Chapitre 2 : Face à face
Du haut de mes 17 ans, j'affichais un large sourire au monde qui défilait. Tout me réussissait. J'avais la meilleure moyenne de la classe, mes amis m'adoraient, j'avais un avenir prometteur et j'étais la coqueluche des joueurs de foot de mon lycée. Et bien qu'ayant la vie rêvée de n'importe quel adolescent de mon âge, je me sentais seule. Je vivais seulement avec mon père. Ma mère étant morte en 1994, un an après ma naissance, d'overdose. Mon père était devenu un docteur reconnu. Il passa, depuis cette période, la majeure partie de son temps à soigner tous ceux qu'il pouvait. C'était devenu sa passion, sa nécessité et j'avais appris à accepter … de le partager.
On était déjà le 8 octobre. La rentrée était déjà passée.
Ce matin j'allais fouler une nouvelle fois le parvis du lycée pour la dernière année : ma terminale.
7 :15
Il serait peut être temps de me préparer. Je pris délicatement les vêtements choisis de la veille au soir puis me dirigea vers la salle de bain. Douche, brossage de cheveux et de dents …. voilà mes premiers gestes quotidiens pour ressembler à la fille charmante que tout le monde appréciait.
Je descendis boire ma tasse de café. Comme à son habitude, papa était parti depuis 30mn et avait pris soin de me laisser un petit mot sur le tableau de la cuisine.
« Bonne journée Bella, bisous à ce soir ».
Ma mère me donna à la naissance le prénom d'Isabella mais tout le monde me surnomma Bella et j'aimais bien.
Après avoir ramassé mon sac à dos, je pris les clés de ma Volkswagen Sirocco. Pour féliciter mon permis l'année d'avant, papa n'avait pas hésité à m'offrir cette beauté blanche.
Le soleil était déjà haut dans le ciel. C'était une journée prometteuse.
Arrivée sur le parking de l'établissement, j'aperçus près de l'entrée entre autre Jessica, Mike , Angela et Jacob que je n'ai jamais quitté depuis la maternelle. Celui avec qui j'ai tout partagé jusqu'à présent. Mon meilleur ami.
Après quelques minutes en leur compagnie et des embrassades, il fallut déjà nous séparer pour gagner nos salles respectives. J'avais littérature anglaise avec le professeur Banner. Seuls ceux qui avaient réussis le test de juin dernier étaient dans ce cours. Par cette spécialité on pouvait aspirer avoir un bon dossier pour les grandes écoles. Ce que j'espérais.
Assise à mon bureau, affalée sur la table et le nez dans mon bouquin, j'entendis le professeur inviter quelqu'un à rentrer dans la classe.
Surprise et bouche bée je le reconnus … C'était l'inconnu de la nuit passée.
Je me redressai et posas mes lunettes maladroitement sur la table. Mes gestes étaient désordonnés.
« -Entres, Edward
- Mr Banner
Je t'ai gardé une place à côté d'Isabella »
Moi ?
Pourquoi moi ?
Apparemment, il devait se dire la même chose vu son regard.
Pourquoi lui ?
Ce serait peut être le moyen de connaître la raison de sa venue dans notre ville. Je ne sais pas pourquoi mais j'avais un grand besoin de le savoir.
Il s'assit en prenant soin de s'écarter un maximum de moi. Concentré sur le cours, il ne s'aperçut même pas que je le regardais avec insistance.
Il avait de longues mains, très fines. Son stylo effleurait d'une légèreté les feuilles posées devant lui. Il avait une écriture de passionné et d'artiste. Il était habillé d'un jean bleu foncé, d'un tee shirt col en « V ». Ses cheveux ébouriffés donnaient l'impression qu'il venait de sortir du lit. Ca lui donnait un genre tellement sexy. Son visage était magnifique agrémenté d'une barbe naissante.
Mes yeux le détaillaient comme jamais je ne l'avais fait auparavant. Ce qui était sûr, c'est qu'Edward ne me laissait pas indifférente.
A plusieurs moments, je laissais entrouvrir ma bouche pour essayer de sortir un mot. Malgré tous mes efforts, je ne pus rien dire.
Il avait les yeux bleu océan. Il était hypnotisant.
Je suivais le moindre de ces gestes. Du simple clignement de l'œil au passage timide de sa main gauche dans ses cheveux, qu'il reproduisait plusieurs fois.
J'avais soif et sans m'en rendre compte je me mordis plus d'une fois ma lèvre inférieure comme si je ne pouvais plus me retenir.
9h
Déjà !
Soulagement … La sonnerie me fit sortir de mes pensées.
Troublée par la venue de ce garçon fascinant, je me rendis compte que je n'avais rien suivi de l'heure qui venait de défiler. Sûre d'une chose, il avait abreuvé ma curiosité et je n'allais pas le laisser comme ça.
Je savais deux choses sur lui :
1. Edward habitait la maison voisine
2. Il avait captivé entièrement mon attention.
Alors qu'il commença à quitter la salle sans m'adresser le moindre regard, je pris mon courage à deux mains puis l'interpella
« - Edward ! »
