Lea:Merci, je pense que cette histoire sera différente de celles que j'ai déjà écrites.
Am99: J'espère bien!
Chapitre 2
-Je n'en reviens pas que tu retournes là-bas ! Calliope ! s'écria Arizona en essayant de bloquer le passage à la latina.
-J'ai besoin de ma famille, j'ai besoin de ma maman, j'ai… je dois retourner chez mes parents, près de mes sœurs ! Près de… mes racines !
-Tes racines ? Calliope, à la mort de Sofia, ta mère a dit que le diable avait repris ce qui lui appartenait ! Elle a dit que nous avions été punie pour notre faute ! Que Mark et toi aviez été punis pour votre pécher. J'espère que tu ne crois pas qu'elle va t'accueillir les bras ouverts ! Et l'enquête n'est même pas terminée !
-L'enquête ? Mais je m'en fiche de l'enquête ! Ca ne me ramènera pas ma fille ! Sofia ne reviendra pas grâce à l'enquête ! Alors… je ne vais pas attendre ici ! Ma famille c'était Sofia, et elle n'est plus là ! Elle n'est plus là ! C'est elle qui faisait tenir notre couple ! hurla la brune en fourrant ses chemises dans un sac de voyage.
Arizona resta interdite dans un premier temps, puis, elle déclara d'une voix glaciale :
-Quel poids sur les épaules d'une petite fille !
-Arrête ! siffla l'ortho, regarde autour de toi ! A quoi ressemble notre vie sans elle ? Il faut bien se rendre à l'évidence ! Nous avions besoin d'elle pour tenir ! J'avais besoin d'elle pour tenir !
-Calliope, ne retourne pas chez tes parents ! Ils vont te détruire ! Je t'en supplie !
-J'ai besoin de partir d'ici ! J'ai besoin de voir autre chose ! et… de reconstruire une vie saine !
-Saine ? Attends… tu crois que c'est parce que tu menais cette vie que… que Sofia… est…
-Je ne sais plus rien Arizona… j'ai besoin d'air !
-Tu es en train de rompre avec moi ? demanda soudain Arizona en s'asseyant sur le lit ses jambes refusaient de la tenir debout.
-Je… je crois que… c'est mieux.
Arizona prit le gobelet de café fumant que lui tendait la vendeuse et tendit un billet de dix dollar en retour. Elle ne prit pas la peine de récupérer la monnaie avant que la jeune femme l'ait rappelé plusieurs fois.
-Eh bien, vous avez l'esprit bien occupé ma belle ! lança l'afro américaine en éclatant de rire.
-Oui… un peu, concéda la chirurgienne en esquissant un sourire discret.
Elle se dépêcha de rejoindre l'hôpital et son odeur aseptisée où elle se dirigea vers la salle de garde préférée de Mark. Elle entra sans frapper et découvrit l'ancien papa en train de dormir. Elle le couva du regard durant quelques instants. Il avait vieilli d'un seul coup, ce jour-là. Depuis, il ne s'arrêtait pas d'ailleurs. Arizona savait qu'il ne s'arrêterait pas de vieillir tant que le coupable du meurtre de Sofia ne serait pas retrouvé et jeté en prison.
Sofia. Quand elle repensait à sa fille – et elle y pensait bien souvent – elle se disait que tout n'était qu'un vague souvenir, que ce n'était pas sa fille qui avait été retrouvée dans un fossé, balancée comme un sac d'ordures. Elle oubliait peu à peu la voix de Sofia, son esprit la modifiait, l'altérait, et il finirait par la réduire au silence.
Arizona vint s'assoir sur le bord du lit et secoua doucement l'épaule de Mark afin de ne pas réveiller Lexie qui se reposait au creux de ses bras.
-Hey ! murmura-t-il en regardant sa montre. Tu es très en avance. Ou alors je suis très en retard !
-Non, non, je suis en avance. Je voulais discuter de… enfin de son retour.
-Elle est déjà là ?
-Je ne sais pas quand est-ce qu'elle arrive.
-J'ai essayé d'en parler à Owen, mais on a eu une nuit de folie. Tentative de suicide collectif.
-J'aurai bien participé, murmura Arizona en baissant les yeux.
Lorsqu'elle les releva, elle croisa le regard inquiet de Mark.
-Je plaisante Mark ! Je ne suis pas en train de sombrer ! Je vais bien ! assura-t-elle d'une voix qui se voulait apaisante.
Mark posa une main lourde sur le genou de son amie, puis il se dégagea de l'étreinte de Lexie et les deux ex parents sortirent sur la pointe des pieds.
Dans la salle de réunion, l'atmosphère était tendue. Chacun avait visiblement été mis au courant du retour de Calliope Torres et ils ne se gênaient pas pour dévisager Mark et Arizona.
-Bonjour à tous ! lança Owen en entrant dans la salle d'un pas rapide.
-Harry Porty a été admis hier dans la journée car son cancer a détérioré ses os et le traitement qu'on lui administrait ne fonctionne plus. Il a donc demandé à ce qu'on tente l'opération finale.
-C'est-à-dire ? demanda un interne.
-Remplacer la quasi-totalité de ses os, déclara Owen, jetant un froid dans l'assistance. Aucun interne ne sera admis en salle d'opération et…
Une plainte s'éleva dans la salle et le rouquin fit taire les élèves en levant simplement les mains.
-Je ne laisserai pas d'interne entrer dans la salle d'opération tout simplement parce que les meilleurs chirurgiens viennent de tout le pays, qu'il y aura une vingtaine de médecins dans le bloc.
Arizona leva la main et attendit qu'Owen daigne poser les yeux sur elle.
-Oui ?
-Le docteur Bailey peut-elle me remplacer ?
Tous les regards se tournèrent vers la blonde et elle ne releva même pas les mines étonnées qui la dévisageaient .
-C'est impossible.
-Pourquoi ?
-Dr Robbins, pas maintenant ! intima Owen.
Mark leva la main à son tour et demanda :
-Quand le docteur Torres arrive-t-elle ?
-Elle a du retard à cause d'un patient mais elle devrait arriver dans la journée !
Le ventre d'Arizona se serra et elle eut soudain peur de revoir son ex -femme. Elle savait que cette boule ne partirait pas avant que Callie ne quitte la ville.
-Bien… je vous propose de refaire le point sur le dossier. Harry Porty, 14 ans, est venu ici il y a cinq ans…
Arizona se leva et sortit de la salle d'un pas précipité.
Elle préféra s'enfermer dans la salle de pause pour remplir quelques dossiers avant d'effectuer une visite approfondie de son service.
En découvrant les scanners de certains de ses patients, elle eut des flashs lancinants. Elle revoyait son avocat face à la caméra, le regard déterminé. La mine froide, le corps droit.
-Sofia n'était pas une dealeuse, ou une femme adultère, c'était une petite fille pleine de vie, qui avait des parents aimants. Rien ne prévoyait qu'elle finisse battue… étranglée…
Etranglée… étranglée… étranglée… étranglée… étranglée… étranglée… étranglée
Jetée sur le bord d'une route où elle est morte d'asphyxie.
Asphyxie… asphyxie as-phy-xie.
Elle jeta le dossier sur le sol et prit sa tête entre ses mains. Le souffle rapide et saccadée elle appuya ses paumes contre ses tempes afin de faire disparaitre les mots de son esprit. Elle essaya de suivre les conseils de son psychologue. Ne pas se refermer sur soi, ne pas rester seule. Ne pas s'écouter penser.
Arizona sentit une main venir à la rencontre de son coude et elle eut un mouvement vif pour se retourner.
Lexie la regardait avec ses grands yeux ronds. La jeune fille ramassa le dossier et lui tendit avec un petit sourire.
-Ca va docteur Robbins ?
Soudain, l'appellation docteur Robbins lui parut ridicule.
Après tout, Mark et Lexie étaient ensembles depuis plusieurs années et Arizona était devenue proche du plasticien. Souvent, ils passaient une partie de la nuit ensembles, au téléphone. En d'autres mots, elle lui volait souvent son petit ami alors elle n'avait pas à l'appeler docteur.
-Appelle moi Arizona, s'il te plait Lexie ! demanda-t-elle d'un ton brut.
-Euh… eh bien… balbutia la jeune femme en haussant les épaules.
-Je veux dire… si tu veux bien, se radoucit la blonde.
Lexie s'assit sur le canapé, à côté de la chirurgienne et lui agrippa la main avec calme.
-Ca va aller, tout se passera bien, déclara la jeune.
-Tu crois ?! demanda-t-elle, perplexe.
-Mark aussi a peur, je comprends que vous soyez tous les deux bouleversés parce que Callie revient mais… c'est peut-être le moment pour vous de… parler.
Arizona retira sa main de l'étreinte de sa cadette.
-Nous devrions aller travailler.
La journée était pluvieuse mais visiblement, les petits humains avaient le moral, eux. Arizona faisait tout pour ne pas leur transmettre son angoisse et son pessimisme et cela fonctionnait bien… grâce à Lexie qui devenait de plus en plus douée pour la pédiatrie. Dans quelques années, elle lui laisserait les reines, elle en était certaine. Elle avait un don avec les enfants qui faisait des miracles.
A l'heure du déjeuner, le service de chirurgie était calme, paisible. Arizona s'accorda une petite pause pour un café avec Teddy, mais partout où elle allait, on lui lançait des regards compatissants, ou inquiet, pire : des regards débordant de pitié. Elle ne supporta pas vraiment l'atmosphère de la cafétéria ni même la conversation qu'avait choisi Teddy.
-Quel manque de tact ! déclara-t-elle soudain en interrompant son amie au milieu d'une bouché de carotte.
-Pardon ?
-Je crois que tout le monde est au courant pour Callie, tout le monde déborde de sympathie pour moi mais je pensais, qu'au moins, ma meilleure amie aurait la décence de ne pas m'en parler !
-Excuse-moi je croyais que…
-Tu croyais mal ! cracha Arizona en se levant.
Elle se réfugia dans une salle de garde où personne, elle en était certaine, ne viendrait l'ennuyer. Elle donna l'ordre à Lexie de gérer les deux prochaines heures seule.
Il n'y aura pas de procès, pas de coupable. Seule. Pas de caméra, pas de témoin. Sofia.
Arizona se leva et se mit à faire les cents pas, puis à tourner en rond, jusqu'à en avoir le tournis, elle fit claquer un élastique sur ses poignets et s'attacha finalement les cheveux car elle mourait de chaud. Puis, elle attrapa une boite de pilule au fond de sa veste et fourra deux comprimés dans sa gorge. Il était temps que cette journée s'achève vite.
20h, derniers dossiers à remplir. Mark était déjà parti depuis une bonne demi-heure et Lexie semblait impatiente de le retrouver, elle gesticulait et avait du mal à remplir le dossier du dernier patient.
Arizona se planta à côté d'elle et lui demanda de se calmer.
-Alors, vous avez des projets pour ce soir Mark et toi ?
-Euh… pas vraiment non… répondit Mini Grey gênée.
-Comment ça ?
-Euh… eh bien… avec Mark, on ne prévoit jamais… enfin… il n'a pas forcément envie de faire… des projets.
Arizona fronça les sourcils.
-Ah oui, mais pourquoi ?
-Excusez-moi, je suis Calliope Torres, je voudrais voir le docteur Hunt mais son bureau a changé de place visiblement.
Le sang d'Arizona se glaça. De l'autre côté du comptoir, se tenait Callie. La brune ne l'avait pas remarqué, elle s'adressait à la réceptionniste. La pédiatre resta immobile, à fixer le visage de son ex-femme. Soudain, leurs yeux se croisèrent.
-Oh, laissa échapper Callie en se figeant à son tour. Arizona…
La poitrine de la blonde se souleva de façon irrégulière et elle déglutit difficilement. Sans dire un seul mot, elle fit volte face, lâcha le classeur qu'elle avait dans les mains mais laissa le soin à Lexie de le ramasser pendant qu'elle fuyait dans les vestiaires.
La pièce était plongée dans le noir, et Arizona s'y sentit immédiatement en sécurité. Loin de Calliope, loin de ces yeux chocolat, loin de cette femme qui l'avait abandonnée, loin de celle qu'elle avait aimé un jour. Loin de celle qui avait portée leur enfant.
Elle s'allongea sur le banc et appuya ses paumes très forts contre ses paupières : elle attendit que des paillettes de couleurs apparaissent. Soudain, elle entendit un bruissement près d'elle… la porte venait de s'ouvrir. Elle plissa les yeux afin de voir qui cela pouvait être.
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