Résumé : Aomine Daiki, l'as de la génération des miracles. Un monstre de puissance, de talent, de passion mais aussi d'arrogance, de flemme. Voilà comment le voient la plupart des personnes qui le connaissent. Mais vous… Oui vous, derrière votre écran. Comment le voyez-vous ? Voulez-vous plonger dans le quotidien de cet homme bien différent de tout ce que l'on croit connaître. Alors, prêt ?
Disclamer : Rien n'est à moi, sinon mon blond et mon bleu seraient ensemble depuis fort, fort longtemps… Mais merci quand même à monsieur Tadatoshi Fujimaki de me les avoir créé. 3
Couple : Aomine x Kise forever. 3 Pourquoi changer une équipe qui gagne ?
Note de l'auteur : Voila deux semaines que mon prologue a été posté et je vous livre enfin le premier chapitre. Merci à ma beta, Erizu-sama qui a supporté mes nombreuses fautes. À ta patience d'ange je dis merci. On se retrouve en bas du chapitre.
Chapitre 1
-Pov Daiki-
Mon regard se fige et je me sens incapable de respirer. Autour de moi mes anciens coéquipiers, adversaires et amis crient leur joie face à cette heureuse nouvelle. Les félicitations fusent de partout faisant rougir les deux amants. Je secoue la tête et leur présente les miennes et leur souris, heureux pour eux. Même si les mots m'écorchent la bouche et que mon cœur, déjà fissuré par leur annonce, tombe en miettes à ce moment-là, je dois continuer à garder ce masque. Les bras finement musclés du copieur posés sur mes épaules me font sursauter légèrement et sortir de mes sombres pensées. Je ne peux m'empêcher de taquiner le rouge sous les rires de l'assemblée. Jouer le clown, cacher ma peine sous des pitreries, même si je n'ai plus qu'une idée en tête ; fuir.
Fuir loin de toute cette overdose d'amour, de bonheur et encore d'amour. Le repas me semble sans fin, la douleur que je ressens au plus profond de moi me brise un peu plus à chaque seconde de cet interminable repas. Chaque bouchée me donne la nausée, je serre les dents pour ne par courir aux toilettes et vomir. Finalement, mon enfer finit par prendre fin, le repas est sur le point de se terminer et les desserts s'achèvent lentement. Là, je bénis mon téléphone. C'est un appel de mon travail.
Je m'excuse auprès des amants et sors du restaurant en attrapant ma veste. Tout en écoutant mon partenaire je fuis, j'ignore le regard doré pausé sur moi et sors. La porte du restaurant se ferme à peine sur moi que je ne peux les retenir plus longtemps. Les larmes glissent sur mes joues sans que je ne les retienne. Tout ce que je sais c'est qu'il ne sera plus jamais mon ombre, ma moitié. À partir de ce soir je suis définitivement mort pour lui. Sans m'en rendre compte je raccroche au nez de mon partenaire, Sosuke ne m'en voudra pas de toute façon, et j'avance. Mon cœur vole en éclats car je réalise qu'il ne sera jamais mien. Tetsu a choisi sa lumière, moins vive que la mienne mais si douce avec lui. Et en le choisissant lui, il a plongé mon univers dans le noir complet.
Ma vue se brouille un peu plus, je porte ma main à la hauteur de mon visage, essayant de dissimuler ma peine au reste du monde. Tout mon corps tremble, sous la peine que je ressens et je finis par m'effondrer. Quand mes genoux touchent le sol, je suis à l'abri des regards indiscrets au fond d'une ruelle sombre et je peux enfin laisser ma douleur s'exprimer. Le cri que je pousse fait fuir le peu d'animaux errants, le monstre que je suis fini enfin par être un humain… La douleur dans mon cœur me le confirme, me fait serrer les dents pour retenir les sanglots qui menacent de sortir de mes lèvres. Je suis à deux doigts de me perdre dans ce capharnaüm de sentiments, plus je respire pour vivre et plus mon souffle se coupe. Comme animé d'une vie propre, mon poing se lève et vient s'écraser sur le mur en face. Le coup me fait gémir de douleur mais cela me permet de respirer. Alors je réitère l'expérience, la douleur passe au second plan, car je sens mon souffle revenir. Les larmes finissent par se tarirent mais je continue à boxer le mur. À l'endroit où je frappe mon sang commence à colorer le mur d'un joli vermillon. J'arme mon bras droit une nouvelle fois quand une voix me fige dans mon élan.
- Si tu frappes une nouvelle fois aussi fort, ta main ne te servira plus à rien, Aominecchi.
Une seule personne ose m'appeler ainsi et cela depuis le collège. Ce fouineur de copieur m'a suivi ; Kise.
- Casse-toi !
Ma voix, rendue rauque par mes pleurs et mes cris, fait l'effet d'une claque glaciale malgré tout. Qu'il me laisse tranquille, si je dois sombrer je veux le faire seul.
- Tu peux grogner autant que tu veux Aominecchi, cela fait des années, treize ans pour être juste… Treize longues années que j'ai compris comment fonctionnait le monstre de la Kiseki no Sedai.
J'entends au son de ses pas qu'il se rapproche lentement de moi, comme l'on approcherait une bête blessée.
- Aux yeux de tous un homme arrogant, imbu et sans morale mais moi je sais que tu es tout ce que tu ne voudrais pas être. Gentil, attentionné, prévenant et… Faible. Oui, faible. Aominecchi, tout homme est faible face à l'amour. J'aurais aimé que tu puisses retrouver ton sourire à ses cotés. Mais Aominecchi la vie n'est pas un conte de fées et pour avoir ce que l'on désire le plus il faut se battre pour ça. Si l'on veut que nos souhaits se réalisent on doit s'y accrocher avec énergie et espoir mais toi ton souhait, tu l'as abandonné voilà des années.
Ses mots raisonnent en moi avec force. Moi faible ? Jamais. Pour qui il me prend ? Avec une rapidité qui nous surprend tous les deux, je me retourne vers lui et plaque le blond contre le mur opposé. Je lève une nouvelle fois ma main en sang et l'abat en direction du visage du blond. Je hurle de douleur quand mes doigt frappent violemment le mur à la droite du visage du copieur, que j'ai inconsciemment évité. Le craquement sinistre m'indique que je viens sûrement de me briser un ou deux doigts, et sous la violence de la douleur mon souffle se coupe de nouveau. Mes jambes ne me tiennent plus et je m'effondre, le blond suivant mon mouvement. Ma tête bascule contre son torse et rapidement je ramène ma main contre mon cœur brisé. J'ignore combien de temps je reste avachi sur le blond, ses doigts jouant dans mes cheveux, mais je sens mes sanglots se calmer et mon souffle redevenir régulier.
- Alala~… On va devoir aller voir Midorimacchi et il va encore crier sur moi.
Mon ricanement me surprend moi-même, il n'y a bien que lui pour m'arracher un rire dans une situation pareille. J'essaye une ébauche de sourire mais très vite une grimace de douleur déforme les traits de mon visage. La douleur de ma main droite se rappelle à moi. Je plaque tout mon bras un peu plus contre mon torse.
- Allez Aominecchi je vais te conduire à l'hôpital le plus proche. Tu dois sûrement avoir la main cassée.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi Aominecchi ?
- Pourquoi tu ne me laisses pas seul ? Je veux… Non, j'ai besoin d'être seul.
- Bien sûr que non, tu crois en avoir besoin. Mais avec tout ce que je viens de voir tu es loin d'avoir besoin d'être seul. Ne me regarde pas comme ça Aominecchi, pour une fois que je suis sûr d'avoir raison. Alors tu vas te redresser et je vais te conduire jusqu'à l'hôpital.
Depuis quand est-il si sûr de lui ? Malgré tout je l'écoute d'une oreille et mon corps lui obéit, bien contre mon gré. Au fond de moi je sens mon cœur repartir, un seul battement. Jusqu'à maintenant j'avais surtout l'impression d'avoir un puzzle à la place du cœur mais je sens au plus profond de moi que les paroles du blond ont connecté deux pièces entre elles. Peut-être qu'un jour il sera complet, que je pourrais de nouveau vivre ? Il se lève doucement, accompagnant avec douceur chacun de mes gestes. Ma crise de nerf m'a vidé de mes forces et sans lui j'aurais sûrement dormi dans cette ruelle. L'arrivée à l'hôpital se fait dans le silence, ma main toujours plaquée contre moi a triplé de volume. Kise a raison, j'ai fait le con. Le blond sort le premier de la voiture, me laissant le temps de sortir à mon rythme. Bizarrement, je suis pris d'un frisson quand je vois le copieur revenir avec un fauteuil.
- Ordre de Midorimacchi.
Je frissonne une nouvelle fois, le shooting guard va être imbuvable je le sens. Quand on franchit ensemble les portes de l'hôpital, le vert m'attend de pied ferme au niveau de l'accueil. Les sourcils froncés, plus que d'habitude, il ordonne au blond de faire entrer ''l'inconscient'' dans la salle d'examen. Je ne dis rien qui pourrait provoquer un peu plus la colère du médecin. Le diagnostic tombe rapidement ; deux phalanges de brisées sur l'index et le majeur. Tout l'annulaire de fêlé et de sérieuses entorses pour deux doigts. En prime le dernier coup a gonflé mon poignet et je ne peux absolument pas me servir de ma main droite. Midorima fait appeler l'infirmier en chef de son service pour qu'il s'occupe de mon cas pendant qu'il va discuter à l'écart avec le blond. Takao entre quelques minutes après que son amant soit sorti. Comment fait-il pour supporter ces imbéciles ?
- Shin-chan n'avait pas menti.
Tout en divaguant sur son précieux Shin-chan, Takao me conduit à un des blocs de l'hôpital où je suis pris en charge pas un confrère de Midorima. L'opération pour réparer ma main se déroule dans l'heure qui suit. Quand j'en sors, je ne suis plus moi-même, à moitié drogué je n'écoute que d'une oreille les ordres de mon médecin. Je plane bien trop haut pour m'en soucier.
- Tu le raccompagnes chez lui Kise ?
- Oui, bien sûr.
- Je passerai demain voir comment va sa main, bonne chance.
Le sourire du blond est si lumineux qu'il m'aveugle presque, et dans ma semi-conscience je ne peux m'empêcher de grogner. Le copieur m'installe dans la voiture et il n'a pas encore démarré que je me sens déjà partir vers le sommeil.
C'est la douleur dans ma main qui me fait ouvrir brutalement les yeux. Mon souffle se coupe et je ne peux empêcher mes larmes de glisser sur mes joues. Des pas précipités dans le couloir me figent dans mon lit, je suis encore sonné par les médicaments que le vert m'a injecté et ce bruit n'est pas fait pour me rassurer. Dans un vieux réflexe je tends la main droite vers ma table de chevet, la cognant sur le montant de mon lit et je ne peux que crier sous la douleur. La porte finit par s'ouvrir, révélant le blond, les cheveux en pétard et la trace d'oreiller sur la joue. Si je n'avais pas si mal, j'en aurais sûrement ri.
- Aominecchi ?
- Qu'est-ce que tu fais là ? P'tain ça fait mal… Saloperie de meuble à la…
- Tu as mal ?
- Sérieusement Kise ? Bien sûr que oui abruti ! Et puis qu'est-ce que tu fous là ?
Il s'approche de moi, alors que je grogne toujours après lui, s'accroupit à mes côtés et pause sa main fraîche sur mon front. J'en soupire de soulagement. J'ai beau forcer ma mémoire je n'arrive pas à me souvenir de ce qu'il s'est passé hier après l'opération.
- Midorimacchi t'a prescrit des cachets contre la douleur, tu en veux un ?
- Oh bordel que oui…
- Tu es en état de te lever ?
- Mais oui.
Je me redresse d'un seul coup, et voit mon monde tanguer dangereusement. La vache mauvaise idée, ne pas se lever si vite. Le copieur m'aide à me stabiliser, je secoue la tête et lui fait signe que je suis prêt à le suivre. Enfin si mon corps veut bien suivre ce que je lui ordonne de faire. Je serre les dents et suis le pilote dans le couloir sombre de ma maison. La distance, pourtant toujours la même, ne m'a jamais paru aussi longue et je ne peux empêcher un gémissement de douleur franchir mes lèvres pourtant closes.
- Tu es vraiment têtu, hein ? Allez Aominecchi. Laisse-toi aller. Appuie-toi sur moi, je suis là pour ça.
Tout en grognant, je me laisse finalement aller contre lui, impossible de faire le moindre pas seul. Tout mon monde s'est mis à tourner depuis ses paroles. Quand enfin je peux m'asseoir, un soupir de soulagement franchit mes lèvres. Un verre d'eau attire mon attention, je m'en saisis et avale tout ce que me tends le blond. Finalement, mon appartement se stabilise et je me sens mieux.
- Tu veux retourner te coucher Aominecchi ? Il est encore bien tôt.
- Ouais mais je pense pas y arriver seul…
- Oh mais ne t'inquiète pas je vais t'y conduire. Allez, appuie-toi sur moi.
Je me laisse aller contre lui, ma tête bascule sur son épaule et quand on arrive dans ma chambre je suis déjà à moitié somnolant. Mais je ne veux pas me rendormir, ou il va venir pour moi, je le sens au plus profond de moi.
- Pas seul…
- Quoi ?
Le blond me fait basculer sur mon lit mais je m'accroche à lui avec énergie. Les cachets de Midorima sont tellement forts pour ma main que je ne reconnais même pas les premiers signes d'une crise de panique, je suis complètement stone.
- Pas… Me laisse pas seul.
- Pourquoi ?
- Quand je suis seul, il est tout autour de moi. Il…
- Qui ? Il ?
- L'obscurité, il se cache dedans, prêt à me dévorer.
- Mais tu sais que Kurokocchi n'est pas avec nous, qu'il ne te fera aucun mal ?
- Chuut… Moins fort Ryota il va t'entendre, il est bientôt là.
- Aominecchi ?
Je ne suis pas fou, je sais qu'il est là tout autour de moi, riant de ce que je suis devenu par sa faute. Les bras réconfortants du blond se resserrent autour de ma taille, me berçant doucement. L'odeur apaisante du blond me fait glisser lentement mais sûrement dans le sommeil.
- Mmm… Sommeil… Bien avec toi.
Perdu dans mon délire, notamment à cause des médicaments, mes phrases n'ont plus aucun sens. Je ne sais plus ce que je fais ni ce que je dis. Mais je sens que grâce au blond ma nuit va être plus longue que prévu et sans cauchemars en plus.
Ce qui me fait sortir du lit le lendemain matin, c'est la place vide et froide à mes côtés. Avec en plus la délicieuse odeur d'œuf et de bacon que je sens, mon estomac doit lui aussi apprécier ces odeurs car il se manifeste bruyamment. Le doux rire de Kise emplit la pièce, je lève les yeux vers lui et croise son regard pétillant de malice. Que fait-il ici ? Je ne comprends plus rien… La soirée d'hier est un immense trou noir, qu'ai-je pu faire pour me mettre dans un état pareil ? Portant ma main droite à mes tempes je grimace en voyant son état. En voyant mon regard perdu, Kise intervient.
- Tu as brisé tout seul ta main droite, je t'ai reconduit jusqu'à chez toi une fois que Midorimacchi en a fini avec toi.
Voilà une des réponses que je cherchais, mais cela n'explique pas tout.
- Arrivé chez toi, je t'ai mis au lit. Et la fatigue de la journée, plus notre repas tous ensemble, je me suis écroulé avec toi sur ton lit.
- Et comment j'ai eu…
- La main brisée ? Tu as tapé dans un mur.
- Kise !
Je le vois hésiter, que me cache-t-il de si important ? Il a l'air si gêné, d'un simple mouvement de la tête je lui fais signe de continuer.
- Tu… Tu es amoureux de Kurokocchi, Aominecchi ?
Je me fige, rougis et baisse les yeux rapidement. Comment peut-il le savoir ? Personne ne le sait. Pendant toutes ces années personne ne l'a su, alors pourquoi ?
- Je prends ton silence pour un oui, alors. Hier, Kurokocchi nous a tous invité au restaurant pour nous faire part d'une bonne nouvelle. Lui et Kagamicchi nous ont alors annoncé qu'ils s'étaient fiancés, et le mariage sera pour dans quelques mois.
Une nouvelle fois je me fige à ces mots, mon cœur se serre à nouveau. Les images de la veille reviennent en force dans mon esprit. Je réalise alors que j'ai craqué devant le blond. Merde, quelle honte… Pourquoi a-t-il fallu qu'il joue au sauveur ? Mais si lui est au courant…
- Les autres ?
- Ils ne sont au courant de rien Aominecchi. Tu es parti tellement vite, ton téléphone du boulot a sonné. On a d'abord tous pensé que ton partenaire t'appelait pour une enquête en cours.
Sosuke va être imbuvable, je le sens bien.
- Enfin je pense qu'Akashicchi doit tout savoir. Il t'a regardé avec insistance, c'est d'ailleurs lui qui m'a fait un discret signe pour que je te suive. Et la suite tu la connais. Je t'ai préparé ton petit déjeu…
- Laisse-moi seul.
- Mais Aominecchi, comment vas-tu faire…
- Kise, s'il-te-plaît. Laisse-moi seul.
- Aominecchi, tu ne…
- Va-t'en. P'tain tu le comprends comme ça ? CASSE-TOI, MERDE…
Le silence se fait dans la pièce et je ne baisse pas assez vite les yeux pour ne pas remarquer le regard blessé du blond. Je finis par me calmer tout seul en entendant la porte de mon appartement claquer. Voilà, je suis bien comme ça, je n'ai besoin de personne. Alors pourquoi suis-je à deux doigts de pleurer ? Pourquoi ai-je fait fuir la seule personne qui allait m'aider ? Je secoue la tête pour chasser tous ces sentiments. Ne rien ressentir…
Voilà, tout va mieux, mon souffle est de nouveau régulier. Je dois juste oublier, tout oublier. Une nouvelle fois je souffle, me redresse lentement et prends la direction de mon salon. À peine sorti de ma chambre que je regrette déjà le soutien du blond. Car devant moi s'étalent des dizaines de photographies de lui. Elles me rappellent toutes qu'il ne sera jamais à moi. Je ne veux plus le voir, alors pour calmer ma rage, je crie. Non, je hurle même et d'un geste vif de la main j'envoie tout par terre. Qu'il arrête de me fixer avec ses grands yeux bleus, son sourire au coin des lèvres.
- Pourquoi a-t-il fallu que tu le choisisses lui ? Je te connais depuis bien plus longtemps que cet idiot d'Américain. Je suis celui qui a été là quand tu as perdu ta grand-mère. C'est moi qui ai recollé les morceaux de ton cœur. ALORS DE QUEL DROIT BRISES-TU LE MIEN, TETSU ?
Une photo de nous deux atterrit dans mes mains et toujours sous l'emprise de ma rage je la balance contre le mur. Le cadre en verre explose sous la force du jet, et de nouveaux bouts de verre s'éparpillent sur le sol. Certains éclats ricochent sur les murs et viennent écorcher mes jambes nues, mais rien ne me ferait plus mal que la douleur que je ressens au niveau de mon cœur.
- Qui a été le premier à croire en toi, QUI ? On était parfait ensemble, tu me complétais si bien, avec toi je n'ai jamais autant brillé sur le terrain. Avec toi mon talent a explosé, j'ai atteint des sommets mais quand, sur le terrain, je suis devenu le monstre que je suis aujourd'hui, où étais-tu ? Tout est de ta faute si je suis comme ça maintenant. Tu es celui qui m'a fait devenir si arrogant et égoïste, tu t'es détourné de moi parce que je pouvais briller sans toi. Avant de te connaître j'aimais plus que tout le basket, il me permettait de m'évader de son pouvoir. Mais maintenant plus rien n'a d'importance à mes yeux, tu m'as tout pris. Tu as fait de moi un monstre sans cœur Tetsu, et la prochaine fois que l'on se voit, je serai sans pitié.
Une nouvelle fois un cri s'échappe de mes lèvres et mon regard parcourt la pièce, dévasté par ma crise de rage. La moitié de mon salon est sans dessus-dessous, des dizaines, non des centaines de bouts de verre sont éparpillés un peu partout dans la pièce et je m'aperçois que je m'en moque. Ignorant les bouts de verre éparpillés sur le sol je me dirige vers la cuisine, l'odeur du bacon m'attire lentement. Sur le sol mes pieds en sang laissent des traînées sombres. Sans l'ombre d'une envie, je mange lentement le repas préparé par le blond en espérant garder le tout dans mon estomac. Je vais pour regagner ma chambre quand un des bouts de verre s'enfonce un peu plus dans mon talon, me faisant grimacer. Je prends la direction de ma salle de bain, essayant de ne pas me regarder dans le miroir. Machinalement je retire et désinfecte les nombreuses plaies que j'ai sur le bas du corps, comme une vieille habitude. Je jette les morceaux de verre dans la poubelle la plus proche et reprends le chemin de ma chambre. Tout en évitant de toucher ma main droite, je m'affale sans grâce sur mon lit. Mon visage se tourne sur la droite et une nouvelle photo attire mon regard. Une photographie de nous six. La seule que j'ai toujours eu avec moi, malgré les années. Une nouvelle fois des larmes dévalent mes joues sans que je ne puisse les arrêter. Avec précaution je me redresse, m'adosse contre le montant de mon lit et attrape le cadre. Je retire la photo délicatement du cadre et le repose sur ma table de chevet. Mes doigts parcourent ton visage souriant, sans que je ne puisse m'en empêcher. Je me recroqueville sur moi-même et ferme les yeux. Essayant d'oublier la douleur que je ressens en moi.
C'est un violent courant d'air froid qui me fait brutalement ouvrir les yeux. Incrédule, je contemple mon double en face de moi. J'ai l'impression de m'observer dans un miroir. Mais la photographie que je tenais tout contre moi est dans ses mains à lui. Comme si j'étais le reflet de la personne en face. Toujours sans dire un mot, je le vois lever les bras en face de moi et commencer à déchirer la seule image que je ne voulais pas toucher. Je crie pour qu'il arrête, qu'il ne continue pas. Mais mes mots ne semblent pas l'atteindre, comme si j'étais entouré de verre. Je lève les poings et frappe sur la surface qu'il y a entre nous, et alors qu'une terreur sans nom m'envahit je m'aperçois que je ne ressens pas la douleur. Mais bien vite je panique, la terreur que je ressens est de plus en plus grande. L'attente du prochain coup prêt à tomber. Je grogne contre ce reflet de moi-même qui me menace, me détourne et fuis. Je fuis ce qui représente ma plus grande peur, devenir comme lui.
- Alors même si tu avais une autre chance de te sauver, tu fuirais encore la queue entre les jambes. Tu es toujours aussi pathétique, faible.
Cette voix me fige sur place et m'empêche d'aller le plus loin possible. Il ne peut être à mes côtés, d'où il est, il ne peut plus m'atteindre. Je le sais. Son rire m'arrache des larmes que je ne peux difficilement retenir.
- Tu me déçois vraiment. On va voir jusqu'où tu peux fuir, lâche…
Note de l'auteur 2 : Alors toujours là… J'en ai perdu combien ? Je vous dis à dans deux semaines mes petits poussins des ténèbres. 3
TBC
