Jusqu'à ce que la mort les sépare
Partie 2
Pepper avait été placée dans une aile de soins palliatifs de l'hôpital.
Il n'y avait rien à faire pour elle à part attendre.
Des aliments lui étaient transmis directement dans l'estomac via un tube ce lui semblait suffisant pour la maintenir en vie.
Des kinés faisaient travailler ses muscles chaque jour mais pour le reste…
Elle respirait sans aide, son cœur battait, mais les médecins ne comprenaient pas comment c'était possible.
Comme si le corps s'accrochait à une vie qui n'avait plus lieu d'être.
Les médecins avaient tentés de faire comprendre à Tony.
Les électro-encéphalogrammes étaient totalement plats. Il n'y avait RIEN à faire. RIEN à espérer.
Mais ni Tony ni ses amis ne voulaient entendre.
Le cœur battait seul. La respiration était profonde.
Pepper finirait par revenir, ils le savaient.
Seul Bruce ne disait rien.
Contrairement aux autres, il avait déjà commencé son deuil.
Même Natasha refusait d'accepter que sa meilleure amie puisse être…Partie… Jane non plus refusait de perdre son amie. Et son angoisse commençait à s'en ressentir sur sa relation avec Thor. Sans le vouloir, elle était de plus en plus agressive avec lui.
Le pauvre prince faisait le gros dos et subissait. Il comprenait.
Lui aussi était mort d'inquiétude pour son amie. Il aimait beaucoup Pepper. Elle avait un solide bon sens qui leur manquait à la majorité d'entre eux.
Pour tenter d'aider, Thor avait même demandé à Eir de venir examiner la malade.
La déesse n'avait rien pu faire, à sa grande tristesse.
Elle était peut-être une déesse mais certaines choses étaient hors de sa portée. Réparer un cerveau ravagé par exemple.
Tant que le cœur vivait, peut-être le cerveau pouvait-il guérir un peu ?
Elle n'en savait rien.
Désolée, elle s'était excusée de ne rien pouvoir faire à part alléger certains des symptômes.
Les muscles de la jeune femme avaient cessé de s'atrophier grâce aux potions qu'elle faisait passer à Thor par le Bifrost.
A part ça ?
Il n'y avait pas grand-chose à faire.
L'angoisse et la tristesse du groupe avait grimpé en proportion.
Tony se laissa tomber dans un profond fauteuil.
Depuis l'attentat, il n'avait pas remis son armure. S'il n'était pas ivre du soir au matin, c'était uniquement parce qu'il fallait quelqu'un pour faire tourner la compagnie. Non pour la compagnie elle-même mais pour avoir l'argent pour s'occuper de Pepper.
Plus rien d'autre ne comptait pour le milliardaire que son épouse.
Les journaux à scandale étalaient en première page le désespoir de l'ingénieur avec la même délectation qu'ils avaient mis à rapporter ses frasques ou son mariage.
Tout ce qui faisait vendre était bon. Et le malheur d'un grand plus que le reste.
C'était toujours bon pour le commun du mortel de voir que le grand pouvait souffrir lui aussi.
"- Pourquoi tu m'as demandé de venir, Bruce ?" La voix du milliardaire était épuisée.
Le physicien retira ses lunettes pour les nettoyer sur sa chemise.
C'était un geste qu'il avait souvent lorsqu'il était nerveux.
Depuis dix ans qu'il vivait à la tour Stark, il n'avait plus jamais eut "d'accident" avec Hulk.
La grande bête verte c'était progressivement calmée au point qu'une trêve fragile s'était établie entre les deux moitiés de la même âme.
"- Tony…"
"- C'est à propos de Pepper ?"
Bruce jura silencieusement.
Pourquoi est-ce que c'était à LUI d'annoncer la nouvelle à Tony ?
Ça allait encore plus le détruire.
"- Tony…. Les analyses sanguines de Pepper étaient bizarre depuis trois semaines."
"- Tu m'en avais pas parlé !"
"- Les médecins pensaient que c'était une anomalie d'analyse."
L'ingénieur se redressa sur son fauteuil.
L'attentat avait eu lieu trois mois auparavant.
Personne ne s'en était vraiment remis mais lui moins que tous les autres. Il avait si peur de perdre son épouse. Chaque jour gagné était une victoire mais jusqu'où Pepper tiendrait-elle ?
"- Tony…. Tu n'étais pas au courant de l'état de Pepper n'est-ce pas ? Elle ne devait même pas le savoir elle-même…."
"- …..Qu'est-ce que ça veut dire, Bruce !"
"- …. Pepper était enceinte quand l'attentat a frappé. Sans doute de quelques jours à peine."
Le milliardaire passa au livide.
Quoi ?
Il aurait dû…Il avait failli….être père ?
"- Tony… Elle l'est toujours…."
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Loki était sorti dans la rue pour la première fois depuis des années.
Il était nerveux.
Si Rakta et les deux frères d'une patiente qui lui devait la vie ne l'avait pas accompagné, il savait qu'il ne serait pas sorti.
Même s'il avait quelque peu changé depuis qu'il vivait dans les bas quartiers, il savait que quelqu'un finirait par le reconnaître.
"- Tu ne devrais pas rentrer la tête dans les épaules comme ça, Loki."
Le ton âpre de l'ancienne valkyrie le fit sourire avec amertume.
"- Quelqu'un va finir par me reconnaître, Rakta."
"- Et alors ? Grand bien leur fasse."
"- Rakta…"
Les deux mercenaires qui les accompagnaient reniflèrent. Loki les payait pour leur protection bien sûr, mais ils étaient surtout là parce que leur petite sœur était vivante parce qu'il avait soigné la petite fille sans rien demander en échange. Les deux mercs étaient bien content d'échanger la vie de leur sœur contre quelques heures de vadrouilles de temps en temps quand l'envie en prendrait le prince.
"- Elle a raison hein. Qu'est-ce que ça peut bien faire qu'ils te reconnaissent ?"
"- Ils me haïssent… Pourquoi croyez-vous que je suis venu m'installer dans les bas fond ?"
L'ainé des deux frères eut un sourire railleur.
Comme la plus part des Asgardiens, il était blond, barbu aux yeux bleus, avec des bras comme les cuisses du sorcier.
Son cadet était son clone, juste un peu plus grand.
Ils étaient nés là où Loki avait fini par tomber.
Ils avaient bien tenté de rejoindre l'armée régulière mais leur origine leur avait claqué la porte des casernes au nez.
Personne ne voulait de "trouble-fête" chez eux, quand bien même ils n'auraient jamais gâchés leur chance comme le faisaient bien d'autres à qui on ne disait rien, juste parce qu'ils étaient bien nés.
Ils avaient appris à se battre sur les genoux de leur père et de leurs oncles.
Ils avaient eu des clients de plus ou moins longues durées, parfois pour des caravanes vers d'autres royaumes où on n'allait pas risquer des Asgardiens respectables.
Ils avaient fini par se faire à la vie de mercenaire.
Tant qu'ils avaient assez pour faire vivre leur mère et leur sœur maintenant que leur père et leurs oncles étaient mort pendant une guerre quelconque, ils ne demandaient rien de plus.
Avec les mois, ils s'étaient un peu attaché au prince déchut.
Loki avait un sale caractère, une langue acerbe et cuisante, mais il ne rechignait jamais à recoudre une arcade sourcilière à deux heures du matin pas plus qu'à pratiquer une petite "opération de convenance" sur une gamine de treize ans en équivalent humain qui avait eu la malchance de se livrer à des petits jeux plus que manuel avec son copain. La vie était assez dure ici sans qu'une gosse se la gâche si jeune avec un bébé non désiré que le père ne voudrait de toute façon pas. Loki prenait de très gros risque quand il pratiquait ce genre de chose. Un avorteur risquait la peine capitale si quelqu'un prévenait la maréchaussée. Mais quelle importance ?
Alors certes, chaque "meurtre" comme les bien-pensants du palais appelaient ça, incrémentait son compteur d'une vie en plus à compenser, mais c'était le genre de cas où il avait très vite fait la paix avec sa conscience. Malgré tout l'amour qu'il avait pour Sleipnir, il aurait aimé que quelqu'un lui rende ce service quand il avait été violé par Svadilfari. Sa vie aurait sans doute été différente.
De la même façon, il ne rechignait jamais à laisser certaines poudres à ses patients les plus atteints s'ils lui demandaient. Les asgardiens aussi souffraient de maladies dégénératives.
Un suicide assisté, apaisé, avec les proches, était souvent plus digne et moins douloureux pour tout le monde (et surtout le mourant), qu'une agonie prolongée de mois, voire d'années sans rien pouvoir faire qu'assister à la fin de plus en plus profonde du malade.
Ça aussi c'étaient des vies Loki acceptait de prendre sur son karma.
Erik montra une boutique du doigt.
"- C'est pas là où tu voulais aller ?"
Loki se sortit de ses pensées. Machinalement, il repoussa dans son dos la natte qui lui arrivait à la taille. Il s'était juré qu'il ne la couperait pas avant d'avoir réussi à ramener son compteur à zéro.
C'était une marque de plus pour lui.
Quelque chose de tangible qui représenterait son évolution.
"- Oui en effet."
Les deux mercs sur les talons, Rakta à sa droite, le prince entra le premier dans la boutique de simples.
Immédiatement, une odeur âcre de végétaux en train de sécher prit à la gorge les deux frères qui se mirent à tousser.
Loki ne put retenir un petit sourire.
"- Erik, Sven, attendez dehors si ça ne va pas."
"- Non, t'en fait pas. Ça va aller."
Le propriétaire des lieux les toisa avec méprit.
Les vêtements des deux asgardiens étaient certes propres mais miteux. L'ancienne Valkyrie était et bien…Ce qu'elle était. Quant à Loki…. Le vendeur ne le reconnu pas.
Pendant qu'il était prince, le jotun avait rarement mit les pieds dans cette partie de la ville et le marchand n'était pas le genre d'individu qui pouvait avoir une chance d'être invité au palais.
"- Qu'est-ce que vous voulez ?"
"- Bonjour aussi."
Un peu prit au dépourvu que ce soit une femme qui lui parle, le marchand hésita une seconde.
"- Heu…oui… Bonjour. Qu'est-ce que je peux faire pour vous."
Bon, le ton était moins agressif. C'était déjà ça.
"- Mon patron est à la recherche de graines."
Loki sortit une liste soigneusement calligraphiée qu'il posa devant le marchand
Le marchand la prit.
"- C'est pour vous ?"
Loki hocha sèchement la tête.
Il avait plus honte que jamais de ses lèvres cousues.
Il n'y avait pas grand monde dans le royaume pour porter une telle marque d'ignominie.
"- Je vais aller voir."
Pendant que l'homme allait à l'arrière-boutique, Loki fit le tour des étalages.
Il prit quelques produits et éléments qu'il posa sur le comptoir.
Le vendeur ne tarda pas à revenir avec la commande complète.
Loki paya avec ce qu'il venait de prendre en plus.
"- Je vous met ça dans un sac ?"
Loki refusa.
Il téléporta directement le tout chez lui puis le groupe ressortit pour passer à la boutique suivante.
Il ne fallut pas longtemps au quartier pour savoir qu'un sorcier faisait ses courses. Ils étaient suffisamment peu nombreux à Asgard pour que la rumeur se propage à la vitesse de la lumière.
Il ne fallut pas non plus longtemps pour que Loki soit reconnu puis pour qu'il ait besoin de la protection des deux frères mercenaires.
Ils sortaient tout juste de l'établissement d'un maitre verrier où il avait acheté fioles, pots et seringues lorsque la première pierre l'atteint sur l'épaule.
Loki gronda.
Il aurait dû mettre son armure tient.
Erik repoussa la seconde pierre.
Puis le bouclier de Rakta en intercepta une autre.
"- On ferait mieux de partir."
Loki ne voulait pas être tenu pour responsable d'une émeute.
"- Loki…"
"- Non, il a raison, Sven. Ça devient dangereux."
Ils n'étaient que trois après tout.
Loki fit le gros dos avant de s'éloigner à grands pas vers ce qui était à présent sa maison.
Un juron lui échappa lorsqu'une voix connue commença à dissiper l'attroupement qui s'était formé.
Puis il fut nez à nez avec Fandral.
"- Mais qui voilà donc ?"
"- Qu'est-ce que tu veux, Fandral ?"
"- Tu peux vraiment rien faire sans causer une catastrophe hein ? Qu'est-ce que tu as fait cette fois ?"
Le prince serra les mâchoires.
Qu'il aurait aimé avait la bouche libre…. Il aurait aimé pouvoir faire rentrer dans la gorge de ses anciens amis tout ce qu'il avait contre eux.
On le poussa violement dans le dos.
Sans Erik pour le rattraper, il serait tombé.
Sif lui dédia un sourire moqueur.
"- Oups, désolée."
"- Venez…" Gronda mentalement Loki à ses amis en faisant un effort pour garder son sang-froid et ignorer la douleur du coup de pied qu'il avait reçu de la jeune femme.
Délibérément, sans un regard de plus, il prit la direction de son chez lui.
Les trois guerriers plus la valkyrie les suivirent de loin.
Petit à petit, leurs sourires moqueurs se firent de plus en plus mal à l'aise à mesure qu'ils changeaient de quartiers.
Depuis dix ans, ils n'avaient pas revu Loki.
Le prince ne leur avait pas manqué une seconde.
Ils n'avaient tout simplement pas pensé à lui depuis l'instant où il avait été retiré de leur vue.
Loki n'était qu'un nuisible dont ils étaient enfin débarrassés. Ils avaient passés des siècles à supporter sa présence pour faire plaisir à Thor. Quand Loki avait disparu, ils avaient été totalement satisfaits !
A présent, ils réalisaient jusqu'où était tombé le jeune prince. Car même si ça leur faisait mal de l'admettre, Loki était TOUJOURS prince d'Asgard.
C'est donc de plus en plus silencieux et de moins en moins moqueurs qu'ils suivirent le groupe.
Petit à petit, ils furent même inquiets.
Sans le vouloir, ils se rapprochèrent de Loki
Qu'était ce quartier ?
Une telle misère existait à Asgard ?
Ils en étaient tout retournés. Ils n'avaient jamais mis les pieds ici. Ils n'auraient même jamais imaginés que des Asgardiens puissent vivre dans un tel dénuement et une telle misère. Pour eux, Asgard se résumait principalement au Palais, aux Hauts Quartiers, aux Arènes et au Bifrost. Le reste…
Ici, les enfants étaient aussi nombreux que dépenaillés, contrairement à en-haut. Quel était donc le taux de natalité ici ?
Ils frémirent.
Leurs mises de qualité et apprêtés détonnaient affreusement dans la fange des lieux.
A l'inverse, les vêtements solides et simples du groupe devant eux semblaient parfaitement à leur place.
"- LOKI ! LOKI !"
Un homme entre deux âges se précipita sur le groupe.
"- Qu'est ce qui se passe ?"
"- Y a eu un accident sur le chantier."
Plusieurs maisons étaient en train d'être construites avec ce que les habitants des lieux trouvaient ou pouvaient acheter.
"- Où sont les blessés ?"
"- Sur les lieux. On n'a pas voulu les bouger. Et l'un d'eux est encore sous les décombres."
Loki hocha la tête.
"- Rakta."
"- Dora et ta trousse." Comprit la vétérane en clopinant aussi vite que possible vers le cabinet.
Il hocha encore la tête.
Le groupe oublia totalement la présence des trois guerriers et de Sif. Les quatre amis s'entre-regardèrent une seconde puis suivirent au pas de course.
Ils arrivèrent rapidement sur les lieux du drame.
Le quartier entier semblait réuni pour aider à sortir les malheureux prisonniers des décombres.
Loki retira la lourde cape qu'il avait sur les épaules pour en couvrir un blessé qui tremblait rétroactivement de peur. Il retroussa ses manches, ouvrit sa mallette dès qu'elle fut près de lui puis commença à donner ses ordres tout en enfilant sa blouse avant de se désinfecter les mains avec une solution bleue tirée d'une fiole en métal.
Très vite, il tria les blessés par gravités des blessures.
Il abandonna les moins atteints à son élève pour tout ce qui était simple réduction de fracture, sutures et nettoyages de plaies. Rakta aussi aidait de son mieux tout en donnant des instructions simples à quelques femmes qui aidaient elles aussi leurs pères, maris et fils blessés.
A l'écart, Sif et les autres observaient la panique organisée qui luttait pour sortir les pauvres gens encore coincés sous les décombres.
Loki prononça plusieurs décès, soigna en partie avec sa magie un vieux guerrier ouvert du torse au nombril puis le laissa entre les mains de son élève pour qu'elle finisse le boulot. Lui se chargeait de réduire les blessures les plus graves. Quand la vie du patient n'était plus en danger, il l'abandonnait sur place puis passait au suivant pendant que d'autres prenaient le relais pour panser les plaies avec des moyens plus conventionnels.
"- Mais y a eu combien de blessés?"
Fandral était consterné.
Vu l'état des maisons, si on pouvait appeler ça des maisons, deux ou trois avaient dû s'écrouler les unes sur les autres en même temps alors que les maçons improvisés tentait d'en construire d'autre entre les premières en utilisant les murs latéraux pour s'appuyer dessus et ne plus avoir à monter que les deux façades. L'humidité des mortiers avaient dû achever les constructions déjà branlantes.
Les bras ballants, ils restaient là à regarder sans réaliser les regards noirs que les habitants leur jetaient.
Loki s'était agenouillé près du dernier blessé.
C'était un jeune homme, un gamin presque. Mais surtout, il était coincé sous des débris jusqu'aux genoux.
S'il avait eu accès à toute sa magie, il aurait pu le sortir de là. Mais tout ce qu'il aurait pu utiliser pour l'aider était considéré par le sort d'Odin comme une magie "agressive".
Le gamin n'allait pas tarder à perdre ses jambes s'ils ne le sortaient pas de là.
Et ici, sans ses jambes….
"- Combien de temps pour le dégager ?"
"- Au moins trois heures."
Loki hésita.
Une main l'agrippa par le devant de la tunique.
"- Je…Je veux pas mourir…"
Il caressa doucement les cheveux du gamin.
"- On va tout faire pour l'éviter." Promis le dieu du Chaos
Il s'agenouilla pour poser la tête du jeune homme sur ses cuisses puis projeta aussi peu de magie que possible dans le blessé, juste assez pour que ses jambes ne meurent pas.
"- ALLEZ ! ON DEBLAYE !" Rugit l'un des types qui avait pris en main les sauvetages.
Le quartier entier se mit au travail.
Même les gosses hauts comme trois pommes aidaient à faire la chaine pour dégager le blessé.
Régulièrement, des éboulements se produisaient, arrachant des cris de douleur au pauvre gosse qui sentaient ses jambes de plus en plus écrasées. Loki avait beau tenter de le protéger…Cette partie de sa magie lui était interdite.
Au bout d'une demi-heure, sans un mot, Hogun prit sa place dans l'une des lignes de chaines pour aider. Fandral suivit, puis Volstagg.
Sif seule resta à l'écart.
Elle n'avait pas la moindre compassion pour ces déchets.
S'ils étaient réduits à ça, soit c'était par ce qu'ils n'avaient pas la force de s'en sortir, soit parce que, comme Loki, ils méritaient d'être là.
Il n'y avait aucune compassion à avoir.
Les enfants ?
Ce n'étaient que des sales gosses alors quelle importance ? Probablement du gibier de potence en devenir de toute façon.
Finalement, enfin, ils purent tirer le blessé de sous les décombres.
"- TOUT LE MONDE RECULE !"
Tout le monde s'égailla en arrière aussi vite que possible.
Le reste des maisons s'écroula en un gâchis de pierres humides.
Sans un regard pour la catastrophe, Loki avait déjà porté le blessé à son cabinet.
Si seulement il avait pu le téléporter ! Mais non, le sort d'Odin considérait que c'était un usage agressif de sa magie. Sort de merde !
Une bonne partie du quartier se rassembla devant la petite maison du sorcier en silence.
Entrainés par la foule, les trois guerriers plus Sif suivirent le mouvement.
Loki ressortit plus d'une heure après, les mains rouges de sang, sa blouse écarlate et le visage sombre.
Il secoua simplement la tête.
Une femme sur le côté hurla de désespoir avant de s'écrouler en pleurs.
Son époux, guère en meilleur état, la serra contre lui.
Les parents.
"- Qu'est ce qui s'est passé ?" Demanda doucement un des frères de la victime.
"- Les chairs étaient trop écrasées. J'ai fait ce que j'ai pu mais…."
"- Tu aurais pu l'amputer au lieu d'attendre ! Et il serait vivant !" renifla Sif avec un rien de mépris.
Loki la fixa froidement.
"- Ici, une telle mutilation est équivalent à la mort, Sif. Ne parle pas de ce que tu ne connais pas."
"- Peuh."
Hogun attrapa la jeune guerrière par le bras. De force, il l'entraina avec lui.
Elle était folle ou quoi ? Elle ne voyait pas les regards noirs des gens ?
Le petit groupe fuit presque la populace avant de se faire lyncher.
Sans s'occuper davantage d'eux, Loki tenta de son mieux de consoler la famille.
Super la sortie en ville.
Il était écœuré.
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Tony passait des heures assis près de son épouse.
Le temps passait, le ventre de la jeune femme gonflait légèrement, mais rien ne changeait de son état général.
Celui de Tony par contre, se dégradait lentement.
Ses amis en venaient à craindre qu'il soit plus là lorsque le bébé naitrait.
Pepper en était à quatre mois de grossesse à peine.
L'échographie avait rassuré tout le monde.
Le bébé grandissait bien.
Mais s'il grandissait, sa mère ne se remettait pas.
Un des médecins avait suggéré que le corps de la CEO ne vivait encore que parce qu'il était gestant. S'il n'y avait pas eu cette petite vie à protéger….
Tony était rentré dans une rage folle.
Depuis, personne n'osait plus lui donner de nouvelle sur l'état de santé de son épouse.
Les autres n'osaient plus vraiment en demander non plus.
Chaque jour arraché était un jour de plus pour permettre au fœtus de se développer un peu.
Il était encore trop tôt pour le retirer du corps de sa mère.
Aucun des médecins n'avait parlé à Tony de l'arrêt cardiaque de Pepper, deux jours avant.
Ils avaient réussi à faire repartir le cœur.
Normalement, ils n'auraient pas dû. Mais avec le bébé….
Ils savaient que le corps gestant ne tiendrait plus très longtemps.
Alors chaque jour était important pour donner une infime chance de plus au bébé.
"- S'il te plait ma chérie… Nous avons besoin de toi tous les deux." Suppliait Tony.
