Bleach ne m'appartient pas, sinon, je ferais en sorte que les combats dans le manga cessent de s'éterniser...Mais qui suis je pour critiquer le grand Kubo ?
Il s'agit ici d'une réflexion à propos du sourire de Shinji que j'adore (Je ne dois pas avoir un très bon équilibre mental...)
Il n'y a pas de couples véritablement même si on peut à la rigueur y desceller un léger Shinji/Hiyori.
J'en ai profité pour inventer un petit passé à Hirako Shinji, vous pouvez ne pas être d'accord, dans ce cas, n'hésitez pas à m'en dire les raisons !
Si l'on demandait à Shinji ou aux autres Vizards ce qui leur manquait le plus depuis leur exil sur terre, ils vous répondraient à l'unanimité : le confort et la sécurité.
Il faut dire que, en cent ans, ils avaient cruellement manqué de l'un et de l'autre durant leurs peripéties à travers le monde :Ils ne restaient jamais longtemps au même endroit, bougeant en permanence afin d'éviter de se faire repérer par Soul Society. Même si leurs Gigaïs étaient sensés dissimuler toute trace de leurs reiatsu, au bout de quelques années, le groupe était obligé de passer chez Kisuke afin de les faire réviser. Lorsqu'ils combattaient, ils s'usaient plus rapidement et Shinji ne comptait plus le nombre de fois où ils avaient frôlé la catastrophe, suite à une fuite de reiatsu. Ils étaient forcés de se méfier de tout le monde : des humains, des hollows et des shinigamis...
Cette méfiance paranoïaque était justifiée: l'hypnose absolue du zampakuto d'Aizen ne devait à aucun prix être pris à la légère, le traitre pouvait parfaitement se dissimuler à leurs yeux sous l'aspect d'un quelconque Shinigami ou d'un humain. Les hollows pouvaient fort bien être modifiés et/ou envoyés par Aizen. Même si son ex lieutenant semblait s'être désintéressé de leur sort, Shinji n'était pas assez stupide pour s'imaginer qu'il les avait oublié. Le sous-estimer lui avait déjà coûter beaucoup trop cher la dernière fois et il ne tenait pas particulièrement à retrouver le rôle du cobaye. Du coup, ils se tenaient à l'écart de toute civilisation, s'entraînant inlassablement pour la revanche, prêt à tout pour améliorer le contrôle de leurs hollow et leurs pouvoirs.
Même si cela impliquait de dormir à la belle étoile ou dans des entrepôts pourris, de manger des bentos achetés au rabais dans des épiceries miteuses de quartier ou de devoir effectuer des petits boulots dans le monde des humains. Par chance, Urahara les aidait, cependant, les Vizards ne pouvaient lui demander de les héberger tout les huit chez lui, dans sa petite boutique alors qu'il avait déjà des problèmes pour subvenir aux besoins de ceux qu'il accueillait chez lui...
De plus, Urahara était certainement surveillé à la fois par la Soul Society et Aizen. En tout cas, la plupart des shinigamis savait qu'il existait un marchand qui vendait des accessoires spirituels plus ou moins louches (le terme exact étant sans doute légaux...). La révision des Gigaïs était donc déjà une entreprise risquée alors ils n'allaient pas, en plus tenter le diable en vivant près de l'inventeur du Hogyoku...
Parfois, le groupe repensait avec nostalgie au confort de leurs quartiers à la Soul Society : les lits confortables, les repas abondants et réguliers, les bureaux chauffés où ils travaillaient (de temps à autre...). Cependant, ils se reprenaient vite et après avoir lancé quelques malédictions à la Soul Society, ils n'y pensaient plus.
Si l'on demandait à Shinji s'il voyait au moins un point positif à son exil, il ne vous répondrait pas et se contenterait de vous sourire. Avant son départ de la Soul Society, vous auriez considéré cela comme un événement exceptionnel. Car ce n'était pas quelque chose auquel l'ancien shinigami avait été habitué dans son passé.
Shinji avait grandi ou plutôt survécu dans le pire district du Roukongaï : le 99ème, secteur ouest. Les combats incessants, les meurtres quotidiens, l'insécurité la plus totale y régnaient sans arrêt. La lutte pour la survie y était acharnée, impitoyable, sans merci. On se battait pour des choses aussi simples que l'eau, la nouriture (pour ceux possédant du reiatsu), un abri... Il n'y avait qu'une seule loi, celle du plus fort, qui ici était vécue dans sa forme la plus primaire : Les faibles mourraient, ceux qui combattaient survivaient un jour de plus.
Shinji s'était parfois demandé s'il avait commis quelques fautes irréparables dans sa précédente incarnation pour mériter cela...Il n'était alors qu'un jeune garçon seul, méprisé par tous et avec une pression spirituelle qui l'handicapait plus qu'elle l'aidait car elle l'obligeait à devoir trouver à manger. Dans ce genre de quartier, personne ne souriait et Shinji n'avait pas fait exception à la règle.
Puis il avait intégré l'Académie. Il aurait pu croire que c'était la fin de ses ennuis: il pourrait manger à sa faim, dormir dans un lit sans crainte d'être sauvagement tué, devenir shinigami, c'est à dire une personne respectée par les âmes du Roukongaï et par ses pairs. Mais ce n'était pas aussi simple : sous la pression de Yamamoto, la Chambre des 46 avait dû permettre, à contre coeur, l'entrée des âmes humaines vivant dans les quartiers les plus défavorisés du Roukongaï. Les Nobles et les quelques privilégiés étudiant ou enseignant à l'Académie n'avaient pas accepté de gaieté de coeur l'arrivée dans leurs rangs de ceux qui étaient traités comme des déchets auparavant.
Shinji avait été humilié, méprisé, insulté par ceux qui étaient sensés être ses camarades et ce, dans la plus totale indifférence des professeurs qui n'avaient pas apprécié la venue du premier étudiants provenant du pire quartier du Roukongaï. Les six années passées à l'Académie avaient été une succession de coup-bas, de remarques perfides, de plaisanteries de mauvais goût et plus ou moins dangereuses, un comportement qui était tacitement accepté, voir encouragé par les autorités de l'Académie. Sans possibilités de se venger sous peine de renvoi, Shinji avait donc dû se résigner à obtenir les meilleurs notes dans un climat excécrable pour prouver aux autres ce dont il était capable.
Son intégration dans le Gotei 13 constitua un soulagement pour lui malgrés le mépris dont certains le gratifiaient. Il gravissait les échelons, lentement mais sûrement, bien que l'accès aux grades soit d'abord réservé en priorité aux Shinigamis issus de la Noblesse. Il faisait ses preuves à sa manière, travaillait très rapidement et efficacement, il en faisait plus que les autres pour se distinguer de la masse et ainsi accéder aux sièges...
Cet acharnement n'était pas très bien vu des membres de ses divisions, au point qu'il ne parvenait à s'intégrer de façon durable dans aucune d'entre elles. Cependant, cela lui permettait ainsi de se faire une meilleure expérience que pour ceux qui se cantonnait à une division et donc à un seul domaine d'activité. Mais il n'avait aucun ami, personne dans le seiretei ne l'appréciait réellement et en réalité, cela lui avait peu importé. Jusqu'à ce jour, ce jour où il se remit à sourire...
Il venait une nouvelle fois d'être transféré dans une nouvelle division, transfert dû cette fois ci à sa promotion au grade de lieutenant, lieutenant de la douzième division. Il ne savait pas grand chose sur celle ci et son capitaine, à part son origine (Noble, évidemment...), il savait également que la Capitaine Hikifune était l'une des femmes les plus fortes dans l'Histoire de Soul Society. Il s'attendait donc à un comportement arrogant, typique des nobles puissants. Ce jour là, Shinji apprit à ne plus se fier aux apparences, ni à ses préjugés.
En réalité, la capitaine Hikifune était la gentillesse et la bonté incarnée. Elle accueillit chaleureusement le jeune Shinigami dans sa division qui s'aperçut bien vite que la Dame Noble n'avait aucun à priori envers les personnes issus des bas fonds de Soul Society. Cela, il le vit lorsqu'il fit la connaissance de la gamine que la (trop ?) bonne Capitaine avait recueillie dans sa division : une fillette teigneuse venue du 98 ème district, secteur Nord du Roukongaï qui répondait au doux nom d'Hiyori...
Le pauvre Shinji s'aperçut bien vite que l'une des taches (peu enviable) de sa nouvelle fonction était justement de s'occuper, voir même d'éduquer (un peu) cette moutarde pleurnicheuse et râleuse qui pourtant le suivait comme son ombre. La capitaine Hikifune assura le malheureux lieutenant que, en réalité, la "petite fille" qui n'arrêtait pas de lui casser les pieds, l'adorait et semblait même le considérer comme son frère. Shinji s'était retenu de dire, par crainte de blesser l'une des rares personnes qu'il estimait et qui LE respectait, tout le bien qu'il pensait de la sale gosse.
Parallèlement à ses lourdes activités de lieutenant, Shinji s'entraînait jour et nuit au Bankaï afin de pouvoir atteindre le plus haut grade du Gotei 13, celui de Capitaine. Le jour où il y parvint, il partit voir la capitaine Hikifune pour lui annoncer son exploit ainsi que son intention de proposer sa candidature de capitaine au poste de la 5ème division qui venait tout juste de se libérer. Mais pour cela, il avait besoin de la recommandation de son capitaine.
Hikifune l'assura en souriant de tout son soutien, et, même de son aide pour convaincre une grande partie des capitaines de la validité de son projet. Quelques jours plus tard, après des rencontres organisées par Hikifune où il montra toute la maîtrise de son Bankaï ainsi que de son caractère, Hirako Shinji apprit sa nomination au poste de Capitaine de la cinqième division.
Le soir où il apprit la nouvelle, il vint rendre visite à son ancienne supérieure pour la remercier et pour discuter de ses futures responsabilités. La conversation s'éternisa jusqu'à tard dans la nuit, une discussion très intéressante durant laquelle il s'aperçut que sa Capitaine lui avait confié la tâche de s'occuper de Hiyori afin qu'elle ne soit trop gâtée (Visiblement la gentillesse de Hikifune ne l'empêchait pas d'être réaliste...) et qu'il puisse lui même apprendre à exercer son autorité.
Elle lui confia également l'avoir considéré comme un des enfants qu'elle n'aurait jamais, déclaration qui avait fait rougir pour la première fois le pauvre garçon...La conversation s'achevait lorsque le Capitaine lui avait demandé une seule faveur avant de partir : qu'il apprenne à sourire un peu.... Shinji lui avait alors offert son premier vrai sourire. On ne pouvait vraiment pas le qualifier de beau (il s'agissait presque d'un rictus...), il n'y avait pas vraiment de douceur dedans ( trop éclatant et figé) et il paraissait presque inquiètant ou menaçant à première vue. Mais, Shinji n'avait jamais eu l'occasion de sourire avant aujourd'hui et donc il souriait plutôt mal. Cependant, le capitaine Hikifune le félicita sincèrement, affirmant même que c'était l'un des sourires les plus sincères qu'elle ait vu chez quelqu'un.
Cependant, ce n'est pour autant qu'il se mit à sourire à tout le monde, comme savait si bien le faire Aizen Sousuke... Il préférait réserver ce privilège aux rares personnes qu'il estimait. Mais de toute façon, être capitaine ne lui avait pas donné plus de raisons de sourire : les multiples responsabilités, les missions à préparer, puis l'arrivée d'Aizen dans sa division... Tout ces problèmes à gérer ne lui avait pas facilité la vie. En plus de cela, en tant que capitaine, il était tenu à se comporter dignement mais il n'y était jamais totalement parvenu.
Shinji n'avait pas la moindre envie de se comporter de manière arrogante et méprisante, comme ceux qui autrefois l'avaient humilié autrefois. Son caractère le porta plutôt vers un humour froid et pince sans rire, assaisoné d'une bonne dose d'ironie et d'auto-dérision, un ton familier qui tenait les autres à distance. Au fond, il était resté un gosse du Roukongaï qui ne pouvait se prendre au sérieux, maintenant qu'il avait atteint le plus haut grade. Il restait souvent distant, incapable de tisser des liens vraiment forts avec ses collègues capitaine, sa vie avait été trop difficile pour qu'il renonce si vite à ses habitudes de défiance. Cette méfiance qui, paradoxalement, le fit soupçonner Aizen et qui, en même temps, rendit Shinji vulnérable aux manoeuvres de son lieutenant... Une incapacité à cacher sa méfiance et à feindre qui conduisit à sa déchéance.
Maintenant, Shinji porte un masque.
Son sourire énigmatique est devenu son masque, indéchiffrable pour ceux qui ne le connaissent pas, un masque parfait car il convient aussi bien à ses amis qu'à ses ennemis. Ses adversaires ou les personnes normales ne voient qu'un rictus moqueur, inquiétant, supérieur. Ils ne voient que le sourire faux et forcé d'Hirako, pour eux, ce n'est pas un sourire, ce n'est qu'un masque. Seuls ses compagnons peuvent comprendre les sentiments que cache son éclatant sourire, eux peuvent voir la tristesse, la colère, les rares moments de joie, son ironie, sa soif de revanche, sa culpabilité. Quand Shinji sourit aux autres Vizards, il ne leur cache rien de ses émotions. Pourtant, pour un observateur, il s'agit du même sourire.
Dans sa vie presque totalement solitaire passée à Soul Society, Shinji avait très peu souri. Après être devenu un Vizard, il s'était fait de vrais amis, là où avant, il n'y avait que des collègues. Et parce qu'il savait que ses amis ne le trahiraient jamais et que son groupe de hors la loi serait toujours soudé, il avait peu à peu afficher de plus en plus souvent son sourire pour eux. Parce qu'il leur faisait totalement confiance et qu'ils étaient dans la même situation que lui, il s'était complètement ouvert à eux. Ils étaient ses compagnons, sa famille, son honneur, son âme.
Et puis aussi, il s'était aperçu que son sourire agaçait beaucoup Hiyori et ça, ça n'avait pas de prix...
Vous aimez ? N'hésitez pas à me le dire !
Vous n'aimez pas ? Dîtes le aussi !
