Disclaimer : Les personnages et l'univers de Saint Seiya appartiennent à Masami Kurumada
Titre de la fanfiction : Tu vivras mon fils
Auteur : Ardell
Tu vivras mon fils
Il était une fois une petite fille qui se faisait appeler maman par ses poupées. Bien sûr, celles-ci ne parlaient pas vraiment, c'était seulement dans sa tête. Cette petite fille, c'était moi. J'ai toujours voulu des enfants, la maternité est une chose qui me parlait vraiment.
Faisant partie d'une famille aristocratique, mon destin était d'épouser un bon parti. D'ailleurs, on me l'avait déjà trouvé. Sergueï. Je le trouvais gentil, sans plus. Où était la flamme de la passion dont parlaient les livres que je dévorais ? Oui car j'étais une lectrice assidue de littérature romanesque. Moi aussi, je voulais trouver mon prince. Néanmoins, habituée à obéir à mes parents, je me tus.
Jusqu'à ce que je le rencontre, lui. Il était venu en Russie en touriste. Oh il n'avait pas la jeunesse de Sergueï, cependant il compensait par son expérience. Physiquement, cet homme d'un certain âge me paraissait fascinant. Impression qui se rehaussa lorsqu'il me fit le récit de ses voyages à travers le monde. Moi qui n'avais jamais quitté la Russie, comme je l'enviais ! Plus nous parlions et plus je le trouvais intéressant. Bientôt une évidence se fit jour dans mon esprit. Jamais je ne pourrai épouser Sergueï alors que cet étranger faisait battre mon cœur.
Oh je ne vous l'ai pas dit ? Il s'appelait Mitsumasa Kido et il était japonais. Sachant mes parents désargentés, je pensais qu'ils accueilleraient cet homme très riche à bras ouverts. Hélas, ils m'affirmèrent lui préférer Sergueï. Celui-ci était moins fortuné que monsieur Kido mais, contrairement à lui, il était noble et russe. Mes parents ne voulaient pas d'un roturier qui plus est étranger dans la famille.
Trop tard... Que Dieu me pardonne, j'étais enceinte.
À cette joie s'associa la peur de ce que mes parents allaient dire. J'avais raison, ils étaient furieux. Mon père exigea que j'épouse Sergueï sur-le-champ. Pour la première fois de ma vie, je lui tins tête. Lorsqu'il apprit que, non seulement, je rejetais celui qu'il m'avait choisi, mais qu'en plus monsieur Kido n'avait pas l'intention de m'épouser, il entra dans une rage froide. Et il me renia. À dix-neuf ans, je me retrouvais à la rue.
Heureusement, grâce à l'argent que m'avait laissé monsieur Kido, je pus louer un petit studio et subvenir à mes besoins. Mon amant, lui, était parti vers d'autres horizons.
Je l'avoue, je lui en ai voulu de m'abandonner, de nous abandonner moi et le bébé. Je passais des jours à pleurer, un amer sentiment de trahison niché dans mon cœur. Rejetée par mes parents, délaissée par mon seul amour, j'avais ce besoin de m'accrocher à quelque chose... ou quelqu'un.
Puis mon petit ange naquit, un ange aux cheveux blonds. Je le nommais Hyōga. A sa vue, tout le ressentiment que j'avais pu éprouver pour celui qui m'avait laissée seule me quitta pour faire place à un formidable sentiment d'affection pour ce petit être.
Un jour, alors que Hyōga avait quatre ans, je reçus une lettre de monsieur Kido. Ce dernier voulait que je le rejoigne avec notre enfant. Comment osait-il solliciter notre présence, lui qui ne s'était jamais soucié de nous, qui n'avait jamais cherché à connaître son fils ? Mon premier réflexe fut de déchirer la lettre. Mais un coup d'œil à Hyōga me fit comprendre que je n'avais pas le droit de le priver d'un père. Jusqu'à présent, il n'avait connu que moi. Et moi je n'avais que lui. Toutes ces années, je l'avais élevé mais aussi surprotégé, lui assurant un cocon d'amour. Peut-être avais-je eu tort. Peut-être n'aurais-je pas dû être aussi fusionnelle avec lui. Oui, à bien y réfléchir, ce serait une bonne chose qu'il voit d'autres personnes, à commencer par son père.
Monsieur Kido m'avait envoyé de quoi prendre le bateau pour le rejoindre. Quand il apprit qui nous allions voir, Hyōga fut surexcité. Le mot papa lui paraissait insolite et ce fut avec un petit garçon curieux que j'embarquais.
Au cours de la traversée, le temps, jusque là radieux, se gâta. De lourds nuages sombres obscurcissaient le ciel, la mer de Sibérie orientale était déchaînée. La houle faisait tanguer le navire. Il fallut se rendre à l'évidence le bateau était sur le point de faire naufrage.
On descendit les canots de sauvetage. Malheureusement, ceux-ci ne pouvaient pas tous nous contenir. Une place, il manquait une place...
Je sus aussitôt ce que je devais faire. M'agenouillant devant Hyōga, je lui mis autour du cou ma chaîne avec la croix en or. Je voulais que Dieu le protège lorsque je ne serai plus là. Je le serrai ensuite très fort contre moi, incapable de répondre à ses questions. Je ne pus que lui dire « vis mon fils, mon amour ».
Je laissais ensuite un homme le prendre et monter dans un canot avec lui. Mon pauvre petit Hyōga pleurait et m'appelait, terrifié et désespéré. Le cœur brisé, je me détournais. Dire que je ne te verrai pas grandir. A présent, c'était moi qui t'abandonnais...
Sois courageux Hyōga. Je suis sûre que tu deviendras un homme fort et bon. Mais plus que tout... tu vivras, mon fils.
