Ce n'était pas une sensation très agréable. A vrai dire, c'était même tout le contraire. J'avis l'impression d'être passée dans un lave-linge automatique : mes côtes me faisaient horriblement mal et j'étais toute courbaturée. Autour de moi, je n'entendais pas un bruit. Juste une respiration, toute proche. Je me décidai à ouvrir les yeux. De toute façon, je ne pouvais pas dormir éternellement. La lumière m'aveugla dans un premier temps et je refermai immédiatement les yeux. Mmh, pas très agréable. Je retentai l'expérience. Ce fut un peu mieux cette fois. Je plissai mes paupières et regardai autour de moi. C'était l'infirmerie de Poudlard, fidèle à elle même, étonnament flippante. Comme toutes les infirmeries du monde. Je me redressai, m'arrachant au passage un petit cri de douleur. Une masse de cheveux roux étaient étalés sur le lit et je souris. Sacrée Lily, il n'y avait qu'elle pour veiller quelqu'un jusqu'à s'endormir. Je lui gratouillai la tête pour la réveiller et elle sursauta à mon contact, avant de lever rapidemment ses yeux vers moi. Un sourire apparu sur ses lèvres.

-Tu es réveillée ! Ce n'est pas trop tôt ! Tu m'as fait une peur monstre !
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?, demandai je. Je me souviens avoir vu Dumbledore arriver et puis pouf. Plus rien.
- Je suis allée le chercher, acquiesça-t-elle. Je l'ai prévenu de la situation et il a aussitôt accouru. Les Mangemorts sont maintenant à Azkaban.
- Et l'épée ?
- Je l'ai donnée à Dumbledore. Il a dit que nous avions été très courageuses ! J'avais tellement peur qu'il nous renvoie ! Mais enfait, c'est quelqu'un de très gentil ! Il a dit qu'il voudrait nous parler quand tu réveillera.

J'hochai la tête et passai ma main sur mon visage.

- Tu sais, tu m'as impressionnée, continua Lily. Tu as réussi à faire face à deux Mangemorts et tu es toujours vivante !
- Un coup de chance, dis je en haussant les épaules. Mais j'ai bien failli y passer. J'ai affreusement mal aux côtes et j'ai des courbatures de partout.
- Madame Pomfresh avait prévu ça, répond Lily. C'est parce que tes côtes étaient un peu endommagées. C'est jamais très agréable, je pense.
- Tu penses bien. Ça va faire longtemps que tu es là ?
- Depuis l'accident. C'est à dire cinq heures. Je ne sais pas trop si je vais réussir à écouter en cours, je tombe de sommeil !
- On sera deux au moins.
- Pas question !, s'exclama Lily. Tu ne vas pas en cours aujourd'hui.
- Oh pitié Lily. Après, on risque de me poser des questions. Et je préfère ne pas prendre de retrard, on a nos A.S.P.I.C.S à la fin de l'année.

L'argument imparable pour faire craquer Lily : faire croire qu'on a peur d'être en retard dans les cours. Même si je n'en pensais rien, bien sûr. Je détestais rester dans une infirmerie, je trouvais ça gloque. On entendit des bruits de pas et Madame Pomfresh arriva. Je lui sortis le même argument qu'à Lily et c'était à son tour de craquer. Elle me donna néanmoins un peu de potion que je devrai boire à midi et au soir.
C'est ainsi que je me retrouvai dans la Grande Salle, en train de prendre tranquillement mon déjeuner à la table des Gryffondors, comme si de rien n'était.

- Est-ce que tu pourrais arrêter de me regarder comme ça ?, je demandai à Lily qui me fixait d'un air anxieux depuis tout à l'heure. A ce que je sache, je ne vais pas faire un infractus.
- Je m'inquiètes, c'est tout. Tu es sûre que tu vas aller à ton entraînement de quidditch ce soir ?
- Bien sûr. C'est bientôt le match, je ne peux pas me permettre de le louper.

Je lèvai la tête en entendant des bruits de pas et soupirai lorsque je vois arriver les Maraudeurs vers nous.

- Eh bien, ça fait toujours plaisir, merci Tessa !, rigole James en voyant ma mine renfrognée.

Comme si j'avais envie de rire. Qu'est-ce qu'ils étaient lourds. Enfin, surtout James et Sirius. La dernière fois, cet imbécile de Black avait jugé intelligent de s'asseoir à côté de moi dans mon cours de divination et de me parler. Le pire, c'est qu'il n'avait même pas compris qu'il me gênait jusqu'à ce que lui dise. D'ailleurs, j'avais divination tout à l'heure. J'espèrais qu'il ne va pas recommencer.
Je sursautai en entendant Lily exploser de rire sans retenu à une blague de Potter. C'était bien rare qu'elle rigole comme ça. Décidément, elle et Potter... pire qu'avec Slughorn. A la table d'en face, je remarquai Pratus qui me fasait coucou de la main, comme d'habitude, et je lui fis un grand sourire. Dingue comme j'arrivais à toujours bien m'entendre avec mes ex. Beaucoup de gens seraient impressionnés. Moi la première. Sans vouloir me vanter, bien sûr.
Je regardai distraitement la table des professeurs et mon regard croisa celui de Dumbledore. Je détournai vite les yeux, gênée. Ça pouvait paraître étrange, mais je me sentais mal à l'aise en pensant au fait que c'est lui qui m'avait secourue. J'en avais presque honte. Je me renfrognai.

- Au fait, n'oublies pas l'entraînement de quidditch ce soir Tess' !, me prévint Sirius.
- Tess ?
- Quoi ? T'aime pas ce surnom ?
- Si, mais c'est pas comme si nous étions les meilleurs amis du monde. A vrai dire, on ne se connaît même pas. Ce n'est pas comme si je t'appelais... comment vous dîtes entre vous, déjà ? Ah oui, Patmol.
- Mais tu pourrais !, s'exclama Sirius en remuant les sourcils de façon subjective.
- Je viens juste de te dire qu'on ne se connaissait pas assez.
- Ça pourrait changer !, intervint James. Vous pourriez aller ensembles à Pré-au-Lard demain !
- Sans façon, j'accompagne déjà Lily.
- C'est que..., bafouillla celle ci en rougissant. Enfait, j'y vais déjà avec James. Je voulais te le dire mais... je n'en ai pas eu l'occasion.

Je la regardai, bouche bée. Quoi ? Comment pouvait elle me faire un coup pareil ? Je la fusillai du regard.

- Eh bien alors c'est tout bon, tu y vas avec moi !, s'exclame Sirius, ravi.
- Tu peux toujours rêver. Je préfère encore rester toute seule au château.
- Pas question !, s'exclame subitement Lily. Si c'est comme ça, je reste avec toi. Tu ne peux pas rester toute seule après ce qu'il vient se passer, c'est...

Lily s'arrêta et plaqua sa main sur sa bouche, se rendant compte qu'elle en avait trop dit. Un silence s'abbattit sur le petit groupe que nous formions.

- Qu'est-ce que tu peux être cruche parfois, je sifflai en sortant de table, de mauvaise humeur.

Je bousculai au passage une pauvre fille et m'excusai vaguement. Je me rendis à mon cours de divination, passablement énervée. Il fallait toujours que Lily ne sache pas tenir sa langue, c'était son plus grand défaut. Et puis, son attitude avec James commençait sérieusement à m'énerver. Depuis quand est-ce qu'elle l'aimait d'ailleurs ? C'était arrivé du jour au lendemain ! En à peine deux mois, elle avait décreté que ça y est, elle était amoureuse de James Potter. Même individu qu'elle traitait de crétin fini depuis qu'elle le connaissait !
Je me faufilai dans la trappe pour aller à la salle de divination et pris place sur un petit coussin, près d'une boule en cristal. La classe se remplit petit à petit de Serpentards et de Gryffondors. Heureusement, Sirius eu la présence d'esprit de ne pas s'asseoir à côté de moi. Pourtant, porteuse de poisse que j'étais, j'arrivai à me coltiner bien pire : Severus Rogue. Ancien meilleur ami de Lily, adepte de la magie noire et revendicateur du sang pur... le pompom. Je me demandais d'ailleurs s'il n'allait pas devenir un futur mangemort à force. Enfin non, je ne me le demandais, j'en étais sûre.

- Bien, bien !, s'exclama notre professeur. Aujourd'hui, même si les boules de crystal sont sorties, nous n'allons pas les utiliser ! Nous allons lire dans les mains ! Sortez vos livres page 13 et soyez attentifs !

Je regardai du coin de l'oeil Severus. Il semblait aussi enthousiasmé que moi. Je souris un peu et ouvris mon livre.

- Tu commences ou je commence ?, je demandai.
- Commence.

Je lui attrapai sa main et commencai à observer.
A la fin du cours, j'avais les nerfs encore plus à cran. Je sortis de la classe, rouge de colère, après m'être fait prédire un avenir absolument effroyable et une mort très jeune encore plus ignoble. Décidément, je détestais Severus Rogue. Lui et sa sale manie de se croire supérieur aux autres ! Non mais pour qui il se prenait lui ? De rage, je donnai un coup de poing au mur, croyant être seule dans le couloir, mais un rire derrière moi me prouva le contraire. Je ne pris même pas la peine de me retourner pour savoir que c'était Sirius. Encore. Toujours. Je levai les yeux au ciel.

- Tu es obligé de me suivre partout, hein ?
- Je passais là par hasard !, se justifia-t-il en levant les mains en l'air.
- Sans blague. Alors ?
- OK, OK, je voulais savoir si c'était toujours bon pour demain, comme tu es partie en rogne tout à l'heure, capitula-t-il.
- Je n'ai jamais dit que c'était bon. Et ça ne sera toujours pas le cas demain.
- Tu ferais mieux de prendre l'air un peu. Lily..., hésita-t-il, Lily nous a tout raconté.
- Quelle surprise, fis je, ironique. Vraiment, je ne m'y attendais pas.
- Il ne faut pas lui en vouloir, James lui a bien tiré les vers du nez.
- Le résultat est le même : elle l'a dit et vous êtes au courant de choses qui ne vous concernent pas.
- Ah mon avis, ça concerne un peu James quand même. Il était vraiment inquiet.
- Vois le comme tu veux, je m'en tape.
- Bon alors, c'est d'accord pour demain ou pas ? Je ne vais pas te manger, ajouta-t-il en voyant ma mine sceptique, on y va vraiment sans arrière pensée. Je veux juste apprendre à te connaître.
- Apprendre à me connaître ?, je dis en levant un sourcil. Pourquoi est-ce que le célèbre Sirius Black - il fit une grimace à ce nom - voudrait apprendre à me connaître ?

- Eh bien, tu fais partie de l'équipe de quidditch de Gryffondor, tu es la meilleure amie de Lily et tu m'as l'air d'une fille marrante. On pourrait bien rigoler ensemble.
- Si tu le dis, je dis en haussant les épaules et en soupirant.
- Alors c'est oui ?, demanda-t-il en souriant coin.
- Un petit oui.
- Haha, mais c'est un oui quand même !

Malgré moi, je ne pus m'empêcher de sourire. Je m'empressais de rejoindre mon cours pour ne pas qu'il voit ça. Ça ferait bien trop plaisir à son égo si vous voulez mon avis. Lorsque vint le cours de potion, je pris place à côté de Pratus, comme d'habitude.

- Bien la divination ?, me demanda-t-il lorsque je posais mon sac.
- Le cours était bien. Mon voisin, moins. J'étais à côté de Rogue. Je crois qu'il ne m'aime pas trop !, rigolais je en repensant à la mine de dégoût qu'il affichait lorsqu'il s'était rendu compte qu'il n'y avait plus qu'une place à côté de moi.
- Il n'aime personne, rigola à son tour Pratus. Au fait, tu vas à Pré-Au-Lard avec qui demain ? J'ai entendu dire que Lily y allait avec James, alors je me disais qu'on pouvait peut être y aller ensemble ?
- Oh, c'est gentil de me proposer mais j'ai déjà trouvé un remplaçant à Lily, je lui répondis en souriant.
- Ah oui ? C'est qui ?
- J'y vais avec Sirius.
- Sirius... Sirius ? Sirius Black ?, s'étonna-t-il.
- Oui, Sirius Black.
- Tu sors avec lui ? Je croyais que tu le détestais, demanda-t-il, toujours aussi surpris.
- Bien sûr que non !, m'offusquais je. On y va comme ça. On est dans la même équipe de quidditch, alors autant bien s'entendre.
- Ah oui, c'est vrai ! Bientôt un match, d'ailleurs ?
- Mercredi soir ! J'ai hâte !

Nous continuâmes de discuter ainsi durant toute l'heure, tout en préparant la potion que le professeur nous demandait. Il sembla d'ailleurs assez satisfait du travail lorsqu'il inspecta le chaudron. Je jetais un coup d'oeil à la salle pour chercher des yeux Lily. Elle était assise à côté de Julia, une fille de notre dortoir, non loin de Potter et Sirius.

- On va piquer de quoi manger avec des amis pour aller manger dans le parc de Poudlard, tu veux venir avec nous ?, me proposa Pratus.
- Dans la neige ?, demandais je, surprise.
- Non, on a notre petit endroit secret, sourit-il. Alors, ça te dit ?
- Je suis partante.
- Comme d'habitude !, ricana-t-il.

Je lui donneai un coup de coude en souriant. C'est vrai que j'étais souvent partante pour des petites aventures. Et surtout celles qui enfreignaient les règles. Lorsque la sonnerie annonçant la fin du cours retentit, je bus discrètement la potion de Madame Pomfresh pour éviter d'avoir mal et suivais Pratus dans les couloirs. Nous nous rendîmes silencieusement dans les cuisines. Un petit elfe vint nous accueillir, tout content de recevoir des visiteurs. Pratus lui demanda des sandwitchs et l'elfe se dépêcha de nous les faire. Je jetais un coup d'oeil anxieux à nos arrières tandis que le petit elfe de maison s'activait.

- Stresse pas Tess, j'ai fait ça des millions de fois.

Il me mit une tape amicale dans le dos et je lui souriais. Pratus et moi étions sortis deux mois ensembles, avant de nous rendre compte tout les deux que notre relation ne pourrait être qu'amicale. Et on se satisfaisait très bien comme ça. Notre amitié en avait pris un coup au début, forcément. Puis peu à peu, nous nous étions ressoudés, nous avions tenu bon.
Pratus attrapa les deux sandwitchs et nous partîmes de la salle. Lorsque nous sortîmes de Poudlard, une bourrasque glaciale nous accueillis, mêlée de flocons de neige.

-Dis donc, j'espère que c'est chaud ton truc, parce que sinon je risque de perdre mes orteils, à cette allure là.
- Je ne laisserais jamais une chose pareille se produire, voyons !, s'offusqua-t-il.

Je relevais un sourcil. Il avait son petit air qui ne me trompait pas : il était ironique. Un sourire s'imisca sur mon visage et je poussais de toute mes forces Pratus dans la neige. Il poussa un cri, ne s'y attendant pas. Je m'affalais sur lui et lui fourrais plein de neige sur la tête.

- Alors comme ça, tu laisserais une chose pareille m'arriver ?, demandais je tout en continuant ce que je faisais.
- Je rigolais, je rigolais !
- Tu te rends ?
- Oui !

Je me levai victorieuse et croisai les bras sur ma poitrine d'un air supérieur. Il grogna. Je lui tendis la main et il se relevait.

- Je me vengerai.
-C'est ça. Bon alors, c'est où ?
- Là bas, dit il en désignant le lac de Poudlard.

Je le suivis, curieuse. Il s'arrêta devant le lac et se mit à faire de grands pas en comptant. Il sauta sur le sol, près d'un arbre.

- Qu'est-ce que tu fait ?, demandais je en m'approchant.
- Je localise l'endroit. C'est là.

Il s'accroupit et passa sa tête l'arbre, avant que tout son corps ne disparaîsse dedans. Je restai quelques secondes, interdite, puis m'accroupis moi aussi. Bien qu'il fasse tout noir, je m'enfonçai dans cette obscurité en tatônnant. Une main m'attrapa et me tira vers la gauche. Je débouchai alors sur salle faite avec le bois de l'arbre, où une grande table et des chaises étaient installées. Pratus mit ses mains derrière sa tête, un peu comme Sirius lorsqu'il me parlait - et que je ne l'écoutais pas.

- Alors ? Tu trouves ça comment ?

Une dizaine de paires de yeux se posèrent sur moi, attendant ma réponse.

- C'est... magique !
- Et comment !, s'exclama une fille, brune aux yeux bleus.

Elle se dirigea vers moi et se présenta sous le nom de Pamela Loudard, une Serdaigle. Je lui souris et me présentai à mon tour. Chacune des personnes présentes firent la même chose. Il y avait septs garçons et trois filles, sans compter Pratus et moi. L'une d'elles attira d'ailleurs mon intention et je fronçai les sourcils.

- Louanne ?, demandai je.
- Oui, c'est moi !, me sourit elle.
- Je ne pensais pas que je te trouverais ici ! Tu me paraîssais plus...
- Sage ?

Je hochai la tête. Faire ce genre de choses était passible de renvoi de quelques jours si l'on nous surprenait, et Louanne, ma camarade de dortoir, m'avait toujours donné l'impression de vivre avec une fille modèle qui n'enfreignait jamais les règles. C'était d'ailleurs pour cela que je n'avais jamais trop cherché à la connaître. Je regrettai à présent de ne pas avoir eu plus de jugeote. Si ça se trouve, j'étais passée à côté d'une belle amitié.

- Je fais exprès de donner cette impression aux gens, au moins on ne peut me soupçonner de quoique ce soit lorsque je fais une connerie. C'est plutôt pratique.
- Eh bien laisse moi te dire que tu joues très bien ton rôle !
- Merci. Mais si tu pouvais éviter d'en parler...
- Ne t'inquiètes pas pour ça, pour qui tu me prends ?!
- On sait jamais, dit elle en haussant les épaules.

Nous discutâmes, Louanne, Pam et moi tout en mangeant. La troisième fille, Yaëlle, lisait tranquillement son livre et ne relevait la tête que lorsqu'on lui posait une question. Elle semblait un peu déconnectée. Les garçons étaient partis sur une grande discussion sur l'orientation sexuelle de Dumbledore et nous préférâmes ne pas en prendre part.

- Au fait Tessa, il paraît que tu es sortie avec Pratus ?, demanda Louanne.
- Effectivement, admis je, mal à l'aise.
- Tu es sortie avec lui longtemps ?
- Deux mois environ.
- Et pourquoi vous n'êtes plus ensemble ? enfin, si ça n'est pas trop indiscret.
- On s'était trompés. On était juste amis.
- Donc, tu n'es pas amoureuse de lui ou quoique ce soit, intervint Pam.
- Non, dis je en fronçant les sourcils. C'est quoi le problème ?
- R...Rien, bafouilla Pam en rougissant.

Je compris immédiatement et jetai un coup d'oeil à Pratus. Je me rapprochai de Pam et Louanne, pour être sûre qu'il n'entende pas.

- Tu es sur lui, Pam ?
- Elle est sur lui, affirma Louanne.
- Evite d'en parler, s'il te plaît, me supplia Pam.
- Tu ferais mieux de tenter au plus vite ta chance, lui dis je. Pratus ne fera jamais le premier pas, ce n'est pas trop son truc.
- Il ne t'a jamais parlé de moi ?, demanda Pam, pleine d'espoir.
- Pratus ne me parle pas de ses attirances !, rigolai je. Mais j'essaierais de lui soutirer des informations, si tu veux.

Pam me lança un regard reconnaissant et nous retournâmes à une conversation plus banale qui dura jusqu'à qu'au moment où Pratus nous informa qu'il fallait y aller. Nous sortîmes tranquillement de l'arbre pour nous rendre dans nos salles de cours respectives. Louanne et moi avions cours ensemble, comme d'habitude, sauf que là nous nous y rendions ensembles. Je croisai la mine dépitée de Lily qui m'avait apparement reservé une place à côté d'elle. Je haussai les épaules. Tant pis. Du coinde l'oeil, je vis James s'asseoirà côté d'elle. Sirius s'assit avec Remus et le pauvre Peter se retrouva tout seul. Je grimaçai. Elle était belle l'amitié.
Louanne s'agita à côté de moi, farfouillant dans son sac.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?, lui demandai je.
- Mes bombabouses ont disparu, grogna-t-elle. Je les avais reçues à midi.
- Décidemment, je m'étais bien trompée sur ton compte, lui dis je ensouriant.
- Ça t'apprendra à juger sans connaître, ricanna-t-elle.
- Pratus aurait tout de même pu me prévenir.
- En fait, je lui avais demandé de ne pas te le dire. Je ne sais pas pourquoi, mais tu ne m'inspirais pas a début. C'est venu peu à peu.
- Alors comme ça je t'inspire maintenant ?

Elle rigola et me donna un petit coup de coude dans les côtés, ce qui me fit redoubler de rire. Le professeur nous jeta un regard réprobateur et Louanne se calma immédiatement.

- Bon, stop. Tu vas me faire démasquer !, me dit elle, sans toutefois pouvoir s'empêcher de me sourire.

Elle farfouilla à nouveau dans son sac, l'air inquiet. Elle souffla. Je lui lançai un coup d'oeil interrogateur.

- J'ai rendez vous avec un type dans dix minutes, et je comptai utiliser les bombabouses pour faire diversion. Mais je les ai oubliées à l'arbre. Tu n'aurais pas une autre idée ?

Je regardai autour de moi, à la recherche d'un moyen pour faire diversion. Les cours d'histoires de la magie ne me manqueraient pas l'année prochaine.

- Les Maraudeurs doivent avoir des trucs, dis je à l'adresse de Louanne.
- Je sais bien, mais ils ne voudront jamais m'aider.
- Qui te parle d'aller leur demander de l'aide ?

Elle fronça les sourcils puis comprit. Un sourire sadique se forma sur son visage. Heureusement pour nous, les Maraudeurs se tenait un peu devant nous et je pus utiliser un wingardium leviosa aavec ma baguette sans me faire voir de personne. Le sac de Sirius glissa jusque moi et il ne s'en rendit même pas compte. Louanne l'attrapa rapidement et se mit à fouiller dedans. Elle en sortit de un sachet de poudre rouge qu'elle fourra dans sa poche. Je remettais le sac de Sirius à sa place, toujours aussi discrètement.

- Merci Tess. Je te revaudrais ça. Bon, à tout à l'heure.
- Bonne chance pour ton type, lui dis je.

Elle haussa les épaules. Puis tout devint rouge. Des exclamations retentirent et tous les élèves se ruèrent hors de la salle, sous les cris du professeur qui criait que le cours était annulé, pour le peu de minute qu'il restait. Je sortis dans le couloir et me retins de rire tellement la sitution était comique. Sirius était en train de jeter un coup d'oeil à son sacen fronçant les sourcils. Je m'apprêtais à me rendre tranquillement à la bibliothèque lorsque quelqu'un m'attrapa par le bras. Je me retournai vers l'individu.

- Il faut qu'on parle, Tessa, me dit Lily.
- Je ne vois pas pourquoi.
- Arrête !, soupira-t-elle. Tu ne m'as pas parlé depuis ce matin !
- Et alors ? Tu sais très bien ce qui ne va pas et moi aussi. Je ne vois pas de quoi est-ce que nous pourrions discuter. Nous nous étions déjà disputées à cause de ta fâcheuse manie à ne pas savoir tenir ta langue et tu as recommencé.
- Je sais bien ! Désolée !
- Ça va bien une fois de s'excuser. Quand tu arrives à la dixième fois, je crois que c'est peine perdue.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus ?, s'offusqua Lily, les larmes aux yeux. Je m'en veux !

Un sentiment de culpabilité serra mon coeur. J'étais certes énervée, mais je ne voulais quand même pas la faire pleurer !

- Lily, lui dis je en m'adoucissant, tu...
- Lily ! Qu'est-ce qu'il se passe ?, s'alarma James en arrivant vers nous.

Je levai les yeux au ciel, exaspérée.

- Et voilà Prince Potter qui débarque !

Mais ma réplique fut noyée par le son strident de la sonnerie. Lily en profita pour partir en courant. Je retins James lorsque je vis qu'il s'apprêtait à la suivre.

- Je pense qu'elle veut être seule, lui dis je.

Il hocha la tête, pensif.

- Vous vous êtes disputées ?, me demanda-t-il.
- Oui, dis je en soupirant.

Je partis sans attendre mon reste.
Lorsque nous nous retrouvèrent par hasard, après mon entraînement de quidditch, près du tableau de la Grosse Dame pour aller aux dortoirs, Lily et moi fondîmes dans les bras l'une de l'autre en nous excusant toutes les deux et en nous promettant de ne jamais recommencer. Je pus donc m'endormir tranquillement sans repenser aux événements de la veille.
Le lendemain matin je fus réveillée par Louanne, qui me secouait sans ménagement.

- Eh !, s'exclama-t-elle. Tu ne m'as pas dit que tu devais aller à Pré-au-Lard avec Sirius ? Parce que si c'est bien le cas, le groupe qui va à Pré-au-Lard s'en va dans vingt minutes !

Je poussai un juron et me levai de mon lit d'un bond.

- Et Lily, elle n'y va pas ?

Je fronçai les sourcils. Normalement, elle avait rendez vous avec James. Je la secouai à mon tour pour la réveiller. Elle ouvrit les yeux et me regarda, surprise.

- T'as pas rendez vous avec James pour aller à Pré-au-Lard ?
- Si, pourquoi ?
- C'est dans vingt minutes.

Elle se leva elle aussi d'un bond et nous nous dépéchâmes de nous activer. Ça passait mal d'arriver en retard, surtout si à cause de nous les garçons se retrouvaient privés de Pré-au-Lard. Nous battîmes ainsi notre record : en cinq minutes nous étions prêtes. Nous nous précipitâmes à la grande Salle pour y attraper un croissant et courûmes comme des dératées jusqu'au hall. Je laissai Lily avec James et allai à la rencontre de Sirus, qui n'était pas bien loin, en train de discuter avec fille.

- Salut !, lui lançai je.

Il se détourna de la fille et me lança un sourire narquois qui me gêna. La fille se retourna et me toisa avant de me sourire et de se présenter.

- Je m'appelle Louise, me dit elle sans se dépatir de son sourire. Je suis la petite amie de Sirius. Il m'a dit que vous alliez à Pré-au-Lard tout les deux.
- Effectivement, dis je en fronçant les sourcils. Tu veux que nous annulions ?
- Tu serais bien trop heureuse, ricana Sirius, c'est hors de question.
- Je ne vois pas trop l'intérêt d'aller m'embêter plutôt que de passer un bon moment avec sa copine. Tu aurais du me le dire.
- Ne t'inquiète pas Tessa, me rassura Louise, ça ne me fait rien du tout. Ce n'est pas moiqui vais empêcher Sirius d'aller voir ailleurs, continua-t-elle, en jetant à celui ci un regard plein de sous-entendu auquel il répondit par un haussement d'épaule.

Je m'apprêtai à répondre lorsque McGonagall claqua des mains et nous invita à la suivre pour se rendre à Pré-au-Lard. Sirius me poussa légèrement en avant et fit un vague signe à Louise.

- Elle va se faire de fausses idées par ta faute !, grognai je. Tu aurais tout de même pu lui dire qu'on faisait juste ça en tant qu'amis !
- C'est le cas ?, demanda-t-il en haussant un sourcil.
- Bien sûr que c'est le cas, sinon je n'aurai jamais accepté ton invitation ! Et je te signale que même si ça n'avait pas été le cas, tu as une copine !
- Et alors ?
- "Et alors ?" Non mais tu te fiches de moi ?! Le mot fidélité, tu connais pas ?!
- C'est bon, j'ai pas besoin que tu me fasses la leçon aussi, grogna-t-il. De toute façon je vais bientôt la quitter.

Je levais les yeux au ciel, agacée par son manque de compassion. La pauvre Louise avait l'air très gentille et ne méritait certainement pas ça. Je soupirai. Qu'est-ce qu'il m'avait pris d'accepter son invitation ? J'aurai été bien mieux avec Pratus ou dans ma chambre à dormir.

- Laisse moi deviner, tu es en train de regretter d'être venue, c'est ça ?, me demanda Sirius.
- Dans le mile.
- Tout ça si Louise ne s'était pas rammenée, grogna-t-il.
- Ne t'enfonces pas, sifflai je.
- Tu la défends un peu trop, si tu veux mon avis. Elle t'a peut être donnée l'air d'une gentille copine, mais cette fille est la pire des pestes. Elle sait très bien amadouer les gens.
- Alors pourquoi est-ce que tu sors avec elle ?
- Pour le cul.

Je fus tellement surprise par sa franchise que je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire amusé.

- Bon, passons à autre chose. Quel est le programme ?, lui demandai je, peu désireuse de m'étendre sur le sujet.