Traduction autorisée par l'auteur
Disclaimer: I don't own Merlin.
Et voilà le deuxième chapitre tout beau, tout chaud. Bonne lecture. ;)
Abeille.
~(-)~
Chapitre 2: L'appel du dragon ~Partie 2~
Les yeux bleus papillonnaient, profitant des paysages que leur propriétaire faisait serpenter à travers les couloirs du château.
Merlin continua à explorer, ayant cédé à la tentation après avoir délivré les deux remèdes… Même s'il avait été un peu lent à donner les instructions pour prévenir Sir Olwen de ne pas prendre son médicament 'tout en une fois'. Pourtant cela devait être bon non ? Et bien au moins il l'espérait, ou alors Gaius le scalperait probablement.
Il grimaça à cette pensée, décidant que prétendre qu'il s'était perdu, ce qu'il avait fait certes pendant un moment, afin d'éviter de devoir faire une autre course, était la meilleure chose à faire. En outre, il voulait avoir la chance de regarder ce qui l'entourait, d'obtenir une certaine 'reconnaissance du terrain'… Ok bon, il était juste curieux.
Il continua de se promener, les serviteurs, en général l'ignorant juste, jusqu'à finalement il trouve son chemin vers l'autre petite cour du château avec une arche menant sous le mur du château vers une large aire de prairie entourée par une partie inférieure et extérieure des défenses du château.
Ce fut alors qu'il avait commencé à suivre la voie pavée qui départageait cette aire, que Merlin entendit l'écho de railleries provenant de voix masculines à proximité.
"Et où est-elle cette cible ?"
"Là, messire."
Merlin s'arrêta dans son élan, fronçant les sourcils lorsqu'il repéra les sources. C'était un certain jeune homme aux cheveux blonds, un noble probablement, habillé d'une chyme rouge et portant un protège bras attaché par le cou. Il était en train de parler à un serviteur qui portait un bouclier criblé de couteaux lancés, ce serviteur ayant l'air aussi ordinaire qu'il pouvait l'être. Cheveux bruns, yeux bruns, et un sorte de comportement hésitant qui criait 'marchez-moi dessus !'.
Le noble semblait d'accord, parce qu'il souriait narquoisement comme s'il trouvait quelque chose d'amusant dans tout ceci, jetant un coup d'oeil à la cible que le serviteur lui indiquait.
"Elle est à contre-jour."
"Mais le soleil n'est pas très brillant..."
" Un peu comme toi alors."
L'homme pointa dans la direction opposée.
"Mets-la de l'autre coté, Bern."
Le noble se tourna vers ses amis, riant tandis que Bern déposait le bouclier et faisait ce qui lui était ordonné. Il y eut des murmures 'Donne-lui une leçon', auxquels le noble répondit en attrapant un couteau de la pile de bouclier et en le jetant sur la cible alors même que le serviteur le portait à l'endroit où il lui avait dit.
Bern broncha lorsqu'il fut frappé. abaissant la cible pour regarder par dessus son maître, son expression uniquement teintée de terreur.
"H-hé!"
À nouveau le sourire se fit narquois, le noble et son ami riant.
"Ne t'arrête pas ! J'ai besoin de m'entraîner au tir sur cibles mouvantes."
Bern toujours terrifié, leva la cible pour couvrir à nouveau sa tête et commença à bouger d'avant en arrière, rampant chaque fois qu'une lame s'abattait dessus. Il se dirigeait vers Merlin, lorsqu'il tomba, faisant tomber la lourde forme circulaire en bois, laquelle roula alors pour s'arrêter aux pieds de Merlin.
Il déposa un pied sur le sommet bien usé de celui-ci, regardant vers Arthur et ignorant le regard que commençait à lui donner Bern.
"Allez, maintenant, ça suffit…."
"Quoi?"
"Tu t'es assez amusé mon ami."
Le noble était en train de sourciller, comme s'il ne pouvait pas croire ce qu'il entendait, et le regarda encore un plus irrité.
"On se connait ?"
Merlin le regarda tandis qu'il avançait, tendant une main pour saluer. Il pouvait aussi bien être poli.
"Je suis Merlin."
"Donc, je ne te connais pas."
Merlin haussa les sourcils… À peine pour être poli.
"Non."
Le noble croisa ses bras sur la poitrine.
"Et pourtant, tu m'as appelé « mon ami » ?"
Le plus proche d'entre eux, Bern les fixaient tous deux. Nerveux avec le noble, et compatissant pour Merlin. Merlin inconscient des signes de danger qu'impliquait sa réaction, fit ce qui lui était naturel… Il ouvrit sa bouche et dit la première chose sarcastique qui lui vint à l'esprit.
"C'est une erreur de ma part..."
"Oui, c'est ce que je crois."
"Oui. Jamais je n'aurai pour ami quelqu'un d'aussi crétin."
Merlin se tourna pour reprendre son chemin et continuer son exploration du château, mais la voix du noble le fit stopper.
"Et moi, je n'aurai jamais pour ami quelqu'un d'aussi stupide. Dis-moi Merlin, sais-tu marcher sur les genoux ?"
Merlin se retourna, le regardant droit dans les yeux alors qu'il s'approchait.
"Non."
"Veux-tu que je t'apprenne ?"
Merlin sourit légèrement, secouant la tête.
"À ta place, je n'en ferai rien."
Le noble semblait trouver tout ceci hilarant, ouvrant les bras pour indiquer à Merlin qu'il était libre d'essayer.
"Pourquoi ? Qu'est-ce que tu vas me faire ? Vas-y, je t'en prie ! Frappe-moi."
Ce fut alors que Merlin remarqua la façon dont tout le monde en vue, serviteurs comme nobles, étaient en train de le fixer, mais la fierté l'emporta sur son sens commun et il tenta de donner un coup de poing au noble droit dans ce visage arrogant…
"Si tu le demandes…"
… Et il ne le pas très bien. Trois secondes plus tard, Merlin avait son bras tordu derrière son dos, son bras coincé de manière assez pénible, le noble lui murmurant.
"Je pourrai te faire jeter en prison pour ça."
Merlin essaya de l'éblouir, sans qu'il lui torde plus le bras.
"Pour qui tu te prends ? Pour le roi ?"
"Non, seulement son fils... Arthur."
D'une forte poussée, il força Merlin à se mettre à genoux, le tenant là jusqu'à ce que les gardes qui vinrent à son hochement de tête le prirent en charge. Ils transportèrent Merlin dans le château et descendirent un escalier ouvert vers les étages inférieurs, tournant dans des couloirs, qui comme cela se passa, conduisait aux cachots… Et il se trouva jeté dans la première cellule vide qu'ils trouvèrent.
Merlin sauta de lui-même sur ses pieds tandis que la porte claquait en se fermant, grimaçant en tenant son bras douloureux, avant de brosser la couche de paille qui s'était collée à ses vêtements en atterrissant sur la masse qui en couvrait le sol… Gaius ne serait pas très heureux de ceci…
~(-)~
Ce fut un Gaius extrêmement inquiet et anxieux qui se tenait dans le Grand Hall, ce soir, là avec le roi et les autres plus haut membres de la cour pour accueillir Lady Helen dès son arrivée. Il n'avait pas vu Merlin depuis qu'il l'avait quitté ce matin, c'était comme s'il avait disparu, et avec tout le travail qu'il avait, il avait été incapable d'aller à sa recherche.
Le médecin resta distrait, écoutant à peine les salutations d'Uther et les réponses de la Lady. Uther sembla le remarquer, fronçant légèrement les sourcils tandis qu'elle était escortée jusqu'aux appartements des hôtes de marque par un serviteur. Son ton fut légèrement inquiet.
"Quelque chose ne va pas, Gaius?"
Le médecin le regarda. Hésitant un instant avant d'hocher la tête.
"C'est mon nouveau pupille, Sire. Je l'ai envoyé faire une course ce matin et il n'est pas revenu. Je me suis mis à sa recherche lorsque je suis revenu de mes rondes, mais je n'ai vu aucun signe de lui. Je crains qu'il n'ait réussi à se perdre."
Uther se raidit un petit peu, surpris.
"Vous avez un pupille ?"
Gaius hocha la tête.
"Oui, sire, sa mère me l'a confié. Il est seulement arrivé hier, et avec le recul, j'aurais du prendre le temps de lui montrer le château d'abord. Peut-être, si cela n'est pas gênant, je pourrais demander un peu d'aide pour le localiser ? "
Uther hocha la tête, plus que prêt à aider une vielle connaissance de confiance d'une si petite manière.
"Bien sûr. Dites-moi son nom et à quoi il ressemble, et Arthur peut veiller à ce que les gardes gardent un oeil sur lui et le dirige vers vos appartements."
Gaius s'inclina, reconnaissant.
"Merci, Sire. Son nom est Merlin, et il a des court cheveux noi…"
Il fut coupé par Arthur qui laissa échapper un petit bruit vite étouffé, tous les yeux convergeant vers le prince. Réalisant qu'il était fixé, le prince se recomposa et s'expliqua.
"Il a des courts cheveux noirs, des yeux bleus et un manque de certaines manières et courtoisies…"
Uther commença à sourciller.
"Arthur ? Tu le connais ?"
Le prince prit une profonde inspiration, un petit peu embarrassé d'admettre ce qu'il avait fait au 'pupille' de Gaius.
"Je l'ai mis au cachot, pour manquement de respect envers moi en public et avoir essayé de me donner un coup de poing."
Gaius se raidit, avant de commencer à secouer la tête.
"Ce garçon s'est mis lui-même dans les ennuis en moins d'un jour !"
Il regarda Arthur.
"Puis-je vous demander s'il savait qui vous étiez avant l'incident ?"
Arthur sembla y réfléchir, avant qu'il ne soupire.
"Il ne le savait pas."
Gaius se tourna vers Uther.
"Puis-je vous demander la clémence, Sire ? En retour, je m'assurerai qu'il sache ce qu'on attend de lui à l'avenir."
Le roi le regarda après avoir jeté un coup d'oeil à son fils, le considérant pendants quelques instants avant d'hocher la tête.
"Bien, j'excuserai son comportement pour cette fois. Mais… je ne le laisserai pas s'en sortir sans aucune punition. Il passera la nuit au cachot pour lui enseigner le respect et demain matin…"
Gaius sembla un peu inquiet.
"Oui, Sire?"
Le ton d'Uther fut ferme.
"Il apprendra aussi à avoir un peu d'humilité."
~(-)~
...Merlin... Merlin... ...Merlin!
La voix étrange le réveilla comme elle l'avait fait la veille, semblant maintenant plus forte et plus proche. Merlin sauta sur ses pieds de l'endroit où il avait dormi sur le sol de la cellule, éloignant la seule couverture en lambeaux dont il s'était recouvert. Il s'apprêtait à presser son oreilles contre le sol et voir si cela venait vraiment d'en dessous, lorsqu'une voix familière appelant son nom, le distrait.
"Merlin!"
Il se raidit, se tournant pour voir la porte de la cellule s'ouvrir et Gaius entrer. Mais avant qu'il ne puisse parler, le médecin commença à arpenter la pièce de frustration.
"Tu... Ah... Tu ne cesseras vraiment jamais de m'étonner. La seule chose que tu devrais avoir en vue, c'est de ne pas te faire remarquer, et qu'est-ce que tu fais ? Tu te conduis comme un idiot !"
Merlin grimaça en guise d'excuse, il n'avait vraiment pas voulu inquiéter son nouveau protecteur.
"Je suis désolé."
Gaius soupira.
"Tu as de la chance … J'ai réussi à user de mon influence pour te faire libérer"
Merlin se fendit d'un large sourire.
"Oh, merci, merci ! Jamais je ne l'oublierai."
"Hé bien…"
"Seulement, il y a un léger prix à payer. Une nuit au cachot pour t'apprendre le respect… Et une matinée au pilori pour t'apprendre l'humilité."
Le sourire de Merlin s'évanouit en une semi-grimace d'horreur, avant qu'il ne regarde son protecteur avec une expression qui plaidait pour lui faire dire qu'il était en train de plaisanter.
"Vous n'êtes pas sérieux ?
Gaius secoua la tête.
"Bouge-toi… À moins que tu ne veuilles rester ici."
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Humilité, humilité, humilité… Comment le fait d'être forcé de rester debout, avec la tête et les mains enfermées dans des trous dans un cadre, était supposé vous enseigner l'humilité… Ah attendez, peut-être était-ce le fait que des gens au hasard s'arrêtent avec leur panier de légumes pourris et non comestibles et vous les jettent ?
Merlin gardait les yeux fermés, grinçant des dents tandis qu'un groupe d'enfants lui jetait des produits rances. Sa tête et ses mains étaient éclaboussés par une bouillie puante, et ses cheveux étaient en train de se constituer une couche de vase, et cela juste parce qu'il avait eu une prise de bec avec le prince Arthur.
Ce n'était vraiment pas juste.
La pluie de légume s'arrêta, les enfants s'enfuyant en courant aussitôt qu'il manqua de choses à jeter. Les regardant partir, Merlin cracha quelques bribes dégoûtantes qui avaient réussis à entrer dans sa bouche, ne remarquant pas lorsqu'une jeune femme particulièrement jolie vint jusque vers le pilori juste pour lui parler.
"Je m'appelle Guenièvre, mais en général on m'appelle Gwen. Je suis la servante de Morgane."
Merlin réussit à faire un sourire, malgré la position inconfortable dans laquelle il était, se nettoyant du mieux qu'il pouvait avec ses deux mains coincée dans un trou entre deux planches.
"Je vois. Je m'appelle Merlin, mais en général on m'appelle simplement l'idiot."
Elle secoua la main offerte, secouant un peu la tête.
"Non ! Non, non ! J'ai vu ce que tu as fait ! C'était très courageux…"
Merlin commença à sembler amusé.
"C'était surtout stupide."
"Enfin, je suis contente que tu t'en sois tiré, tu ne pouvais pas le battre."
Merlin s'arrêta, la bouche légèrement ouverte avant de la regarder.
"Oh… en fait, j'aurai pu le battre."
Gwen ne sembla pas convaincue.
"Tu crois ? Parce que tu n'as pas l'air d'un de ces gros costauds pleins de muscles."
Merlin était encore en train de la fixer bizarrement.
"Merci..."
Elle s'effaroucha, réalisant ce qu'elle venait juste de dire.
"Oh non, non, tu es sûrement plus fort que tu n'y paraît ; c'est simplement que... Arthur est un de ces vrais durs à cuire du genre de ceux qui sauvent le monde et... Ben..."
Merlin pouvait imaginer ce qui allait venir.
"Quoi ?"
"…Tu n'as pas cette allure-là…"
Il baissa la tête un instant, avant que l'inspiration ne le frappe et il dirigea un sourire narquois dans sa direction, la faisant se pencher un peu plus près pour entendre son murmure.
"Je me suis déguisé."
Elle commença à rire, tous deux souriants à la blague.
"En tout cas, c'est bien que tu lui aies tenu tête. Arthur est un petit tyran, et tout le monde a trouvé que tu étais un héros."
"Tu es sûre ?"
Il y eut une arrivée soudaine d'enfants riants, et à leur vue des paniers chargés de légumes moisis, Merlin commença à grimacer.
"Ah... Excuse-moi Guenièvre, mon public s'impatiente."
Commençant à sourire, elle se dépêcha de passer devant l'étal et le laissa à son destin… une nouvelle pluie de coups qui s'ajouta à la couche de jus et de pulpe qui l'avait déjà éclaboussé. Il lui sembla que presque une éternité passa avant que quelqu'un ne vienne le libérer du pilori, un homme en armure qui se tenait lui-même avec un certain degré d'autorité.
Défaisant les chaînes aux poignets de Merlin, à présent que le jeune homme pouvait se tenir debout à nouveau, il lui parla avec une note d'avertissement dans la voix.
"Je suis le capitaine George, commandant en second de la garde du château, et il m'a été dit de te prévenir que si tu mets à nouveau un pied hors de la ligne, tu pourrais subir pire que ce matin au pilori. Tu es chanceux, il semble que tu es le protégé de Gaius. C'est la seule raison pour laquelle tu aies reçu une punition si légère."
Merlin examina là où ses poignets et son cou, sa chemise n'avait plus son aspect bleu habituel.
"Si vous appeler ça léger."
Il leva les yeux, grimaçant au sourcillement réprobateur que le capitaine braquait sur lui.
"Ça l'est, je m'assurerai d'être plus prudent à partir de maintenant."
Il y eu une longue pause, le garde le prenant par le bras.
"Viens, je vais te montrer où tu peux te nettoyer, puisque je suis sûr que le médecin de la cour n'a pas encore eu le temps de te montrer. Tu ne lui en pas vraiment donné la chance pas alors que tu étais si occupé à surnommer le Prince Arthur d'idiot."
Merlin aurait pu grimacer à nouveau, s'il n'avait vu un léger sourire sur le visage de George. Gwen avait raison, il y avait au moins quelques personnes qui pensaient qu'Arthur était un tyran.
Fidèle à sa parole, George montra à Merlin une paire de pièces à coté de l'entrée des buanderies, une pour les hommes, l'autre pour les femmes, où une partie de l'eau savonneuse venant de l'autre porte se déversait dans un étrange assortiment de baignoire pour que les serviteurs puissent les utiliser. Merlin, un peu gêné par la présence des autres serviteurs qui utilisaient une part de leur temps libre pour se baigner, brossa la boue de ses cheveux et de sa peau et rinça la couche sur sa chemise avant de battre en retraite vers les appartements de Merlin.
Une fois là, il la changea par sa chemise de rechange et rejoignit le médecin à table, où un simple repas avait été déposé.
Observant Merlin s'installer de lui-même, Gaius sourit avec une ironie désabusée et lui indiqua un des bols.
"Tu veux un peu de légumes avec ça ?"
Merlin le fixa un instant, avant de sourire et de rire un peu à la plaisanterie.
"Je sais que vous êtes encore furieux contre moi."
"Ta mère m'a demandé de bien veiller sur toi."
Merlin soupira, brusquement soumis.
"Oui..."
Gaius nota le changement, contemplant le garçon devant lui et ce dont il avait témoigné le matin précédent.
"Qu'est-ce que ta mère t'a dit à propos de ces dons que tu détiens ?"
Merlin prit de la nourriture avec une cuillère, levant simplement les yeux pour rencontrer le regard de Gaius.
"Que j'étais un garçon à part."
Le médecin hocha la tête, encore contemplatif.
"Ah ça oui, tu es à part. Des gens comme toi, je n'en ai encore jamais vu."
"Ce qui veux dire ?"
l'intérêt de Merlin fut instantanée, la pensée que Gaius puisse savoir quelque chose, n'importe quoi, pour expliquer ses pouvoirs. Gaius fronça les sourcils cependant, sachant que cet espoir n'allait pas pouvoir être répondu.
"Et bien, la magie requiert des incantations, des formules, il faut des années d'apprentissage. Ce que je t'ai vu faire était... très simple, tout à fait instinctif.
Merlin renifla, secouant la tête.
"A quoi bon si je ne peux pas m'en servir ?"
Gaius lui lança un long regard.
"Ah... Ça c'est une chose que j'ignore. Tu es une question qui n'a encore jamais été posé, Merlin."
"Vous avez étudié la magie ?"
Il y eut une autre pause, Gaius semblant réfléchir avant de parler.
"Uther a proscrit tous les travaux de ce genre, il y a vingt ans. On utilisait la magie dans un but néfaste à cette époque-là. Ça a plongé l'ordre naturel dans le chaos. Uther s'est donné comme mission d'anéantir tous les vestiges de ce temps-là, même les dragons."
Merlin le regarda stupéfait, incrédule. Uther avait anéanti une entière race de créatures ?
"Quoi ? Tous, sans exception ?"
Gaius soupira.
"Il y a un dragon qu'il a choisi de ne pas tuer. Il l'a gardé comme exemple. Il l'a emprisonné dans une caverne sous les profondeurs du château ; là où nul ne peut le délivrer. "
Il plongea sa cuillère dans le bol de nourriture, changeant de sujet avant qu'ils ne se dérivent vers d'autres sujets encore plus difficiles que ceux dont ils discutaient déjà.
"Maintenant, termine ton repas. Quand tu auras fini, tu iras porter une préparation à Dame Helen, elle en a besoin pour sa voix."
~(-)~
Il y avait quelque chose ici de pas tout à fait normal, quelque chose qui le mettait au bord des nerfs.
Merlin se dépêcha de quitter la chambre d'hôte de Lady Helen, supprimant l'étrange frisson qui allait le parcourir. Il avait livré la potion comme on lui avait demandé, mais la manière froide dont elle avait réagi en le trouvant dans sa chambre l'avait énervé… Ou était-ce cette étrange poupée de paille et ce tout aussi étrange livre fermé par de la ficelle qui se tenait sur la table de toilette ?
Il secoua la tête, finissant de frissonner malgré ses efforts. Ce n'était probablement rien, juste son imagination. Elle était l'invitée d'Uther, après tout. La pupe devait probablement n'être qu'une lubie étrange parmi les femmes nobles, et le livre était probablement un journal.
Merlin décida qu'il avait besoin d'air frais, de sortir hors du château et de se nettoyer la tête avant qu'il ne commence à devenir paranoïaque. C'était probablement tout ce que c'était. Il ne venait que d'un petit village, ici c'était une ville surpeuplée, alors pourquoi ne serait-il pas nerveux d'être entouré par tant de gens ?
Il partir à travers les salles, faisant un détour par l'une des portes secondaires de la cour principale. La plupart des serviteurs l'ignorèrent, mais il y eut un jeune homme qui sembla faire une exception lorsqu'il le repéra.
"Tu es chanceux que Gaius t'ais sorti de là comme ça … Provoquer une bagarre avec le prince Arthur était plus que stupide."
Merlin arrêta son chemin, se tournant pour faire face et reconnaissant celui qui venait de parler comme étant le serviteur du jour précédent… Bern.
"Et le laisser te jeter des couteaux pendant qu'ils rient à tue-tête, ça ne l'était pas ?"
Bern se raidit, semblant un peu offensé.
"Il est le prince, et je suis son serviteur personnel. Je dois obéir à tout ce qu'il me dit de faire."
Merlin haussa un sourcil, semblant à la fois amusé et ironique.
"Alors, si il te dit de sauter par dessus les murs du château, tu le ferais ?"
Bern le regarda bouche bée, le sourire de Merlin s'élargissant.
"Tu sais, peut-être que si tu lui tenais plus tête, et ne le laissais pas faire, il se comporterait moins comme un con."
Il se tourna pour continuer son chemin, Bern l'interpelant de derrière lui.
"Tu ne peux pas l'appeler comme ça !"
Merlin se mit à rire, en regardant de tous les cotés, le couloir vide.
"Vraiment ? Parce que je ne vois personne m'arrêter."
Bern garda une fois encore elle silence, regardant incrédule l'effronterie de ce jeune homme. Merlin ne pouvait franchement pas se foutre de ce que le valet d'Arthur pensait de lui. Il voulait juste sortir du château pendant un moment, et faire une pause de ces bavardages avec tous ces idiots qui semblaient croire que le soleil auréolait leur cher prince.
Ce fut probablement l'une des plus grandes ironies du monde, lorsque pas plus tôt que Merlin n'ait atteint la place du marché, le prince susmentionné entra en vue avec un groupe de ses compagnons noble. Ce fut également regrettable qu'une fois encore, lui, Merlin, ne renonce à l'option d'écouter son bon sens, tandis qu'il décidait d'écouter ses propres conseils, alors qu'Arthur lui reprochait d'ignorer sa présence.
"Alors, on a bien appris à marcher à genoux ? Ooh, ne te sauve pas !"
Merlin s'arrêta, fronçant les sourcils d'ennui. Pourquoi ces gens ne pouvaient-ils pas juste le laisser tranquille ?
"Je ne me sauve pas."
Arthur commença à sourire narquoisement, marchant vers lui.
"Ah, dieu soit loué ! J'ai cru que t'étais sourd, en plus d'être muet et idiot !"
Merlin commença à sourire, se tournant pour lui faire face.
"Ecoutez, j'vous ai dis que vous étiez un crétin. J'ignorais simplement que vous étiez un crétin royal."
Il nota la présence de deux gardes escortant le groupe de nobles, son ton devenant sarcastique.
"Wouoh... Qu'est-ce que vous allez faire ? Appeler les hommes de papa à la rescousse ?"
Arthur se mit à rire avec mépris.
"Je pourrais te réduire en miettes d'un coup de poing."
"Je peux vous réduire en miettes avec moins que ça."
"T'en es sûr ?"
Tous deux se fixèrent l'un l'autre, l'un provoqué, et l'autre irrité… et Merlin voulut vraiment encore effacer le sourire narquois du visage du prince Arthur.
Lorsqu'il retira sa veste, il fut accueilli par des rires, Arthur lui lançant une massue laquelle il laissa promptement tomber et dut ramasser. Le prince s'avança alors jusque lui, balançant une autre masse par dessus sa tête quelque fois pour le menacer avant de l'abaisser pour narguer à nouveau Merlin.
"Allez, viens te battre ! Je te préviens : j'ai été dressé pour tuer depuis ma naissance."
"Et depuis quand on vous a dressé pour être un abruti ?"
La riposte fut immédiate, la langue bien pendue de Merlin aussi instinctif de sa magie … et cela lui sembla le mettre dans une situation délicate. Combien de fois n'avait-il pas dû faire d'excuses à Ealdor ?
Il n'allait pas passer une chance de répondre à ça, pas and Arthur le regardait comme s'il pensait que c'était un idiot.
"Tu n'as pas le droit de me parler comme ça."
Merlin s'inclina de manière fausse.
"Oh pardon. Depuis quand on vous a dressé pour être un abruti, mon seigneur ?"
Deux secondes plus tard, après un dernier sourire, Arthur tenta de commencer à essayer de le frapper avec la masse…
Merlin l'avait vu venir, une lueur dorée surgissant une fraction de seconde et faisant tout ralentir autour de lui et voir lentement juste un court instant, mais ce fut suffisant pour lui éviter les balancements comme s'il ne faisait aucun effort du tout. À nouveau le prince attaqua, frappant encore et encore, mais aucun de ses coups n'arrivait à même s'approcher de Merlin… En fait, il commençait à sembler à Arthur qu'il était ressue victime d'un problème de visée.
Le prince se mit à fronce les sourcils, comme s'il prenait conscience de ce fait, avant que son expression ne se durcisse, et que son balancement ne se fit plus rapide que tous les précédents… Ce fut alors que Merlin réalisa que, premièrement, ce n'était pas juste un jeu, et qu'Arthur avait été vraiment facile à vivre avec lui. À présent que Merlin venait juste de le faire passer pour un simple ivrogne, Arthur était assez ennuyé pour le prendre sérieusement. Il visait littéralement à mutiler Merlin d'une certaine manière avec cette masse…
Les yeux bleus s'élargirent, Merlin se jetant en arrière sur un étal de légumes pour éviter le coup qui réduit un chou en pulpes et en copeaux. Il se baissa auprès de plusieurs étals l'utilisation répétée de la magie le faisant s'esquiver. Aucun de ces nombreux jeux de partage avec son ami Will, en usant de cette astuce, n'aurait pu le préparer à affronter un expert au combat. Il allait devoir se sortir de ceci avant de disparaître de son emplacement et que sa tête ne soit écrasée.
Distrait par ces pensées, il emmêla accidentellement sa masse dans un panier avant de trébucher sur ses propres pieds, Arthur se tenant devant lui l'air béat.
"Te voilà dans de beaux draps, maintenant."
Un moment plus tard, c'était à son tour d'avoir l'air surpris, tandis que la chaîne de sa masse s'emmêlait sur une paire de crochets à viande que Merlin avait gentiment mis sur son chemin.
Le sorcier se jeta sur ses pieds, renonçant à son tour de vitesse et usant l'option plus facile de déplacer différents pléthore d'objets du marché pour qu'ils entravent les progrès du prince dans sa direction. Arthur trébucha sur un des sacs de chanvre en vrac, claqua ses tibias sur des coins de caisses, et enfin trébucha sur la corde que Merlin tendit sur son chemin à hauteur de ses chevilles, tout fait avec des regards simples et des lueur momentanées d'or passant inaperçue dans les yeux de Merlin. Lorsqu'Arthur tomba, il perdit enfin sa prise sur sa masse et Merlin la ramassa rapidement et la retourna maladroitement alors que c'était à son tour de mettre à terre son adversaire.
"Vous abandonnez ?"
Arthur était en train de le fixer incrédule.
"Le crois-tu ?"
"Oui. Vous abandonnez ?"
Merlin n'eut pas de réponse, parce qu'il repéra Gaius sourciller vers lui en signe de sérieuse désapprobation parmi la foule. Le moment de distraction fut tous ce dont Arthur avait besoin pour attraper un balai et envoyer Merlin sur le sol avec.
Les deux gardes qui étaient avec le prince Arthur l'attrapèrent dans l'intention de l'arrêter, mais Arthur les arrêta. Il avait presque une expression bizarre sur le visage, comme s'il n'était pas sûr de ce que lui-même disait.
"Attendez ! Lâchez-le. C'est peut-être un idiot, mais c'est un idiot courageux."
Il sourcilla à peine légèrement.
"'Il y a quelque chose chez toi, Merlin. Je n'arrive pas vraiment à dire ce que c'est."
Il s'éloigna, laissant Merlin pour soigner les bleus qu'il avait reçu durant tout le combat. Après quelques minutes de ça, Gaius prit le jeune sorcier par le col de sa chemise, et l'entraîna vers le château ignorant complètement chacune et toutes les protestations de son pupille envers son traitement. Mais il ne pipa mot sur ce qu'il savait s'être passé, pas avant qu'ils ne soient de retour dans ses appartements et s'être assuré que sa réprimande reste privée.
Il lâcha la chemise de Merlin, l'envoyant vers la porte avant de la fermer derrière eux deux.
"Comment as-tu pu être aussi imprudent ?"
Merlin répondit, non repentant.
"Il avait besoin d'une bonne leçon !"
Ce n'était pas la réponse que Gaius semblait attendre, tandis qu'il prenait d'assaut passablement en colère l'endroit où se trempait Merlin.
"La magie doit être étudiée, maitrisée et employée pour le bien, pas pour des farces stupides !
Merlin se tourna pour lui faire face, très en colère.
"Qu'y a-t-il à maitriser ? Je savais déplacer des objets avant de savoir parler."
"Alors maintenant, tu devrais savoir te contrôler !"
"Je n'en ai pas envie ! "
Merlin était en colère, un sentiment de frustration impuissante montant en lui.
"Si on m'interdit la magie, qu'est-ce qui me reste ? Je ne suis qu'un moins que rien. Ca ne changera jamais. Si on m'interdit la magie, j'aime autant mourir."
Il se retourna et prit d'assaut les marches jusque sa chambre, son ton sombre ayant gelé Gaius sur place. Le médecin ferma les yeux, ne voulant pas avoir entendu tout ce cela, mais l'ayant tout de même compris.
Gaius ramassa son sac de médecin qu'il utilisait pour ses tournées, le prenant et suivant Merlin dans sa pièce. Le jeune sorcier s'était affalé face contre le lit, fixant le sol à coté, semblant être comme si le monde s'était écroulé autour de lui.
"Merlin ? Assieds-toi et enlève ta chemise. J'ai besoin de soigner ces bleus que tu as reçus."
Merlin fit silencieusement ce qu'il lui disait, répondant au ton plus gentil que son gardien avait utilisé. Son dos était déjà marbré d'éraflures et de marques bleutées là où il était tombé sur des choses, et Gaius les essuya avec soin, pour s'assurer qu'aucune des éraflures ne s'infecteraient.
Assis pendant le traitement, Merlin le regarda.
"Vous ne savez pas pourquoi je suis né comme ça, dites-moi ? Je ne suis pas un monstre, au moins ?"
Toujours en train de nettoyer les dernières éraflures, Gaius répondit assez brusquement.
"Ne pense jamais une chose pareille."
Merlin lui fit alors pleinement face, son ton devenant désespéré pour obtenir des réponses.
"Alors, pourquoi je suis comme ça ? Je vous en prie, j'ai besoin de savoir."
Gaius soupira.
"Dis-toi que peut-être, il y a quelqu'un qui a plus de connaissances que moi."
"Si vous ne le savez pas, personne ne le sait... Uther a chassé tout le monde de la magie, alors je n'ai personne d'autre à qui demander."
Il prit une profonde respiration, regardant dans le lointain.
"J'ai rencontré un sorcier, il y a longtemps, lorsque je n'étais qu'un enfant. Il m'a fait me sentir si confiant, que je n'avais rien à craindre, mais à présent que je suis venu ici, tout semble être si désordonné."
Gaius avait réagi surpris à l'état de son protégé, sourcillant un peu inquiet.
"Qui était-il? Que t'a-t-il dit ?"
Merlin renifla.
"Si vous vous inquiétez de ce qu'il a pu me dire de mal, il n'y a pas besoin. C'était un enfant aussi, juste quelques années de plus que moi, mais il était déjà en train d'apprendre à utiliser sa magie. Il faisait juste des mouvements de sa main et le vent soulevait quelques feuilles dans l'air et il m'a alors dit qu'aussi longtemps que je n'utilisais pas mes pouvoirs pour faire le mal, pour blesser délibérément des gens de leur méchanceté, alors je n'aurais jamais à avoir honte… Je ne l'ai pas utilisée pour blesser Arthur, je l'ai juste utilisée pour essayer de lui faire réaliser que tous les gens ne sont pas juste là pour se faire marcher sur les pieds. Je me suis levé contre lui pour voir si je pouvais lui faire comprendre à quel point il était crétin… Bien que ça ne semble pas avoir fonctionné. Son crâne est aussi dur qu'une pierre. Je ne suis même pas sûr à présent de savoir pourquoi je l'ai fait.
Gaius soupira, ne voulant pas encourager Merlin mais en même temps réalisant qu'il était d'accord avec son raisonnement.
"Cela est bel et bien, mais tu dois encore être prudent. Penses à comment ta mère et moi nous nous sentirions si tu étais pris et tué. Ne prends pas tant de risques. Les nobles intentions ne voudront rien dire si Uther devait découvrir ta magie."
Il ramassa son sac de médecin, et se dirigea vers la porte, Merlin restant là où il était en silence. Tous deux avaient beaucoup de nouvelles sur lesquelles réfléchir.
