Excusez-moi de ne poster que seulement maintenant, mais j'étais vraiment trop crevée avec le sport hier et juste épuisée mardi pour penser à poster le chapitre comme je l'avais dit. Encore Désolée.

Bonne Lecture !


One piece 01 :

Lorsque je me réveillai, j'avais l'impression de m'être cognée à un arbre si fort que ma tête s'était fracturée. Ou une gueule de bois terrible, à voir. La lumière du soleil me chauffait la peau, mais je n'osais pas ouvrir les yeux de peur de me brûler les rétines. J'étais bien là, à me balancer lentement au grès des flots... Attend. Comment ça au grès des flots ? J'ouvris d'un coup les yeux avant de les refermer à cause de la lumière ambiante. Je mis une main en visière et ouvris les yeux pour voir où j'étais et je fus surprise de constater que je me trouvais dans une cabine. Donc sur un bateau. Mais qu'est-ce que je foutais là ?!

-Oh tiens, tu es réveillée, entendis-je près de moi.

Je tournai vivement la tête de ce côté et vis Aedan, tranquillement assis près de moi en train de lire le journal du jour.

-Mais où est-ce qu'on est Aedan ?

-Nous sommes sur un navire marchand nous emmenant loin de l'île.

Je bloquai sur ses dernières paroles. Comment ça loin de l'île ? Comment c'était possible ? Puis je repensai au coup que j'avais reçu sur la nuque et à mon mal de tête. Mais alors...

-C'est toi qui m'a emmené ?

-Effectivement.

-Et où sont Ùll et Anann ?

-Ils sont sur le pont supérieur en train de profiter du vent frais que nous offre la brise de cet après-midi.

Je m'assis de mon mieux et fus aidée par mon frère pour me lever. J'avais du mal à marcher, mes jambes tremblaient beaucoup, mais avec l'aide totale de mon blond préféré j'arrivais à avancer, bien qu'avec beaucoup de peine. J'avais l'impression que je pouvais lâcher à tout moment et m'étaler comme la moins brave des crêpes. Mon blondinet ne me laisserait certainement pas tomber à plat ventre, mais j'avais juste l'impression de pouvoir lâcher à tout moment. Et là tout de suite je n'avais qu'une seule chose en tête :

Devenir plus forte et me faire une place dans ce monde, que ce soit de façon correct ou non..

J'avais l'ignoble impression, bien que je pensai très réaliste, de n'être qu'un grain de poussière parmi tant d'autres et qui n'attendait rien d'autre que de pouvoir grossir. Lentement certes, mais sûrement. Bien que le monde dans lequel je me dirigeai n'était pas très sûr, il est vrai. Je ne savais pas encore ce que j'y ferais, mais j'y trouverais ma place, j'en suis sûre. Mon deuxième nom en sera témoin. Peut-être n'est-il en réalité pas si innocent que cela ? Mais je réfléchirais à cette question plus tard. Pour l'instant, seuls comptaient mes animaux chéris que j'ai l'impression de ne pas avoir vu depuis une éternité. Et c'est long une éternité.

-Ùll, Anann ! Je suis là ! Lançai-je d'une voix encore affaiblie.

Je n'aimais pas cet état de détresse, il m'énervait. Mais je ne pouvais pour l'instant rien faire de plus. En tout cas, à peine avais-je parlé que mes chéris rappliquaient, emprunts d'une joie non-contenue. Je lâchai mon frère de cœur pour me laisser tomber à genoux et réceptionner mon semi-loup et le grattouiller allègrement derrière les oreille et sur le collier (il n'en avais pas, hein, c'est un endroit de la nuque). Je le lâchai et mon phœnix piqua jusqu'à moi, ce qui nous fit tomber à la renverse. Je rigolai un peu puis vis sur les plumes de ses joues des traces de larmes et je serrai donc mon oiseau avec affection. Je lui fis un baiser sur la tête et lui caressai les plumes lentement.

-Je n'allais pas dormir pour toujours voyons. Je ne vais pas mourir maintenant alors que nous devons vivre plein de belles choses ensemble ! Je ne vous quitterai pas comme ça, Ùll, Aedan et toi. Je vous aime trop pour ça. Le jour où je devrais vous quitter ne se présentera pas avant un long, très long moment. Je vous le promets.

Je lui refis un baiser sur le crâne puis le lâchai pour qu'il puisse de nouveau s'envoler, ce qu'il fit sans attendre. Aedan me tendit un main que j'acceptai volontiers pour me relever et il me soutint de nouveau pour que je ne retombe pas. Une fois me suffit. Mais au lieu de me laisser marcher, il se baissa et me souleva comme une princesse.

-Je peux marcher, tu sais, dis-je vexée.

-Je sais. Mais j'aimerais profiter de ce long moment qu'il te reste.

Je fis un sourire triste à sa phrase. C'est vrai que ce fameux long moment, je ne sais pas du tout combien de temps il va durer. Mais je comptais bien profiter de chaque moment au maximum. Je ferais de mon mieux. Et pour l'instant je ne pouvais que profiter des bras protecteurs et chaleureux de mon frère de cœur. J'tais bien là, à regarder l'océan dans ses bras.

C'est ainsi que je me rendormis.


Où suis-je ? Il fait totalement noir, ce n'est pas normal. J'ai l'impression d'être en train de flotter dans du vide. Or je suis sur Terre, alors c'est impossible, non ? Le monde autour de moi est noir, mais moi je suis éclairée. J'attrape une mèche de mes cheveux et la mets devant mon nez. Non, ce sont bien mes cheveux. Je regarde mon corps et vois que j'ai quelques petits centimètres en plus, cinq environ, et que je porte un belle robe moulante blanche s'arrêtant à mi-cuisses et se fendant à partir du haut de la cuisse. Et je ne sais pas pourquoi je suis habillée de cette façon. Sur l'île, ce sont les morts et ceux venant pour les funérailles qui sont en blanc. Alors je serais morte ?

Horrible constatation qui me fait frissonner de tristesse. Et Ùll, Aedan et Anann ? Je leur ai promis de rester avec eux le plus longtemps possible ! Je ne peux pas les laisser seuls ! Non ! Je leur avais promis, putain de merde ! Non !

Je me recroqueville en position fœtal et laisse les spasmes de tristesse et de douleur secouer mon corps que je trouve chétif maintenant. Mais comment j'en suis arrivée là ? Comment ? Comment ?!

-Comment ? Comment j'en suis arrivée là... ?

Soudain, le monde autour de moi commence à bouger, à se contorsionner, à s'éclaircir. Puis je me retrouve dans un autre corps mais qui est quand même le mien. Je suis dans une cage, enfermée comme un animal. Je me sens faible, totalement faible. J'ai l'impression que ma force vitale s'est envolée et que seule reste ma faible volonté de survivre. J'essaye d'appeler une de mes armes, mais cela ne me fais que plus souffrir. J'ai mal, j'ai mal ! Laissez-moi partir. Laissez-moi sortir ! Laissez-moi mourir...

J'ai des menottes aux mains (qui sont attachées dans mon dos), aux pieds et un anneau autour du coup pendu au mur. Je suis pendue dans une des pires position qui soit et elle me fait mal. Mes vêtements sont arrachés par endroits, j'ai des coupures un peu partout sur le corps ainsi qu'une immense sensation de brûlure dans le dos qui me fait autant souffrir que la position dans laquelle on m'a pendue, voire même plus.

Après un temps totalement indéterminé, j'entends des bruits de pas dehors. Je lève faiblement la tête pour voir trois paires de jambes s'arrêter pile devant ma cellule. Qu'est-ce qu'ils me veulent ceux-là ? Je n'ai malheureusement pas la force de parler, je crois que je n'ai pas été nourrie depuis un bon beau de temps vu la faim qui m'assaille. Mais je ne pense pas qu'ils seraient venus à trois pour m'apporter à bouffer.

-Vailievykh I. Saoirse, dit la « Démone aux yeux roses », vous allez être punie pour vos crimes envers la Marine et le monde entier pour vol d'informations confidentielles, divulgation de ces mêmes informations, attaque contre un bâtiment officiel de la Marine et meurtres. Vous allez dans quelques minutes être exécutée à mort sur la place publique. Votre exécution sera montrée au monde entier. Ici et maintenant, avez-vous une dernière prière ?

J'éclaircis ma gorge de mon mieux puis réponds d'une voix grave et enrouée par la fatigue et le manque d'exercice :

-Pourrais-je formuler... ma dernière prière sur... l'exécutoire ?

Je sens un regard de braise sur moi voulant me jauger et se demandant s'il peut m'accorder ceci.

-Très bien. Mais ce ne devra pas être long.

-Ça durera... 47 secondes.

-Accordé.

Deux marines entrent dans ma cellule sur ce mot, détachent chacun un de mes pieds et un des deux enlève l'anneau me comprimant la gorge. Je dois avoir une belle trace violacée autour du cou, tien. Une fois ma gorge libre, je tombe en avant, toujours les mains dans le dos, mais les gardes ne me laissent pas contre le sol très longtemps et me relèvent avec force en me tenant fermement les bras. J'avance courbée en avant, l'homme m'ayant parlé est devant moi et les deux marines me tiennent toujours chacun un bras. Je peux voir l'éclat métallique de deux lames très aiguisées, chacune dans l'autre main de mes deux gardes du corps.

Nous traversons plusieurs couloirs avant de commencer à gravir des escaliers en pierres. Ceux menant à ma perte et mon salut. Je ne crains pas ces escaliers, alors je me redresse, fière et fais abstraction de la poigne des marines s'affermissant sur mes bras. Je ne les sens plus maintenant, mais à quoi bon les sentir encore ?

Puis de la lumière commence à éclaircir les escaliers sombres. La lumière du soleil, la même qu'au début de mon périple, m'attend plus haut. Elle veut que je la rejoigne, je crois. Ne t'inquiète pas, je serais bientôt toute à toi. Quand j'arrive enfin en haut de ces interminables escaliers, les rayons de l'astre solaire m'éblouissent passablement, mais cessent de le faire au bout d'une petite dizaine de secondes qui m'ont, quant à elles, amenées sur l'échafaud. On me force à m'agenouiller, mais je garde toujours la tête haute.

-Vailievykh I. Saoirse, avant de vous faire exécuter, avez-vous une dernière requête ?

-Ùll, Anann et Aedan, vivez votre vie... et oubliez-moi. Ma vie n'est pas... très importante. Et toi, oublie-moi, même si... ça t'en coûte et que... tu n'es pas... d'accord avec ça.

Je ne sais pas qui est ce « toi », mais je sais qu'il fallait que je lui dise quelque chose. Je sens qu'il est important pour moi, très important, et lui adresser un dernier message me semble vital. Sur ces derniers mots je ferme les yeux et baisse la tête. Je suis peut-être pitoyable, mais je veux attendre la mort aussi tranquillement que possible. Je veux être digne d'elle.

Le marine de tout à l'heure commence à redire tous les crimes dont je suis auteure et maintenant qu'il a fini, je l'entends murmurer un « C'est pas vrai, ça va pas recommencer ! » que je ne comprends pas vraiment. Enfin, je pense savoir ce que ça veut dire, mais je ne sais quand même pas.

-SAO ! NE MEURS PAS, SAO ! SAO ! entendis-je au loin.

Je relève la tête et aperçois Aedan, avec Ùll, Anann et d'innombrables autres pirates que je ne connais pas. Il y a quatre Jolly Roger différents, mais je ne sais pas lesquels ils sont. Il y en a un avec un chapeau de paille, un autre avec deux couleurs de flammes différentes, un avec un smiley barré et un dernier avec deux sabres et une balafre. Je ne sais pas qui sont tous ces gens, je ne sais pas qui ils sont pour moi, mais une chose et sûre, je ne veux pas qu'ils se battent pour quelqu'un d'aussi inutile que moi. Et c'est donc avec les dernières forces que m'accorde ma gorge enrouée que je crie, que dis-je, que j'essaye de hurler :

-Partez ! Partez bande d'incapables ! Partez, vivez vos rêves, vivez votre vie et oubliez-moi ! Ah... ah... Laissez-moi tomber et partez faire vos aventures sans moi ! Vous n'avez pas besoin de moi, alors partez ! Partez !

Je tousse un peu en reprenant mon difficilement mon souffle et alors que j'allais baisser la tête en attente de ma sentence, je reçois un horrible coup de poing dans la joue, un coup de genou dans le ventre et un coup de pied dans la trachée. Ma tête bouillonne, je tente de reprendre mon souffle et mon corps me fait d'autant plus mal quand j'atterris durement parterre. Mes yeux sont écarquillés sous la douleur et le choque de ces coups affreusement forts et une poigne d'acier me releva en tirant mes cheveux. Deux lames virent se loger contre mon cou et au moindre faux mouvement je m'égorgerais moi-même.

-Comme l'a dit la Démone, partez pirates ! De plus, j'imagine que vous êtes présents pour elle. Alors au lieu d'une simple décapitation, nous pourrions la faire souffrir un peu plus, vous ne pensez pas ? La faire égorger n'est pas plus compliqué que de claquer des doigts ! Le premier qui bouge se verra être la cause du meurtre plus qu'animal que subira cette pirate.

-Je ne suis... pas une pirate, crachai-je.

-Héhéhé, mais bien sûr. Alors qu'est-ce que tu es ?

-Je suis une I. Et les I ne sont pas des pirates ! Ils sont bien... plus importants que toi ! J'en suis la dernière... représentante, malheureusement pour toi. Tu ne me surpasseras jamais. Alors maintenant... vas-y, TUE-MOI !

Avant de fermer les yeux, je le vis avec un immense sourire aux lèvres lever son bras.


Quand je rouvris les yeux j'étais dans ma cabine, tranquillement couchée avec Ùll à mes pieds, Anann près de ma tête et Aedan dans le lit en face du mien. Nous étions en pleine nuit si je me fiais à l'astre lunaire haut dans le ciel. Je soufflai un coup et me levai doucement pour ne pas réveiller mes petits chéris. Je sortis de notre cabine et me dirigeai vers le pont supérieur pour me rafraîchir les idées et pour réfléchir à mon rêve. Il était tellement réel. Je ressentais encore les coups, les chaînes, ma peur, ma douleur... C'était tellement étrange. Je sentais encore la brûlure dans mon dos. J'étais sûre d'avoir encore la marque de cette douleur intense. Je la ressentais encore dans mon dos, encore vive, comme si on venait de me la poser au fer rouge. J'avais mal, tellement mal...

Je commençai à sangloter, mes mains essayant de toucher mon dos mais n'arrivant à s'accrocher qu'au tissu de mon kimono du temple. Je voulais arracher le tissu, toucher mon dos pour voir s'il était chaud, être sûre que ma peau n'avait rien, mais je n'y arrivais pas. Je n'y arrivais pas... Pas... Pas... Laissez-moi toucher mon dos... Laissez-moi...

-Oya, oya, pourquoi pleurez-vous demoiselle ? Demanda une voix derrière moi.

Je me retournai, surprise par la voix venant d'apparaître et vis un grand homme blond qui devait faire deux fois ma taille. Il portait des lunettes de soleil, des vêtements noirs et d'étranges souliers. Il avait un grand sourire collé au visage et ses mains étaient dans les poches de son jean. Il avait aussi une deuxième paire de lunette et une chaîne en argent autour du cou. Son manteau semblait très chaud en tout cas et il avait un anneau en or à chaque oreille. Mais je me demandais ce qu'il faisait là en pleine nuit.

-Qu'est-ce que vous faîtes ici ?

-Je suis venu pour affaire. Et puis, je peux vous retourner la question.

-Je n'arrivais plus à me rendormir. À dormir tout simplement. Le sommeil m'échappe.

Je me retournai de nouveau vers l'océan à perte de vue et regardais distraitement les rayons lunaires se reflétant sur la surface de l'eau. Quelques secondes après avoir détourner le regard, le grand blond vint s'asseoir à côté de moi, une jambe pliée et un bras derrière lui à soutenir son poids. Il regardait en l'air et moi de même.

-Pourquoi gardez-vous vos lunettes de soleil même la nuit ? Il fait noir, vous ne devez pas voir grand chose.

-Je compte sur autre chose pour me guider.

-Vous n'avez pas répondu à ma question.

-Tu n'as pas besoin de connaître la réponse.

-Effectivement, mais ça m'intrigue.

-Alors oublie que tu veux le savoir.

-Si je pouvais faire ça, ça ferait longtemps que je me serais devenue amnésique.

-Vraiment ?

Son sourire s'aiguisa encore plus que présentement et je ne pensais vraiment pas ça possible. Puis je pensai à quelque chose. Il pourrait m'aider ! Je commençai donc à défaire le haut de mon kimono, enfin jusqu'à ce qu'il m'arrête d'un mot.

-Tu fais quoi gamine ?

-Il faut que vous m'aidiez.

-Je ne suis pas un gigolo, va voir ailleurs pour ça.

-Pas ce genre de service. Il faut que vous me disiez ce qu'il y a dans mon dos.

-Pourquoi ferais-je ça ? Se moqua-t-il.

Il ne perd jamais son sourire celui-là ! Il me prend vraiment au dépourvu alors que je viens à peine de le rencontrer ! Il se croit vraiment tout permis. Enfin, peut-être qu'il a le droit de se comporter comme ça, je ne sais pas.

-Je vous l'ai demandé gentiment, alors s'il vous plaît.

-Ça ne me plaît pas vraiment, mais d'accord. Vas-y montre.

Je me penchai un peu plus pour cacher ma poitrine contre le reste de tissu sur mes genoux relevés par la pointe de mes pieds, puis je baissai totalement mon haut dévoilant ainsi mon dos.

-Alors ?

-Eh bien à part un tatouage encore rougis, il n'y a rien.

-Comment ça un tatouage ?!

-Quoi ? Tu ne le savais pas ? Il est très beau et bien fait d'ailleurs, mais je ne suis pas un expert.

-À... À quoi ressemble-t-il ?

-Une épée. Ça ressemble à une épée tribale.

Non. Non... Tout mais pas ça. Tout, tout, tout mais pas ça ! Non, non, non...

-Eh, y a un truc qui va pas ?

-Non. Ça... va. Ça va.

-Pourtant tu trembles. Et tu ne sais tout simplement pas mentir.

-Vous souriez vraiment pour rien.

-Oui, peut-être, évasa-t-il d'un geste las de la main. Et tu n'as pas répondu à ma question.

Mais c'est qu'il me taquinait ! Enfin, je n'allais pas entrer dans son jeu, j'étais bien trop fatiguée pour ça. Je terminai de nouer mon kimono avant de tendre la main à cet homme bien étrange. Je ne voulais même pas connaître son nom, j'étais certaine de l'entendre un de ces jours. Ou plus tard en tout cas.

-Il est temps pour moi de retourner me coucher. J'aurais bien aimé continuer à parler avec vous, mais je n'échappe pas à la fatigue. Bonne fin de soirée.

Il me prit la main et y fit un baise-main auquel je ne m'attendais pas le moins du monde. Je voulais juste qu'on se serre la main comme des gens civilisés, mais à son bon vouloir. Je lui souris une dernière fois avant de me retourner à ma cabine. Avant que je n'ouvris la porte du couloir, il me demanda mon nom.

-Vous le connaîtrez en temps et en heure. Et je ne vous ai pas demandé le votre que je sache.

Sur ce j'entrai dans le corridor avec le fou rire du grand blond en arrière fond et j'avançai tranquillement et silencieusement jusqu'à la porte de ma cabine dans laquelle j'allai me recoucher et m'endormis presque totalement apaisée. Pourquoi est-ce que j'avais ça dans mon dos ? Fais chier... Si seulement je pouvais savoir.

Deux jours plus tard, le bateau nous transportant nous, ainsi que d'autres passagers, accosta aux abords d'une île printanière plutôt cosy et nous, au lieu de remonter à bord nous restâmes sur l'île pour nous y entraîner le plus longtemps possible. Je devais améliorer mes capacités physiques et cognitives. Et quoi de mieux qu'un entraînement intensif ? Enfin, pour l'instant nous ne nous étions que séparés pour faire du repérage plus approfondi que la visite de la ville portuaire. Nous cherchions un endroit vivable et reculé le plus possible de la civilisation afin de pouvoir librement nous entraîner.

Et je crois avoir trouvé !

C'était une caverne située en hauteur, sur une falaise escarpée et légèrement raide. Ça ferait l'affaire ! Je sifflai Anann qui arriva dans la seconde et lui fis remettre le message à Aedan. En attendant leur arrivé, je grimpai la paroi rocheuse aux pierres légèrement lisses et atteins la grotte après quinze minutes de dur labeur. Parfait ! Ça allait nous faire les muscles ! Mais bon pour l'instant, ce n'était rien d'autre qu'un immense supplice. Je n'en pouvais tout simplement déjà plus ! J'avais l'impression d'être face au sourire inflexible du blond à lunettes.

En parlant de lui, je me rendis compte qu'il n'y avait aucune trace de sa présence sur le navire le lendemain matin lorsque je suis allée sur le pont. Enfin si, mais je ne sais pas si c'est lui. À l'endroit où nous nous sommes parlés il y avait un drôle de dessin graver dans le bois une sorte de chapeau bizarre à trois embouts. Enfin, rien de bien important je pense.

Lorsque je revins à la réalité, j'entendais Aedan en train de gémir de douleur pour enfin parvenir à gravir la falaise j'allai donc, bien évidemment... M'accouder au bord de la grotte pour le regarder souffrir. Quoi ? Vous pensiez que je serais allée l'aider ? Oh non, je préférais largement le voir être torturé un peu. C'est beaucoup plus plaisant et moins fatiguant. J'avais pas dit que j'étais une flemmarde de première ordre ? Mes excuses dans ce cas.

Une fois en haut, Aedan était totalement avachi sur le sol et respirait comme un bœuf. Je m'amusais à le regarder et le toucher avec un bout de bois pour voir s'il était encore capable de bouger, ce qui ne semblait pas être le cas. J'allai donc devoir aller chercher le dîner moi-même et disons que je n'avais vraiment pas envie. Mais alors pas du tout envie de courir et de regrimper cette falaise. Je pensai qu'il serait intelligent de créer une sorte d'escalier dans la roche pour améliorer notre style de vie. Mais pour l'instant on ne faisait rien du tout, il faut faire le renforcement musculaire à tout prix. Oh oui, à tout prix, hihi~...

Finalement, au bout de deux heures de chasse, je revins avec un bon morceau de viande que je portais sur les épaules. Mais c'était pas léger du tout, donc j'étais un peu affaissée. Juste un peu. Non, j'étais totalement voûtée ! Mon dos, j'ai maaal ! Enfin... Une fois à la grotte, et j'en ai totalement galéré avec cette putain de viande qui n'arrêtait pas d'essayer de se barrer alors qu'elle était morte, je déposai mon fardeau de plusieurs heures sur le sol et j'allai m'occuper de dépecer l'animal. En parlant d'animal... Comment mon chien est-il arrivé ici ? Oh, ça doit être Aedan qui l'a porté jusqu'ici.

-Aedan, tu peux aller chercher du bois pour le feu s'il te plaît ?

-Et comment je fais pour le transporter ?

-Construit un truc avec des branchage et des lianes, je sais pas. Comme tu veux, mais tu vas chercher du bois. Je m'occuperai de faire le feu.

-OK, j'y vais.

En attendant son retour, je regardai le soleil couchant au loin. Il me faisait penser à tellement de choses que je n'étais pas sûre de pouvoir les discerner les unes des autres. Je repensais à mes journées au temple, au toit de ma petite maison sur lequel je me couchais, mon adolescence presque totalement passée à m'entraîner, ma petite vie paisible, mon enfance... À cette pensée, je me refermai. Pourquoi faut-il que je pense à ce genre de truc maintenant, hein ? Enfin, je n'y pouvais rien, disons.

§µ-.-µ§

Le soleil se levait lorsque je décidai de descendre la roche. Je commençais mon entraînement aujourd'hui et j'étais en pleine forme ! Sauf qu'il allait me falloir un acolyte de souffrance, car je ne m'améliorerai jamais en restant seule. Il me fallait quelqu'un avec qui je pourrais améliorer ma force, ma puissance, ma vitesse, ma discrétion et ma perception des choses. Ça allait me demander beaucoup de temps, plusieurs mois ou années, mais j'étais prête à faire ce sacrifice de temps si c'était pour devenir plus forte.

Je commençai par des pompes mais je ne réussis pas à faire la moitié de ce que je m'étais fixée, alors je fis une petite pose de cinq minutes puis me remis au travail. Je n'arrivais pas à améliorer mon score alors je refis une pause, etc... Jusqu'à ce que j'arrivai enfin à faire ces putains de cent pompes ! J'ai mis beaucoup, beaucoup trop de temps. Je continuai ensuite par du gainage où je me fixai d'abord trente secondes dix fois, puis quarante-cinq secondes dix fois toujours, puis une minute... ce jusqu'à deux minutes trente. Encore une fois, j'eus du mal à tenir au début, mais avec mes pauses de trente secondes entre chaque gainage, j'arrivais à m'en sortir. Je continuai sur des tractions avec une branche semblable à une barre de fer, jusqu'à ce que je fus capable d'en faire cinquante.

Ensuite je passai à la souplesse avec pour l'instant des mouvements simples comme la roue, qui m'a détruit les cuisses la première fois, l'équilibre, la rondade et pratiquement toutes les sortes de sauts existant. Je fis en dernier les étirements en commençant par le haut du corps et pour finir avec le bas du corps que j'étirai deux fois plus. Lorsque je serais capable de plus, je le ferais. Mais pour l'instant je ne pouvais pas. Lors de mon entraînement sur l'île, mon maître ne m'avait pas appris énormément de chose juste de quoi me défendre et chasser. Malgré ça, j'étais quand même appelée « la femme la plus forte de l'île », ce qui m'avait amené à être l'héritière de la Mère. Chose dont je n'avais toujours pas envie d'ailleurs.

Après deux semaines de dure labeur, toujours sur le même entraînement, je décidai de le corser un peu. Je doublai donc mes exercices de musculation et changeai mes exercices de souplesse. Je garda les sauts sur lesquels je rajoutai ceux que je n'avais pas mis au début, mis en plus les saltos, les roulades, les écarts et les flips. Là, j'avoue que j'y étais allée un peu fort, mais il fallait bien le faire, alors je ne me plaignais pas.

Un mois plus tard je changeai encore l'entraînement et triplant celui musculaire et changeant encore le programme de souplesse. J'ajoutai autre chose dans mon entraînement de souplesse : la poutre. J'en créa une à partir d'un tronc tombé à cause de la foudre tombée il y a trois jours. J'en taillai une grâce à mon nodachi et à mon tanto. Enfin, mon tanto ressemblait plus à une dague, mais ça en restait un quand même, rien à foutre. J'avoue que ce n'était absolument pas facile de tenir sur la poutre au début, mais au bout de trois reprises, mes jambes tremblaient un peu moins et je pouvais marcher librement sans avoir à tomber ! Tant mieux, parce que ça faisait mal de tomber.

De son côté, Aedan lui aussi se faisait un entraînement. Mais lui développait d'avantage sa musculation plutôt que sa souplesse : il l'était déjà naturellement, le chanceux. Il avait par contre plus de mal avec son endurance et sa vitesse. C'était pourquoi, trois mois plus tard, après avoir terminé mon entraînement solo, nous décidâmes de nous entraîner ensemble. Nous nous battîmes souvent, longuement, avec férocité, mais il m'en fallait plus. Je n'étais pas assez forte, quoi qu'en dise Aedan.

Nous restâmes un an et demi sur cette île que nous connaissions désormais par cœur.


Sur la fameuse île d'où sont partis Aedan et Saoirse, c'était la folie. Tout le monde les cherchaient, que ce soit dans la forêt ou dans les coins reculés du temple. Tout le monde s'inquiétait de ne pas trouver la futur Mère avec son frère de cœur. Les villageois paniquaient de ne plus avoir « la femme la plus forte de l'île » avec eux pour les protéger et les prêtresses du temple étaient toutes autant paniquées que les villageois de ne plus avoir cette femme plus forte que la normale, sur leur île en tout cas.

-Elle devait succéder à Mère ! Pourquoi est-elle partie alors qu'elle ne l'était pas devenue ?!

-Elle n'est pas partie, voyons. On l'a kidnappé ! Je ne vois que ça.

-Mais que dis-tu ?

-Elle aimait bien trop l'île et ses habitants pour vouloir partir de son plein gré. Alors il est beaucoup plus probable qu'elle est été enlevée ! Sûrement un de ces équipages pirates venus sur l'île dernièrement...

-Tu as raison ! Excuse-moi d'avoir douté, je n'aurais pas dû...

-Les filles, écoutez-moi, clama une voix douce et clair comme de la soie.

À peine eut-elle fini sa phrase que plus personne ne parlait. Celle venant de parler était la fameuse Mère de l'île et pendant que les prêtresses discutaient et débattaient entre elles sur le cas de Saoirse, elle avait prit une décision et avait tranché entre toutes les possibilités, n'en gardant qu'une seule.

-J'ai prit ma décision et je vais de suite vous la partager.

-Nous vous écoutons, Mère.

La Mère sourit tendrement à cette phrase innocente sortie de la bouche de la plus jeune des prêtresses, après Saoirse.

-Si ce que vous dîtes est vrai, alors nous interdirons l'accès à l'île à tous les prochains navires pirates. Je ne veux pas qu'un autre drame comme celui-ci se reproduise. Par contre il y a bien deux navires pirates qui auront le droit d'accoster ici et qui ont ma plus grande confiance : ceux de Barbe Blanche et Shanks le Roux. Ce sont des amis à moi qui ne font pas de mal à une mouche, sauf si l'on s'en prend à leur équipage, ce qui est totalement compréhensible. Je leur demanderais de l'aide pour retrouver Saoirse. Prévenez les bateaux pirates ayant accostés sur l'île de repartir dans les plus bref délais, sous peine d'emprisonnement à vie.

-Devrons-nous prévenir la Marine et le Gouvernement Mondial pour qu'ils nous aident à la chercher ?

-Non, car il est plus probable qu'ils ne nous la rendent jamais et qu'à la place ils l'enrôlent dans la Marine avec du chantage ou sous peine d'une incommensurable catastrophe de peine. Je ne veux même pas imaginer ce qu'ils lui diraient ou lui feraient pour la garder avec eux...

-Devenons-nous les laisser accoster ici tout de même ?

-Oui, il faut qu'ils ne se doutent de rien.

-Et concernant Aedan ?

-Il ne se séparerait jamais de Saoirse, ils ont un grand trop grand lien affectif les reliant. Il ferait tout pour la retrouver. J'imagine qu'il est parti à sa recherche, à la poursuite de ces pirates. Il ne nous a pas prévenu, sûrement parce qu'il était bien trop paniqué lorsqu'il a découvert le pot-aux-roses. Nous pouvons lui faire confiance.

-Très bien, Mère.

-Ce soir, nous prierons pour ces deux jeunes enfants perdus en mer. Prions pour qu'ils nous reviennent en vie.

Toutes les prêtresses présentes se tinrent la main de toutes leur force et se mirent à prier de toute leur âme. La Mère, au centre de toutes, commença un chant de prière bouleversant et touchant. Sa voix était claire et douce, tout comme elle au naturel. Elle entama un couplet avec force et des larmes roulèrent sur ses joues mais elle en fit fi. Une fois le chant terminé, toutes les prêtresses se mirent à pleurer leur île et le sort de Saoirse.

De son côté, la Mère savait parfaitement que Saoirse était parti à l'aide d'Aedan pour trouver une vie plus libre que celle qu'ils avaient ici. Elle était très heureuse pour Saoirse et Aedan et ne leur souhaitait que du bonheur, mais être si loin de ces deux-là, surtout de ces deux-là, lui serrait le cœur et la faisait beaucoup plus pleurer que pour n'importe quoi d'autre. Un étau lui enserrait la poitrine désormais et rien ne pouvait plus le lui desserrer, sauf le retour de Saoirse et Aedan sur l'île et dans sa vie.

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J'avais parfois l'impression d'entendre des pleurs venant de la lune ou portés par le vent résonner à mes oreilles, mais il n'y avait jamais rien, alors j'oubliais mais gardais ces sons pour moi, puisqu'Aedan ne semblait pas les entendre du tout. Peut-être une hallucination de ma part, mais ces pleurs avaient l'air tellement réels... Et j'étais sûre de les avoir déjà entendu, mais où ?

J'étais fatiguée, c'était peut-être pour ça. Alors, dormons...


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Helloooooow, mes lecteurs chéris ! Ce nouveau chapitre vous a-t-il plu ? J'espère, en tout cas, parce qu'il va conduire à l'aventure tant attendue ! Vous vous demandez quel était ce rêve étrange, n'est-ce pas ? Eh bien, j'attends vos suppositions !

Maintenant, je vais répondre à Guest :

« Merci ! »

Oui, oui... Cette rubrique de R&R est vraiiiiiiment courte, excusez-moi ! Mais sinon, je tenais à remercier Taouret et nguyenthanhtam95 qui suivent cette fanfiction, et encore nguyenthanhtam95 pour avoir mis cette fanfiction dans ses favoris !

Maintenant je vais vous dire à bientôt et je vous préviens d'avance, le chapitre deux était déjà en cours, mais il va juste me falloir l'inspiration pour continuer ! Donc, malheureusement pour vous, je ne sais pas quand il sortira (je ferais au mieux pour que ça ne dure pas un mois), mais je ferais au plus vite, je vous l'assure ! Je vais encore une fois utiliser la fameuse excuse du « avec les cours, c'est un peu compliqué », mais comme je sais m'adapter (et que le week-end j'ai enfin l'occasion de me reposer) j'essaierai de ne pas l'employer du tout ou trop souvent.

Bref, je vais donc vous faire des bisous tout plein, et je vous dis à bientôt !

Privet !