Note de l'auteure : Donc voilà la suite ! j'espère qu'elle vous plaira !
Ah au fait, l'histoire ne changera pas de catégorie, le rang T suffit amplement. Et Oui, j'ai trouvé une utilité au titre !
crédits : non, P.O.T ne m'appartient pas.
Bonté
« If I had a brain, I'd be cold as a stone and rich as a fool and turned all those good hearts away. »
People help the people, Birdy.
- Eh bien, je pense qu'il est temps pour moi de vous laissez entre vous, mes petits tourtereaux, déclara Echizen Rinko en se levant du canapé du salon
Immédiatement, Sakuno se leva et entreprit de la raccompagner à la porte d'entrée. Pendant que l'invitée enfilait ses talons hauts blancs, Sakuno en profita pour la détailler du regard. Elle trouva que la personne en face d'elle avait un visage sans âge, bien qu'elle sût qu'Echizen Rinko avait un peu plus de la quarantaine. Elle portait un tailleur pantalon blanc qui lui allait à merveilles, et ses cheveux bruns d'où l'on ne percevait aucune mèche blanche, était relevés en un chignon. Elle enfila son trench beige et passa son sac à main Burberry sous son bras. Sakuno souhaita secrètement ressembler à cette femme à son âge.
- Sakuno
Celle-ci sortit de ses songes en reconnaissant la voix de l'invitée.
- O-oui, Rinko-san ? Répliqua-t-elle
Son interlocuteur esquissa un sourire et posa sa main sur l'épaule de la jeune vingtenaire.
- Détends-toi, voyons, il n'ya aucune raison d'être aussi nerveuse. Je voulais simplement te remercier pour ton hospitalité même si, ma visite était improviste.
- Mais je vous en prie, Rinko-san, c'était un plaisir ! N'hésitez pas à repasser.
- Ne soit pas si formelle, répondit Rinko, et appelle-moi Oka-san, n'est-ce pas ce que je suis ?
Sakuno eut un temps d'arrêt. C'était bien la première fois qu'elle qualifiait quelqu'un de la sorte. Elle n'avait jamais pu expérimenter les joies d'avoir une mère. Non pas que son père ne parvenait pas à combler ce vide, bien au contraire. Mais… il fallait avouer que, parfois la présence d'une mère l'aurait bien aidée, comme lorsqu'elle était entrée dans la phase de la puberté, ou lorsqu'elle était tombée amoureuse pour la première fois… Après vingt deux ans d'existence, appeler quelqu'un que vous ne connaissiez que depuis quelques mois « Oka-san » était assez embarrassant… Sakuno jugea même qu'elle aurait besoin d'un peu d'entrainement avant de se lancer.
- Oka-san.
L'interpellée lui montra son plus beau sourire qui fut communicatif, car Sakuno l'imita. La quadragénaire entraina sa fille dans une accolade chaleureuse. Sakuno fut prise au dépourvue, ne sachant comment réagir. Si sa mémoire était bonne, la dernière fois que son père l'avait prise dans ses bras, elle devait avoir… dix ans ? Sakuno redouta soudainement que sa belle-mère ressente son malaise et croie que Sakuno n'aimait pas les contacts.
Quand tout à coup, un léger parfum de lavande vint lui chatouiller les narines. Sakuno ne put que s'apaiser et se détendit peu à peu. Inconsciemment, ses mains se refermèrent autour de sa belle-mère. Elle remarqua à la même occasion que cette dernière détendit ses épaules également. Etait-elle aussi nerveuse qu'elle ?
- Merci de t'occuper de mon fils, murmura-t-elle, je sais qu'il peut être dur parfois, mais sache qu'il a un grand cœur
Après un moment d'hésitation, Sakuno entreprit de répondre, voyant que sa belle-mère semblait attendre une réponse :
- Sans aucun doute.
Quelques minutes plus tard, Sakuno suivait, la Mercedes blanche, du regard s'en aller, en se disant que sa belle-mère avait un gout prononcé pour les couleurs claires. Puis, elle referma la porte d'entrée, le claquement léger s'étouffa dans le silence pesant de la grande maison luxueuse qu'elle partageait avec lui…
Son mari.
Le poids de ces deux mois de relations conjugales retomba lourdement sur ses épaules. Depuis qu'ils habitaient ensemble, c'était comme si elle vivait seule, dans cette maison beaucoup trop grande pour seulement deux personnes. Sans doute que leurs proches attendaient avec impatience l'arrivée de quelques petits enfants…
Eh bien, ils allaient attendre longtemps. Et puis avec un mari aussi bavard qu'une carpe et aussi chaleureux qu'une tombe, il ne fallait pas s'attendre à aller bien loin… Sakuno le savait, et ce, depuis leur première rencontre. La façon dont il la regardait était différente. Ce n'était pas qu'elle y décelait de l'amour ou quelconque forme d'affection, elle n'avait rien d'amical au contraire elle était froide et hostile. Un regard qu'elle connaissait bien.
Néanmoins elle s'y était accommodée. Ce n'était pas comme si elle avait souhaité cette union. Elle était plus déçue que triste. Elle ne se serait jamais imaginé qu'il se comporterait ainsi, au contraire, elle pensait qu'ils s'entraideraient jusqu'au jour où ils pourraient mettre un terme au contrat, car leur père respectif leur avait imposé le délai de six mois. Cette durée dépassée, libre à eux de rester ensemble ou de se séparer.
Quoi qu'il en soit, elle venait de mentir à sa belle-mère pour la première fois.
Toute cette histoire à cause d'une vieille promesse… Elle était sûre et certaine que leurs pères étaient surement entrain de rattraper le temps perdu.
« Nous avions souhaité former une grande famille, avait dit son père, la larme à l'œil, après que le contrat de mariage fut signé, et après trente ans de séparation, notre plus grand souhait se réalise enfin »
Sakuno soupira en se rendant dans le séjour. Il avait quitté la pièce au moment même où elle avait entreprit d'accompagner sa mère. Sakuno se demanda si elle pourrait supporter de vivre avec lui encore quatre mois. Si ce n'était pas pour son père, ça ferait bien longtemps qu'elle serait retourné auprès de son grand-père au Japon, alors que Dieu sait ô combien son aïeul était terrible.
Elle avait dû déménager aux Etats-Unis car son mari était à la tête de la branche Américaine de l'entreprise familiale, tandis qu'elle n'était qu'en cours d'apprentissage du métier… Le choix avait été vite fait.
Sakuno grimpa les marches de l'escalier qui la menait à l'étage et se rendit dans sa chambre.
…Kureha courait pour sa vie. Le bruit de ses pieds nus résonnait durement sur l'asphalte en cette nuit glaciale. Pas un nuage n'était présent, même les étoiles semblaient se cacher, seule la lune éclairait la jeune fille de quinze ans. Dans la ville, pas un bruit. Même le vent semblait s'être tu.
Kureha le sentait, la chose qui la poursuivait était proche…très proche…
Elle la rattrapait… Elle était là.
- Oï.
Sakuno sursauta et abaissa si brusquement l'écran de son ordinateur portable qu'elle crut qu'il s'était brisé. Elle avait eu la peur de sa vie. Elle se retourna doucement et posa ses yeux sur lui. C'était la troisième fois qu'il lui adressait la parole en l'espace depuis la visite de sa mère, deux mois auparavant. Elle fut si surprise de le voir qu'elle crut d'abord qu'il s'agissait d'une hallucination.
- O-oui ?
Il braqua son regard aiguisé comme un couteau sur elle. Ses yeux noisette, surmontés de cils si longs, étaient, comme à leur habitude, légèrement dissimulés sous ses cheveux hirsutes verdâtres. Son mari, lui, arborait, en accord avec son regard, une expression fidèle à lui-même reflétant l'impression que je lui donnais : l'ennui total. C'était une bonne progression. Au moins, Sakuno semblait ne plus y déceler le dégoût.
Vêtu de sa tenue professionnelle, c'est-à-dire, un costume noir et une cravate de la même couleur sur une chemise blanche, il resta à la porte de sa chambre.
- Téléphone, pour toi. Répondit-il simplement en agitant son propre téléphone portable
Il y eut d'abord un court moment de silence durant lequel ils se fixèrent. Ce n'était pas à cause du fait qu'il ne lui répondait pas par des phrases complètes, mais qu'il était venu jusqu'à sa chambre et lui proposait son propre téléphone portable !
Elle savait bien que ses efforts n'étaient pas vains. Elle savait que le saluer tout les matins, lui préparer ses repas et faire le ménage dans la maison porterait ses fruits. Même si lui ne lui répondait jamais, même s'ils ne mangeaient jamais ensemble, même si il laissait tout traîner sur le sol…
Ses efforts avaient payé. Elle espérait même être parvenue à percer sa carapace. Ses nuits à prier silencieusement avait donc servit à quelque chose. Elle se leva donc le cœur battant, retenant son sourire.
Son mari, lui, tendit le téléphone portable dans sa direction. Sakuno ne put s'empêcher de sourire et de répondre à son geste, mais…
- Merci, Ryoma-san, vous… commença-t-elle
Il lâcha l'objet à la dernière seconde. Celui-ci résonna sur le parquet.
Le sourire de la jeune vingtenaire se figea. L'once de chaleur qu'elle avait perçue quelques secondes auparavant disparue. Ses yeux brun-rougeâtre étaient rivés sur le téléphone portable tactile dont l'écran était à présent fissuré.
Son estomac se noua. Un sentiment d'angoisse naissait en elle, à chaque fois qu'il avait ce genre de comportement. Elle sentait son regard lui transpercer les entrailles. Elle avait eu tort d'espérer. Et de quel grand cœur, sa mère voulait-elle parler ? Sakuno avait beau chercher, elle ne voyait rien.
Sans un mot, elle se mit à genoux et prit le portable. Si c'était pour le lui remettre ainsi, il n'aurait pas du se déranger…
Il tourna les talons sans refermer la porte derrière lui.
Sakuno aurait bien aimé lui hurler qu'il agissait comme un gamin et qu'avec un tel comportement tout ce qu'il gagnerait serait de finir célibataire pour le restant de ses jours et que même si il s'agissait du dernier homme sur la planète elle préfèrerait se retirer les ongles à la grosse pince plutôt que de l'épouser.
Oui, elle aurait bien aimé. Mais, cette dure réalité dans laquelle elle vivait, préférait les actes aux souhaits irréalisables. Si Sakuno avait eu du cran, elle aurait tenu tête à son grand-père depuis des lustres et exercer son métier aux yeux de tous, sans avoir besoin de se cacher.
Mais ce courage, cette audace, elle ne l'avait pas. Elle en avait des choses à dire, beaucoup de choses, et à tout plein de gens. Tous ces mots qu'elle gardait pour elle, qu'elle avait rêvé de leur cracher au visage, à commencé par celui qui lui servait de mari, tous ses mots, elle les avait gardés au fond d'elle, attendant patiemment le jour où elle n'aurait plus peur.
Cependant, elle s'était vite rendue compte qu'elle allait attendre bien longtemps, car si elle continuait à se faire violence, elle ne changerait jamais, la preuve, à vingt-deux ans, elle ne tenait même pas tête à son mari.
Alors, elle s'était mise à l'écriture, dès le collège. Comme il s'agissait du seul domaine où elle excellait, elle y accordait beaucoup d'importance. Elle était allée à l'encontre des volontés de son grand-père, et avait participé à plusieurs concours d'écriture sous le pseudonyme « Himitsu ». Bien sûr, personne n'était au courant de son secret, même pas son père. Personne à part sa meilleure amie Osakada Tomoka qui s'en était allé à l'étranger à cause de son métier de top modèle, et son éditrice, car oui, après plusieurs années de travail acharné, elle avait fini par se faire remarquer par l'une des plus célèbres maisons d'édition du Japon.
- Allô ? Il y a quelqu'un à l'appareil ?
Sakuno sortit de ses songes et porta le téléphone à son oreille.
- Ryu-Echizen Sakuno à l'appareil, déclara-t-elle, a qui ai-je l'honneur ?
- C'est Nanjiroh, lança son interlocuteur comme s'il s'agissait d'une évidence, dis-moi, tu ne réponds plus à ton portable ? As-tu changé de numéro ?
- Ah, oui, désolée, répliqua-t-elle, j'ai oublié de vous prévenir, ça m'est complètement sorti de l'esprit
- Que s'est-il passé ? demanda son beau-père d'une voix anxieuse
- Ah…C'est une longue histoire, il n'y a aucune raison de s'inquiéter…
Sakuno avait été victime pendant près de deux semaines, de messages de menaces dont elle devinait aisément l'auteur, mais elle ne voulait pas ennuyer son beau-père avec ses problèmes. Sakuno savait à quel point il était occupé, alors elle jugea préférable de garder ça pour elle.
- D'accord…répondit-il avant de reprendre d'une voix plus joyeuse, alors, comment va ma belle-fille préférée ?
Sakuno sentit le sourire lui revenir, elle alla s'installer sur son grand lit qu'elle occupait seule et entreprit de poursuivre sa conversation. Depuis son emménagement, jamais elle ne s'était senti aussi seule. Elle ne s'était jamais très bien débrouillée en anglais et donc elle passait ses journées à travailler sur son prochain roman. Même faire les courses était une épreuve pour elle. Elle se sentait terriblement seule, elle était loin de ses amis, et de sa famille.
Elle ne pouvait le considérer comme sa famille, il ne le voulait pas lui-même. Ils étaient comme de parfaits étrangers, même après quatre mois de vie conjugale. Ce n'était même pas une vie conjugale mais une sorte de colocation !
Leur relation ne pourrait jamais marcher. Ce n'était pas peut-être pas un problème pour lui, mais pour elle si. Elle s'était rendue compte que leur mariage entrainerait la fusion des deux entreprises et donc, elle n'aurait pas à remplacer son père et à abandonner l'écriture. Et au moins, ainsi, elle deviendrait utile aux yeux de son grand-père.
- Je dois te laisser, termina son interlocuteur, le travail m'attend, et la prochaine fois que je t'appelle je veux entendre un bébé brailler !
Sakuno se sentit virer au rouge.
- N-Nanjiroh-san !
- Ah et arrête tes formalités, nous sommes une famille maintenant, non ?
- Oui, Otou-san
Bien. A présent elle avait deux pères. Elle l'entendit même rire avant de raccrocher. Heureusement que les coups de téléphones de ses beaux-parents et de son père lui remontait le moral. Il y avait des fois, où elle se demandait si son mari faisait bien parti de sa famille, car son caractère n'était pas comme celui des autres qui débordait de bonté.
Elle contempla l'objet dans ses mains. Il devait avoir coûté très cher, car même dans les publicités l'on n'avait pas encore entendu parler de ce téléphone. L'écran était brisé à présent. De toute façon, ce n'était pas de sa faute.
Elle entreprit donc d'aller lui rendre ce qui lui appartenait. Elle longea le grand couloir, et frappa quatre fois à une porte en bois vernie.
Ne recevant aucune réponse, elle s'autorisa donc à entrer. Elle garda les yeux rivés sur le parquet de la chambre. Son estomac se noua de nouveau.
- Hum…Excusez-moi, je vous rapporte votre téléphone-…
- What does she want ?
Sakuno reconnut la voix. Elle leva les yeux pour croiser celui d'une jeune femme vêtue d'une jupe crayon moulant ses hanches et ses jambes, d'un chemisier blanc très serré, dont les trois premiers boutons étaient déboutonnés. Ses cheveux blond platine avait été rassemblé dans une queue de cheval, et quelques mèches tombaient sur ses yeux bleus clair soulignés par du crayon noir et du mascara.
Sakuno connaissait cette femme, ce n'était pas le fait de la voir qui la choqua, ni même la façon dont elle était habillée, mais la position dans laquelle elle se trouvait avec…
Son mari.
Celui-ci se trouvait avachi sur son lit, le dos contre la tête du lit en baldaquin. Il ne portait pas sa veste de costume. Dans sa main gauche se trouvait une liasse de papier, tandis que l'autre avait saisi le poigné de la jeune fille. Celle-ci était à quatre pattes, les jambes et le bras droit de part et d'autre du corps du jeune homme tandis que sa main gauche déliait doucement la cravate de son mari.
La situation avait tout d'indécent.
Ce n'était pas la première fois qu'elle tombait sur de genre de scène. Après tout, il s'agissait de la personne qu'il aimait, mais le fait qu'il lui montrât ouvertement ses sentiments serrait son cœur.
Sakuno laissa échappait un hoquet de surprise et détourna les yeux de ce spectacle blessant. Il n'avait aucun respect envers elle. Alors qu'elle, depuis quatre, tentait tant bien que mal de sympathiser avec lui, voilà ce qu'elle récoltait en retour.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il sèchement
- J-je euh…je venais vous rendre votre téléphone portable
- Je n'avais pas l'intention de le récupérer, déclara d'une voix dure, fais-en ce que tu veux
Sakuno parvint tout de même à porter son attention sur lui. Elle lui porta un regard interrogateur.
- Mais…pourquoi ? Vous-
- Je ne prête pas mes affaires aux étrangers.
La jeune japonaise serra si fort ses poings qu'ils devinrent pratiquement blancs. Il ne lui fallut pas plus pour qu'elle quittât la pièce.
Elle aurait dû lui répondre, elle savait qu'elle aurait dû. Mais c'était une trouillarde, elle le savait et lui aussi d'ailleurs. C'était pour cela qu'il profitait de son caractère docile en trimballant cette femme dont elle ne savait même pas le nom, car monsieur n'avait pas trouvé utile de lui présenter la fille avec qui il prenait du plaisir.
Sakuno savait très bien qu'elle n'avait pas assez de cran pour lui répondre, pour lui jeter son propre portable à la figure, pour lui envoyer des messages de menaces, ou pour embrasser un autre type sous ses yeux.
Alors, elle garda sa colère au fond elle et fit ce qu'elle faisait de mieux : se faire tolérer. Passer du stade « étranger » à « connaissance ».
Elle avait réussi à convaincre son grand-père, alors elle pouvait convaincre n'importe qui.
Elle dévala les escaliers et envisagea de préparer le diner. Après l'écriture, le domaine dans lequel excellait Sakuno était bien la cuisine. Mais malheureusement, ce n'était pas assez utile pour que son grand-père lui reconnaisse ce talent.
Lorsque Sakuno posa le téléphone amoché sur la table, elle s'aperçut qu'il tombait en morceau lorsque quelques minuscules éclats rebondirent sur la surface du meuble. Elle s'empressa donc de les ramasser avant qu'ils ne se retrouvent sur le sol et ne blessent quelqu'un. Elle se dirigea, ensuite vers la poubelle et… son cœur manqua un battement, ses yeux s'écarquillèrent. Elle serra si fort ses poings qu'elle se demanda si les éclats n'allaient pas finir par s'incruster dans sa peau…
Elle découvrit clairement où avait terminé le déjeuné qu'elle avait préparé pour son mari. C'était la première fois qu'il n'était pas sorti déjeuner, alors elle avait cuisiné pour lui. Et voilà comment il la remerciait.
C'était ignoble. Jamais Sakuno n'aurait pu imaginer qu'il aille si loin. Elle avait tenu bon, elle avait gardé espoir, elle avait cru en les paroles de sa belle-mère, et elle avait supporté.
Il avait jeté sa nourriture, sans même y avoir touché. Alors qu'elle avait prit le temps de penser à lui, à son estomac qui criait famine ! S'il n'en voulait pas, il n'avait qu'à le mettre au frais, ou même le laissé là où il était ! En plus d'être un immense manque de respect, c'était du gâchis, ce qu'elle détestait par-dessus tout.
Elle n'était pas triste, ni déçu, car elle n'attendait plus rien de lui, plus rien. Il voulait qu'ils vivent chacun de leur côté, alors il allait avoir ce qu'il voulait.
Mais même avec ça, la colère de Sakuno ne s'apaisait pas. Elle laissa tomber le téléphone portable sur le sol, avec les morceaux de verre en souhaitant que le seul blessé doive cette ignoble personne.
On lui avait toujours dit d'être gentille, serviable, et calme, quand tant que femme, elle se devait d'être tolérante, et patiente.
Ils avaient surtout oublié de lui dire qu'elle devait toujours être stupide !
Mais malgré tout, malgré toutes ses tentatives stupides, elle ne regrettait rien. Il pouvait la traiter de tous les noms, dire que c'était une écervelée, sans cervelle même, parce que stupidité rimait avec bienveillance.
Car il semblerait si elle avait un cerveau, elle serait aussi froide que la pierre, et riche comme ces fous qui ont rejeté tous ces bons cœurs.
Comme son grand-père.
Comme Echizen Ryoma.
Pendant trois jours, Sakuno resta enfermée dans sa chambre et n'en sortait que pour se nourrir. Evidement, il lui était impossible ne pas croiser Ryoma et son amante, mais elle décida de les ignorer, ce qui avait l'air de lui faire plaisir selon elle.
La colère de Sakuno ne s'était pas apaisée pour autant, si bien que lors de sa conversation vidéo avec son éditeur, Shiba Saori, celle-ci ne manqua pas de le remarquer.
- C'est moi où, on dirait qu'une mouche t'a piquée … ?
Sakuno soupira.
- C'est une longue histoire, dit-elle, qui ne vaut vraiment pas la peine d'être racontée.
- C'est à cause de ton homme, hein ?
- J-Je ne vois pas de qui vous parlez
Son interlocutrice plissa des yeux.
- Si tu le dis, déclara-t-elle, quoi qu'il en soit, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t'annoncer.
Elle éveilla la curiosité de la jeune fille.
- Commencez par la mauvaise, s'il vous pait.
- Comme tu voudras, commença-t-elle, alors voilà, j'ai bien peur que tu vas devoir interrompre l'écriture de ton roman…
Avait-elle bien entendu ? D'abord on l'arrachait du japon en lui forçant d'épouser un sadique, et ensuite, on…on…
- Je-Je…je suis virée ? osa-t-elle demander
- Hein ? Non, bien sûr que non ! Qu'est-ce qui te fais croire une chose pareille, ricana-t-elle, crois-moi, sans toi la maison d'édition ferait faillite, alors on a intérêt bien à ne pas te virer.
- Alors pourquoi ?
- Ça c'est la bonne nouvelle.
Shiba Saori s'approcha soudainement de l'écran de son ordinateur, un sourire satisfait.
- Accroche-toi à ton siège, conseilla-t-elle, tu ne vas peut-être pas me croire, parce que moi non plus je n'y ai pas cru au début…
- Oui ? insista Sakuno
- J'ai l'honneur et le plaisir de t'annoncer que tu as été invitée à participer à l'événement le plus célèbre, le plus convié, où seuls les plus riches peuvent apparaître.
Le sang de Sakuno se précipita dans sa tête. Son éditrice n'avait pas besoin d'en dire plus. Elle avait deviné.
- The Golden Week.
A suivre.
Alors ? Comment c'était ? Laissez vos impressions !
Fujiokaka !
