Deuxième voix. Merci pour les petits mots, je n'ai pas le temps de répondre à tous mais ça fait plaisir de voir que vous aimez cette Santana là. On quitte le Brittana cette fois pour un petit Faberry. Ne vous en faites pas. Brittana reviendra.

Nuit, pas nuit, peut-être encore un peu sombre, je ne veux même pas le savoir. C'est trop tôt pour moi et elle le sait. J'ai envie de grogner mais je me retiens. Je ne veux pas lui donner la satisfaction d'un geste de ma part. Pas quand c'est tout ce qu'elle attend de moi pour me pousser à sortir du lit. Pourquoi ne puis-je jamais me réveiller sa douce chaleur au creux de mes bras, ses cheveux caressant ma peau nue, son souffle déclenchant de multiples frissons promesses d'ébats plus tard ?

Mais non, je n'ai toujours droit qu'à sa magnifique voix musicale, trop forte si tôt le matin, à ses doigts joueurs qui s'amusent à enflammer ma peau sans me laisser de répit, à son rire quand elle voit que je lutte. Douce torture. De celle que l'on regrette et que l'on recherche en même temps. Je l'aime.

J'ouvre un œil et découvre son sourire éblouissant au-dessus de moi. Je ne peux m'empêcher de le reproduire. Elle sait qu'elle a gagné. Je vais me lever, prendre cette douche seule, maudire ma copine si matinale et me trainer jusqu'à une tasse de café. Quand, enfin, je serai passée par toutes ces étapes, je quémanderai un baiser, un câlin, n'importe quoi pour rendre ce matin plus doux encore. Mais elle semble avoir d'autres plans aujourd'hui, je sens presque ses mains ramper sur ma peau, cherchant mes points faibles. Je soupire. Je ne vais pas aimer ce qu'elle a à proposer.

Son regard est suppliant, sa proposition insensée, plus encore quand j'ai entendu le nom de Santana suivi très rapidement de Brittany. Comme si c'était quelque chose qui pouvait arriver. Je me recroqueville sous les rares pans de couverture qu'elle m'a laissés. Elle rit. De ce rire si génialement expressif, je suis foutue. Désespérée, je m'accroche à ce qui reste de mon sommeil, cette bienveillante torpeur d'où j'ai été arrachée.

Ma tête sous l'oreiller, je sens sa langue sur la peau nue de mon épaule. Je me tortille, désespérée de plus mais satisfaite de ce que j'obtiens. Elle grogne, gênée par mes mouvements. Je ne veux pas qu'elle s'arrête. Je souhaite dériver à nouveau dans ce rêve où elle faisait ce qu'elle voulait de moi. Je le veux en vrai, le sentir réellement aussi. Elle joue de mes faiblesses, m'attirant de plus en plus vers cet état dépendant d'elle où je ne peux rien lui refuser.

M'avouant vaincue, je me pousse vers le haut, lui indiquant ma volonté de me lever et de m'habiller. Je n'ai pas besoin de la voir pour savoir qu'elle sourit. Elle s'assoit sur le lit, me laissant toute marge de manœuvre pour me lever. La pluie tombe dehors, la pièce insonorisée m'avait empêchée de le savoir. Je retiens un gémissement. Vraiment ? Une promenade sous la pluie avec Britt et S ? C'est ça son plan romantique cette fois ?

J'enfile une des jambes de mon pantalon, vacillant légèrement à cause du manque de sommeil. Deux mains fermes viennent stabiliser mes hanches. Automatiquement, ses pouces frottent de petits cercles sur ma peau, comme un réflexe sur lequel elle n'aurait aucun contrôle. Son corps s'appuie finalement contre le mien, son menton repose sur mon épaule. Je termine de m'habiller et tourne légèrement la tête pour lui sourire.

Elle m'embrasse la joue avant de me murmurer à l'oreille :

— Je t'attends en bas.

Je grogne, désespérée d'y échapper. Je contemple avec envie le lit vide. Elle sait que je n'y retournerai pas. Il a perdu de son attrait. Son rire dans l'escalier m'empêche d'être trop en colère. Elle est heureuse. Peu importe ce qui se passe maintenant, c'est important pour elle. J'enfile un pull et attrape nos vestes.

Elle m'attend à la porte, impatiente d'aller dehors. Elle me tend un parapluie et se précipite, négligeant sa veste. Quelques pas plus loin, je la rappelle :

— Rachel, ta veste.

Elle fait demi-tour et l'enfile presque à la vitesse du son. Me prenant au dépourvu, elle m'embrasse avant de me tirer dehors à sa suite. La journée risque d'être longue.