Tout était si bruyant, les sirènes de l'ambulance avaient, elles au moins, cessées leur vacarme. Pourtant à quelques lieux de là, Mégan Reeves était chez elle et regardait passivement la télévision. Le programme était des plus ennuyeux. L'agent du FBI souriait à chaque image de cette série policière qui défilait sur l'écran de son salon. Les événements coïncidaient si facilement qu'il était plutôt question d'une partition pour elle que d'une véritable enquête. Elle finit par se lever et, en signe d'agacement, ferma la télévision. Quelques minutes plus tard, elle se préparait un café dans la cuisine en fredonnant une chanson. Elle appréciait enfin un véritable silence. Plusieurs jours qu'elle n'avait pas mis un pied chez elle. Elle regarda la pendule en bois qui était sur le mur du fond et constata qu'il serait bientôt une heure du matin. Psychologiquement, elle ne put retenir un bâillement. Ses yeux se fermaient pendant des centièmes de secondes. Le café passa très vite et elle put sentir la chaleur de ce breuvage réchauffer l'intérieur de son corps. Soudain, le téléphone portable qui se trouvait dans sa poche sonna. Elle eut un instant d'hésitation avant de courir vers le porte-manteau pour répondre. Elle ne voulait pas être appelée pour une autre enquête. Ce n'était absolument pas le moment ! Cette pensée achevée, elle entreprit alors de décrocher. Une voix presque comme celle d'un répondeur l'accueillit.

-Mégan Reeves, je vous écoute. Annonça-t-elle, surprise.

-Ici l'hôpital Mémorial de Los Angeles.

-Un hôpital ? Questionna Mégan.

Le tremblement qui avait pris place dans sa voix la surpris elle-même. Un instant, elle se sentit déconnectée du monde extérieur mais la réalité la rattrapa tel un cheval au galop.

-Comment ? J'arrive immédiatement ! Finit-elle par dire.

Elle raccrocha et enfila rapidement sa veste et ses chaussures, attrapa ses clés et se jeta dehors. Une fois dans sa voiture, elle démarra en trombe. Presque comme un remède, elle pensa à Larry. Que lui était-il arrivé ? Son cœur battait le plus difficilement possible. Elle voulait savoir. Le silence qui régnait autour d'elle devint vite pesant et étouffant. Le temps avait sans doute pris congé car malgré tout il ne semblait plus vouloir avancer. Dans l'esprit de l'agent du FBI tout se mélangeait, rien n'avait de sens. C'est pourquoi, lorsqu'elle franchit les portes de l'hôpital, elle se sentit seule et perdue. Le monde autour ne fit pas attention à sa détresse, trop occupé par la sienne. Mégan sortit de sa léthargie et avança d'un pas, d'un autre puis l'aperçut... Son cœur, tout et rien ne bougeait plus autour d'elle. Elle courut presque pour la rejoindre, mauvaise idée. Dans l'entre de l'enfer, Mégan ne put empêcher un cri de peur et plusieurs larmes couler sur son visage. Liz était en face d'elle, ses vêtements n'étaient presque plus. Des entailles sur les bras, une lèvre en sang… Mégan chercha les mots qui, avec espoir, ferai remarquer sa présence. Une femme passa près d'elle et la dévisagea. Liz tourna enfin la tête vers son amie et baissa presque aussitôt les yeux.

-Je ne savais si je pouvais te téléphoner… Dit-elle dans un murmure.

Mégan n'eut pas besoin d'autres mots, elle avait tout compris. A cet instant, elle maudit ses talents de profiler, mais avait-on besoin d'eux pour comprendre ? Liz était assise, les mains sur ses jambes serrées, pleines d'égratignures, le regard baissait vers le sol.

-Tu as bien fait, tu es là depuis longtemps ? Demanda Mégan.

-Je… Je ne sais pas…

Liz recula légèrement en sentant la présence de Mégan. Jamais elle ne parviendrait à mettre un mot sur la douleur et la peur qu'elle ressentait, jamais… Chaque contact était une souffrance supplémentaire.

-C'est pas grave, un médecin est venu t'examiner ?

la jeune femme acquiesça d'un signe de tête long et pénible.

-Très bien, je vais demander si je peux te ramener, ne bouge pas, j'arrive…

Mégan sortit de la petite pièce ouverte et se dirigea vers une infirmière. Les yeux de Liz s'embuèrent l'instant suivant, un tremblement s'empara de sa chair et elle regarda l'état de ses vêtements. Elle ferma les yeux et se souvint des minutes les plus longues de toute sa vie. Mégan revint et lui tendit la main, n'étant pas sûre de pouvoir l'approcher.

-J'ai mal. Gémit Liz. N'en parle pas à Don, je t'en supplie…

Et, sans prévenir, elle se mit à pleurer tout en s'approchant de Mégan. Celle-ci la prit dans ses bras et l'écouta.

-Je ne veux plus vivre… Ne lui dit pas… J'ai vraiment honte…

Effrayantes et alarmantes, les larmes de Liz n'atteignirent que Mégan car, dans l'écho de ce grand bâtiment, elles ne reflétaient qu'une triste réalité.