Disclaimer : Les personnages et tout l'univers "Harry Potter" appartiennent à JK Rowling. Le titre de l'histoire est celle d'une chanson du groupe"A Fine Frenzy".

Rating : M – contenu pour adulte explicite.

NdSs: Merci pour vos encouragements et de suivre cette histoire !

Bonne lecture !


-O'O- You picked me -O'O-

Chapitre 2 : Draco dormiens nunquam titillandus.

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C'était exactement ce genre de situation que Draco voulait éviter et la raison pour laquelle il ne voulait pas de Potter ici. Par Salazar, comment était-il censé rester impassible et faire semblant de ne pas vouloir commettre un geste irrationnel, irréparable, défendu et totalement scandaleux qu'il regretterait aussitôt d'avoir fait, envers le héros binoclard quand ledit héros binoclard avait cette allure-là : les yeux grands ouverts et brillants, la bouche légèrement entrouverte, les joues délicieusement colorées et -ses yeux furent attirés par la bosse qui déformait le pantalon en face de lui - visiblement excité. Merde.

Un gémissement se fit entendre. Un très discret soupir. Ça ne pouvait pas être Théo ou Blaise car ils utilisaient toujours un sort de Silence. C'était la règle numéro 24. Draco n'avait pas eu l'occasion de l'évoquer à Potter, voilà pourquoi il les mettait toutes par écrit. Comme ça, il était certain que Potter n'aurait pas d'excuses pour ne pas s'en souvenir. Le gémissement ne venait pas non plus de Potter : celui-ci était comme figé par un Petrificus Totalus.

Draco ferma brièvement les yeux et fit le vœu que cela ne soit qu'un autre de ces rêves inappropriés qu'il aurait voulu continuer à nier d'avoir. Mieux ça, plutôt que d'admettre que ce doux son très gênant venait de lui, alors qu'il ne dormait pas.

Il rouvrit les yeux, après quelques secondes. À sa grande surprise, Potter n'était plus là. Peut-être était-il vraiment en train de rêver ? Ou il sombrait lentement dans la folie ?

Non, malheureusement, aucune de ces options n'était la bonne, car Potter avait peut-être disparu, mais pas sa valise.

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Harry cogna –encore une fois - sa tête contre la porte des toilettes du deuxième étage. Lieu idéal pour se cacher et qu'il occupait depuis dix minutes en attendant que son rythme cardiaque ralentisse et que son érection disparaisse d'elle-même. En vain.

Il était fichu. Irrémédiablement fichu. Malfoy avait vu, fixé même d'une drôle de manière, son entrejambe. Puis, le blond avait émis un petit soupir, si discret qu'Harry se demandait s'il n'avait pas imaginé ce bruit. Malfoy avait ensuite fermé les yeux parce qu'il ne pouvait plus le regarder. Il était certainement dégoûté par Harry. Donc Harry en avait profité pour se barrer en courant pour trouver une cachette et mourir de honte en paix.

Malfoy raconterait à ses amis Serpentards qu'Harry avait été excité à cause d'eux. Ils rigoleraient. Tout le monde à l'école rigolerait. Ensuite, ce serait au tour des journalistes de la Gazette ou d'autres revues à scandales de faire les gros titres avec cette histoire. Et tous ses amis et les Weasley sauraient la vérité sur lui. Il n'était pas prêt pour ça. Il attendait de leur annoncer la nouvelle car il n'était pas certain que cette attirance pour les hommes soit définitive. Ce n'était peut-être qu'une phase temporaire ? Un désir éphémère et une curiosité indépendante de sa volonté qui disparaîtraient une fois ses pulsions assouvies ?... De qui se fichait-il ?... Penser à deux hommes, nus, ensemble, qui s'embrassaient, s'enlaçaient, se caressaient, se frottaient sensuellement... Hum, tout ça quoi, ça l'émoustillait au plus haut point.

Au-delà de ça, il enviait la relation de Ron et Hermione, ainsi que celle de Blaise et Théo. Il aurait voulu pouvoir rencontrer quelqu'un avec qui partager des moments intimes et construire pas-à-pas les souvenirs d'une vie commune. Dans ce tableau, il se voyait aux côtés d'un homme. Quelqu'un qui le verrait en tant que Harry. Juste Harry, et non pas seulement Celui-qui-a-vaincu-Voldemort.

Il pensait avoir le temps de rencontrer cette personne et d'explorer toutes ses sensations nouvelles, à l'abri des regards et des chuchotements colporteurs. Tout ça semblait désormais compromis.

Le pire était d'admettre qu'il avait failli réajuster sa tenue devant Malfoy. Non, oubliez ça. Ce qui était encore pire était que pendant une demi-seconde, une pensée saugrenue lui était venue à l'esprit : le blond -s'il le voulait- aurait pu lui donner un coup de main pour apaiser la tension... Fais chier, son entrejambe se gonflait à nouveau rien que d'imaginer la scène. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui, bordel ?! Il devait remédier à la situation, afin d'avoir les idées claires.

Harry ouvrit le bouton de son pantalon et fit descendre sa braguette. Il glissa sa main à travers l'élastique de son caleçon et enroula ses doigts autour de son membre tremblant. Oh, c'était bien mieux…

La pensée que Draco Malfoy pouvait le toucher ainsi était ridicule. Peu importait que le blond soit attirant et bien foutu (Harry était myope, pas aveugle !) il ne l'appréciait pas. Il savait que Malfoy ne l'appréciait pas non plus. Ce dernier aurait été scandalisé et aurait déversé sa colère et son dégoût d'être dans une chambre avec un pervers comme Harry. Harry lui aurait fermé sa belle gueule d'un coup de poing. Peut-être devrait-il y retourner et faire juste ça ?

Il ne pouvait pas… pas pour l'instant.

Ses vas-et-viens avec sa main étaient rapides et brutaux. Il était en colère et, nggh, si prêt de la délivrance. De la sueur perlait sur son front, qu'il essuya du revers de son autre main, et dans le dos, car il portait bien trop de vêtements. Il aurait dû faire ça tranquillement et proprement sous la douche. Cela avait été sa première idée, mais ce con prétentieux de Malfoy était assis à son bureau, juste à côté de la salle de bain.

Le blond aurait deviné ce qu'Harry y faisait réellement.

Stupide Malfoy. Stupide Malfoy. Stupide Mal...

Harry atteignit la jouissance subitement, dans un cri sourd.

Il mit quelques secondes à reprendre son souffle et ses esprits. Whaoh, cette fois-ci avait été intense et arf, salissante. Ses doigts étaient collants et une tache maculait l'avant de son pantalon. Il se nettoya du mieux qu'il le pouvait avec un sort ; attendit encore cinq minutes : le temps de chasser de son esprit cette conclusion ridicule qu'il venait d'atteindre le septième ciel en songeant à Draco Malfoy ; puis s'en alla finalement, plus honteux et désemparé que lorsqu'il était entré dans la pièce.

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La porte du dortoir s'ouvrit et se referma doucement, avec un léger grincement qui fut suivi d'un "pffchuuut" peu discret. Il était deux heures dix du matin et Potter était enfin de retour. Draco vit dans la pénombre du dortoir la silhouette de Potter se mouvoir, avec difficulté, comme s'il était perdu, jusqu'à son lit sur lequel il s'échoua maladroitement après s'être pris les pieds dans un objet posé à terre -sa valise, certainement. Après un grognement étouffé, Harry entreprit de se déshabiller sans prendre la peine de se relever du lit, ce qui augmentait considérablement la difficulté de la tâche. C'était bizarre et presque comique à voir.

Draco se retourna de l'autre côté du lit, quand il distingua une chemise être posée sans ménagement à terre suivie du bruit d'un zip de fermeture éclair, et ferma ses yeux épuisés. Il n'avait pas réussi à trouver le sommeil. C'était toujours comme ça, la veille d'une rentrée scolaire. En plus celle-ci était toute particulière : c'était la dernière ; Voldemort n'était plus une menace ; Potter avait changé de maison, mais il se permettait toujours de se balader dans les couloirs -ou Merlin savait où- en dehors des heures autorisées, provoquant chez le blond de l'agacement et dans une moindre mesure une certaine forme d'inquiétude de ne pas le voir revenir, parce que ça signifiait que Peeves (ou Rusard) avait alerté McGonagall qu'un intrus errait dans les couloirs la nuit.

Son agacement se transforma en colère car il se sentait ridicule d'avoir veillé si tard, pour rien. À cause de Potter, encore une fois. Draco soupira et s'endormit quelques secondes plus tard.

Quand il fut brutalement réveillé par un chatouillement dans le cou, moins d'une minute (ou une heure ?... Bien trop tôt, pour sûr! ) après avoir salué Morphée. Il se releva, alerte, prêt à se défendre à mains nues, mais se heurta le front à un nez.

Potter et lui poussèrent un râle de douleur simultanément. Après quelques instants, Draco constata qu'il avait eu plus de peur que de mal, mais il avait toujours eu une propension aux effets dramatiques. Il laissa sa paume de main contre sa tempe, comme si ça pouvait vraiment l'aider. La douleur de Potter semblait bien réelle et plus importante :

« Ah, pardon… grommela-t-il, ses mains couvrant une partie de son visage. Plus distinctement : Merde, je crois que je saigne.»

Aussitôt, Draco prit sa baguette et lui jeta un sort pour le soigner avant qu'une tache de sang ne vienne souiller ses draps de soie. C'était pour sauver sa literie délicate et non un quelconque geste altruiste envers Potter qu'il le fit.

Harry, qui avait décidé de s'asseoir sur le lit sans y être invité –le rustre !-, le remercia quand même. Draco lui intima de parler moins fort, s'il ne voulait pas réveiller tout le monde, ainsi que de s'éloigner parce que son haleine empestait l'alcool. Harry s'éloigna de quelques centimètres et admit avec un hoquet (sans savoir chuchoter apparemment, ce qui contraignit le blond à lancer un sort d'insonorisation) qu'il avait effectivement bu un peu trop de cette liqueur à la prune trouvée dans les cuisines de Poudlard, grâce à l'aide d'un elfe de maison qui était bien plus sympathique que Kreattur (en même temps, c'était pas très difficile de l'être) mais moins marrant que Dobby. À la mention du prénom de l'elfe, Harry resta silencieux et pensif. Draco pouvait voir la tristesse sur son visage, mêlée à une autre chose difficile à discerner. Draco s'inquiéta qu'il puisse se mettre à pleurer, s'évanouir ou pire : vomir. Il voyait déjà les gros titres de la Gazette : "Harry Potter noyé dans une mare de vomi, dans le lit d'un Ex-Mangemort." Draco se devait d'éviter d'associer le nom de sa famille à ce genre de scandale.

Il fit venir à l'aide d'un "Accio " une fiole de potion, ainsi qu'un verre d'eau. Harry finit par lui avouer pourquoi il l'avait réveillé en plein milieu de la nuit. Du moins, il s'apprêtait à le faire, mais un détail vint troubler son récit :

« C'est de la vraie soie ? questionna-t-il en caressant un pan du drap.

- Bien sûr.

- Hmm, c'est agréable et doux. »

Sa main s'arrêta à quelques millimètres de la jambe de Draco, à hauteur du genou. Le blond se racla la gorge, créa une diversion en versant la potion anti-gueule-de-bois dans le verre d'eau et annonça :

« Si c'est pour parler de ce qui s'est passé avant ta fuite de ce soir, ça aurait pu attendre demain matin. Il n'y a rien à dire en plus : crois-le ou non, Potter, t'es pas le premier mec à avoir eu un moment embarrassant au mauvais moment. Évite juste de te faire surprendre par Blaise : il a un goût prononcé pour les commérages et le chantage. S'il t'avait vu, tu en aurais entendu parler jusqu'à la fin de tes jours.

- Tu ne vas rien leur dire, toi ?

» Il y avait une vraie inquiétude dans sa voix.

- Non. Bois ça. »

Harry le remercia, avala le remède et remercia encore une fois Draco pour sa gentillesse. La sincérité dans sa voix troubla Draco. Il s'empressa de renvoyer Potter dormir dans son lit, avant que la potion n'agisse complètement pour les six prochaines heures : ce détail, il le garda pour lui. Oui, il y avait des limites à sa gentillesse. Après tout la devise de Poudlard le disait clairement de faire attention à ne pas chatouiller un dragon qui dort.

A suivre…