CHAPITRE 2

LE CHEVALIER EMPLIT DE HAINE !

LA COLÈRE DU CYGNE !

Pour le plus grand bonheur de Hyoga et ses compagnons, Saori était arrivée en jet privé. Et ils se dirigeraient tout droit vers Asgard dans cet engin. Ils y seront bien plus rapidement et en plus, Hyoga, qui venait de courir une demi-journée entière, était ravi de pouvoir se déplacer autrement. Mais son inquiétude au sujet de Freya n'avait pas disparue, au contraire, elle grandissait à mesure qu'ils se rapprochaient du pays. Mais grâce à ses compagnons, il ne perdit pas courage et continuait de prier pour la survie de Freya.

- Saori-san, avait-il demandé, combien de temps nous reste-t-il avant d'atteindre Asgard ?

- Hyoga, je sais que tu t'inquiètes pour Freya, mais soit patient. Chauffeur ? Dans combien de temps arriverons-nous ?

- Dans environ quatre heures, Mademoiselle, répondit une voix qui venait de la cabine de pilotage.

- Encore quatre heures… soupira Hyoga en baissant la tête.

- Hyoga, reprit Saori avec une voix dure, tu es un chevalier de l'espoir qui combat pour l'amour et la justice, tu aurais donc si peu d'espoir en toi ? Même si Freya et sa sœur sont en danger, tout n'est pas terminé, nous allons les sauver.

- Oui, Saori-san, excusez-moi… avait répondu Hyoga. Je vais m'allonger un moment.

- Vas, nous avons le temps de toute manière.

Hyoga se leva de son siège et sortis de la pièce en traversant une porte qui menait sur un corridor étroit. Il fit quelques pas et arriva devant sa cabine. Une fois à l'intérieur, il s'allongea sur le lit, les bras derrières la tête et regarda le plafond. Saori avait raison, il le savait. Mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour Freya. Elle qui était tellement douce et pure. Il ne voulait pas que quelque chose lui arrive, non ! Il détestait cette idée. Il ferait tout pour la sauver, mais arriverait-il à temps. Elle était peut-être déjà…

Un bruit retentit dans la pièce, quelqu'un frappait à la porte.

- Entrer, lança-t-il sans se bouger de son lit.

La poignée s'actionna et Shun pénétra dans la pièce. Il avait le regard doux et calme, comme toujours.

- Est-ce que tout va bien, Hyoga ?

- Merci de t'inquiéter Shun, répondit ledit Hyoga, tout va bien.

- Tu en es sur ? insista Shun. Si tu veux parler…

- Et que devrais-je dire, souffla Hyoga.

- Dis-moi ce qui t'inquiète tant…

- Freya… Voilà ce qui m'inquiète depuis plusieurs jours, voire même plusieurs semaines.

- Plusieurs semaines ? répéta Shun.

- Oui, j'avais en quelque sorte l'impression que quelque chose lui arrivait. Je n'aurais jamais pensé que je pouvais faire des rêves prémonitoires.

Shun ne dit rien. Hyoga remarqua qu'il le regardait, un demi-sourire aux lèvres.

- Qu'y a-t-il ? demanda celui-ci.

- Toi… Tu arrives à sentir Freya… à savoir si elle est en danger… Tes sentiments pour elles doivent être vraiment puissants.

Hyoga arborait un faible sourire.

- Qu'est-ce que tu dis encore ? dit-il en riant.

- N'essaie pas de me faire croire que je me trompe… Tout le monde sait que tu as des sentiments pour elle…

- Je n'ai pas envie de parler de ça, tu vois…

- Je comprends mais arrête de faire comme si c'était un déshonneur de tomber amoureux… Au contraire, ça arrive à tout le monde, tu devrais arrêter de jouer les insensible.

- Tu trouves que je suis insensible ? demanda Hyoga en relevant la tête, qui jusqu'ici était toujours dirigée vers le plafond.

- Non, justement, je sais que tu ne l'es pas, mais c'est ce que toi tu essaies de faire croire. Vaines tentatives.

- Et voilà, je suis découvert, ironisa Hyoga.

Shun ria de bon cœur tout comme Hyoga. Lorsqu'ils se calmèrent, Hyoga soupira de nouveau et reprit :

- C'est juste que… Tu sais, je n'ai jamais ressenti ça… Pour qui que ce soit. Et lorsque je l'ai vu pour la première fois, elle était si près de moi et me regardait dans les yeux. La pureté de ses yeux, la douceur de son cosmos… Me rappelait presque Saori-san.

- Presque ? répéta Shun.

- Je vois en elle quelque chose… De différent… Elle brille, non, elle scintille, comme une étoile. Je me sens bien quand je suis avec elle. Comme si, sa seule présence suffisait à chasser tous ce qui est mauvais dans ce monde… C'est pour ça que je m'inquiète. Je me demande qui pourrait en vouloir à sa vie…

- Tu es vraiment amoureux, rigola Shun.

- Oh, ça va !

- Non, je ne disais pas ça pour me moquer de toi. Moi-même j'aime quelqu'un, mais mes sentiments ne vont pas jusqu'à me faire ressentir cela. En fait, je n'arrive pas à m'en faire pour elle.

- June, c'est ça ? Tu n'as jamais peur pour elle ?

- Non… Car je sais qu'elle est capable de se battre aussi bien qu'un homme. Chez elle, sa fragilité est aussi une force.

- Tu ne la vois pas souvent…

- Non, c'est vrai qu'elle me manque, mais… Toi non plus tu ne vois pas Freya-sama, et pourtant tu es capable de vivre sans elle…

- Oui car je sais qu'elle est ici, dans ce monde. Mais je n'arrive pas à imaginer un monde sans elle. J'ai peur pour elle.

- Que voilà de nobles sentiments ! lança la voix de Seiya dans le couloir.

- C'est pas bien d'écouter aux portes, suivit celle de Shiryu.

Puis celui-ci ouvrit la porte. Seiya derrière lui.

- Nous pouvons entrer ? demanda Shiryu sur le palier.

- Oui, vous pouvez, rigolait Hyoga.

Les deux jeunes hommes entrèrent. Seiya s'asseyant sur le lit, passa un bras autour des épaules de Hyoga qui s'était redressé. Shiryu resta debout aux côtés de Shun.

- Vous vous êtes donné rendez-vous ici pour être sûr que je ne déprime pas, c'est ça ? reprit Hyoga.

- Non, nous avions juste entendu que vous parliez de filles c'est tout.

- Oh ! Et toi Seiya, de la quelle vas-tu nous parler ? Miho-chan ou Saori-san ? demanda Shun.

- Comment ça ?! Pourquoi mettre Saori-san là-dedans ?!

- D'ailleurs, coupa Shiryu, la quelle comptes-tu choisir ? Jouer un double-jeux c'est dangereux.

- Mais taisez-vous à la fin ! On n'est pas là pour moi, mais pour remonter le moral à Hyoga !

- Je m'en doutais ! lança Hyoga en riant.

Et tout le monde le suivit.

Le voyage ne serait plus très long à discuter ainsi. Cela lui faisait de bien de parler aux autres chevaliers. Il pourrait presque oublier son inquiétude. Mais lorsque ses amis quittèrent la pièce, il se retrouva à nouveau seul avec ses pensées. Celles-ci allaient toutes, absolument toutes, vers Freya. Ou était-elle ? Comment allait-t-elle ? Il aurait dû être là pour la protéger, il le savait. Mais était-ce réellement sa faute ? Hyoga n'était pas le genre à se chercher des excuses.

Après seulement 20 minutes de réflexion, quelqu'un frappe à la porte. Lorsqu'il lui donna l'autorisation, Saori pénétra dans la pièce.

- Hyoga, dit Saori, tu devrais te préparer, nous n'allons pas tarder à atterrir.

- Très bien, acquiesça Hyoga, j'arrive immédiatement.

Le moment de vérité était arrivé. Ils étaient enfin arrivés à Asgard. Il était à la fois excité et effrayé. Oui, l'excitation qu'il ressentait en ce moment était celle que ressentaient tous les chevaliers à l'approche d'un combat. Mais aussi très effrayé car il allait enfin savoir comment allait Freya. Il espérait de tout cœur qu'elle allait bien.

Lorsqu'ils sortirent de l'avion, ils virent alors ce paysage recouvert de neige, et sentirent le froid glacial qui vint foudroyer leurs joues. Nul besoin de grands discours, un simple regard de Saori, et les voilà partis. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, le paysage devenait de plus en plus désertique.

- Mon dieu, dit Saori, mais que c'est-t-il passé ici ?

- Je ne sais pas, répondit Shun, mais ce qui est sur qu'il y a eu des combats.

- Oui, acquiesça Shiryu.

Hyoga n'avait aucune envie de s'attarder sur le paysage.

- Le plus important est d'atteindre le palais, renchérit Hyoga, impatient.

- Tu as raison, dit Saori, allons-y chevaliers !

Puis ils continuèrent leur chemin. Le château de Freya était enfin en vue. Le temps avait changé, le ciel s'était assombri, le vent refroidit, et des nuages vinrent obscurcir davantage le ciel. Les remparts du château étaient, par endroits, à moitié détruits. Un rude combat avait dû se dérouler ici. L'inquiétude de Hyoga n'en fut que décuplé. Lorsqu'ils pénétrèrent dans le château, trois chevaliers en armures les attendaient. Shiryu et Shun se portèrent volontaire pour combattre. Mais Hyoga ne l'entendit pas de cette oreille, il élança le poing vers l'avant. Une poussière de diamants glacés s'abattirent alors sur les trois chevaliers. Ceux-ci se retrouvèrent gelés telles des statuts de glace.

- Mais pourquoi tu fais ça, demanda Shiryu, surpris.

- Parce que nous n'avons pas le temps de nous séparer, répondit Hyoga, les princesses Hilda et Freya sont en danger. Nous devons faire au plus vite ! Nous n'avons pas le temps de nous attarder sur le menu fretin.

- Mais… commença Shun.

- Hyoga à raison, coupa Saori, nous n'avons pas de temps à perdre. Continuons ! ordonna celle-ci.

Ils reprirent leur course en laissant derrière eux les trois statues de glace. Au bout de 2 minutes, Saori s'arrêta. Hyoga et ses compagnons le remarquèrent et firent de même.

- Que se passe-t-il Saori-san, demanda Shun.

- J'ai une question, continua Saori, où nous dirigeons-nous ?

Il y eut un long silence. Aucun des chevaliers n'y avait réellement réfléchi.

- Allons vers les donjons, dit Hyoga.

- Pourquoi vers les donjons, demanda Seiya.

- Car si les princesses Hilda et Freya ont été capturés, c'est dans les donjons qu'on les a enfermé, répondit Hyoga.

Tous approuvèrent ce plan. Sans discuter, ils se dirigèrent donc vers les donjons. Sur le chemin, Hyoga avait pensé amplifier son cosmos pour essayer de sentir celui de Freya, mais à une si courte distance, cela pourrait aussi entraver leur infiltration. Il se contenta donc de se rappeler du chemin menant aux donjons dans lesquels il avait déjà été enfermé lors de sa première infiltration au château.

Si sa mémoire fonctionnait normalement, ils n'étaient plus très loin.

Devant la grille des donjons, se trouvait trois autres chevaliers en armure en guise de gardes.

- Qu'est-ce qu'on fait ? chuchota Shun, tu les refroidis comme les autres ou tu nous laisse nous en occuper ?

- Shiryu, Shun… répondit Saori, occupez-vous d'eux, Hyoga, Seiya et moi allons pénétrer dans les donjons et chercherons Freya et Hilda.

- Bien, Saori-san, acquiesça Shun

- D'accord, approuva aussi Shiryu.

- Alors, en route ! dit Seiya en s'élançant précédé de Shiryu et Shun.

Le dragon lança un « Rozan Sho Ryu Ha ». Andromède envoya sa « Nebula Chaine » en direction des gardes et en immobilisa deux pour ouvrir un passage permettant aux autres de passer.

- Soyez prudent, Shiryu, Shun, lança Saori avant de partir.

Hyoga reconnaissait les lieux. Au prochain embranchement, il prit à gauche, puis encore à gauche et il arriva au carrefour qui menait aux deux différents donjons.

- Seiya, commença Hyoga, prends le donjon ouest avec Saori-san et fouille chaque cellule. Moi je m'occupe du donjon est.

- Bien, fais gaffe à toi, encouragea Seiya.

- Oui, fais attention toi aussi, et protège Athéna.

- Ne t'en fais pas pour ça !

- On se retrouve ici, ordonna celle-ci.

- Bien, obtempéra Hyoga avant de s'enfoncer dans le donjon est.

Ses amis en firent de même de leur côté. Hyoga fit claquer la porte de chaque cellules en congelant au passage les quelques minables qui se dressèrent sur sa route. C'est alors qu'il senti un cosmos d'une douceur infinie. Il se dirigea vers lui, croyant reconnaitre celui de Freya. Mais arrivé devant la cellule, ce n'était pas Freya qu'il trouva mais sa grande sœur, la princesse Hilda, souveraine du royaume d'Asgard.

- Hilda ! lança Hyoga en s'élançant vers elle.

La jeune femme leva des yeux fatigués vers le blond. Elle était attachée par deux chaines reliées à ses poignets. Elle était dans un tel état. Ils avaient certainement dû la torturer. Hyoga la libéra et prit par les épaules.

- Hilda, vous allez bien ? demanda-t-il après lui avoir balayé son visage de quelques mèches de ses cheveux argentés.

- Cygnus, c'est vous, n'est-ce pas, répondit Hilda d'une voix faible mais douce.

- Oui, je suis avec Seiya et les autres…

- Athéna ?

- Elle est avec Seiya, donc en sécurité.

- Bien… souffla celle-ci, elle semblait rassurée.

- Que se passe-t-il ?

- Je vous raconterais tout, mais avant nous devons retrouver Freya…

En l'entendant prononcer ce nom, Hyoga eut un pincement au cœur et son anxiété s'enflamma jusqu'à son paroxysme, tout comme son cosmos.

- Savez-vous où elle pourrait être ?

- Il nous avait enfermés séparément, je suppose qu'elle doit être dans le donjon ouest…

- Alors il n'y a aucun soucis à avoir, Athéna et Seiya la sortirons de là. Nous devons aller les retrouver. Vous pouvez vous lever ?

Il tenait toujours la jeune femme par les épaules et l'aida à se mettre debout. Elle tituba légèrement lorsqu'il la lâcha mais elle reprit seule le contrôle de son corps.

- Cela devrait aller. Allons-y… lâcha-t-elle avec le peu d'enthousiasme qu'il lui restait.

Hyoga la fit passer devant lui, au cas où, si elle aurait une soudaine baisse d'énergie, il pourrait la rattraper. Sa force et sa volonté lui permettaient de tenir le choc et elle réussit à suivre le mouvement imposé par Hyoga, qui courrait à présent devant elle. Elle le suivait de près.

Ils se retrouvèrent au carrefour. Seiya et Saori n'étaient toujours pas revenus. Ils les attendirent sur place. Mais ils n'eurent pas longtemps à attendre. Environ deux ou trois minutes après leur arrivée, ils distinguèrent la silhouette de Seiya qui arrivait en courant, suivit de Saori.

En un instant, ils se retrouvèrent face à eux. Saori se précipita vers Hilda.

- Comment te sens-tu, Hilda ?

- Eh bien, j'ai une mine affreuse, répondit celle-ci, mais ça devrait aller…

- Tu as trouvé Freya ? demanda Hyoga à Seiya.

- Non, le donjon était vide, désolé.

- C'est impossible… On nous avait séparées… Elle devrait y être… s'enquit Hilda d'une voix faible.

- Il n'y avait personne, Hilda, confirma Saori.

Hilda poussa un soupire et reprit :

- Alors, il doit l'avoir avec lui

- Il, répéta Saori.

- En y réfléchissant, vous aviez déjà fait référence à une personne dans le donjon… dit Hyoga, de qui parliez-vous ?

Elle ferma les yeux. Elle semblait hésiter.

- Celui qui nous à prit en otage pour te faire venir ici… Toi, Hyoga, chevalier du Cygne, tu es le seul qu'il veuille affronter et tuer…

- Mais qui donc ? insista Seiya.

- … Hagen…

Hyoga fut estomaqué par cette révélation. Dans son rêve, son adversaire l'attaquait avec un jet de flammes. Alors, son rêve était bien devenu réalité. Cela le désolait. Mais pourquoi s'en prendre à Freya ? Il n'arrivait pas à le croire capable de la toucher… Néanmoins, il l'avait enlevée et fait torturer la princesse Hilda, sa souveraine de son vivant. Et tout cela, pour l'attirer dans ses filets et se venger de lui.

- … Hagen… répéta Hyoga en serrant le poing, c'est lui qui est revenu d'entre les morts… Qui vous a torturé… Qui a enlevé Freya…

- Et tout ça pour t'attirer toi, jusqu'ici, continua Seiya.

- Si c'est moi qu'il veut, je vais venir à lui ! cracha le jeune russe en brandissant le poing en l'air, fou de rage. Savez-vous où il pourrait être ? demanda-t-il à Hilda.

- Il devrait être dans la salle du trône… Normalement…

- Alors allons-y ! lâcha Seiya avec enthousiasme, nous libérerons Freya et nous renverrons ce Hagen là où il devrait être…

- Non Seiya, interrompit Hyoga, une fois Freya libérée, toi et les autres vous irez mettre Saori-san, Hilda et Freya en lieux sûr… Je m'occuperais seul d'Hagen…

Seiya écarquilla les yeux.

- Ne joue pas les vantards, Hyoga ! s'emporta-t-il.

- Ce n'est pas de la vantardise, répliqua aussitôt le blond, c'est de la vengeance…

Il avait prononcé ces mots sur un ton tellement menaçant que Seiya en eut la chair de poule. Il ne l'avait jamais vu entrer dans une telle colère. Son cosmos s'enflammait à un tel point que l'air devenait irrespirable.

- J'ai livré de nombreuse bataille, avait-il continué, et je n'ai jamais réussi à haïr mes ennemis. Mais aujourd'hui, pour la première fois, je hais cet homme ! il ferma les yeux et serra le poing, je lui ferais regretter d'avoir quitté le royaume des morts et d'avoir osé s'en prendre à celle qui comptait le plus à mes yeux ! S'il arrive quoi que ce soit à Freya… Si elle a, ne serait-ce qu'une égratignure, je le tuerais sans aucun remords !

Tous le regardèrent. Plus étonnés qu'effrayés. Pour la première fois, Hyoga était énervé et submergé par la haine…