, depuis son mariage en fait, qu'elle et Kiba tentaient de concevoir un enfant. Apparemment, le problème venait du côté de Kiba et le jeune couple suivait un traitement coûteux pour augmenter leurs chances. Face à cela, Sakura se sentait démunie mais elle ne pouvait que compatir hélas, la gynécologie et les problèmes de fertilité étaient loin d'être sa spécialité.
Une main affable se posa sur la sienne et elle releva la tête de ses sombres pensées. Elle savait qu'Hinata ne lui en voulait pas et elle comprenait bien les tourments de son amie. Elle se contraignit à reprendre contenance. Elle se morigéna mentalement pour perdre si facilement le contrôle de ses émotions. Ses problèmes conjugaux avec Kankurô ne l'aidaient vraiment pas. Elle ne devait pas se laisser aller ainsi, ce n'était vraiment pas bon et elle avait vraiment l'impression de ne pas se reconnaître dans cette fille émotive et presque…pleurnicharde.
Beurk.
- Comment se déroulent tes recherches, au fait ? Demanda doucement Hinata, sortant Sakura de ses rêveries amères.
- Ça avance bien. Shino est une perle. Ses insectes nous ont donné beaucoup de pistes, s'enthousiasma la jeune femme dont la voix virait dans les aigües alors que son excitation grandissait.
- J'ai toujours du mal à imaginer comment vous en êtes venus à travailler ensemble en étant issu de domaines si différents, questionna la jeune femme, toujours un peu désappointée quant aux sujets du travail de Sakura mais bon, tant que cela lui permettait de retrouver le sourire…
- Oh mais tu sais, les insectes ont une perception visuelle extrêmement diversifiée de nous. Ça donne une infinité d'indices pour développer de nouvelles thérapies sans parler de toutes les applications en terme d'appareillages pour pallier le déficit visuel chez les aveugles. Tu sais…
Une fois que la jeune femme était lancée, on ne pouvait plus l'arrêter. Après avoir trouvé un poste à l'Hôpital Dogenzaka Kato Danka de Tōkyō[1], Sakura avait choisi de s'orienter dans les recherches en pathologies et affections ophtalmologiques en utilisant les méthodologies optométriques[2] notamment. Un jour où elle s'était encore lancée dans un monologue passionné duquel tout le monde avait décroché depuis un moment, le jeune homme avait répliqué à l'une de ses interventions sur l'adjonction de protéines oculaires permettant la réactivation de gènes spécifiques pour réparer les défaillances de la rétine lors des expérimentations menées sur la mouche du vinaigre qui démontraient d'incroyables capacités génétiques[3]. En avait découlé un long échange (largement dominé sur la quantité par la jeune femme) entre les deux passionnés et un accord pour revoir la question plus avant. Ainsi avait débuté leur collaboration.
La jeune femme avait découvert un homme autant polarisé qu'elle par son métier. Bien qu'il soit discret et qu'il parle peu, leurs échanges étaient toujours extrêmement vivifiants et remotivaient la jeune femme quand elle avait l'impression de stagner. En fait, elle avait fini par comprendre que Shino était tout simplement timide et plutôt mal à l'aise en société. Elle le soupçonnait de rarement sortir de chez lui quand il ne travaillait pas et du coup, elle ne l'avait plus laissé s'éloigner de leur groupe comme cela avait été un peu le cas pendant leurs études. Et tout le monde en était ravi notamment Lee dont il avait été le compagnon de chambrée chez Maître Gai car celui-ci avait préféré loué les chambres vides de sa maison faute de pouvoir y faire vivre une famille. L'enthousiasme débordant de Lee n'avait pas tiré plus de quelques mots à Shino malgré le « dynamisme éclatant de sa jeunesse » qui lui avait fait retrouvé son ami de toujours mais cela ne l'avait pas rebuté.
Peu à peu, les autres membres de leur petit groupe arrivèrent. Les salutations furent chaleureuses malgré une certaine froideur dans celles échangées entre Hinata et Sasuke qui fut heureusement coupée par un Naruto se lançant dans la narration mélodramatique de sa session « Shopping, torture and co » qui avait eu lieu deux jours auparavant. Il se fit taquiner par Sakura que c'était au moins la troisième fois qu'il faisait son show et qu'il était peut-être temps d'arrêter son cinéma à moins qu'il ne tienne absolument à avoir une « réelle » raison de se plaindre – inner Sakura étant momentanément de retour. Déglutissant péniblement, le jeune homme bouda un peu, quémandant le réconfort de son compagnon qui soupira, vaincu par l'immaturité de son amant, faisant pouffer de rire leurs amis.
o0o0o
Elle avait froid mais ne pouvait se résoudre à bouger. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ça mais elle ne savait plus ou plutôt, ne voulait plus se rappeler pourquoi elle le faisait. Ça lui faisait autant de bien que de mal. Peut-être plus de mal même mais elle le méritait. Évidemment. Mais elle ne pouvait plus faire marche arrière maintenant de toute façon. La nuit était bien avancée et si elle ne se dépêchait pas elle serait en retard. Et si elle était en retard… Elle frissonna. Il n'aimait pas attendre, il le lui avait bien fait savoir. Elle ne savait que trop bien ce que cela signifiait mais elle ne pouvait pas se résoudre à bouger. Pas encore. Pas avant de les avoir vu. Elle n'eut pas à attendre beaucoup plus longtemps.
Ce fut d'abord une tête pâle aux cheveux noirs défiant la gravité suivie presque immédiatement d'une figure blonde et gesticulante. Ensuite d'autres personnes sortirent de la maison dont les hôtes qui saluèrent leurs invités et leurs firent milles recommandations de prudence avant de les laisser partir enfin. Mais elle ne vit qu'elle. Celle qui avait été sa meilleure amie autrefois. Celle qu'elle avait narguée puis laissé tomber. Sur Ses conseils. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il n'apprécierait pas qu'elle ait les yeux rouges alors elle se mordit férocement la lèvre pour ne pas laisser s'échapper sa tristesse en les laissant couler. Elle aurait tant voulu… La rejoindre ? Lui raconter ? S'excuser ?
Impossible.
Elle était si seule. Elle avait vraiment froid maintenant. Pour se réchauffer, elle marcha rapidement jusqu'à la station de la ligne Yamanōte pour rejoindre son… travail à Dogenzaka, dans le quartier de Shibuya. Elle tenta de ne pas penser à ce qui l'attendait. Il ne fallait pas. Juste faire ce qu'on lui dirait, ne pas penser, sortir de son corps et oublier les mains sales qui se poseraient sur elle, les mots salaces ou orduriers qui sortiraient de leurs bouches, la douleur de n'être qu'un objet qu'on prend puis qu'on jette. Peut-être que demain il l'autoriserait enfin à se reposer un peu. Peut-être.
Si elle rapportait suffisamment.
Elle ne voulait pas se souvenir quand tout cela avait commencé, comment elle en était venue à accepter… ça. Comment son avenir qu'il lui avait paru si prometteur avant était-il devenu sans espoir ? Sasori lui avait dit l'aimer. Elle l'avait crû. Il l'avait entouré d'attentions comme personne ne l'avait jamais fait avant lui. Elle lui avait raconté ses projets et il l'avait écouté et encouragé. Elle avait l'impression d'être dans un rêve. Il s'occupait bien d'elle. Elle était bien mieux avec lui. Bien mieux qu'avec ses amis. C'est ce qu'elle avait pensé alors. Comme elle avait tort. Et puis, ses parents avaient commencé à trouver qu'elle passait beaucoup de temps avec son petit-ami et que son travail en pâtissait. Mais elle s'en moquait. Il lui avait dit qu'il l'aiderait à se faire connaître en tant que styliste et qu'il trouvait qu'elle avait du talent.
Elle s'était disputé avec ses parents et avait claqué la porte.
Elle avait débarqué chez lui en pleurant et il l'avait accueilli à bras ouvert. Il l'avait rassuré. Et puis ses amis s'y étaient mis aussi. Ils ne l'appréciaient pas et ne le cachaient pas. Elle leur en avait voulu et quand il y avait eu cette révélation sur les sentiments entre Naruto et Sasuke, il s'était rangé à son avis. C'était dégoûtant avait-elle jugé. Répugnant. Il lui avait dit qu'il était de son côté et qu'elle aurait intérêt à ne plus trop les fréquenter si cela la bouleversait. Dans son intérêt. Elle avait considéré qu'il avait raison. Il ne l'avait forcé à rien, c'était elle qui avait pris la décision.
Et puis, il avait commencé à avoir des soucis financiers. Il n'en avait pas parlé mais elle avait bien remarqué qu'il ne pouvait pas la gâter comme avant. Elle lui avait posé la question et, honteux, il avait avoué que devoir l'assumer en plus de ses charges avait rendu sa situation précaire. Elle s'en était voulue. Et puis, il y avait eu ce dîner. Un ami à lui était là. Il lui avait fait des avances. Elle l'avait repoussé bien sûr et il l'avait défendu, même quand l'homme avait proposé une somme astronomique juste pour qu'elle le touche. Elle avait eu la preuve qu'il l'aimait vraiment.
L'ami était revenu le lendemain, quand il n'était pas là. Il lui avait promis qu'elle n'aurait qu'à le toucher. Juste avec les mains, rien d'autre. Ce n'était pas grand chose. Et puis, elle pourrait participer un peu aux frais comme ça. Ce n'était pas grand chose. Après tout, c'était lui qui payait tout. Alors elle l'avait fait. Elle n'avait pas aimé mais l'argent lui avait montré qu'elle avait eu raison. Quand elle le lui avait donné, timidement, il avait paru surpris et il s'était excusé auprès d'elle, qu'elle ait été obligée de faire ça pour lui, pour eux. Elle ne l'en avait aimé que davantage. Ils avaient bien vécu pendant quelques temps mais soudain, il avait perdu son travail et la situation avait empiré.
L'argent avait vite manqué et le bailleur les attendait de pied ferme pour le règlement des loyers en retard. Il menaçait de les expulser. Il l'avait emmené pour la première fois à Dogenzaka, pour chercher du travail disait-il. Il lui avait demandé de l'attendre dans la rue parce qu'il ne voulait pas la laisser seule à l'appartement, au cas où le propriétaire reviendrait réclamer son dû. Un homme l'avait abordé et lui avait proposé une forte somme contre une fellation. Elle avait faim et il ne revenait toujours pas. Elle avait pris l'argent et fait ce qu'on lui disait.
Il était revenu, après. Il n'avait pas trouvé de travail.
Il avait été si heureux quand elle lui avait montré les billets qu'il n'avait pas posé de questions. Petit à petit, elle avait pris l'habitude de venir elle-même à Dogenzaka, juste le temps pour qu'il retrouve un travail. Rien qu'un peu de temps. Mais il n'avait pas trouvé. Il n'arrêtait pas de s'excuser. Elle se sentait si malheureuse pour lui. Après tout ce qu'il avait fait pour elle. Il avait fallu déménager mais le logement qu'ils avaient pu se payer était miteux. Il s'absentait de longues heures pour trouver de quoi les nourrir et s'occuper au mieux d'elle mais la situation se dégradait et un jour, elle prit la décision d'aller plus loin. Il leur fallait plus d'argent.
Elle avait pleuré pendant des heures sous la douche.
Il l'avait consolé avec gentillesse. Il lui avait demandé une nouvelle fois de l'excuser. Il avait même pleuré pour elle. Cela l'avait vraiment touché. Alors, pour lui, elle avait recommencé. Une fois, puis deux. C'était devenu une habitude. Elle ne savait pas vraiment quand son attitude avait changé. Ou peut-être qu'elle n'avait pas voulu voir, allez savoir. Il prenait l'argent et ses bras se faisaient plus froid. Ils avaient retrouvé leur ancien logement mais il ne lui semblait plus tellement accueillant. Un jour, elle s'était réveillée. Elle ne voulait plus faire ça. Elle lui avait demandé pourquoi il ne cherchait plus du travail, pourquoi il ne lui disait plus jamais qu'il l'aimait, qu'elle voulait arrêter de faire ça…
Il avait ri.
Il lui avait dit qu'il n'avait pas besoin de travaillé puisqu'il l'avait, elle. Il lui avait expliqué qu'il appréciait sa compagnie mais qu'il fallait arrêter de rêver et que personne ne pourrait jamais être amoureux d'une… pute. Le mot lui avait fait si mal. Il avait continué en lui faisant remarquer que personne ne voudrait plus d'elle. Si ses parents apprenaient ce qu'elle faisait... Elle en aurait été malade. Et elle avait tourné le dos à ses amis depuis si longtemps… Elle n'avait nulle part où aller. Elle était piégée. Bientôt, elle avait rejoint un petit hôtel minable dans cette rue qu'elle avait appris à haïr et elle avait enfin su la vérité. L'ami qui s'était présenté et lui avait des avances la première fois était un « associé » de Sasori, un certain Deidara et ils faisaient parti d'une vaste organisation, l'Akatsuki. Elle était désespérée. Il n'y avait plus que lui comme repère et le pire dans tout cela, c'est qu'elle n'avait pas cessé de l'aimer.
Pendant un long moment. Malgré ce qu'il lui avait fait.
Et puis, avec le temps, les sentiments, ses sentiments n'avaient plus eu d'importance. Elle avait commencé à vraiment croire ce qu'il lui disait, qu'elle n'était bonne qu'à ça de toute manière, qu'il n'y avait aucune autre issue pour elle et qu'il n'y avait que lui pour s'occuper d'elle et la protéger. C'est vrai qu'il la protégeait. Il évitait que les clients ne « l'abîment » de trop pour l'empêcher de travailler, pour qu'elle soit encore présentable. Parce qu'elle plaisait beaucoup, avec ses longs cheveux blonds et ses yeux pâles, avec sa taille fine malgré son amaigrissement inquiétant. Elle était très demandée.
Elle écartait les cuisses machinalement maintenant. Elle ne sentait presque plus rien, même pas la douleur quand il (ou ils, ça dépendait) la prenait trop violemment. Elle prenait les poses qu'on lui disait de prendre, disait ce qu'on voulait qu'elle dise. Comme une gentille petite marionnette. Son corps la faisait souvent souffrir mais elle ne s'en préoccupait plus et elle avait dû avorter quatre fois déjà. Elle faisait régulièrement des tests de dépistage à la demande de Sasori pour vérifier qu'elle n'avait pas attrapé une quelconque maladie qui aurait pu rebuter le client. Pour l'instant, elle n'avait rien. En effet, en payant plus cher, Sasori autorisait les rapports sans préservatifs. Elle n'avait même plus peur. Elle se moquait bien de ce qui pouvait lui arriver maintenant.
Cela faisait longtemps maintenant qu'elle n'avait plus d'espoir mais elle n'arrivait pas à aller au-delà et à s'ôter la vie. Elle n'en avait pas la force. Elle était trop faible pour cela. Deidara disait que c'était ça, l'art de Sasori. Pour lui, l'art consistait à trouver des jeunes femmes de qualité mais qu'il faisait « durer » le plus longtemps possible, les faisant tomber dans cette spirale auto-destructrice selon un schéma bien rôdé. Tout le contraire de Deidara qui choisissait une victime et la « lançait » à peine au bout de quelques semaines. Souvent des droguées, des fugueuses. Elles ne tenaient jamais bien longtemps. Deidara et Sasori se disputaient souvent entre eux à ce sujet. Pour le plus jeune, Deidara, il était nécessaire de renouveler rapidement l'offre en réserve, pour ne pas lasser la clientèle tandis que Sasori argumentait qu'il valait mieux une marchandise de qualité qui permettrait d'avoir des rendements réguliers sur une longue période. Un objet. Un jouet. Voilà ce qu'elle était devenue.
Ino n'attendait plus qu'une chose maintenant. Mourir.
Voilà.
Oui, je vous avais dit que c'était hard à la fin. C'était pas des blagues mais rassurez-vous, si j'ai fais ça, c'est avant tout pour montrer où en est arrivé Ino et comment ça va être dur pour elle de remonter la pente… Ben oui, sadique mais pas trop quand même.
Et Naru et Sasu là-dedans ? Vous ne voyez pas le rapport ? C'est normal. Tout à fait normal… Pour l'instant. Au fait, toujours pas d'idée sur le métier de notre Sasuke ? Il y avait une personne qui avait trouvé mais je ne dirais pas qui et comme la réponse était noyée dans d'autres réponses… Gnac !
Bon, ben, on se retrouve dans un mois normalement, le samedi 17 avril. Encore merci pour ceux qui suivent cette fic, j'espère ne pas vous avoir déçu avec ce chapitre pour le moins… ambivalent.
[1] Et oui, cet hôpital existe réellement et est spécialisé dans les soins ophtalmologiques.
[2] L'optométrie désigne l'ensemble des techniques et des procédés permettant de déterminer les différentes formes d'amétropie. L'optométrie est une science non-médicale. Elle étudie et approfondit la connaissance du processus visuel, établit les techniques et les moyens nécessaires pour prévenir et corriger les problèmes de vision.
[3] http:// .fr/ archives/ 2000/ LesEchos/ 18082-155-ECH. htm
