NOTE :Voilà le chapitre 2. Je pense que le 3e sera là le week-end prochain ou avant que je parte en vacances Mercredi. Sinon ce sera après si je n'ai pas le temps.
Disclamer : L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, c'est à Rowling mais je me suis aidée de ça pour mon personnage de Lili.
« Indépendamment du but initial, nous aboutissons toujours à quelqu'autre arrivée, imprévue »
De V.S Naipaul
Chapitre 2
Un œil s'ouvre. Puis un deuxième. Aïe ! Que c'était dur ! Je les sentais sensibles ce matin, même après quelques frottements. Une fois que ma vue retrouva sa visibilité – non, non, je ne suis malheureusement pas un chat – je fus vite rattrapé par la réalité du moment. J'avais espéré un instant que ce fichu soleil serait de retour. Je me suis trompée. 24 heures plus tard, ce dernier se cachait toujours derrière ces camarades, les cumulo-nimbus. Ce qui signifiait que j'allais passer une journée en moins sans faire du Quidditch.
Rien que de penser à ça me faisait déprimer. La seule chose qui pouvait encore me laisser un semblant de bonne humeur, c'était de savoir que j'allais pouvoir me rendre sur le Chemin de Traverse pour acheter mes fournitures scolaires manquantes grâce à la liste que ma mère avait pris soin de préparer. C'était la plus organisée de la famille, on pouvait toujours compter sur elle pour ça. Hier soir, après le diner, mes parents s'étaient amusés à retrouver leurs anciens livres de septième année, il y avait même quelques notes sur les pages. Il ne me restait plus qu'à acheter pour les cours de Divination et de Soins aux Créatures Magiques.
Je restai un moment allongée sur le dos pour prendre le temps de me réveiller. Les vacances ce sont des choses difficiles, vous savez. C'était le seul moment ou je pouvais exercer l'art de la fainéantise. Se lever, se remplir le ventre, lire la Gazette du sorcier, jouer au Quidditch de temps à autre dès que la météo me le permettait et se coucher. C'était le quotidien d'une étudiante durant deux mois. J'arrivais même à me plaindre de ne rien faire, je ne pensais même pas à mes parents qui travaillaient tous les jours pour subvenir à nos besoins.
Cependant, ne vous fiez jamais à l'apparence que pouvait donner ce type de vacances. Parce que cette année, je ne risquais pas de m'éclater en septième année. J'allais devoir obtenir le diplôme le plus élevé de Poudlard. Les ASPIC (Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive et Contraignante) servaient à nous aider à obtenir un travail au Ministère de la Magie. Pour l'obtenir, je dois au moins recueillir des notes avec les mentions Optimal, Efforts Exceptionnels ou Acceptable. Si je ne possédais pas ce diplôme à la fin de l'année, je risquais de me faire réprimander par mes professeurs qui croyaient en moi et me voyaient déjà avec un bon poste, ou par mes parents qui eux avaient des projets pour moi. Tout le monde tirait déjà la comète sur mon avenir, tandis que moi-même, j'étais déjà bien assez pommée. Alors je préférai profiter pleinement de cette aubaine pour ne pas me mettre la pression dès maintenant.
Évidemment, si cet astre du jour était là – je crois que ce serait le professeur d'Astronomie qui serait heureux s'il m'entendait penser ainsi – et ses rayons traversaient mes rideaux rouge foncé, ça me rajouterait un peu de baume au cœur. Je n'avais plus qu'à espérer qu'à Londres, le temps serait plus chaleureux.
Alors que je contemplai le plafond de ma chambre et pensai au programme de ma journée, je sursautais. Chapi venait de pousser de hululer et de secouer ses ailes dans sa cage, montrant son envie de s'en défaire. Dans la foulée, mon réveil Moldu datant de 1945 que mon père avait trafiqué pour avoir la fréquence Radio Nationale des Sorciers venait s'allumer en lançant une chanson. Je connaissais ce groupe. Il s'appelait Wizard Love. Ce type de groupe fleurissait à cette période de l'année. C'était le premier qui avait réussi à devenir célèbre. Des jeunes de mon âge appréciaient ces musiques, car ils racontaient l'ambiance, leurs relations amoureuses que nous vivions à Poudlard. Et d'autres sujets qui nous touchaient. Eux-mêmes faisaient parties des élèves à l'époque. J'en avais connu deux d'entre eux lorsque j'étais en deuxième année. Ils finissaient leurs études. Je trouvais cette idée ingénieuse et amusante. Ça changeait de Celestina que ma mère appréciait depuis des années et ce même si j'écoutais aussi ses chansons.
Ces chansons me rappelaient la fois où j'étais sortie avec un élève de première année, durant 3 années appelé Terence Higgs, un garçon blondinet aux yeux marron et aux larges épaules. Il était devenu mon meilleur ami après notre rupture, vers la fin de notre troisième année. C'était ma première expérience, et je ne l'oublierai probablement jamais. Il faisait partie des Serpentard les plus tolérants et respectueux et était un jeune homme adorable. Tandis que son successeur Marcus Flint – oui, oui, vous avez bien entendu, je suis en couple avec le Capitaine de l'équipe de Quidditch de ma maison – est son opposé. Imprévisible, rancunier, et ses crises de nerfs (soit par jalousie ou parce qu'il n'avait pas ce qu'il voulait en un claquement de doigt) me donnaient quelques fois la chair de poule. C'était son côté romantique qui me faisait fondre à chaque fois.
Sa demande m'avait amusé et j'avais accepté. C'était pendant un cours d'Astronomie, en hiver. Il avait entouré ma taille de son bras et avait fait sa proposition, alors que nous étions en train d'admirer les étoiles. Il n'avait également pendant toute la journée pas arrêté de me faire rire, pour que je puisse craquer. Cette année, nous allions fêter nos quatre ans de relation.
Néanmoins, ce que je lui reprochai par moment, c'était de donner une grande importance à son ennemi, Olivier Dubois, élève de Gryffondor, dans la même promotion que nous. Le jour où celui-ci avait appris qu'il était devenu Capitaine de l'équipe de Quidditch, ce fut une journée très sombre pour quiconque osait croiser le chemin de Marcus. Même maintenant, il nous arrivait encore de nous disputer à son sujet. Je me lassais parfois de leurs chamailleries. Mais Marcus me faisait bien comprendre que cette histoire était au-delà d'une simple querelle entre deux adolescents.
Cette rivalité aurait débuté avec les pères des deux familles. Sûrement dû à une blague qui n'aurait pas été appréciée. Pourtant, il ne m'a jamais vraiment expliqué la raison pour laquelle cette relation conflictuelle avait été amorcée.
J'y avais plus d'une fois réfléchie durant ma sixième année à cette situation quand je voyais Deliah discuter avec lui. Marcus m'empêchait tout contact avec elle s'il était dans les environs. S'il avait la possibilité de demander à la Justice Magique de mettre une interdiction de rapprochement à moins de cent mètres il l'aurait fait, mais je trouverais ça ridicule. Durant les matchs de Quidditch, quand nos deux maisons se rencontraient il se donnait à cœur joie d'envoyer des Souafle sur Olivier Dubois pour qu'il finisse à l'infirmerie. Je me suis souvent demandé si Marcus n'aurait pas été capable de le tuer de ses propres mains. Mais dès que cette idée traversait mon esprit, j'essayais de la faire disparaitre.
Vous imaginez la pagaille que je subis en cours à cause de ça ? Car dès que nous partageons le même professeur. Monsieur en fait toute une histoire auprès du professeur pour que Dubois puisse s'asseoir à quatre rangées de nous. Pour Marcus, Dubois serait la peste incarnée. Si le professeur ne respectait pas cette règle, je pouvais être sûr que pendant toute une journée, il n'hésitera pas à déverser sa haine sur le premier venu ou contre la personne ciblée. Quelques fois, j'aimerais que ça se termine pour que je puisse vivre notre idylle sereinement. Mais je me fais des illusions. Ça n'arrivera jamais, cette rancune est trop encrée. Car Olivier le lui rend aussi bien. J'en fais moi-même les frais quand il remarque que Flint ne réagit plus. Je vous épargne les heures de colles que j'ai dû endurer.
Dans un élan de motivation, je sortis du lit sentant qu'enfin mon corps était bel et bien réveillé. J'ouvris la cage de Chapi et ouvrit la fenêtre dans la foulée. Au vu de la rapidité de ce dernier à sortir de ma chambre, j'en avais conclu qu'il était pressé de se défouler.
Je quittai la pièce pour descendre les escaliers en colimaçon de bois pour aller dans la cuisine. Je pris un verre de lait et piqua quelques biscuits au chocolat dans le placard pour me rendre ensuite dans le salon et remarqua que ma mère était seule. Ma déception fut foudroyante. Ça n'annonçait rien de bon.
_ Où est père ? Je croyais qu'il devait m'accompagner sur le Chemin de Traverse ? Grognais-je.
_ Changement de programme. Vous allez devoir y aller demain.
_ Pourquoi ?
_ Tiens, lit ça !
Elle lança le journal « la Gazette du Sorcier » sur le bord de la table et je le récupérai. Je n'avais même pas besoin de lire des articles spécifiques, que la première page racontait l'information la plus importante de la journée. La photo d'un homme aux cheveux noirs, mi-longs et ondulés bougeant était à la une. Dans ses mains, un cadre avec des numéros inscrits s'y trouvait. En gros titre :
« Sirius Black s'est échappé »
Je fronçai les sourcils, désabusée. Je me faisais un plaisir de m'y rendre aujourd'hui. Si ça se trouve, à Londres, il allait faire beaucoup toute la journée, et pleuvoir demain. En plus, il fallait que je lise la page 1. Je devais connaitre ce qui empêchait ma journée de bien se dérouler. Je lis rapidement les passages qui m'intéressaient.
« Tôt ce matin, Cornélius Fudge, ministre de la Magie, avait déclaré qu'il faisait tout son possible pour le retrouver criminel et serait à ce jour, le plus crapuleux des sorciers jamais enfermés.
_ Nous demandons aux sorciers et aux sorcières de rester calme. Black est un fou, il représente un danger pour tous, que ce soit pour les sorciers, comme pour les Moldus. »
Je levai vers ma mère un regard interrogateur. Moldus ?
_ Pourquoi le ministre de la magie cite les Moldus dans cet article ?
_ Fudge a omis l'idée de leur communiquer sa fuite.
_ Comment ont-ils fait pour ne pas leur dévoiler qu'il était un sorcier ?
_ Ils ont prétexté que Black était armé d'un pistolet.
_ Un pistolet à la place d'une baguette magique. Très bien, très bien !
De vivre chez les Moldus et d'entendre leurs discussions quand ils se promenaient près de nous, nous aidais à comprendre leur monde. Nous n'étions pas perdus, même si la règle n° 1 de la maison était de ne pas avoir d'objets Moldus. Ce qui voulait dire : pas de télévision.
« Mais ce que craint la communauté, c'est la peur que se reproduise une histoire qu'il y avait eu douze ans auparavant. Lorsque ce dernier avait tué treize personnes d'un seul coup en ne lançant qu'un seul sortilège. Rappelez-vous, de l'excuse qu'avait donnée Cornelius Fudge à ce moment-là : une explosion de gaz. Sirius black devait également devenir le bras droit de Vous-Savez-Qui s'il venait au pouvoir. »
Dans notre monde, tout le monde connaissait l'histoire. Si les Moldus étaient au courant c'était qu'elle était encore bien présente dans leurs têtes. Beaucoup calomniaient sur la façon dont ce sorcier les avait tués, mais seule la Gazette des Sorciers avait réussi à avoir l'information officielle. Il avait osé tuer ses innocents devant des témoins et de sang-froid en plein jour. Mais très peu savaient la vérité. Il n'y avait qu'une poignée d'entre eux à savoir. Ceux qui avaient assisté à ce massacre. Et mes parents en faisaient partie. Lors de cette première guerre lancée par ce sorcier, ils avaient décidé de faire partie de l'élite et de combattre contre leur bien. Mais l'étonnant silence qu'ils montraient ne présageait rien de bon malgré toutes les fois ou le sujet fut ressorti durant douze ans lors de soirées ou déjeuner avec des amis qui avaient subi la guerre. C'était comme s'ils tentaient d'oublier un souvenir douloureux.
Et Dieu sait comment mon père a réussi à masquer sa vie passée auprès de la Justice Magique, parce que nous avions été autrefois traqués par ces Aurors lorsque je n'avais que cinq ans. Nous avions été obligés de déménager une fois, avant de nous retrouver à Alves, nous étions à Forres, un village de 1000 habitants, alors que maintenant, Alves n'en comporte que 500.
Je me souviens très bien de cette soirée de novembre. Ça ne peut que traumatiser un enfant un tel évènement, surtout lorsqu'à cet âge, on comprend difficilement les activités extra familiales en dehors du travail quotidien. À cette époque-là d'ailleurs, mon père n'avait pas travaillé durant 6 ans exprès. Ce ne fut pas un, mais cinq Aurors avaient débarqué en transplanant dans le salon. Ces personnes combattaient tout sorcier s'alliant au mal. En moins de deux secondes, des lumières vertes, rouges, bleues, jaunes avaient jailli de toute part. Puis d'un coup, nous nous sommes retrouvés chez d'autres personnes. Et le calme fut revenu.
Je continuais de lire l'article, le journaliste posait beaucoup de questions intéressantes sur la façon dont ce détenu aurait pu échapper à Azkaban. La sécurité du bâtiment avait été renforcée par des sortilèges très puissants qu'il était impossible de s'enfuir. Des Détraqueurs, des créatures dont leur baiser pouvait être mortel surveillaient aussi la prison. Ils pouvaient aspirer les joies, les souvenirs heureux, pour ne laisser derrière eux que malheur et tristesse. Des sorciers ayant eu affaire avec eux en sont devenus fous. Je ne pouvais contredire les questions qu'il se posait. Lorsque je terminai l'article, je pliai en deux le journal et le posais sur le coin de la table.
_ Zut ! Ronchonnais-je.
_ Tu comprends, aujourd'hui ton père va avoir beaucoup de travail. Si ce n'est pas toute la semaine. Il va pourtant falloir qu'il trouve la possibilité d'y aller avec toi demain.
_ Je ne pourrais pas m'y rendre toute seule ?
_ Il en est hors de question. Surtout maintenant que ce criminel est en liberté. Je n'ai pas envie qu'il t'arrive des ennuis. Il y a de fortes chances pour que des Aurors aient sécurisé le Chemin de Traverse et Pré-Au-Lard.
_ Mais si je ne sors pas d'ici demain, je vais finir par devenir folle. Je ne peux même pas faire de Quidditch à cause du temps. Laisse-moi au moins venir avec toi au marché Moldu, m'indignais-je.
_ D'accord, mais il faudra que tu sois prête dès que je rentre du travail. On ne trainera pas. Je te laisse Lili, je dois filer au travail. Passe une bonne journée.
Un bisou sur le front, me voilà désormais seule, n'entendant plus que le tic tac de l'horloge séculaire du salon et le feu crépiter dans la cheminée.
