Bonjour/bonsoir chères lectrices !
Voici donc le second chapitre de mon histoire et les petites suggestions musicales qui l'accompagnent ;)
J'espère de tout cœur qu'il vous plaira (hahahaha) !
The Unforgiving
Chapitre 2 : Fragments / Pieces
Sum 41 – Reason To Believe
Sum 41- Pieces
Thrice – Digital Sea
Hinder – Shoulda
Hollywood Undead – Sell Your Soul
Hoobastank – The First of Me
Pour Sanji, c'était toujours le même rituel : clope au saut du lit pour sceller ses démons nocturnes au fin fond de son esprit. La fumée chassait les monstres et anesthésiait ses sens …
Zoro, lui, préférait la boisson. Elle réveillait ses papilles, brulait sa gorge et calmait sa fureur comme l'étreinte d'une mère aimante. Elle lui permettait d'oublier l'ombre d'un instant les fantômes qui le hantaient une fois ses paupières closes …
Pourtant, quand les deux hommes se retrouvaient, leurs spectres les abandonnaient le temps d'une nuit, d'une étreinte, d'un baiser.
« A quoi tu penses ? » grogna Zoro en s'enfouissant nu sous les draps alors que Sanji restait assis sur le bord du lit, les yeux perdus dans l'immensité d'ombres et de lumières visible depuis les fenêtres de la suite.
« A rien de spécial. » Rien de spécial en effet : juste les morts de la soirée et ceux d'autrefois. Il avait envie de fumer mais en se retournant vers l'homme aux cheveux verts, son envie s'apaisa soudainement.
« Viens alors. » Viens ou je me lève pensa-t-il. Viens ou je ravage le minibar, je noie mes doutes et mes regrets dans l'ambre du whiskey, j'adoucis mes tourments avec du gin et je m'achève avec de la vodka. Viens ou je ne réponds plus rien.
Sanji se glissa sous les draps et posa sa tête sur le bras tendu de Zoro. Leurs jambes s'entre-lassaient, leurs corps se rapprochaient, leurs souffles ralentissaient peu à peu et alors que Morphée les ramenaient à elles, ils reçurent tous deux la compagnie de ceux qu'ils voulaient oublier …
« Sa chute n'était pas accidentelle, on l'a poussé et je sais qui l'a fait. »
La phrase résonnait dans son esprit, encore et encore. C'était celle qui avait mis le feu à son sang, celle qui avait inauguré sa soif de carnage, de vengeance, la même soif qu'il tentait tant bien que mal s'étancher en tuant presque chaque soir.
« Ce sont les Nemoris qui sont responsables. Tu as refusé leurs avances et ils ont voulu t'intimider à travers ta meilleure amie … Ils avaient décelé un potentiel chez toi mais tu n'as pas voulu céder à leurs avances …
- Pourquoi devrais-je alors céder aux vôtres ?
- Parce que sans nous, tu ne pourras jamais trouver les responsables … »
Toujours aveuglé par la haine et la rage, même dans ses rêves, il répondait oui sans l'ombre d'une hésitation. La suite par contre … Il avait été le bourreau de tant d'autres Kunia, de filles perdues que leurs pères ne pourraient jamais revoir, ni même sans doute reconnaitre. Il avait passé au fil de sa lame tant d'hommes que leurs mères ou épouses pleureraient sans doute.
Il voulait juste châtier les responsables, les décideurs, pas les innocents, les sous-fifres. Pourtant chaque semaine, la liste s'allongeait, de nouveaux visages venaient hanter ses nuits sans qu'il n'ait pour autant l'impression de se rapprocher de sa vengeance vengeance qui disparaissait avec le visage de Kunia sous d'autres spectres hurlants.
« Nous sommes les Relcondes. Heureux de vous savoir parmi nous Zoro Roronoa. »
Un panier chargé de légumes dans les bras, Sanji eut beaucoup de mal à déverrouiller la porte de service du Baratie. Il était aussi hors de question de poser son sac par terre, dans la ruelle humide, de peur qu'une quelconque bactérie vienne s'inviter dans ses produits.
Quand il arriva enfin à ouvrir la porte et à rentrer dans la cuisine, il fut surpris de n'entendre aucun bruit. Il n'était certes que neuf heures du matin mais généralement, tous les cuisiniers, même ces incompétents de Zeff, Carne et Patty, venait en avance pour commencer à préparer les plats du jour ou discuter des produits du marché.
Ils étaient peut-être tous sortis voir quelque chose dans la rue ou décharger un camion de marchandise. Ils venaient de commander de nouvelles cuisinières, c'était sans doute ça. Les pensées tournoyaient dans l'esprit de Sanji. Il posa finalement son panier sur un plan de travail et partit fureter dans la cuisine jusqu'à ce qu'il ne pose son pied dans une flaque.
Une flaque dans une cuisine à la propreté irréprochable. Il baissa doucement les yeux et vit une longue trace rouge à ses pieds. Ses genoux ne purent soutenir son poids plus longtemps et il s'effondra au sol, les yeux clos. Il n'avait pas envie, il n'avait plus envie de remonter le un fleuve de sang pour retrouver en amont les corps sans vie de ses collèges et meilleurs ennemis.
Il n'en pouvait plus de faire le même rêve, encore et encore, ersatz des souvenirs qui le hantaient dès qu'il ouvrait les yeux. Cette voix, gravée dans ses mémoires, celle qui l'avait enchaîné à son sombre destin, voilà qu'il l'entendait encore …
« Les Relcondes sont responsables. Ton maître refusait de partager ses savoirs avec eux. » dit-il d'une voix grave en attrapant son épaule tremblante « Tu veux venger sa mort ? »
Le blond ne savait que répondre à cette question, tout était encore si flou, si neuf, si horrible … En même temps, que faire maintenant ? Son maître était mort mais il avait eu le temps de lui transmettre ses techniques, aussi bien celles de cuisine que celles de combat et de mort.
Malheureusement, il n'était même plus souverain de ses propres songes. Même dans ses rêves, il ne pouvait plus changer son destin.
« Oui. »
C'était dans les cendres d'un jour de Juin que naquît pour la première le Phénix. Il renaissait presque toutes les nuits dans la souffrance des autres et se consumait de nouveau dans les démons de son propre passé.
« Bienvenue Sanji. Nous sommes les Nemoris. »
Sanji se réveilla en sursaut. Il faisait toujours sombre, il ne devait pas avoir dormi bien longtemps. Il tâta les draps autour de lui et ne fut pas surpris de les trouver froids. Il soupira et partit à la recherche de son briquet et de ses clopes qu'il trouva sur le sol, dans la poche de sa veste. Il s'en fit griller une, on ne lui en tenait pas rigueur au prix de la chambre, et décida d'aller profiter de la vue sur la ville à partir du salon de la suite, avancée panoramique au-dessus du vide.
Une silhouette dans l'ombre occupait déjà la place. Une bouteille d'alcool brun installée par terre à ses côtés.
« J'ai cru que tu étais parti. » murmura le blond en baissant les yeux.
Zoro tourna la tête. L'autre ne pouvait pas le voir dans l'obscurité et heureusement. Il tremblait et l'alcool n'y changeait rien. L'odeur de la cigarette se rapprochait de lui jusqu'à ce que le corps nu de son amant ne vienne se lover contre lui.
« Tu vas rire tête d'algue mais en sentant que tu étais parti, tu vas trouver ça stupide, mais eu un mauvais pressentiment.
- Ah bon ?
- J'ai cru que tu étais mort. »
N'importe qui d'autre aurait ri, aurait pu rire à une telle idée mais pas un homme qui venait d'assassiner pour le travail une douzaine de personnes dans une maison. Zoro se pencha pour attraper sa bouteille au sol, Sanji lui tendit, un sourire triste sur les lèvres que l'autre ne vit pas dans l'ombre. Il but goulûment et une fois sa soif calmée, il dit, en espérant que le blond ne remarque pas l'expression de douleur et de tristesse qui marquait ses traits :
« Je suis mort depuis bien longtemps Sanji.
- Moi aussi. Il n'y a qu'avec toi que mon cœur bat toujours. »
Mais pour combien de temps encore ?
Et voilààààààààààà !
L'histoire commence doucement à se mettre en place ...
Merci encore d'avoir lu, à la prochaine fois :) (ou pas, je ne vous en voudrais pas). *retourne péter du monstre*
