Et voila le deuxième chapitre, un chapitre que j'aime beaucoup même s'il n'est pas parfait. On apprend à connaitre un peu mieux les trois héroines et on y rencontre un personnage qui me tient beaucoup à coeur même s'il n'est que secondaire. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
Chapitre 2: Mauvaise farce et bonne étoile
Le ventre plein du festin de la rentrée et les paupières lourdes de toute la fatigue accumulée dans la journée Laura, Ashley et Roxanne atteignirent enfin leur chambre au sommet de la tour des Gryffondor.
Depuis la fin définitive de la guerre, le nombre d'élèves à Poudlard avait augmenté. Par exemple à Gryffondor en quatrième année il y avait 8 filles et 9 garçons. Pour accueillir ces jeunes têtes blondes avide d'enseignement il avait fallu créer des nouveaux dortoirs. C'est ainsi que des nouvelles portes et deux nouveau étages étaient apparus dans la tour de Gryffondor. Les chambre attribuées aux nouveaux élèves lors de la première année de nos trois héroïnes étaient deux chambres de cinq lit, une au 4ème étage et l'autre au dernier étage, le neuvième. A l'époque les 5 charmantes camarades de Laura, Ashley et Roxanne avaient refusé de monter si haut pour aller se coucher tous les soirs et elles s'étaient toutes attribuées un lit dans la chambre la moins haute laissant aux trois autres peu de choix. Mais cela n'avait jamais dérangé nos trois intrépides que l'ascension n'effrayait pas. Elles avaient le privilège d'avoir une vue imprenable sur tous les terrains de Poudlard, elles n'étaient que trois dans une chambre de cinq et le dernier étage comptait une seule chambre contrairement aux étages inférieurs qui en comptaient deux. Elles jouissaient donc de beaucoup de place et de tranquillité.
Laura poussa la porte de l'épaule et alla directement s'affaler dans son lit en poussant un soupir à fendre l'âme, le main sur son ventre trop rempli. Roxanne balaya la chambre avec ses yeux bouffis et alla mécaniquement chercher sa brosse à dent dans son sac avant de se diriger vers la salle de bain sans un mot. Elle passa devant Ashley, assise sur son lit qui n'avait pas la motivation de se lever pour faire de même. La journée bien remplie avait eu raison des trois jeunes filles et elles se mirent au lit en silence. Demain elles commenceraient les cours, il fallait qu'elles soient en forme.
Le premier rayon de soleil chauffait doucement une fine tranche du plancher et trois respirations tranquilles rythmaient le temps qui passait quand un bruit strident déchira la paix de la chambre. Dans les trois lits, les corps bougèrent. Une tête blonde émergea des couvertures, yeux bouffis et sourcils froncés.
- Par le slip de Merlin, Roxanne, éteint ce fichu réveil !
Deux lits plus loin à droite, un bras s'échappa des draps, s'éleva difficilement dans les airs et retomba mollement sur le réveil. Le bruit cessa immédiatement. Mais les corps remuaient dans les lits, des soupirs s'élevèrent, quelques plaintes aussi et, enfin, une couverture fut brutalement repoussée et Laura se leva. Elle tituba jusqu'à la salle de bain. Quand elle revint dans la pièce, elle était réveillée et prête à commencer sa nouvelles journée. On ne pouvait pas en dire autant de ses deux amies. Laura les voyaient cacher leur visages dans leur oreillers pour grappiller quelques secondes de sommeil. Elle riait silencieusement. Cela ne servait absolument à rien, elles étaient réveillées de toute façon et elles n'avaient pas le temps de se rendormir. Elle avait passé trois ans à essayer de leur expliquer que rester au lit le plus longtemps possible était le meilleur moyen de se lever de mauvaise humeur et la tête dans le coton mais elles n'avaient jamais voulu ne serait-ce qu'essayer de suivre son conseil alors tans pis pour elles.
Laura avait déjà enfilé son uniforme et brossait ses longs cheveux bruns quand le réveil sonna une deuxième fois. Les protestations furent un peu plus sonores cette fois mais Roxanne arrêta la sonnerie et se réinstalla confortablement.
- Vous savez, les filles, vous allez bien devoir vous lever à un moment ou une autre, fit remarquer Laura à mi-voix en traversant la chambre pour aller chercher sa pince à cheveux dans sa valise.
Des grognements lui répondirent. Elle n'insista pas.
Une bonne demie heure plus tard elles étaient prêtes à descendre déjeuner. Avant de descendre l'escalier, Roxanne lança un sort sur la porte, ainsi si quelqu'un entrait dans leur chambre elles seraient au courant. Contrairement aux apparences, ce n'était pas une habitude pour elles de barder la porte de leur chambre de charmes de protection, cette mesure était toute nouvelle et visait à empêcher Potter et ses amis d'entrer dans leur chambre. Elles en avait discuté hier et avaient conclu qu'il fallait prendre très au sérieux la menace de représailles de groupe suite à l'incident du compartiment. Le réputation des quatre garçons en terme de farce n'était plus à faire.
Ils étaient connu de tous sous le nom des Trimardeurs ( Laura n'avait jamais sut s'ils s'étaient donnés eux-même ce nom ou s'il s'était imposé de lui-même dans toute l'école ) et étaient déjà au cœur de beaucoup de légendes Poudlariennes. L'histoire de la redécoration de l'austère bibliothèque en salon de lecture cosy l'année dernière tournait encore dans les couloirs, ainsi que celle des tatouages sur les joues et le front de Terence Wilson, qui avait eu l'audace de dire devant James que les harpies de Holyhead, l'équipe où jouait Ginny Potter, n'avait aucune chance de gagner le championnat cette année là. Il s'était baladé pendant deux semaines avec marqué en couleur sur tout le visage « Je suis un supporteur des Tornado ». (Pour ceux qui voudraient le fin mot de l'histoire : les harpies de Holyhead n'avaient pas gagné le championnat cette année là).
Quoi qu'il en soit Ashley, Laura et Roxanne avaient tout lieu de redouter le pire de leur part. Elles avaient décidé de passer à la bibliothèque dès qu'elles auraient un moment de libre pour trouver un sort plus efficace que celui qu'elles venaient de lancer. Elles comptaient sur un certain de temps de réaction de la part de l'adversaire pour échapper au pire, après tout, eux aussi avaient besoin de préparer leur vengeance.
La journée se passa sans incidents. Les élèves retrouvèrent leurs professeurs, certains avec plus de plaisir que d'autres, et à la fin de la journée les quatrièmes année de Gryffondor avaient déjà un devoir à rendre et des exercices à faire. Roxanne se plaignait de leur charge de travail alors que les filles remontaient dans leur chambre pour déposer leurs affaires avant d'aller dîner. Après les cours, elles s'étaient rendues à la bibliothèque avec en tête une idée bien précise de ce qu'elles étaient venues chercher. Malheureusement trouver des informations spécifiques dans une bibliothèque de plus de 100 000 ouvrages n'avait jamais été aisé mais quand ces trois diablesses avaient un plan en tête rien ne pouvait les arrêter et elles avait fini par dénicher leur bonheur.
Elles avait encore dû se procurer un objet un peu spécial mais absolument indispensable avant de pouvoir renter au QG pour mettre le plan diabolique à exécution. Débarrassée de leurs sacs elles se tirent devant la porte, solennelles. Laura tendit la main sans regarder les deux autres et dit en imitant l'air concentré d'un chirurgien:
- Ashley, le slip !
Ashley lui tendit l'objet le nez froncé de dégout.
- Roxanne, le boxer !
Roxanne fit de même en retenant son rire.
Tenant les deux morceaux de tissus dans une main et sa baguette dans l'autre Laura prononça l'incantation prenant garde à ne pas exiger de la part de la porte une reconnaissance trop précise. Elle acheva sa litanie mais rien de spectaculaire ne se produisit.
- Bon ça devrait marcher, dit Laura au bout d'un moment de silence.
- Quelqu'un veut aller chercher un garçon pour vérifier ? demanda Ashley sarcastiquement.
- Vous savez c'est bizarre de dire ça, fit remarquer Roxanne, mais j'espère qu'ils essayerons de pénétrer dans notre chambre rien que pour voir, ou plutôt entendre, l'effet de ce sort. Je dois dire que c'est une de nos trouvailles les plus brillantes, ce serait dommage que ça ne serve à rien.
Ashley et Laura acquiescèrent en riant. Puis elles descendirent les escaliers direction la buanderie de Poudlard pour remettre à leur place ce qu'elles y avait subtilisé et enfin aller manger.
Le sort qu'elles avaient lancé sur la porte était une version simplifiée de celui lancé sur les escaliers menant aux dortoirs des filles dans la tour de Gryffondor. Il suffisait de désigner à la porte un objet et dès que la porte reconnaissait un tel objet elle émettait un son strident dans le but, sinon d'empêcher les personnes d'entrer, au moins de les empêcher d'entrer inaperçus. Les trois filles voulaient que la porte reconnaisse tous les garçon qui essayeraient de passer pour cela elles lui avaient désigné deux objets propres au garçons : leurs sous-vêtements. Elles s'était demandé un moment comment mettre la main sur un slip et un boxer avant de penser aux elfes de maison. C'étaient eux qui lavaient le linge, ce qui incluait les sous-vêtements masculins. Elles étaient descendues aux cuisines où elles savaient pouvoir trouver un elfe de maison à n'importe quelle heure de la journée. Ashley avait alors prétexté avoir perdu un pull auquel elle tenait beaucoup et avait demandé si elle pouvait aller vérifier dans les piles de linge, elle l'avait peut-être mis au sale par inadvertance. Pendant qu'elle tentait un sort d'attraction pour retrouver l'hypothétique pull, Laura avait subtilisé dans une pile de linge - propre, bien sûr, qu'est-ce que vous croyez ?- ce dont elle avait besoin. Et voilà ! Le tour était joué. Il ne restait plus qu'a distraire les elfes pendant que Laura allait reposer ce qu'elle y avait prélevé sur la pile de linge. Elle n'était pas sûre qu'elle les aie replacés sur la bonne pile mais tant pis, quelqu'un venait de gagner des sous-vêtements gratuits aujourd'hui !
Elle était en train de raconter cela à ses deux amies et toutes les trois imaginaient des conséquences toutes plus stupides les unes que les autres à ce petit incident en gloussant quand un groupe passa à leur hauteur. Roxanne fit signe aux deux autres de se taire : il s'agissait de Potter, Sharps, Mordson et Haddock les Trimardeurs au complet. Elles leur sourirent insolemment. Leurs récent ennemis ralentirent et Wiliam Sharps, le beau blond tombeur de filles du groupe, leur lança :
- Vous avez passé une bonne journée ? Vous savez, on dit souvent que les premières journée augurent du reste du trimestre, si ce n'est de l'année entière.
- Et alors ? répondit Ashley sur la défensive, nous avons passé une très bonne journée, merci beaucoup.
- Je suis fort aise de l'apprendre mais la journée n'est pas encore terminée. A la revoyure !
Et ils s'éloignèrent en riant. Les trois jeunes filles les suivirent des yeux, le visage contrarié. Venaient-ils de se moquer d'elles ? Qu'est ce qu'ils avaient voulu dire ?
- Vous croyez qu'ils voulaient juste nous faire peur où est-ce qu'ils ont déjà fait quelque chose ? demanda avec anxiété Roxanne. Aujourd'hui, avant qu'on mette notre sort en place ?
- On avait déjà lancé un sort sur la porte ce matin, personne n'est entré dans le chambre, affirma Laura.
- Ce n'était pas un sort très compliqué, s'entêta Roxanne, et tout le monde le connait. Ils ont peut-être été capables de le déjouer.
Il y eu un silence pendant lequel elles s'entre regardèrent, la peur commençait à s'infiltrer dans leur esprits.
- Vous savez quoi ? conclut Ashley. Ce soir je ne couche pas avant d'avoir passé la chambre au peigne fin.
Les deux autres acquiescèrent et elles éclatèrent toutes les trois d'un rire nerveux.
Quelques places plus loin les quatre garçons s'amusaient des regards soudain inquiets de leurs cadettes. Ils n'avaient pas eu le temps de mettre leur plan en place aujourd'hui et les filles ne craignaient rien mais ils aimaient bien distiller la peur autour d'eux, cela ajoutait à leur réputation. La petite répartie de William avait eu exactement l'effet désiré : ce soir les trois filles ne dormiraient pas sur leurs deux oreilles.
Le lendemain, aux alentours de trois heures, dans la salle commune de Gryffondor et plus précisément dans le dortoirs des filles retentit une sirène aiguë et tonitruante. Les quelques filles présentes dans la salle commune se précipitèrent vers leur dortoir, celles qui se prélassaient dans leur chambre en furent débusquées, paniquées. Anita, la préfète de septième année, présente à ce moment là, repoussa les curieuses et gravit les escaliers à la recherche de la source tout ce raffut. Elle montait et montait mais à chaque étage les visages inquiets de filles pointant timidement leur nez par la porte entrebâillée de leur chambre étaient tous tournés vers les étages supérieurs, le bruit la menait toujours plus haut. Elle parvint enfin au dernier étage. Là-haut le bruit était assourdissant, il se répercutait contre les murs de pierre, c'était infernal. Une main couvrant une de ses oreille elle alla ouvrir la seule porte de l'étage: une chambre appartenant à des filles de troisième ou quatrième année si ses souvenirs étaient bon. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir à l'intérieur quatre garçons, eux aussi les mains sur les oreilles qui avaient l'air déboussolés. Elle les reconnus immédiatement, il s'agissait des Trimardeurs.
- Qu'est ce que vous faites ici ? leur cria-t-elle par dessus le vacarme
Ils n'entendirent pas la question. Agacée, elle leur fit signe de redescendre de la tour. Dès qu'ils eurent tous passés la porte le bruit cessa pour le plus grand soulagement de tous.
Anita pu enfin interroger les garçons sur leur présence dans ce dortoir. Elle ne pu rien leur soutirer. Ils avaient l'air de très mauvaise humeur et pas du tout disposés à ce montrer coopératifs. Elle se permit de leur faire la leçon, son énervement décuplé par le mal de tête qui lui vrillait maintenant les tempes. Les quatre garçons repartirent le visage bas chercher leur sac pour aller en cours.
Mais foi de Trimardeurs, les trois petites pestes allaient leur payer cet affront public ! Ce n'était pas la première fois qu'ils allaient dans le dortoir des filles et ils savaient pertinemment qu'aucunes des chambres n'étaient équipées d'une telle alarme. C'était un coup de ses trois prétentieuses, ils en étaient sûr ! James résuma la pensée de tous quand il conclut avec hargne :
- On avait prévu d'être plutôt gentils avec elles mais là c'est en trop ! Elles nous ont humilié publiquement, nous allons les humilier publiquement. Qu'elles se préparent à souffrir !
Ce soir là quand Ashley, Laura et Roxanne pénétrèrent dans la tour Gryffondor elles furent interpellées par Anita Bentley.
- Hep vous trois là-bas ! Oui, vous. C'est à vous la chambre au dernier étage ? Je ne sais pas ce que vous leur avez fait mais je préfère vous prévenir : cette après midi les Trimardeurs se sont introduits dans votre chambre. Et à ce propos, c'est vous qui avez installé cette affreuse sirène sur votre porte ?
La préfète n'avait pas l'air de bonne humeur, les trois jeunes filles intimidées bafouillèrent ce qui ressemblait à une réponse affirmative.
- Je suppose que je ne peux pas vous blâmer, ça les a effectivement empêché de mettre en place leur farce mais si vous pouviez baisser un peu le volume de votre truc on vous serait tous reconnaissant ou en tout cas faites en sorte que je sois loin de la tour quand elle se met en marche !
La septième année leur lança un dernier regard irrité avant de retourner travailler. Ashley, Laura et Roxanne échangèrent un regard excité et montèrent rapidement dans leur chambre.
- Ça a marché ! s'écria Roxanne
- Oui, dommage qu'on ai pas été là pour voir ça, regretta Ashley
Mais en fin de compte imaginer la scène était bien plus marrant que de l'avoir vécue et des grands éclats de rire retentirent dans la chambre du dernier étage.
Quand elle descendirent pour diner, l'histoire des légendaires Trimardeurs ridiculisés par des quatrième années avait fait le tour des Gryffondor et les trois nouvelles célébrités furent arrêtées par quelques filles qui leur demandèrent quel sort elles avait utilisé. Elles s'assirent pour dîner un peu déboussolées par cette attention soudaine. De toutes les tables, un nombre non négligeable de têtes étaient tournées vers elles. Une main surgit de nulle part pour venir ébouriffer les cheveux de Roxanne.
- Hey Roxie ! dit Teddy Lupin en se glissant à table à côté d'elle. C'est vous les trois délinquantes dont Anita n'a pas arrêter de me parler aujourd'hui ? Il paraît que vous avez mis sans dessus dessous la salle commune alors qu'Anita était en pleine révision de métamorphose.
- On était même pas là ! se défendit Roxanne. C'est James et ses copains qu'il faut aller embêter.
- Donc c'est bien vrai cette histoire ? C'est la deuxième fois que vous vous mettez en travers de leur chemin en à peine trois jours si je comprends bien, remarqua-t-il en regardant Laura avec un sourire amusé. Si j'étais vous je ne sortirais plus de mon dortoir dorénavant. Vous jouez avec le feu, je vous préviens.
Il partit rejoindre ses amis non sans s'être assuré une dernière fois que les cheveux de Roxanne étaient bien en désordre. Quand il fut partit, cette dernière tenta de remettre de l'ordre dans sa chevelure rousse. Malgré le fait que sa mère ait les cheveux noirs et la peau sombre Roxanne avait de beaux cheveux roux très bouclés et la peau plutôt claire qui va avec. Eh oui, le gène ''cheveux roux'' des Weasley n'était pas un gène normal, seul le gène ''cheveux noirs et ébouriffés'' des Potter pouvait entrer en compétition avec lui !
A côté d'elle, Laura lançait des regards agressifs dans toutes les directions. Ashley lui demanda ce qu'elle avait.
- Tout le monde nous regarde ! s'exclama Laura. Ça te stresse pas tous ces regards sur toi ?
- Tu exagères Laura, il n'y a pas tant de monde que ça qui nous regarde.
Le regard que lui lança son amie semblait bien vouloir dire le contraire. Ashley leva les yeux au ciel.
- Tu est vraiment une misanthrope quand tu t'y met Laurie !
- Si j'avais su que cela nous attirerait autant de problèmes je leur aurait laissé ce fichu compartiment, marmonna la brunette.
- Quoi ? s'indigna Roxanne. Toi, Laura Wellington, tu te serais incliné de la sorte devant les Trimardeurs ?
- Il ne s'agit pas seulement de leur tenir tête, si on continue à s'opposer à eux on peut dire adieu à notre anonymat.
- Et alors ? objecta Roxanne, tu avoueras que la rentrée n'a jamais été aussi amusante. Tu es d'accord avec moi Ashley n'est-ce pas ?
- Elle n'a pas complètement tord tu sais ? Attends jusqu'à ce que tu te retrouves pendue en sous-vêtements au lustre de la grande salle et tu me diras si tu trouves toujours la rentrée aussi amusante, dit sombrement Ashley.
- Toi aussi Ash ? Ne me dites pas que vous avez peur d'eux maintenant ! s'étonna Roxanne en regardant ses amies à tour de rôle.
- Je n'ai pas peur d'eux répliqua Laura avec fierté, je veux juste la paix.
- Raison de plus pour les enfoncer une bonne fois pour toute et qu'ils nous laissent tranquilles, reprit Roxanne qui essayait désespérément de motiver ses troupes.
- Tu sais Roxanne, fit remarquer Laura, je me demande dans quelle mesure tu n'est pas en train d'essayer de nous utiliser pour qu'on se venge à ta place d'années de persécution par ton cousin. Et que ce soit bien clair: ne comptes pas sur moi pour régler tes affaires de famille.
Roxanne s'indigna de l'accusation, une dispute amicale s'engagea.
Puis le ton des conversation baissa brusquement, Laura leva les yeux au dessus de se fourchetée de patates bouillies. Les Trimardeurs venaient d'entrer dans la grande salle. Autour des tables de multiples sourires fleurirent. On se pencha de chaque côtés des allées pour murmurer la rumeur aux tables voisines. Laura, qui observait justement un Poufsouffle en train de murmurer quelque chose dans l'oreille d'un Serdaigle reporta rapidement son attention vers les Trimardeurs quand les deux comploteurs levèrent les yeux vers elle. Ce qu'elle vit la fit froncer les sourcils, les quatre garçons avançaient tête haute entre les tables, ils souriaient avec assurance. La densité de regards tournés vers le bout de la table des Gryffondor atteint son point culminant quand ils dépassèrent l'endroit où Ashley, Roxanne et Laura étaient assises. Mais tous les curieux en furent pour leur frais : les quatre garçons n'accordèrent même pas un regard au jeunes filles, ils allèrent s'assoir plus loin le plus naturellement du monde et entamèrent une conversation. Le brouhaha ambiant repris ses droits.
- C'est pas bon pour nous tout ça, fit remarquer Ashley d'une vois étranglée.
Et en effet, ce n'était pas bon du tout. Les jeunes filles prirent cruellement conscience du ridicule de leur fierté, à peine quelques heures plus tôt, quand en ouvrant la porte de leur chambre elle se rendirent compte que « quelqu'un » avait volé leurs matelas. Les trois matelas. Leurs lits n'étaient plus que des squelettes montrant leur lattes découvertes. Roxanne laissa échapper un éclat de rire plus proche du hoquet que de l'éclat de gaieté.
- Qui a dit qu'un sorcier ne pouvait rien toucher dans un pièce du moment qu'il ne pouvait pas entrer dedans ?
- J'arrive pas à croire qu'on ait été aussi stupides, dit Laura, complètement abasourdie.
Elles contemplèrent toutes leur chambre vandalisée pendant un long moment.
- Qu'est ce qu'on fait ? demanda Ashley. Où est-ce qu'on va bien pouvoir dormir ?
- Je ne vois qu'une solution, lui répondit Roxanne, on va aller dormir dans les appartements de notre protectrice, j'ai nommé la grande Helga Poufsouffle que nous ne remercierons jamais assez pour le refuge qu'elle nous a offert.
- Il n'y a qu'un lit dans la chambre, objecta Ashley.
- Et puis on est pas loin du couvre-feu on ne peux pas aller se promener dans les couloirs à cette heure-ci, ajouta Laura-la-raisonnable.
Roxanne regarda ses deux amies comme si elles les voyait pour la première fois.
- Quoi ? demandèrent Ashley et Laura en cœur.
- Je rêve ou quoi ? C'est toi Ashley, celle qui nous a déjà emmené dans les coins les plus reculés et les plus boueux de la forêt interdite qui s'inquiète de ton confort alors que tu sais pertinemment qu'il s'agit d'un lit deux place bien assez large pour qu'on puisse y dormir toutes les trois. Et c'est toi, Laura, celle qui nous as déjà trainé dans tant de couloirs interdits que j'ai arrêté de les compter, qui s'inquiète du règlement ? Vous me sidèrerez toujours les filles : quand il s'agit d'aller trainer dans les lieux les plus sombres et les plus glauques de ce château vous êtes toujours partantes mais quand il s'agit de tenir tête aux Trimardeurs juste assez longtemps pour ne pas perdre complètement la face il n'y a plus personne.
- C'est très diffèrent affirma Laura, on ne va dans les endroits interdits qu'en pleine après-midi le week-end quand le château est vide mais juste après le couvre-feu les préfets et les professeurs patrouillent chaque centimètre carré de couloir. C'est trop dangereux.
- Et tu suggère quoi alors ? Qu'on dorme sur le sol du dortoir ou dans la salle commune où tout le monde pourra rire de la bonne blague qu'ils nous ont faites ? Vous faites ce que vous voulez mais moi ce soir je dors dans les appartements bleus.
- Tu as raison, capitula Laura en soupirant, je suppose qu'on a pas le choix et puis on avait prévu d'y faire un tour bientôt.
- Il faut se dépêcher si on veux y aller avant le couvre-feu.
Elles prirent des affaires pour la nuit ainsi que leurs affaires de cours pour le lendemain et descendirent dans la salle commune. Le plus dur fut de sortir sans se faire repérer par les préfets. Elles se placèrent nonchalamment devant la porte et saisirent la première occasion pour se faufiler dehors au milieu des groupes qui rentraient du dîner. Puis elles s'élevèrent dans les étages vides à cette heure là. La jeune femme à la rose qui gardait l'entrée des anciens appartements de Helga Poufsouffle fut très contente de les revoir. Elle s'enquit de leurs vacances et s'emplit l'imagination de leurs histoires, elle qui avait passé deux moi à fixer un couloir vide. Mais elle voyait que les jeunes filles étaient fatiguées alors elle consentit à les laisser entrer. Ashley, Laura et Roxanne s'engouffrèrent avec joie dans les appartements dont le tableau leur laissait l'accès. Ils avaient une odeur de poussière et de renfermé après deux mois sans leurs occupantes mais elles sentirent quand-même l'odeur caractéristique des tentures et des vieux parquets. Cette odeur évoquait pour elles un foyer.
Dès leur première année, les trois amies avaient pris l'habitude, le dimanche après-midi, de visiter le château. Elles avaient décidé cela afin de ne plus se perdre entre leurs cours. Pour Laura c'était beaucoup plus que ça. Elle était une née-moldue et la magie du château l'émerveillait, aventurière dans l'âme elle voulait tout découvrir. Elle avait très vite passé sa passion aux deux autres et c'est ainsi que, de week-ends en week-ends, elles s'étaient enfoncées de plus en plus profond dans les mystères de Poudlard. Elles avaient poussé des portes secrètes, fermées depuis des centaines d'années, et marqué de leurs pas la poussière qui, dans certains couloirs, pouvait atteindre trois bons centimètres. Elles étaient vites devenue bien connues de tous les tableaux du château, et de certaines armures aussi. Mais les tableau ne sont que des fantômes du passé et jamais ils n'éventèrent le secret de ces aventurières méconnues.
La jeune femme à la rose était l'un d'entre eux. Elle habitait le couloir nord du sixième étage, un couloir où presque personne ne passait jamais. Puis un jour, il y a un un an et demi, trois jeunes filles étaient passées. Elles s'étaient perdues et avait demandé leur chemin à cette belle jeune femme nonchalamment assise dans un fauteuil à haut dossier et qui s'enivrait inlassablement du parfum d'une rose rouge figée pour l'éternité au summum de sa beauté. La jeune femme, Altaïr de son prénom, n'avait pas laissé passé cette aubaine ; les visiteurs étaient trop rares pour qu'elle les laissa partir sans leur avoir soutiré quelque histoire nouvelle. Les trois jeunes Gryffonfor n'avaient pas déçu ses attentes, Ashley lui avait conté l'histoire d'amour de sa vieille tante Marjolaine et, touchées par la solitude tu tableau, elles étaient revenues souvent la voir. Un sombre dimanche d'octobre l'année dernière, Altaïr les avait récompensé de leur assiduité : elle avait enfin consenti à ouvrir pour elles la porte qu'elle gardait close depuis plus de mille ans par fidélité pour l'ancienne propriétaire des lieux.
Il s'agissait des appartements privés d'Helga Poufsouffle. Les trois amies découvrirent des pièces qui respiraient la grandeur fanée, la beauté oubliée. Les meubles étaient recouverts d'un épaisse couche de poussière, les lourds rideaux de velours avaient perdu leur couleurs, le matelas millénaire dans la chambre à coucher était devenu aussi dur que la pierre mais la magie du lieu l'avait protégé des ravages plus irrémédiables que représentaient les rats et les doxys. Il recelait même quelques trésors tels que des flacon de parfum abandonnés sur la coiffeuse avec des boites de poudre ou les journaux intimes de la fondatrice.
Les filles s'étaient employées à restaurer la grandeur passé des appartements. Elles avaient passé en revue tous les livres sur les sorts ménagers dans la bibliothèque, la bibliothécaire avait trouvé cela très singulier, et Roxanne avait même demandé des conseils à sa grand-mère, très surprise elle aussi, par lettre. Avec beaucoup d'huile de coude et l'aide de quelques elfes surmotivés le lieu était de nouveau habitable et même très confortable, pour la plus grande joie de la jeune femme à la rose. Ashley, Laura et Roxanne en avait fait leur repère dans lequel elle passaient leurs soirs de week-ends dans un atmosphère très cosy.
Altaïr leur avait raconté toute l'histoire de la vie d'Helga Poufsouffle. Elle avait été une jeune fille très rêveuse et très romantique, elle avait même eu une brève histoire d'amour avec Godric, qui s'était mal terminée. Son tempérament calme et sa nature généreuse l'avait conduit à être souvent brimée parmi les fondateurs. On lui avait attribué la couleur jaune alors que sa couleur préférée était le bleu, la couleur de ses appartements, et les dortoirs près des cuisines. Mais elle s'en était toujours accommodée. Elle était la générosité même. Elle s'était élevée contre l'élitisme de Poudlard en acceptant tout les élèves dans sa maison pourvu qu'ils travaillent dur et qu'ils soient généreux envers tout le monde. Altaïr avait gardé ses secrets si longtemps, quel plaisir de les partager et de voir les yeux brillant de son public.
Quoi de plus naturel donc que, jetée hors de leur dortoir, les trois filles trouvent refuge dans ces appartements bleus, comme elles les appelaient ? A peines arrivées elles ouvrirent les fenêtres, passèrent le balais et firent le lit. Ce lieu était leur trésor et elles l'entretenaient avec assiduité. Enfin elles se serrèrent dans le grand lit et, à la lumière d'une bougie millénaire, parlèrent jusque tard dans la nuit.
Loin de là, au sixième étage de la tour de Gryffondor, les garçons se préparaient aussi à dormir. William sortit en boxer de la salle de bain, il ébouriffait ses cheveux mouillés avec une serviette tout en s'approchant des ses trois meilleurs amis. Ils étaient tous regroupés autour de James assis en tailleur sur son lit avec la carte des maraudeurs sur les genoux.
- Alors ? Elles sont où ? demandait Daniel avec impatience.
- Attends trente secondes, je cherche, répondit James excédé.
Il prononça une formule pour faire briller l'étiquette de Roxanne Weasley sinon il en aurait pour plusieurs heures a scanner les sept étages que comptait le château. Rien ne se passa. Il plia, déplia et retourna la carte plusieurs fois pour s'en assurer. Il réessaya, toujours rien. Ses copains étaient devenus silencieux. Il tenta le nom de Laura Wellington sans plus de succès.
- Elles ne sont nulle part ? s'enquit Matthew
- Non je ne les vois pas, dit James comme si lui-même ne croyait pas à ce qu'il disait.
- T'es sûre qu'elles ne sont pas tout simplement dans la salle commune ?
- Oui, j'ai vérifié au moins trois fois.
- Mais elles pourraient être où dans ce cas là ?
- Je sais que la salle sur demande n'apparait pas sur la carte...
- Elles ne doivent sans doute pas connaître cette salle, le coupa William.
- Et pourquoi pas ? s'étonna Matthew
- Franchement, Matt, tu vois vraiment ces trois poule mouillée, à cheval sur le règlement, arpenter les couloirs en pleine nuit ?
- En tout cas la preuve est là : soit elles connaissent la salle sur demande soit…
- ...elles connaissent une salle qui n'est pas sur la carte, finit James à sa place.
Il se leva la tête vers ses compagnons qui absorbaient le choc de cette révélation.
- L'heure est grave, très grave mes amis. Cette situation est inadmissible aussi je compte sur vous pour découvrir de quelle salle il s'agit.
Ils hochèrent tous la tête de façon solennelle.
