Les lieux et personnages de la série Harry Potter appartiennent à J. K. Rowling qui est une sublime écrivaine. Je ne suis qu'une admiratrice de son œuvre qui s'en sert pour son plaisir et pour le vôtre aussi j'espère.

Je suis terriblement désolée pour le retard, j'ai eu quelques problèmes techniques, « stupide ordinateur ». J'espère être plus régulière pour la suite de l'histoire. Sur ce, bonne lecture.


L´enfant fourchelangue

Chapitre 2 : Premières leçons et comment se débarrasser d'un pasteur

Harry cligna doucement des yeux alors qu'il commençait lentement à se réveiller. La petite pièce était éclairée par la faible luminosité du lever du soleil. Son lit n'était pas très confortable, mais il y avait toujours été habitué donc son sommeil n'en avait pas été perturbé. Les draps gris étaient usés et très minces tandis que l'on pouvait sentir les ressorts du matelas dans son dos lorsque l'on y dormait.

Harry se redressa en se frottant les yeux pour en chasser le sommeil. Le lit de Tom était à quelques pas du sien et, pourtant, leurs deux lits étaient collés sur deux murs opposés de la chambre. La fenêtre qui laissait entrer la lumière était située entre les deux et leur seule armoire noire était à côté de la porte. La pièce était peinte en gris, mais la peinture avait commencé depuis longtemps à s'écailler.

Harry vit son aîné commencer à bouger devant lui avant d'ouvrir les yeux. Quand leurs regards se croisèrent, le plus vieux se redressa aussitôt.

–Est-ce que ça fait longtemps que tu es réveillé ?

Harry secoua la tête. Il repensa alors à ce que lui avait promis Tom. Il allait apprendre à lire et à écrire ! Il se demanda s'ils allaient commencer aujourd'hui.

Tom repoussa les couvertures avant de poser ses pieds sur le sol en bois glacé.

–Fais ton lit. Si on est les premiers à descendre, on peut manger plus.

Harry hocha la tête et se laissa tomber en bas de son lit. Il ne fit qu'un léger bruit en tombant et frissonna en sentant le froid contre sa peau nue. Il tira les couvertures comme le faisait Tom qui le regardait du coin de l'œil. Celui-ci devait penser qu'il se débrouillait bien, car il le laissa faire seul. Après s'être habillés, ils descendirent silencieusement les escaliers pour se rendre dans la cantine alors que les autres enfants dormaient encore.

Harry et Tom s'assirent à l'écart après avoir rempli leur assiette, même s'ils étaient encore seuls dans la salle avec l'une des employées de l'orphelinat qui s'occupait de surveiller le déjeuner. Ils finirent leur repas alors que la salle à manger commençait à se remplir. Tom tira Harry par la main afin qu'aucun ne s'approche de lui. Il l'emmena dehors pour profiter de l'air frais du début du mois de novembre sans les cris des orphelins qui jouaient à se courir après. Ils en profitèrent pour s'asseoir sur les deux seules balançoires de l'établissement.

Harry se mit alors à tenter de toucher le ciel en allant de plus en plus haut, et Tom se joignit à lui. Harry souriait tandis qu'il essayait de dépasser Tom même si ce dernier le rattrapait toujours, un sourire sur les lèvres. Tom regarda autour puis se tourna vers le plus jeune.

–Ferme les yeux.

Faisant comme demandé, Harry ferma les paupières. Il ne voyait plus rien et tout ce qu'il ressentait était le vent sur son visage.

–Laisse-toi faire, ne bouge plus.

Harry arrêta de se donner de l'élan et eut alors l'impression de voler comme un oiseau. Le vent sifflait dans ses oreilles et caressait sa peau. Il resta ainsi pendant tout le temps que prit la balançoire pour ralentir sa trajectoire et rouvrit les yeux uniquement lorsque ses pieds touchèrent presque à terre. Il regarda Tom qui était lui aussi à l'arrêt et lui sourit, des paillettes brillantes dans les yeux. L'aîné lui sourit en retour et le fit se lever quand d'autres enfants sortirent jouer bruyamment.

–Viens, on va rentrer. Si on reste trop longtemps dehors, on pourrait attraper froid.

Harry suivit Tom comme son ombre. Le plus vieux décida d'aller cogner à la porte de la directrice avant que les cours dispensés au sein de l'orphelinat ne commencent.

–Oui ?

–Bonjour, Madame, je me demandais si je pouvais être dispensé des cours pour pouvoir enseigner à lire et à écrire à Harry. Je suis déjà considérablement en avance sur les autres et j'ai pensé qu'Harry se débrouillerait mieux si on lui enseignait seul à seul.

Les yeux de la directrice s'adoucirent à la mention du nom de son protégé et elle sourit quand Harry s'agrippa à Tom, craignant qu'elle refuse.

–C'est une excellente idée. Je te fais confiance et j'attends des résultats, sinon, tu retourneras en classe.

–Bien sûr madame.

Harry sourit et il aurait pu sauter de bonheur à l'idée de bientôt savoir lire et écrire.

–Vous pouvez partir, j'avertirai monsieur Williams.

Tom tourna sur ses talons, un petit sourire sur les lèvres. Il ne s'attendait pas à une autre réponse puisqu'il était d'avis que la directrice ne refuserait rien en faveur de son protégé. Harry avait eu le don d'attendrir la sévère matrone.

Après être allés chercher du papier et du crayon, les deux garçons s'installèrent dans le salon où les orphelins jouaient lorsqu'il pleuvait. Les fauteuils, comme tous les meubles de l'orphelinat, étaient usés et c'est pour cela que Tom préféra s'installer à même le sol devant la petite table au centre de la pièce qui était la seule surface utilisable.

Harry observa ce que faisait son aîné alors que celui-ci se mît à tracer une lettre.

–C'est un a majuscule. Essais.

Harry prit le crayon tendu par son professeur et s'efforça de faire comme lui, la langue légèrement sortie. Il remplit une page complète de cette même lettre avant que Tom soit satisfait. Ensuite, le plus vieux prit une seconde feuille et en traça une nouvelle.

–Ça, c'est un a minuscule.

Leur leçon se poursuivit ainsi et Harry savait maintenant écrire la lettre : a, b et c. Tom lui avait dit que ce n'était pas encore parfait, mais que s'il travaillait bien, il s'améliorerait vite.

Le cours particulier du plus jeune fut interrompu quand le bruit de pas des autres enfants se fit entendre en direction du salon. L'école du matin était finie.

Tom rangea les feuilles d'exercice dans une même pile tandis qu'Harry observa une bande de gamins qui venait d'entrer. Celui du milieu qui semblait être le chef avait les cheveux bruns et un sourire arrogant, les deux autres qui l'accompagnaient lui ressemblaient et ils avaient tous les trois une carrure impressionnante selon Harry. Ils devaient avoir environ treize ans.

–Alors Tom, t'es trop bon pour aller en classe avec nous ? Dis le chef avec un sourire moqueur.

S'il s'attendait à une réaction de la part du concerné, il fut déçu. Tom ne lui accorda même pas un regard et se contenta de répondre :

–Oui.

Les brutes froncèrent les sourcils. Tom croyait qu'ils allaient simplement partir, mais, apparemment, ils n'avaient pas retenu leur leçon comme tous les autres gamins. Tom se moquait bien qu'ils soient plus vieux que lui.

–Toi, c'est Harry, c'est ça ? Tu devrais pas te tenir avec lui, c'est un vrai taré.

Tom ne sut pas ce qui lui prit, mais la crainte qu'Harry décide de le quitter pour ces idiots lui fut insupportable.

-Harry est mon ami ! hurla-t-il en bondissant sur ses pieds.

Le brun ricana.

–Qui voudrait être ami avec toi, sale monstre ?

Harry fronça les sourcils. Il n'était pas le seul à être traité de monstre alors.

Tom vu rouge. Plus jamais quelqu'un ne le traiterait de monstre. Plus jamais. Cette époque-là était finie et il allait rappeler à ces brutes pourquoi.

Ses yeux prirent une teinte rouge et il fixa son regard presque écarlate dans celui du chef de la bande.

Il suffit d'une seconde. Une seule seconde, puis sa victime s'effondra, la tête entre les mains en criant de douleur.

Alors que ses acolytes reculèrent de quelques pas, Tom leva son regard de la forme à terre pleurant et geignant et les fixa à leur tour. Le premier s'enfuit sans demander son reste, mais le deuxième tenta de faire le fier et rejoignit son chef sur le sol dans un concert de cri.

Harry ne comprenait pas ce qui se passait. Pourquoi avaient-ils mal ? Il tira doucement la manche de Tom qui reprit ses esprits en prenant conscience qu'Harry venait d'assister à toute la scène.

Il relâcha son emprise sur ses victimes et, trouvant qu'il ne se relevait pas assez vite à son goût, il leur ordonna de dégager des lieux. Alors qu'ils partaient le plus vite qu'ils pouvaient de la pièce par crainte de représailles, Tom se tourna vers Harry.

–Harry, il faut que tu saches que j'ai un don, et je crois que tu en as un toi aussi. Le problème, c'est que les autres n'en ont pas et ils sont jaloux de nous. C'est pour ça qu'ils me traitent de monstre. Mais je suis plus fort qu'eux, on est plus fort qu'eux. Il faut qu'ils le comprennent sinon ils ne vont pas arrêter de s'en prendre à nous, de nous agacer. C'est pour cela que j'ai fait ce que tu viens de voir. Tu comprends ?

Harry réfléchit. Un don ? Tom était celui qui avait le plus joliment nommé ce qu'il avait. Il sourit et prit la main de Tom qui lui renvoya son sourire, soulagé.

Il le croyait. Tom ne lui mentirait pas. Et puis, il était là quand les trois garçons étaient arrivés. C'était eux qui avaient provoqué son ami. Ils l'avaient fâché et ils avaient seulement récolté ce qu'ils avaient semé.

–Que dirais-tu si on continuait tes leçons après le dîner ?

Le sourire d'Harry s'agrandit et il hocha vigoureusement la tête. Il voulait devenir aussi bon que Tom et le rendre fier de lui.


La neige tombait en doux flocons sur la cité. Tous les enfants se trouvaient devant les grandes portes d'une des églises de la ville. Harry observait la bâtisse, sa main serrant celle de Tom. C'était la première fois qu'il y allait pour Noël. Habituellement, la directrice restait avec lui à l'orphelinat ou elle laissait une employée pour s'occuper de lui afin qu'elle puisse accompagner les autres. Il n'avait encore jamais assisté à une messe.

Il pointa l'église de sa main libre et pencha la tête sur le côté en regardant Tom. Celui-ci comprenait toujours ce qu'il lui mimait même lorsque tous les autres n'y arrivaient pas.

–Comment je trouve ça ?

Harry hocha la tête.

–Le pasteur est ennuyant à mourir et les bancs sont très inconfortables.

–Allez ! On rentre les enfants. Dans le silence surtout.

Tom s'assit à l'écart des autres, emmenant Harry. Depuis qu'ils étaient sortis de l'orphelinat, il fusillait du regard les passants qui les regardaient avec de la pitié et surtout ceux qui les regardait parfois avec dégoût, comme de la racaille. Dans l'église, c'était pareil sauf qu'il n'y avait que de la pitié.

Tom aurait voulu leur arracher les yeux pour qu'ils cessent de les dévisager ainsi. Tous ces honorables gens se donnaient bonne conscience en compatissant avec eux, mais lorsqu'il s'agissait de vraiment les aider, par exemple en les adoptant, tous se défilaient en trouvant quelques raisons. Leur aide se résumait à de petits dons que l'orphelinat dépensait en une seule semaine. C'était tous des hypocrites.

Quand la messe débuta, Harry comprit ce que Tom lui avait dit. Le pasteur lisait un gros livre, la bible il lui semblait, et les phrases qu'il prononçait lui paraissaient dénuées de sens. Il tourna la tête et vit Tom en train de lire très peu discrètement.

Tom sentit le regard du plus jeune et il approcha le livre, le mettant entre les deux.

–Veux-tu pratiquer ta lecture ? chuchota l'aîné.

Harry acquiesça et se colla plus près de Tom pour avoir une meilleure vision. Et puis, le plus vieux était plus confortable que le banc.

Il s'était beaucoup amélioré autant dans sa lecture que dans son écriture. Tom était un très bon professeur et Harry passait plusieurs heures à perfectionner ce qu'il avait appris. Il aimait voir la fierté dans le regard de son aîné lorsqu'il le regardait travailler.

Aucun des deux ne prêta la moindre attention à la messe qui se déroulait et ni l'un ni l'autre ne s'en sentait coupable. Tom referma son livre quand le pasteur leur souhaita un joyeux Noël.

La directrice les rassembla tandis que l'église se vidait. Elle les dirigea vers la sortie où elle les laissa tremper leurs mains dans l'eau bénite. Tom ne s'avança pas pour le faire et Harry fit de même, se contentant de rester à ses côtés.

Le pasteur s'approcha du groupe et la matrone s'empressa d'ordonner aux enfants de saluer le religieux. Harry ne bougea pas. Que pouvait-il faire d'autre ? Tom, lui, resta de marbre.

–Bonjour à vous aussi mes enfants.

Le regard du pasteur se posa sur les deux garçons et le plus vieux n'aima pas du tout l'attention qu'il leur portait.

–Pourrais-je m'entretenir avec ces deux jeunes hommes ?

–Bien sûr. Harry, Tom, suivez monsieur le pasteur.

Harry regarda Tom qui serra les dents avant d'avancer à contrecœur et le suivit.

Le pasteur les fit entrer dans un bureau où il les fit s'asseoir.

Le religieux les regarda attentivement. Le plus vieux le regardait avec défi tandis que le plus jeune regardait ses pieds.

–Jeunes gens, vous devez savoir que vous ne venez pas à l'église pour vous divertir. Une messe n'est pas faite pour y lire, mais pour écouter et apprendre.

Ils les avaient vus alors, pensa Tom. Il haussa les épaules. Ce n'était pas comme si ça l'intéressait. Il venait seulement parce qu'il y était obligé.

Le pasteur se tourna vers le cadet, espérant que celui-ci fut plus respectueux.

–Et toi, Harry, c'est cela ?

Alors qu'Harry hochait de la tête pour signifier que c'était bien son nom, Tom intervint :

–Harry est muet. Si vous n'avez pas d'autres choses plus importantes à nous dire, nous allons partir maintenant.

Le pasteur eut presque un frisson en entendant un enfant d'environ 7 ans parler comme un adulte sur un ton aussi froid. Cependant, son esprit se concentra plutôt sur l'arrogance et le manque de respect du garçon.

–Parlez-moi sur un autre ton.

–Sinon quoi ? fit Tom en se levant.

–Ne jouez pas à ce jeu avec moi, jeune homme. Vous pourriez le regretter. Rétorqua le religieux en se redressant à son tour.

Tom eut un sourire narquois et commença à se diriger vers la sortie. Le pasteur ne le laissa pas s'en sortir ainsi et lui bloqua le chemin en le saisissant par le collet de sa chemise mise pour l'occasion.

–Lâchez-moi tout de suite.

–Sachez, espèce d'impertinent, que je détiens le pouvoir ici. Ne me provoquez pas.

–J'ai dit : lâchez-moi.

Lorsque le pasteur amorça un mouvement comme s'il s'apprêtait à frapper Tom, Harry bondit de sa chaise.

Tom sentit le pasteur le lâcher et le vit percuter le mur de l'autre côté du bureau. Étonné, il le regarda pendant quelques instants, étendu sur le sol, complètement sonné. Pourtant, il n'avait rien fait. Il se tourna alors vers Harry et le vit, un bras tendu en direction de l'homme qui le menaçait quelques secondes plus tôt. Il sourit.

Harry baissa lentement le bras, surpris par ce qu'il venait de faire. Il regarda Tom et le vit lui sourire. Répondant à son sourire, il laissa Tom le serrer rapidement dans ses bras, une chose qu'il faisait rarement.

–Je suis fier de toi.

Harry se sentit flotter, heureux de ce simple compliment. Ils sortirent du bureau sans aucun regard en direction du pasteur sur le plancher.

La directrice les regarda revenir avec un regard sévère ou, plutôt, en regardant Tom sévèrement.

–Pourquoi le pasteur voulait-il vous voir ?

–Il se demandait simplement pourquoi Harry n'avait pas récité les prières et il ne voulait pas l'intimider en le faisant venir tout seul. Je lui ai simplement dit qu'Harry était muet.

–Et pourquoi cela a-t-il pris autant de temps ?

–Il croyait qu'on plaisantait et il nous a même dit qu'une église n'était pas faite pour se divertir.

–Très bien dans ce cas. Tout le monde en rang maintenant, nous partons.

Alors que Tom et Harry franchissaient les portes de l'église, le pasteur dans son bureau se relevait difficilement. Il n'était plus tout jeune et sa rencontre brutale avec un mur le lui rappelait durement. Il s'assit derrière son bureau et frissonna.

Deux démons, voilà ce qu'étaient ces deux enfants. Le plus vieux avait semblé être la plus grande menace, mais, finalement, l'innocence feinte du deuxième était pire. Un démon au visage d'ange. Il fit son signe de croix, priant Dieu afin qu'il le protège de ces esprits maléfiques.

Tandis que le pasteur marmonnait ses prières, Tom souffla à Harry :

–C'est la dernière fois qu'on va à l'église, promis.


Voilà, c'était le deuxième chapitre. Encore désolée pour le retard. Laissez des commentaires si vous avez aimé ou si vous en avez afin de m'aider à améliorer mon écriture.