Merci à ceux qui me laissent des commentaires. Voici le chapitre deux, cela fait directement suite au chapitre un, donc toujours entre les épisode sept et huit de la saison un. Bonne Lecture.
\************/
Dans un des quartiers de Kyoto, un homme aux cheveux blonds, aux yeux rouges et kimono blanc s'apprêtait à sortir quand il fut arrêté par un autre homme plus grand, plus imposant, aux long cheveux rouges et aux yeux bleus :
« - Où vas-tu Kazama ?
- Lâche-moi Amagiri, répondit nonchalamment le blond, ça ne te regarde pas.
- Tu vas encore voir ces humains ? Ce n'est pas de cette manière que tu auras la fille Yukimura. Arrête de n'en faire qu'à ta tête et établissons un plan ensemble.
- Fiche-moi la paix.
- Ta famille m'a priée de veiller sur toi, lui rappela Amagiri. Je les comprends, tu es vraiment intenable et têtu. Tu ne te rends donc pas compte de ta valeur. Tu es l'unique héritier de la famille Kazama.
- On me l'a bien assez répété, alors n'en rajoute pas toi aussi.
- Kazama, je pense qu'à vingt-quatre ans ¹, il est temps que tu te comportes comme un adulte. Ta famille attend beaucoup de toi, alors je m'en voudrais s'il t'arrivait quelque chose face à ces assassins.
- Quoi ? Tu oses penser que je pourrais me faire avoir par eux, s'exclame Kazama outré.
- Ils ne sont pas mauvais, et surtout cet Hijikata. A chaque fois que tu l'affrontes, même si tu sembles avoir le dessus, il n'en ait pas moins que quelque chose doit te déstabiliser, car tes capacités ne sont pas au maximum. Ce qui n'était pas le cas avec Sôji Okita que tu as vaincu facilement. Pourtant, ils semblent du même niveau.
- Okita était malade, donc désavantagé, s'expliqua l'oni aux yeux rouges. Tu te fais des idées Amagiri. Je vais juste faire un tour, j'étouffe à être caché ici, et Shiranui me casse les oreilles avec son monologue incompréhensible. »
Sur ce Kazama sortit et disparut dans la foule des rues de Kyoto. Amagiri soupira, Kazama était le garçon typique capricieux et choyé, il savait ce qu'il voulait et n'en démordait pas avant de l'avoir. Faire un tour, tu parles, il est allé là-bas, c'était sûr ! Le rouquin décida de le suivre discrètement comme à son habitude, et interviendrait seulement si ça dégénère.
Et tout ça pour récupérer la fille Yukimura ? Amagiri se doutait qu'il devait y avoir autre chose. Kazama, uniquement préoccupé par les combats, n'a jusqu'alors jamais émis le moindre désir envers des femmes. Ce n'est que depuis qu'il a découvert où se cachait sa fameuse fiancée inconnue et disparue qu'il n'a que le Shinsengumi en tête. La récupérer semblait juste une excuse en fait pour leur rendre visite, car jamais il ne parlait d'elle entre eux. Leurs conversations tournaient toujours autour de ces samourai humains, et notamment de celui qui semblait être leur chef, cet Hijikata, mais jamais un mot sur la soi-disant fiancée. Amagiri pensa alors à voix haute :
« Kazama, je pense que je devrais vraiment t'empêcher de les voir pendant un bon moment, même si je dois utiliser la force. Je ne vois pas cela d'un bon œil, y vas-tu vraiment pour Chizuru Yukimura ? »
Et pendant ce temps-là, Kyo Shiranui astiquait son revolver en pensant à son rival, Sanosuke Harada du Shinsengumi :
« Haha, rechargé et astiqué, qu'est-ce tu penses de mon arme, hein ? Sanosuke Harada, la prochaine fois, je ne manquerai pas de t'impressionner encore. Jouer avec toi a été la chose la plus amusante qui ne me soit jamais arrivé. HAHAHAHA. »
Amagiri, qui avait tout entendu, le tireur ne faisant pas vraiment dans la discrétion, pensa alors que lui aussi semblait obsédé par le Shinsengumi. Ou alors il était complètement idiot, chose possible aussi. Enfin peu importait, ceci confirma au rouquin qu'il faudrait éviter de rencontrer ces humains pendant un certains temps. Cela vaudrait mieux pour tous.
\**************/
Kazama hâta le pas. Vraiment, ce qu'il pouvait détester se mêler à ces pitoyables humains. Les frôler alors qu'il se devait de traverser les rues était humiliant pour un oni, encore plus un puissant oni comme lui. Enfin sorti des quartiers animés de Kyoto, il jeta un œil autour de lui pour vérifier qu'il n'était pas suivi et longea une rivière pour se rendre au temple Nishi Honganji, actuel quartier général du Shinsengumi. Bien sûr il avait menti à Amagiri, mais il s'en fichait. Il en avait plus qu'assez de lui qui surveillait tous ses faits et gestes, le questionnait et le réprimandait bien trop à son goût. Bon sang, il n'était pas sa mère, et lui était assez grand et fort pour se débrouiller seul. Pourquoi sa famille l'avait prié de veiller sur lui, il n'était plus un gosse… Sa famille, bien que Kazama soit fier de faire partie de cette puissante famille d'Oni, il reconnaissait cependant les contraintes d'un tel statut. Sans lui demander son avis, on l'avait fiancé à la fille de la puissante famille Yukimura, alors qu'il ne la connaissait pas, et qu'il n'avait pour le moment aucune envie de se marier. Cependant, sa fiancée ayant disparu dans la nature, son père l'avait prié de la retrouver afin qu'il se marie au plus vite. Ce voyage était pour lui une excellente occasion de s'évader un peu du cadre familial étouffant. Tout aurait été parfait s'il n'y avait pas eu Amagiri qui le surveillait et Shiranui qui la saoulait. D'ailleurs pourquoi ils l'avaient emmené celui-là ? Enfin bref, ce voyage tourna au cauchemar pour lui, car suite à une enchaînement d'évènements dont il ne préféra même pas penser, les voilà devenus redevables à un clan d'humain. Comment ils s'appelaient déjà ? Ah oui, les Sakura… Ou les Satsuma, il ne savait plus et s'en fichait de toute façon. Il était déjà bien assez humiliant d'être redevables à des humains, mais en plus, comble du malheur, sur qui était-il tombé par le plus pur des hasards : sur sa fiancée, qui n'était rien d'autre qu'une gamine ! Bon sang, c'est ça qu'il devait épouser au plus vite, il n'en voulait pas de cette gamine, lui qui ne vivait que de combat et de sensations fortes.
Ce voyage avait eu du bon cependant, car il avait enfin trouvé ces sensations tant recherchées. Bien qu'il refusait de l'admettre pleinement, il devait reconnaître qu'il ne les avait trouvées qu'avec Toshizô Hijikata. Un simple humain, il était tombé bien bas ! Mais à chaque fois qu'il se disait qu'il avait du se tromper, il ne pouvait cependant pas se défaire de cette sensation tout d'abord éprouvée lors du Kinmon no Hen, quand il l'avait combattu pour la première fois, puis cette nuit dans leur quartier général. Il était revenu, donnant l'excuse qu'il voulait kidnapper Chizuru, ou confirmer qu'il s'agissait bien de sa fiancée, bref des excuses bidons qu'il fournissait à sa nounou officielle Amagiri, mais son vrai but était de le voir, espérant le combattre à nouveau :
« Et peut-être que j'espère autre chose aussi, pensa alors Kazama. Maudit sois-tu Toshizô Hijikata, tu as réveillé des choses nouvelles en moi. Je veux te combattre, mais je veux encore plus aussi. Enfoiré d'humain, qu'as-tu fais de moi ? Que m'as-tu donc fait pour que je perde le contrôle ainsi. »
Kazama frappa son poing contre un pauvre arbre qui se trouvait juste là. Il était en colère, mais il ne savait pas contre qui. Contre Hijikata pour l'avoir mis dans cet état ? Contre lui-même pour être si faible face à cet homme ? Contre sa famille qui décidait de sa vie ? Il était perdu, il ne savait plus ni quoi penser, ni quoi faire.
Le poing toujours contre l'arbre qu'il venait de frapper, il entendit comme quelqu'un courir. Il cligna des yeux quand il vit qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que de Chizuru Yukimura. Elle ne l'avait pas vu, courant le long de la rivière, elle alla rejoindre plus loin un jeune garçon aux longs cheveux châtain qui était assis au bord de l'eau. Kazama inspecta les alentours. Il n'y avait pas la moindre trace de d'autres samourai du Shinsengumi, donc pas celle d'Hijikata. Laissant là la jeune fille et son petit copain, ses amourettes de l'intéressant point, il reprit son chemin vers Nishi Honganji.
Caché non loin de lui, Amagiri qui le suivait discrètement fronça les sourcils et s'exclama :
« J'avais raison, ce n'est pas pour Chizuru Yukimura que tu t'obstines à aller au Shinsengumi. Kazama, dans quelle situation es-tu en train de te mettre ? Il faut que je te sorte de là, et j'espère qu'il n'est pas trop tard. »
\*********/
Harada et Nagakura ont dit que quand il ne sait pas quoi penser, Heisuke a pour habitude d'aller méditer seul au bord de la rivière. Ayant revêtu ses habits d'homme habituels, Chizuru alla le rejoindre, bien décidée à lui dire son ressenti à son égard. Elle ne faisait attention à rien qui l'entourait et au fur et à mesure qu'elle avançait, elle sentait comme une boule se former au creux de son ventre. Heisuke était pourtant celui qui l'avait toujours mise à l'aise. Naturel et drôle, il l'avait aidée à surmonter sa crainte qu'elle avait au début. Et c'était bien lui qui l'avait invitée à manger avec eux, qui avait insisté pour qu'elle apporte son repas à Sannan-san. Donc elle doit son intégration au sein du Shinsengumi grâce à lui. Qui plus est, elle devait reconnaître que les longues semaines où il avait été en voyage à Edo, elle avait trouvé le temps long et la vie monotone. C'est là qu'elle avait compris qu'elle ne pouvait pas se passer de lui, que sa présence était aussi indispensable que l'oxygène qu'elle respirait.
Arrivé enfin près de lui, il n'avait pas cherché à fuir, ni même à l'ignorer. Il la regardait juste avec une légère rougeur sur les joues. Chizuru reprit son souffle, inspira un grand coup et…
« - Je suis désolé(e)… Mais pourquoi tu t'excuses ? Euh… dirent les deux jeunes gens dans une parfaite concordance.
- Vas-y Chizuru, parle en première, déclara alors Heisuke gêné.
- Non non, tu avais commencé Heisuke.
- Non, honneur aux dames, insista le jeune homme. Vas-y parle.
- Ah d'accord, accepta finalement Chizuru qui recommençait à rougir. Alors… Je suis désolée de t'avoir embarrassé au magasin de kimono.
- Ah, non, c'est à moi de dire ça. Non seulement je t'ai mise mal à l'aise mais en plus j'ai fuis en te plantant là. Je n'ai aucune excuse. Vraiment, Sano-san et Shinpat-san ont raison, je ne suis qu'un gamin. »
Heisuke regardait à présent l'eau de la rivière, n'osant pas regarder dans les yeux sa chère et tendre. Chizuru prit son courage à deux mains et s'assit à coté de lui, se collant bien à lui, mais tournant la tête pour cacher son embarras. Heisuke se raidit et tourna aussi la tête du coté opposé :
« - Bon, et maintenant, qu'est-ce que je fais ? Se demandant Heisuke dans ses pensées. Voyons voir, que me diraient Sano-san et Shinpat-san dans ce genre de situation ?
- Enlace-là, enlace-là, enlace-là… Telles étaient les paroles de ses deux amis imaginées par le plus jeune du trio comique..
- Ouah, vous ne m'aidez pas du tout, s'affola Heisuke.
- Heisuke-kun ?
- Allez Heisuke, assure mon vieux. T'es un homme non ? Se persuada à nouveau Heisuke en pensée pour finalement oser demander. Chi… Chizuru, dis-moi, que penses-tu de moi ?
- Tu es quelqu'un de gentil, jovial, juste et adroit au sabre, affirma la jeune fille sans hésitation.
- C'est toi qui es trop gentille Chizuru. N'oublie pas que je reste malgré tout un assassin. Cela ne te répugne-il pas ? Ces mains que tu vois ont tué des hommes. Même s'il était mes ennemis, ils étaient sans doute des fils, et peut-être même des pères. »
Les mains du jeune samouraï tremblaient. Chizuru les prit dans les siennes et les observa bien, avant de sourire à Heisuke et lui dire d'un ton qui se voulait apaisant :
« - Nous sommes en guerre Heisuke-kun. Si ces mains si adroites n'auraient pas tué, c'est toi qui aurais été tué. Je préfère avoir dans mon cœur un homme assassin qu'un homme mort.
- Ouah, mais c'est une déclaration qu'elle me fait là ! Pensa encore Heisuke à présent dans tous ses états. Je dois lui répondre, Mais comment je fais ? Hum voyons, que me dirai Sano-san et Shinpat-san dans ce genre de situation…
- Embrasse-là, embrasse-là, embrasse-là… Imagina encore le troisième larron du trio comique.
- Rah, mais ça ne serai pas correct. Moi, embrasser la pure Chizuru ? Elle est si proche, je pourrai la prendre par surprise, mais peut-être qu'elle ne va pas aimer ? Si ça se trouve c'est son premier baiser, il faut qu'elle le vive bien.
- Heisuke-kun, merci pour ce que tu as fait pour moi aujourd'hui, poursuivit la jeune fille face au mutisme du jeune homme. Ca m'a vraiment fait plaisir et ça m'a bien remontée. Ne dis pas que tu es un gamin, tu as agi comme un vrai homme.
- Oui Chizuru, osa enfin parler Heisuke. C'est cela, tu as dit les mots que je voulais entendre. Tu as raison, je suis en homme, alors je me dois d'agir en homme. »
Et sur ce, Heisuke approcha sa tête de celle de Chizuru et colla ses lèvres aux siennes. Son esprit s'envolant au septième ciel alors qu'il savourait la douceur des lèvres de l'oni, il revint tout à coup à la réalité. Mais qu'avait-il fait ? Il avait agi comme un homme, mais justement, les hommes étaient en général de vrais mufles qui prennent le corps de la femme sans souvent lui demander leur avis. Comment Chizuru allait-elle le prendre ?
Heisuke voulut arrêter son geste mais Chizuru empoigna ses épaules et s'avança davantage pour que leurs lèvres restent collées. N'en revenant pas, Heisuke se laissa aller. Chizuru l'acceptait tel qu'il était, alors il était le plus heureux des hommes.
Quand enfin ils se séparèrent, Chizuru baissa la tête de gène. Heisuke lui releva le menton pour qu'il puisse regarder dans ses yeux marron, lui offrant son sourire le plus charmeur, il dit simplement :
« Je t'aime Chizuru. »
Avant de l'embrasser à nouveau, mettant une main derrière sa tête et l'autre sur son bras. Bien que Chizuru n'ait pas répondu à cette annonce avec des mots, elle le fit avec des gestes alors qu'elle passait ses bras autour du cou du samourai. Leurs vœux prononcés, enlacés l'un contre l'autre, le temps passait sans que rien ne vienne les troubler, jusqu'à ce que Chizuru se mit à frissonner :
« - Il commence à faire frais, fit-elle remarquer. Heisuke-kun, n'y avait t'il pas une autre raison pour laquelle nous étions sortis ?
- Ouah, réalisa Heisuke qui était redescendu de son petit nuage, on devait faire les courses pour le repas et le préparer. Rah, on va se faire enguirlander par Hijikata-san. Vite Chizuru. »
Heisuke attrapa la main de la femme oni pour l'emmener vers la ville. Chizuru riait en le suivant, ce qu'Heisuke pouvait être stressé dès qu'il s'agissait d'Hijikata-san. Le démoniaque vice-capitaine ne manquerait pas de leur demander les raisons de leur retard avec cet air qui vous faisait froid dans le dos. Mais pour autant, la jeune fille se plaisait de cette situation, car son esprit était encore bercé par le doux moment qu'elle venait de passer.
\*********/
Au quartier général du Shinsengumi, le vice-capitaine avait enfin laissé sa paperasse de coté pour s'entraîner un peu au sabre. Dans un coin peu fréquenté du temple, il espérait que personne ne viendrait le déranger. D'ailleurs tout le monde savait qu'Hijikata-san s'entraînait toujours en secret. Alors qu'il effectuait ses exercices, il repensa à l'étrange comportement de Saito. Après qu'il eut renversé la tasse de thé sur le tatami, il s'était empressé de nettoyer, bafouillant tout un charabia d'excuses à peine compréhensibles. Ces mouvements et ces paroles incoordonnés ne ressemblaient vraiment au Saito qu'il connaissait. Hijikata sourit cependant, un de ses meilleurs guerriers se comportait comme une jeune fille timide, limite comme une adolescente amoureuse. Le vice-capitaine devait reconnaître que si Saito avait été une femme, il serait peut-être tombé sous son charme. Mais quand même, qu'est-ce qui pouvait bien le mettre dans cet état ? Hijikata se promit de tirer cela au clair. Il ne pouvait pas se permettre se perdre un élément comme Saito, déjà que Sôji était faible en ce moment.
Continuant ses exercices, Hijikata sentit un coup de vent. Se retournant, il aperçut son pire ennemi qui le regardait, ce sourire narquois sur les lèvres et cet air hautain qu'il détestait. Serrant les dents et empoignant bien son katana, Hijikata dit à son opposant :
« - Kazama, que viens-tu faire là, enfoiré ? Tu n'as donc aucun répit. Laisse cette enfant tranquille.
- Ola, tu me lances déjà de telles hostilités alors que je n'ai encore rien fait, répondit calmement l'oni. Rassure-toi, ce n'est pas la fille Yukimura que je suis venue voir aujourd'hui. Mais toi Toshizô Hijikata.
- Moi ? S'étonna Hijikata.
- Tu sembles être le leader de toute cette bande de poltron qui protège cette fille. Si tu meurs ici, ils seront tous déstabilisés et je pourrai m'en emparer plus facilement.
- Tu ne m'auras pas si facilement. Allez viens enfoiré, que j'en finisse une bonne fois pour toute avec toi.
- A ta guise, dit Kazama en posant la main sur son katana. »
Kazama dégaina rapidement son katana et attaqua Hijikata. Le choc des épée, et l'oni se rendit compter qu'il n'avait pas croisé le fer avec son adversaire tant souhaité, mais contre un jeune homme aux long cheveux violets et tout vêtu de noir. Kazama pesta, que venait-il faire ici ? C'est contre Hijikata qu'il voulait se battre :
« - Vice-capitaine, éloignez-vous, dit Saito qui faisait face à l'ennemi du Shinsengumi.
- Saito ? S'étonna une fois de plus Hijikata de voir le capitaine de la troisième division ici.
- Que viens-tu faire là vermine ? Questionna alors Kazama contrit d'avoir été dérangé dans son duel contre Hijikata.
- Saito, dit Hijikata, c'est moi qu'il veut défier. Va plutôt prévenir Kondo-san.
- Non vice-capitaine. Cela me gène de vous désobéir, mais je ne peux vous laisser seul avec lui. Moi vous pourrez toujours me remplacer, mais vous vice-capitaine, vous êtes irremplaçable.
- Saito… Ne dis pas de bêtises, j'ai besoin de toi aussi.
- Cessez votre tragédie, dit Kazama agacé »
Kazama en avait assez du dialogue entre cet énergumène et son Toshizô Hijikata. On aurait presque dit des amants. Un sentiment de haine et même de jalousie s'empara de lui. Il leva son katana et attaqua Saïto de toute sa puissance. Ce dernier avait été troublé par les dernières paroles d'Hijikata : "J'ai besoin de toi aussi". Même s'il savait que le vice-capitaine avait dit ça de façon purement professionnelle, il n'en était pas moins que le capitaine du troisième escadron oublia pendant une seconde son adversaire. Erreur fatale quand on est dans un duel, Kazama profita de l'occasion pour l'attaquer. Il n'était pas un débutant, il réussit plus ou moins esquiver, mais Kazama le blessa quand même au bras. Poussant un léger cri de douleur alors qu'il se tenait le bras gauche, il entendit l'appel paniqué de son supérieur :
« Saito »
Hijikata, après avoir hurlé son nom avec un ton angoissé vint se poster devant lui, katana à la main. Ses membres tremblaient de colère, ses yeux étaient remplis de haine à l'égard de Kazama qui avait recouvré son calme habituel et lui de façon acerbe :
« - Tu protèges tes subordonnés ? Quel chef pitoyable tu fais !
- Kazama, va en enfer, foutu oni. »
Kazama sourit légèrement, voilà ce qu'il attendait. Hijikata passait son temps à l'insulter, et chaque mot tout droit sortie de cette langue de rasoir, cette voix forte et grave lui procurait des frissons qui lui parcouraient l'échine. Serait-il masochiste ?
Chacun des deux hommes levèrent leur katana vers l'autre, poussant un cri de guerre, ils ne purent achever leur lancée car quelqu'un venait de bloquer leur attaque. Il s'agissait d'Amagiri Kyûju qui tenait chacun des katana d'une seule main et qui regardait Kazama avec froideur :
« - Kazama, mais que fais-tu ? Tu vas attirer l'attention, le réprimanda Amagiri.
- Dégage de là Amagiri, laisse-moi en finir avec lui. »
L'oni à la force titanesque fit reculer Hijikata et tira sur le katana de Kazama pour le désarmer. Hijikata, ayant compris que c'était terminé, rengaina son propre katana et alla soutenir Saito qui était toujours à genoux avec une main sur sa blessure. Cette attention fit tiquer Kazama, mais il ne laissa rien paraître, se contentant juste de regarder Saito avec mépris. Amagiri s'inclina alors devant les deux hommes :
« - Veuillez m'excuser pour l'impolitesse et le manque de délitasse de mon confrère. Soignez bien votre blessure, car nous reviendrons sans doute un jour pour prendre avec nous Chizuru Yukimura. Kazama, allons-y. »
Amagiri prit le bras de Kazama qui ne semblait pas vouloir partir et gardait les yeux fixés sur les deux samouraïs du Shinsengumi. Amagiri le tira de force et les deux oni disparurent. Hijikata les oublia vite pour reporter son attention vers Saito :
« - Saito, tout va bien ?
- Ca va vice-capitaine, répondit Saito. Ce n'est qu'une égratignure due à ma faiblesse. »
Hijikata plongea la main dans son kimono et en ressortit un tissu propre qu'il tendit à Saïto :
« - Utilise ça.
- Merci. »
En voulant prendre le tissu, le jeune capitaine effleura à nouveau les doigts du vice-capitaine et trembla de nouveau. Il était si troublé qu'il n'arrivait pas à se soigner, d'autant plus qu'il était gaucher et qu'il avait été blessé au bras gauche. Hijikata lui vint alors en aide et l'aider à se bander avant de l'aider à se lever et l'amener à Yamazaki pour qu'il se fasse soigner.
Saïto ne dit rien, mais alors qu'il se rendait compte de la proximité entre Hijikata et lui, il sentit son cœur battre de plus en plus vite, et il se maudit de s'être montré aussi pitoyable face à lui. Ils passèrent près de la chambre de Sôji. Ce dernier avait vu toute la scène de sa porte entrouverte, serrant le fourreau de son katana entre ses poings. Il savait que Saïto respectait profondément Hijikata-san, mais il n'avait pas pensé à ça. Il fallait qu'il enquête.
\***************/
Et pendant ce temps-là, dans la chambre du capitaine de la deuxième division, un réunion entre trois personnes, de la plus haute importance, se tenait :
« - Ca y est, dit Shinpachi.
- Oui, ça y est, confirma Sano.
- Il n'y a pas de doute, je suis sûr de ce que j'ai vu, surenchérit alors l'espion Yamazaki.
- Heisuke est devenu un homme.
- L'émotion m'étreint. Qui aurait cru que ce mignon gamin devienne un homme ?
- Je sais aussi de source sûre que Chizuru Yukimura n'est pas la première fille qu'Heisuke embrasse, ajouta Yamazaki.
- Hein ! S'étonnèrent les deux joyeux lurons.
- Comme vous l'avez dit, c'est un homme. Et il a fait profit de sa situation pour acquérir un peu d'expérience auprès de filles de joie.
- Heisuke ? S'interrogea Shinpachi choqué.
- Avec une courtisane ? Tenta de réaliser Sano tout aussi retourné que son ami.
- Mais là c'est différent, il aime vraiment Chizuru Yukimura, garantit Yamazaki.
- Oï Sano, tu sais ce que ça signifie ?
- Et comment ! Il va falloir fêter ça. Merci pour de nous avoir rendu ce service Yamazaki. »
Yamazaki Susumu, espion officiel du Shinsengumi, s'inclina devant les deux capitaines et sortit. A peine eut-il fait trois pas dans le couloir qu'il entendit une voix maligne dans son dos, caractéristique du capitaine de la première division :
« Susumu-kun, aurais-tu une minute à m'accorder ? Demanda Okita en lui faisant signe de s'approcher.
- Bien sûr. Qu'y a-il, Okita-san ?
- Et bien j'aurai besoin de tes talents d'espion pour observer… »
Sôji regarda autour de lui et fit signe à Yamazaki d'approcher son oreille, ce que fit ce dernier :
« - Le petit manège entre Hijikata-san et Hajime-kun, lui chuchota alors Okita.
- Que voulez-vous dire ? Demanda tout bas Yamazaki qui ne comprenait pas cette demande.
- Je suspecte qu'il se trame quelque chose entre eux deux. Pourrais-tu me décrire la nature exacte de leur relation ?
- A vos ordres. »
Quand il fut de nouveau seul, Yamazaki soupira discrètement. Entre Hijikata qui lui demandait de lui faire un rapport quotidien des journées passionnantes d'Itô, Nagakura et Harada qui lui sollicitaient de rapporter les amours d'Heisuke, Okita qui maintenant le priait d'analyser la relation entre Hijikata et Saito… Que devenait le valeureux travail d'espion ?
\**********/
¹ Je ne connais pas l'âge de Kazama, alors je suppose seulement.
