Chapitre un
L'herbe ondulait au rythme du vent qui soufflait doucement, soulevant quelques feuilles aux couleurs d'automne et au passage, les robes des nouveaux arrivants à Poudlard. Un amas d'adolescents s'entassait devant les portes de la Grande Salle encore fermées. Les plus jeunes gloussaient, parlaient à leurs voisins, s'agitaient et se tortillaient sur place. Les plus grands regardaient autour d'eux, étonnés de voir cet illustre bâtiment qu'ils pensaient ne jamais réintégrer et qui se dressait, devant eux, presque aussi majestueux qu'avant. La reconstruction du château n'avait pris que trois mois avec l'aide d'un nombre incroyable de bénévoles. On était en Octobre – la rentrée s'était effectuée avec un mois de retard afin d'accueillir les élèves dans les meilleures conditions – et l'avancée de l'hiver sur l'automne commençait à se faire sentir.
Drago Malefoy était présent parmi les « revenants », malgré son désaccord face à la décision qu'avait pris sa mère de le renvoyer à Poudlard.
« Mon fils ne restera pas chez lui, cloitré comme il est dans sa chambre et avec pour seule distraction de regarder le plafond en se morfondant » lui avait-elle dit lorsqu'il avait protesté.
Lui, se morfondre ? Sa mère avait tendance à légèrement se méprendre sur les sentiments qu'éprouvait son fils suite à la Grande Guerre. Un Malefoy ne se morfond pas, il accepte, se résigne et affronte la dure vérité de la vie - point final. Rien ne valait la peine de se renfermer sur soi-même ou même de ne verser ne serait-ce qu'une pauvre et unique larme de souffrance, c'est ce qu'on lui avait appris dès qu'il était sorti du berceau.
Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent, dévoilant la chaleureuse et grande pièce qu'elle avait toujours été. Des « Waouh ! » retentirent chez les benjamins de l'attroupement tandis que leurs aînés observaient, en silence, ce qui avait été quelques mois étés plus tôt les restes d'un somptueux château. C'était ici que les blessés avaient étés soignés durant la bataille et ici que les morts avaient étés regroupés, allongés au sol et recouvert d'un quelconque bout de tissu assez grand pour recouvrir leur corps sans vie. C'est ainsi que chaque élève ayant participé à la Grande Guerre s'installa à la table qui lui était assigné en fonction de sa maison parmi les quatre célèbres - Serpentard, Serdaigle, Gryffondor et Poufsouffle – avec un certain malaise, se remémorant les pires souvenirs de cette époque révolue.
Les nouveaux élèves, quant à eux, de plus en plus nerveux, étaient au centre de la salle et attendaient impatiemment que quelque chose se produise. Ce qui ne tarda pas à arriver : le professeur MacGonagall, désormais directrice de Poudlard, se plaça devant la table des professeurs, un parchemin couleur paille à la main et ses lunettes posées sur le bout de son nez, accentuant son air sévère. Un tabouret à grands pieds était à côté d'elle et dessus se tenait un chapeau d'apparence miteuse, rapiécé et ratatiné sur lui-même malgré tout, chaque initié à la traditionnelle cérémonie de la Grande Répartition savait que dessous cette allure peu flatteuse se cachait le Choixpeau Magique doté d'une intelligence sans limite et capable de détecter chaque trait de caractère et chaque vertu ou défaut à quiconque le revêtait.
« Lorsque je citerais votre nom, commença MacGonagall, prenez place sur ce tabouret et mettez le Choixpeau Magique sur votre tête. Ensuite, prenez place à la table de la maison à laquelle il vous aura assignez. »
Un léger raclement de gorge.
« Bien, je commence : Awbrat Finley. »
La suite passa lentement sans que Drago n'y porte attention Son regard traversa la Grande Salle, s'arrêtant à chaque table et observant les nombreuses mines maussades et les toutes aussi nombreuses places vides parmi les dernières années. Il s'attarda alors sur la table de sa propre maison et constata que le nombre avait effectivement diminué. Un soupir passa la barrière de ses lèvres cette année risquait d'être fortement ennuyeuse et déprimante.
« Beaucoup de fils et filles de Mangemorts se sont faits tuer ou se sont exilés quelque part dans le monde, par peur de représailles. D'ailleurs, je te signale que ta présence n'était pas attendue. »
Drago tourna la tête vers sa droite et découvrit Shaun Wikzbee, un élève de septième année qu'il avait déjà croisé quelques fois auparavant. Avec sa petite taille et son air supérieur -commun à chaque Serpentard - placardé sur le visage, il aurait été la personne la plus encline à se faire tabasser par les costauds de Poudlard mais son intelligence était tel que personne n'osait s'y frotter, de peur de se prendre un mauvais sort. Cependant, Drago Malefoy n'était pas du genre à laisser un petit avorton comme Shaun lui gâcher la première soirée de sa dernière année à Poudlard, ni toutes les autres à venir.
« Dommage pour toi, Wikzbee, je ne compte pas partir maintenant. Tu devras me supporter tout au long de l'année.
- Je n'ai pas dit que ta présence n'était pas souhaitée, seulement qu'elle n'était pas attendue. Si tu veux mon avis…
- Et si je ne le veux pas ?, le coupa Drago, les dents serrées, reportant son attention sur les premières années qui étaient presque déjà tous répartis dans leur maison.
- …, je pense que nous aurons besoin de quelques anciens comme toi, continua quand même Shaun, imperturbable.
- Besoin de moi ? Et pourquoi ?
- Pour remettre un peu de l'ambiance des Serpentards dans ce bon vieux Poudlard car, comme tu l'auras sans doute remarqué, nous ne sommes plus autant appréciés.
- L'avons-nous déjà étés ?, soupira Drago, las de gaspiller sa salive.
- Non, c'est vrai, mais nous le sommes encore moins.
- Et qu'est-ce-qui te fais dire ça alors que nous venons juste d'arriver ?
- Regardes autour de toi et dis-moi que rien ne cloche. », railla Shaun.
Drago s'exécuta – et le regretta aussitôt. Lorsqu'il avait observé les visages endeuillés, il n'avait pas remarqué que certains renvoyait une expression haineuse à toute personne se trouvant à sa table lui-même semblait être la cible la plus visée. Et, en disant « certains », Drago se trouvait trop bon. En effet, la plupart des élèves les dardaient d'un regard noir.
Préférant finalement la compagnie de l'irascible Shaun à celle des jets venimeux provenant des yeux d'un tiers de la salle, Drago se tourna vers ce dernier qui affichait un sourire satisfait.
« Maintenant que tu es préparé à ce à quoi nous serons confrontés d'ici peu, c'est-à-dire la foutue revanche de ses minables (il désigna d'un coup de tête dédaigneux les tables qui leur faisait face) , je vais revenir à ma proposition de tout à l'heure…
- Celle de me rallier à toi afin que l'on puisse régner en maîtres sur une bande de blaireaux qui ne pense qu'à se faire remarquer sur la banc des accusés alors que, le meilleur moyen de passer une existence à peu près tranquille serait de faire profil bas ? Non merci mais il me reste un minimum de dignité.
- Un Malefoy qui fait profil bas ? Qui fait en sorte que personne ne le voit ? Avant, les Malefoy ne rataient jamais une occasion de prouver leur supériorité et leur pouvoir, grinça Shaun, sa tête baissée vers son assiette - qui s'était magiquement remplie – quoique qu'un peu tournée vers son interlocuteur.
- Je pense connaître mieux que quiconque le mode de fonctionnement de la famille Malefoy, merci bien Wikzbee », répondit amèrement Drago avant de détourner la tête pour mettre un terme à la conversation, retenant à peine l'envie débordante d'enfoncer le visage de Shaun dans son assiette, de sorte qu'il puisse s'étouffer avec.
Malgré son manque d'appétit, il parvint à manger quelques bouchées des mets délicieux que les Elfes de Poudlard avaient préparés jusqu'à ce que son ventre le rappelle à l'ordre. Il repoussa son assiette et parcourut la Grande Salle du regard. Il se rendit alors compte qu'un grand nombre d'élèves manquaient à l'appel, quelle que soit la maison. Chez les Serpentards, la plupart étaient des enfants de Mangemorts donc, comme l'avait dit Shaun, ceux-ci avait préférés déserter. Pour ce qui était de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle, la raison était tout autre : les absents n'étaient pas seulement absents de Poudlard ils l'étaient du monde des vivants. Ils étaient morts durant la Grande Guerre sous la baguette des Mangemorts ou de Voldemort lui-même. Drago s'était aperçut du nombre réduit d'élèves dans le Poudlard Express mais il n'en avait pas évalué l'ampleur. Les nombreuses places vides sur les bancs de la Grande Salle la dévoilaient entièrement.
Le nœud dans son ventre se fit plus intense et soudain, les regards qui pesaient sur lui lui faisaient l'effet de quelqu'un pressant un oreiller sur son visage. Ses paumes devinrent moites, sa respiration se fît plus courte et il se surprit à compter mentalement les minutes interminables jusqu'à ce que l'autorisation fût donnée aux élèves de monter dans leurs dortoirs.
Avançant parmi la foule sans vraiment y faire attention, les yeux perdus dans le vide, Drago suivait comme un automate le reste des Serpentards vers les cachots.
La salle commune des Verts et Argents était semblable à toutes les autres années : l'imposante cheminée en marbre noire dans laquelle crépitait un feu aux flammes argentées se trouvait juste en face de l'entrée de la salle, entourée par de nombreux canapés rigides d'un vert sombre les multiples escaliers qui menaient aux dortoirs des filles et des garçons en fonction de leur ancienneté – les premières et deuxièmes années se voyaient attribués les dortoirs au fond, à droite, les troisièmes et quatrièmes années les dortoirs au fond à gauche, les cinquièmes et sixièmes années dans les dortoirs du milieu et les septièmes années dans les dortoirs proches de l'entrée les nombreuses tentures accrochées aux murs représentant Salazar Serpentard dans de multiples périples au cours de sa vie.
A la place du sentiment rassurant d'être chez soi qui l'envahissait à chaque début d'année, un malaise s'installa dans le cœur de Drago. L'impression de ne pas être où il faudrait, d'être déplacé et pas dans son élément. Un nouveau sentiment que Drago avait du mal à supporter. Un sentiment qu'il haïssait car jamais un Malefoy ne se sentait déplacé quelque part ce n'était pas un Malefoy qui s'intégrait à un élément, c'était l'élément qui s'intégrait à un Malefoy.
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# Adela Oros 14 : Je te remercie de ta lecture. Voilà la suite, j'espères qu'elle te plaira autant que le prologue. Donnes-m'en des nouvelles !
# Elisa : Voici la suite, j'espères que tu apprécieras. Tiens-moi au courant !
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Voici pour le premier chapitre de ma fiction. Alors, qu'en dites-vous ? Bien ou mal, peu m'importe, ce qui compte c'est que vous donniez votre avis le plus sincère ! Pour toutes questions ou demandes quelconques, contactez-moi, rien de plus simple ! Partagez cette fiction, lisez et soyez heureux ! Bonne continuation à tous, à bientôt pour un second chapitre !
