Titre : Histoire canadienne.
Rating : T.
Pairing : CanBec.
Warning : Mention de sujets délicats.
Summary : Canada et Québec ont une longue histoire commune. Rébellions sanglantes, guerres inhumaines, constitutions injustes et racisme francophobe la parcoures. Mais alors que tout devraient les opposer, tout ne fait que les réunir, pour le meilleur mais surtout le pire...
Disclaimer : Matthew, Arthur et Francis sont à Hidekaz Himaruya.
Personnage(s) : Mathieu; Matthew/Canada | Samuel/Nouvelle-France; Province of Québec | Arthur/Angleterre | Marie/Acadie. Mention de Francis/France.
M/A : Voici le second chapire de "Histoire canadienne". La Proclamation royale est l'acte qui transfère de manière officielle la Nouvelle-France, désormais appelé "Province of Québec", à l'Angleterre. Et je tiens à spécifier que la façon dont les chapitres seront tournées seront plus ou moins différents à chaque fois, vu qu'ils ne sont pas nécessairement écrits l'un à la suite de l'autre. En fait, pour mieux comprendre, je vous conseilles la série "Marguerite Volant". Elle représente très bien la vie de cette époque et les relations entre Anglais et Canadiens français. Je l'ai écouté en troisième année d'histoire. Et si jamais des garçons lisent ceci, sachez que ceux de ma classe ont adorés l'écouter -c'était même eux qui voulait le plus les écouter.


Histoire canadienne
7 octobre 1763 ~ Proclamation royale

Mathieu, désormais renommé Matthew, observa Samuel pleurer sur son lit, les genoux ramenés contre sa poitrine. Il n'aimait pas le voir dans cet état, ça lui fendait le coeur. Mais l'origine de cette tristesse, par contre, lui faisait encore plus mal.
Lui et Samuel étaient maintenant des possessions britanniques.
La France les avait donné à son ennemi juré.
Francis les avait abandonné. Matthew avec peine, Samuel avec froideur. Les colonies francophones du Nouveau monde avaient toujours sû, sans le moindre effort, que c'était Canada le préféré. Cruelle réalité dont ils s'étaient plus ou moins accomodés. Malgré tout, l'abandon de leur père leur donnait l'impression d'un coup de poignard en plein coeur.
« Samuel...? »
Le garçonnet leva la tête, pour regarder Canada. Celui-ci se tenait à côté de son lit, Kumajirou dans ses bras, comme à son habitude.
« Je peux...? »
Pas besoin d'autre chose pour comprendre ce qu'il voulait. D'un léger geste de la tête, Samuel accepta. Canada déposa donc son ours sur le lit, puis embarqua à son tour dessus, de peine et de misère. Une fois assis en tailleur sur l'épaisse douillette à côté de la jeune colonie, il le serra dans ses bras, comme il en avait l'habitude.
« Pleure pas, je suis sûr que Arthur est pas si méchant... », murmura-t-il, voulant le consoler.
-Une Tunique rouge peut pas êtes fin 'vec nous autres..., répliqua Samuel. 'Sont méchants, ils veulent qu'on parle anglais comme eux-autres... Qu'on soit comme eux-autres...
Le pire, songea Matthew, c'est que c'est vrai.
Il savait que sous les sourires tendres d'Angleterre, qui venait souvent les voir (trop souvent à leur goût), se trouvait un véritable diable humanisé. Un être impitoyable, capable du pire comme du meilleur et ce pour ses propres besoins. Il se souvenait très bien de l'amaigrissement brusque de Samuel, suite au déportement des Acadiens, tout comme celui de Marie, venue les rejoindre quand le régime britannique s'est imposé en Nouvelle-France. Il se souvenait que trop bien des innombables brûlures apparues sur le corps du brun, suite aux incendies que les Britanniques provoquaient. Même là, il apercevait les minuscules cicatrices témoignant des guerres franco-indiennes et anglo-indiennes.
Pour la première fois de sa jeune existence, Matthew haïssait quelqu'un.
Au même moment, la porte de la chambre s'entrouvit légèrement, laissant passer la tête de l'Acadienne.
« Les garçons, y'es là. »
Cette simple phrase glaça le sang des petites colonies dans leurs veines. Matthew serra d'avantage contre lui Samuel, qui avait saisit son chapelet et récitait, mue par un réflexe depuis trop longtemps acquit, le Notre Père.
Il y eut un petit silence, que Marie utilisa pour s'en aller. Mais à peine eut-elle quittée que la porte s'ouvrit en grand, si soudainement que les garçons sursautèrent. Ils regardèrent ensuite en sa direction...
... pour y voir l'Empire britannique dans toute sa splendeur. À la vue du rouge vif de son manteau, un frisson parcouru les frêles corps des enfants. Canada serra encore plus fort contre lui Province of Québec, qui cessa de réciter sa prière pour se coller contre le blond, effrayé.
« Hi! How are you? », demanda Arthur, en s'avançant vers eux. Kumajirou se mit à grogner, mais si faiblement que seul les jeunes colonies l'entendirent.
-Can you answer me? , ordonna subitement et sèchement la puissante nation, lorsque le mutisme de ses nouvelles possesions fût trop long à son goût. I know this damn frog taught you English.
-France nous a rien appris! , s'écria subitement Samuel. France, y nous a 'bandonné! On vaut rien pou' lui! C'est les frères pis les soeurs qui nous ont éduqués!
-You, shup up, Canadian!
Nouveau silence. Le plus frêle fixait le second, troublé. Jamais Samuel n'avait été aussi agressif. Étais-ce un effet de l'abandon? Peut-être. Matthew n'en savait rien. Mais ce qu'il savait, c'est que l'Anglais n'était pas là pour rien.
« And you seriously think I'm going to believe you? Francis is a doting father, he could never mistreat one of the countless kids. », ajouta, d'un ton hautain, ce dernier. À ce commentaire, Canada voulut sauter à la gorge de cette nation. Il ne savait rien de ce que lui, Samuel, Marie et leurs peuples éprouvaient. Ils n'étaient rien, aux yeux du Vieux Monde.
Mais à son grand malheur, il n'en n'avait pas la force. Il se sentait tout juste capable de réconforter en silence le brun, qui retenait difficilement ses larmes de rage.
« Hey, you! »
-Hein? , couina Matthew, en comprenant que c'est à lui que Angleterre s'adressait. Celui-ci l'observait attentivement, cherchant visiblement à découvrir son identité.
-You are Matthew, right?
-Y... yes... why? , bafouilla, par automatisme, le garçonnet. Un horrible sourire étire alors les lèvres de l'Empire britannique. Aussitôt, celui-ci s'avance et saisit le fin poignet du blond, avant de le tirer. Celui-ci fit une douloureuse chute.
-Matthew! , s'écria Samuel, en accourant vers le bord du lit. T'es correct?
Ne voulant pas inquiéter la colonie, même si, en effet, sa chute lui faisait très mal, il hocha légèrement la tête.
« Stand up! », ordonna Arthur, en se dirigeant vers la porte, puis appela Acadie, lui commandant quelque chose que Matthew ne tenta pas de traduire. Kumajirou, qui entre-temps était descendu, frotta son museau noir et humide contre la joue du petit territoire(1), comme pour le consoler. Celui-ci accepta volontiers la marque d'attention, malgré tout de plus en plus effrayé. Il savait que quelque chose allait se passer, et il n'aimait absolument pas le regard couleur forêt de a grande nation sur lui. Il y avait une lueur étrange, presque menaçante.
Quelques instants plus tard, Marie entra dans la pièce, tremblante de peur. Dans ses mains, elle avait un petit sac, contenant, à vue d'oeil, des vêtements.
Les deux jeunes colonies comprirent alors tout.
Arthur allait emmener Canada.
Celui-ci se recula le plus qu'il le pouvait loin de l'Empire britannique, mais rapidement, son dos se cogna contre le lit. Et malgré lui, il savait qu'il n'en n'avait pas le choix. Angleterre pouvait faire de lui ce qu'il voulait. Il était sa colonie, après tout.
« Stand up, Matthew. Right now. »
L'ordre eut finalement raison du garçon, qui, tremblant lui aussi, se leva. Il regarda Samuel, qui retenait ses larmes. Son coeur se serra soudainement, en comprenant qu'il ne reverrait plus son compagnon de jeu avant longtemps, très longtemps.
Dans un dernier élan de rébellion, Matthew se mit sur la pointe des pieds et tendit les bras vers le brun. Saisissant le geste de la petite colonie, Samuel se mit à quatre pattes, permettant ainsi au jeune territoire de lui entourer le cou, avec ses frêles bras.
« Te laisses pas faire, Samuel. Absolument pas. T'es plus fort que lui. », lui murmura-t-il, en lui faisant un dernier câlin. Province of Québec hocha discrètement la tête.
Puis, les jeunes garçons se séparèrent, la mort dans l'âme. Matthew prit dans ses bras Kumajirou, puis se dirigea vers Angleterre. Celui-ci lui sourit aimablement, mais ne réussit qu'à le faire faiblement frémir d'horreur. La nation du Vieux Monde prit ensuite le sac de vêtements que lui tendait toujours l'Acadienne et quitta la chambre, Canada sur les talons.
Mais il ne remarqua même pas le maigre sourire de joie sur les lèvres du petit blond.
Car même s'il se doutait bien qu'il risquait d'être assimilé, il avait au moins réussi à sauver Samuel. Et ça, ça valait plus que toutes les peaux de fourrure de castor qu'on pouvait récupérer sur ses terres.


(1)Contrairement à l'idée reçue, le Canada était une des trois régions de la Nouvelle-France, qui se trouvait entre Montréal et Québec. Les deux autres régions étaient la Louisiane et l'Acadie.


M/A : Je vous rassure, j'adore Angleterre et France. Mais malheureusement, je dois les faire passer pour des salauds. En tout cas, à la prochaine!
Prochain chapitre; Bataille de Québec.