Voilà le deuxième chapitre, mais, avant un petit mot de ma part.

Premièrement, merci à ViolinSama et à Kelly750 pour vos reviews, ça fait toujours plaisir d'entre ça et c'est très motivant pour la suite. D'ailleurs, si je n'avais pas eu tous ces examens le chapitre serait sorti un peu plus tôt.

Deuxièmement… j'espère que vous aller apprécier ce chapitre même s'il ne va pas s'y passer grand-chose, mais il est néanmoins important pour la suite donc patience.

Réécris

PDV Nagisa (le jeudi soir, au moment de dormir)

C'est étrange, personne n'a fait de remarque, personne ne s'est moqué de moi. Et ils avaient l'air très motivé. Pourtant, je m'y étais préparé, surtout face à Karma. D'habitude, il ne manque pas une occasion de plaisanter sur le sujet. Il n'étais pas vraiment normal aujourd'hui, différent des dernières semaines. Il m'a couvé du regard tout du long, pas discrètement en plus. Quand j'ai expliqué la situation aux autres, il a même parut embarrassé alors que les autres étaient choqués. Je me demande ce qui lui est passé par la tête à ce moment là. Peut-être qu'il veut profiter de la situation pour se réintégrer au groupe. Qui sait… Je n'ai jamais vraiment compris ce qui peut lui passer par la tête. Je sais comment il est...mais là il n'est pas lui. Son comportement, il me gênait presque. Il ne peut pas rester le même ? La situation est déjà bien assez trouble comme ça.

Moi… Je l'apprécie. Il est égocentrique, sadique, très très,voire trop énervant quand il s'y met et, surtout, violent. Mais je l'aime bien, il a tout ce qu'il me manque, dont l'assurance et la volonté. J'ai envie de le suivre, de l'approcher, de le dépasser… Nous sommes des assassins, mais je le vois plus empereur, debout au milieu du champ de bataille, le corps couvert du sang de ses ennemis, avançant avec le calme de la mort. Il est presque démoniaque dans ce sens…

Et moi je l'apprécie assez, beaucoup...trop pour que ce soit normal. De l'amour...je crois. Je ne me comprends pas. Je ne comprends plus rien en fait. Je me dis que ce n'est qu'un mauvais rêve qui s'estompera lundi, sans doute.

Alors pourquoi est-ce que je l'aime ? Pourquoi ai-je envie de le suivre ? Je suis loin de lui ressembler, je ne suis qu'un assassin, bon mais inutile dans son armée quand il en prend les rênes. Je ne ne suis pas doué pour obéir comme ça, je travaille bien mieux seul. C'est peut être ça qui m'attire chez lui. Il est à l'aise dans l'ombre comme sous les projecteurs, et dangereux dans les deux cas. Les gens savent ce qu'il est, ils le craignent et s'en rapprochent pour s'en faire un ami plutôt qu'un ennemi et ne le cherchent pas trop. S'ils savaient, ils ne savent rien, ils ne voient que ce qu'il veut bien leur montrer. J'ai vu son vrai visage, et il trompe tout le monde avec son masque écarlate. Moi, je ne peux que tromper mon monde, leur faire croire ce que je ne suis pas et les avoir par surprise. Ma victoire sera toujours terne et anonyme, la sienne éclatante et effrayante.

Je pense à ça, mais n'est-ce pas pour ne plus penser à mes sentiments pour lui ? J'ai l'impression d'essayer me convaincre que je n'ai aucune chance. C'est horrible… Si je l'aime, qu'il ne m'aime pas, et que je lui dis ce que je ressens, alors c'en sera fini de notre amitié. Mais, s'il m'aime aussi et que je ne le fait pas, je perdrai sur toute la ligne là aussi… C'est dur… Je devrais peut être arrêter d'y penser pour de bon et ne pas me prendre là tête. On ne sait pas encore si on survivra à cette fin d'année. Je lui dirai...un peu avant que nous n'échouions. Ou mieux, je lui dirai à l'instant où nous perdrons. Et si nous gagnons, alors je le lui dirai aussi à ce moment.

PDV Narrateur (vendredi)

La classe était parfaitement silencieuse, tous regardait fixement Bitch-sensei qui avait les yeux rivés sur l'horloge. Les secondes passaient, toujours sans un bruit. Une minute avant huit heures, trente secondes, dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un…

« Début de l'opération ! Toutes les filles, préparez-vous à la confection de la poitrine, petit A, pas plus. Les garçons, hors de nos pattes jusqu'à midi. Nagisa, avec moi… Je vais t'apprendre comment se comporte une vraie fille. »

Les mots avaient claqués sèchement, et tous s'étaient mis en mouvement. Le bleuté était le seul à s'inquiéter. Passer entre les mains de toute la gente féminine de la classe ne le tentait pas plus que ça. S'il avait été quelqu'un d'autre et si les circonstances avaient été moins ironiques, il aurait sauté sur l'occasion. Malheureusement pour lui, ils étaient limité par le temps, ainsi dût-il tout faire en même temps. Sans avoir vraiment compris, il se retrouva en short debout sur un banc. Face à lui, sa professeur lui expliquait les bases et lui faisait travailler sa voix pour la rendre un peu plus aiguë. Les filles lui tournaient autour, prenant ses mesures, jacassant, criant parfois, pour savoir quelle était la meilleure chose à faire de lui. C'était un véritable capharnaüm qui se méprenait presque aux bruits de la guerre civile de la veille.

Lui avait encore une tâche supplémentaire sur les bras. Il devait s'inventer une vie similaire à la sienne sur presque tous les points, une vie qui conviendrait à une fille en passe de tout réussir, une fille ayant pleins d'amies. Mais, il convenait aussi de ne pas en faire trop, dans le cas où sa mère risquait de dire une bêtise qu'il ne pourrait pas rattraper. La tâche était d'autant plus ardue que sa professeur lui posait d'autres questions, lui donnait des ordres et lui demandait sans cesse où il en était avec sa vie, puis, ajoutait des détails, les enlevait, en remettait, une couche, allait trop loin dans les choses, ce qui le faisait crier et rougir de honte à cette simple idée.

Je vous laisse imaginez par vous-même son calvaire, car sachez que de tout ce que vous pourriez inventer, il trouverait sa situation plus désagréable encore. Il en vint presque à penser que passer entre les mains de Karma ne serait qu'une douce torture comparée au tourments qu'il subissait.

Finalement, le calme revint durant le temps de midi. Nagisa version fille s'était écroulé sur sa chaise et ne bougeait plus. Il ne remuait plus le moindre orteil et n'en n'avait plus la force. Même s'il l'avait eue, il n'en n'aurait pas eu l'envie. Et il avait peur, il savait que le pire restait à venir. Il devrait tenir ce beau et inconfortable rôle tout l'après-midi et craignait déjà les horreurs que les garçons, menés par un certain démon, avaient réussies à inventer. Il avait mal à la tête, un début de migraine. Et ses tortionnaires frais et dispos s'en donneraient à cœur joie sans pitié pour lui. D'ailleurs, les voilà qui revenait de leur entraînement du matin, tandis que les filles partaient dans la montagnes. Fermement décidé à leur échapper, le bleuté se releva et sortit le plus discrètement possible de la salle. Du moins, il tenta de le faire, car s'était sans compter sur un poulpe jaune très motivé qui le remit en place. Il n'avait rien fait, n'avait aidé personne. Et il osait intervenir. Le bleuté laissa échapper un glapissement en se retrouvant suspendu par les pieds et hurla pour être reposé.

Karma s'approcha, le pas tranquille, prêt à tout. Il manqua pourtant de trébucher à la vue de son ami. Il ne ressemblait pas à une fille, il en était une, ce ne pouvait pas être possible autrement. Nagisa donnait plus que l'impression d'être une jeune adolescente, timide et innocente, le genre de fille honnête comme pas deux, trop gentille pour ce monde, mais qui démontrait une profonde détermination de son seul regard. Enfin, pour la détermination c'était encore à revoir car il était rouge de honte. Ou rose plutôt, une teinte qui s'accordait à la perfection à ses cheveux bleus. Mais Karma parvenait sans peine à le voir, ce sourire mortel qui était sa spécialité. Il était caché sous toutes les émotions superflues, et même son propriétaire semblait ignorer sa présence. Sourire mortel ? Avait-il bien pensé cela ? Était-ce un peu d'estime ? Il secoua la tête. Reprenant ses esprits, le rouge ne tarda pas à parler.

- Tu sais que si tu te baladais comme ça, être proche de toi deviendrait vraiment dangereux ?

- Pourquoi tu dis ça ?

- Parce que tous te voudraient, et que nous serions incapables de laisser passer ça sans les massacrer.

Un blanc, un ange passa, personne ne savait ni quoi répondre, ni comment répondre. Pas un bruit, silence complet. Heureusement, ou pas, Bitch-sensei arriva, bruyante, de bonne humeur, en attente de compliments pour son travail. Tous en profitèrent pour faire comme si cet échange n'avait pas eu lieux et ils tentèrent de le reléguer au fin fond de l'oubli. Ils la félicitèrent tant et bien qu'ils ne réalisèrent pas que Nagisa en avait profité pour s'éclipser, désireux de ne pas poursuivre la moindre conversation de ce genre. Pour cette fois, il parvint à s'échapper. Il descendit la montagne sans se presser et se dirigea vers la ville pour se fondre dans la masse.

Au bout de quelques minutes, il commença à se sentir mal. D'habitude, les gens ne le remarquaient que peu ou pas, et c'était toujours le cas. Pourtant, les gens réagissaient autrement. Au lieu de simplement l'ignorer, ils s'écartaient sur son passage, comme s'il avait le même statut que les nobles et les combattants les plus populaires de l'époque. Il était presque mieux que cela on le voyait sans le voir, on en avait peur sans comprendre pourquoi, au point qu'on ne remarquait même plus qu'on en avait peur. On l'admirait et cette admiration mettait ses crocs en valeur. Cette situation le mettait mal à l'aise, il ne parvenait pas à ignorer les regards curieux et furtifs, il se sentait presque agressé. Inconsciemment, il reprit son vieux sourire, celui qui le rendait moins dangereux qu'un grain de poussière, mais lui permettait de tuer du premier coup. Les gens commencèrent à mieux le voir, à le regarder franchement, tandis qu'il perdait peu à peu pieds.

PDV Nagisa

Blanc, tout blanc et silencieux. Le monde n'est que ça au final ? Ils avancent...si lentement que j'ai l'impression de courir. Pourtant, je ne fais que marcher. Et ils sont si faibles, ils ont tant d'ouvertures que ça en devient risible. Combien pourrais-je en avoir avant qu'ils ne réalisent que je suis en train de les décimer ? Deux, trois… Dix ? Plus même… J'ignorais qu'être une fille apportait autant d'avantages. Koro-sensei avait raison, c'est un simple entraînement, un échauffement à l'assassinat. Presque, je ne dois pas tuer, pas cette fois. Mais, un jour… Ils trembleront à l'idée de ma simple existence et ne sauront pourtant rien de moi… Il y avait de la crainte dans leurs yeux dès le début, une crainte sans cause, comme si mon éclat ternissait mon camouflage. Je dois l'appeler ainsi… Elle est là, cette condamnation à mort que je porte sur mon visage. Et dire qu'ils ne la voient plus quand je la montre. Le mensonge montre la vérité, la vérité présente le mensonge. Alors combien ? Combien !? Avancer, approcher un peu, chercher une lame dans ma poche...les tuer. Je peux le faire, c'est ce que je suis.

- Tu étais là ?! Attends-moi tu veux bien ?

PDV Narrateur

Le bleuté se retourna, affichant toujours son petit sourire pour masquer sa surprise. Il était pris, et pas qu'un peu Karma l'avait rattrapé. Mais, visiblement, il lui avait donné du fil à retordre car son ami transpirait et avait l'air vraiment soulagé. Une petite grimace traversa son visage quand il vit l'étrange sourire de la fausse fille. Mais, son air menaçant et porteur d'un sadisme impitoyable reprit le dessus.

- Nagisa… Avec la classe on a pensé que tu devrais avoir un petit ami, et, comme tu es en ville et que je t'ai retrouvé, c'est moi qui vais devoir jouer le jeu.

- Hein ?!

- Mais oui, il suffit qu'on fasse une série de photos de nous deux, histoire que tu puisses me montrer à tes grands-parents. Rien de bien grave. Et ça expliquera le fait que tu reviennes de chez moi le matin.

Sans lui laisser le temps de protester, il le prit par la main et l'entraîna à sa suite tout en lui donnant des consignes pour les faire ressembler à un vrai couple. Parce que, soyons réalistes, une fille toute raide qui marche à un mètre de son copain, ça le fait plutôt mal. À force de moqueries, de commentaires exagérés lourds de menace et d'efforts, ils parvinrent à un résultat dépassant toutes les espérances. Nagisa jouait le jeu à la perfection, devenant une séductrice complètement libre et fière. Quant à Karma, il ne restait pas derrière, et de loin. Il n'avait pas son charme dévastateur qui faisaient tourner toutes les têtes, mais il parvenait à mettre le bleuté en valeur et à prendre des photos au bon moment sans jamais ternir son propre éclat.

Au loin, Koro-sensei regardait les deux lames parfaitement aiguisées qui marchaient dans les rues. Un petit rire fier, il était fier de ses deux perles rares. Si différentes l'une de l'autre, complémentaires. Deux étoiles montantes qui se découvraient pour de vrai sous un semblant d'illusion.

Le soleil menaçait de se coucher quand le reste de la classe les retrouva. Ils étaient assis sur un banc, comme si de rien n'était. Le rouge, confortablement installé, les bras écartés sur le dossier, avait la tête renversée en arrière, un sourire normal au lèvres pour une fois. Il regardait vaguement le ciel, complètement détendu, de ses yeux de la même couleur que le soleil à cet instant. Il n'émanait de lui qu'une seule, un sentiment de propriété qui disait clairement « À moi ! ». Et toute cette énergie ne se concentrait que sur un seul et unique point. Nagisa, lui, dormait, la tête reposant sur le torse de Karma, presque couché dessus, comme s'il essayait de se fondre dans son ami. Il affichait un visage détendu, irradiant de bonheur. Ils gravèrent cet instant d'une ultime photo, comprenant qu'un coup du sort avait accéléré les choses. Il n'y avait pas eu de mot, juste des actes leur prouvant mutuellement qu'ils s'aimaient, et pas uniquement de cette affection amicale. On aurait dit y voir un tableau, un de ceux de la renaissance, à l'époque où les peintres saisissaient l'amour et lui peignaient des ailes d'ange bien que dans ce cas des cornes de démons et des crocs auraient été plus appropriés à leurs caractères.

Cette nuit-là, le bleuté ne rentra pas chez lui et resta dormir chez son… chez son quoi au final. Petit ami, ce n'était pas le bon mot, presque trop puéril et trop faible pour ce qu'ils ressentaient. Il n'y avait pas de mot. Durant cette nuit, il ne se passa rien d'extraordinaire, il n'y avait rien que deux personnes s'aimant et dormant ensembles, quoi de plus normal ? Ils ne voulaient pas en faire plus, de peur que ce ne fût qu'une illusion qui s'estomperait dès le lundi, un rêve qui ne durerait rien qu'un bref instant.

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Voilà, fin du deuxième chapitre… Il y en aura encore un, ou deux, pas plus. J'espère que ça vous a plût et je tiens à remercier...tout le monde. Je risque d'être longue pour la suite à cause des examens, mais je ferai de mon mieux. Les avis, commentaires et propositions sont toujours les bienvenus.