Qu'est-ce que je foutais dans cette chambre ? Je pensais à partir de cette place dont je ne me sentais pas digne mais une sorte de force invisible m'en empêchait, la destinée ? Je n'avais jamais cru à cette garce, mais là mes croyances étaient mises en doutes. Peu importait ce que je faisais, je me retrouvais toujours dans chez l'ange comme je l'avais surnommé.

-Vous êtes un proche ? demanda une voix fluette.

-Eu… Non, pas du tout, je… je ne sais même pas ce que je fais ici.

Je me retournais pour apercevoir une jolie infirmière brune à la peau métisse qui semblait fatigué. Une bienveillance naturel émanait d'elle et instantanément j'avais confiance en elle.

-Je vois.

-Comment est-ce qu'il s'appelle ?

-J'aimerais bien savoir.

Un silence s'installa lentement, pas un blanc gênant, juste une pause respectueuse rythmé par les inspirations du patient. Il n'avait pas de famille et ça me brisait le cœur encore un peu plus.

-Il à bien quelqu'un qui s'inquiète pour lui.

-La police l'a trouvé dans un ravin il y a un peu plus d'une semaine, il avait été battu apparemment, on ne sait rien de plus sur lui. On a fait des annonces et les policiers ont croisé sa photo avec celle des avis de recherche sur tout le continent.

-C'est horrible. Il n'y aura personne à côté de son lit quand il se réveillera.

-Non.

Son ton annonçait à quel point elle avait pris pitié du jeune homme, comment ne pas compatir à cette vue. Je saisis sa main presque honteux de mon geste, faire ça avec un inconnu n'avait aucun sens, surtout qu'il n'était pas là, il ne m'entendait pas, mais moi, ça me faisait du bien.

-On dirait que vous tombez sous son charme.

-J'ai envie que quelqu'un pense à lui. J'ai lu un article qui disait que le fait d'être entouré après un choc était le meilleur traitement.

-Alors prenez soin de lui.

-Je vous le promets.

Est-ce que je venais de promettre à une inconnue de prendre soin d'un autre inconnu ? Ce garçon me faisait faire des choses stupides mais je me sentais bien à ses côtés.

-T'inquiète mon grand, je serais là quand tu en auras besoin.

J'hallucinais surement mais pendant une seconde j'eu l'impression qu'un tout petit sourire se dessinait sur son visage blessé et ça valait tout l'or du monde. Une sensation vraiment étrange se propagea depuis ma main caressant toujours les doigts de l'inconnu jusqu'au plus profond de mon corps, une vague de chaleur.

Je restais un long moment ainsi, juste lui et moi jusqu'à ce qu'une aide-soignante me fasse dégager pour des raisons assez évidentes. Encore une fois, rentrer chez me semblais pesant, quand je pense qu'il y à peine quelques jours les hôpitaux me mettaient mal à l'aise. Je restais un petit moment à faire le point sur ma vie devant les portes vitrées avant de prendre le volant pour rejoindre ma maison.

-Tu rentre tard aujourd'hui.

-J'étais à l'hôpital.

-Dean, je comprends que ce soit dur pour toi…

-Non Lisa, tu es très, très loin de comprendre. S'il te plait, j'ai besoin d'être un peu seul.

Je m'en voulais terriblement, j'étais méchant et froid avec elle alors qu'elle faisait de son mieux mais s'il y avait un moment où j'avais le droit d'être égoïste c'était bien maintenant. Je partais me coucher sans rien avaler, demain je devais me lever tôt.

OoOoO

Je ne voulais pas sortir de mon lit sauf que mon patron allait râler si encore une fois j'arrivais en retard. Alors j'enfilais mon costume ridicule et partais travailler.

Aujourd'hui fut la journée la plus étrange de ma vie, j'étais arrivé avec dix minutes de retard et mon boss commençait à me disputer avant de se reprendre et de me demander si tout allait bien. « Mon frère a été renversé par une voiture. J'ai dit à tout le monde qu'il allait retrouver l'usage de ses membres mais en fait c'est très peu probable. Vous pensez que ça fait de moi un connard ». La tête qui avait fait n'avait pas de prix, ses yeux s'étaient écarquillés et j'en avais profité pour aller à mon bureau. En allant dans mes mails je remarquais avec bonheur qu'un message envoyé hier par erreur n'était jamais parvenu, ce qui me soulageait d'un poids. Tout était censé se dérouler parfaitement vu mon début de matinée sauf que mon collègue bien agaçant avait entreprit de me raconter l'histoire de son divorce. J'étais sur le point de lui mettre une droite bien placée mais l'image de mon ange m'était revenue en tête et avait chassée toute négativité, toute rage. J'avais souris, pendant des heures j'avais été heureux, je crois. Et tout le reste de cette journée catastrophique qui se baladait entre des cafés renversés sur mes clients et des affaires laissées sous la plus. Il était toujours dans mon esprit pour me calmer. Jusqu'à l'instant où je me sortais de mon bébé pour aller voir mon frère, je pensais à lui.

-Sammy ? Alors comment tu te sens ?

-J'ai une surprise pour toi !

Il prit une profonde inspiration tandis que je m'installais sur le fauteuil inconfortable. Il regardait avec insistant ses bras et deux de ses doigts se levèrent très légèrement.

-Wow, c'est incroyable.

Il força encore un peu et tous les doigts de sa main droite se mirent à trembler significativement. Rien n'aurait pu me faire plus plaisir.

-Il faut absolument le dire à Jessica !

-Non, je veux attendre de pouvoir bouger un peu plus et lui faire la surprise.

-Bien sûr, comme tu veux.

Je posais mes lèvres sur la tempe de mon petit frère, parce que je le trouvais incroyable, incroyablement fort, incroyablement optimiste, juste incroyable ? Quand il fut fatigué, je partais dans la chambre à deux pas voir mon petit protéger.

Tout allait bien mais un détail me fit froncer les sourcils.

Il avait un masque à oxygène.

Hier encore il n'avait pas besoin d'assistance respiratoire, pourquoi aujourd'hui si ?

-A c'est vous. Il s'est enfoncé pendant la nuit, m'expliqua la jolie infirmière. Il n'y a pas d'explication, c'est comme s'il ne voulait pas aller mieux.

Je pris la main du blessé dans la mienne et le détaillais comme si je le voyais pour la dernière fois, il me semblait encore plus beau que d'habitude.