Végéta avait volé à une vitesse record, imaginant les pires scénarios. Bulma, leur fils Trunk, le vieux savant et sa femme, étaient-ils tous morts ? Que se passerait-il si cela était le cas, où si seulement l'un d'eux avait survécu ? Quitterait-il la Terre ? ...Et pour aller où ? Quelque part au fond de lui, l'idée lui plaisait...et le peinait en même temps. Il avait vécu tant de chose sur cette planète, et au milieu des Briefs, il se sentait enfin chez lui. Même cette enquiquineuse de belle-mère et sa délicieuse cuisine me manquerait trop, pensa-t-il. Belle-mère ...son cerveau avait utilisé ce terme à bon escient. Oui, se disait-il, les Briefs sont devenue ma famille.
Végéta se posa sur le parking où s'affairaient pompiers et soigneurs. Les personnes extraites de cet amas de tôle et de béton portaient toutes d'atroces blessures, auxquelles certaines n'avaient hélas pas survécu. Les sirènes des ambulances qui se relayaient se mêlaient aux ordres criés par l'un des pompiers, leur chef, pensa végéta. Le feu était d'ors et déjà éteint et il s'agissait maintenant de coordonnées les recherches en vue de retrouver des blessés ...ou des morts. La prudence était cependant de mise car le fragile édifice pouvait s'écrouler à tout instant.
-« Monsieur, vous n'avez rien à faire ici ! Veuillez repasser derrière le cordon de sécurité ! Monsieur, vous m'entendez ? »
L'homme qui avait ainsi interpellé Végéta était un policier, venu en renfort des pompiers avec d'autres de ses collègues, il était chargé de sécuriser les lieux et de renvoyer les 'curieux' chez eux ! Végéta ne bougea pas d'un centimètre.
-« Monsieur, cette zone est uniquement accessible aux secours, en faites-vous parti ? »
En faisait-il parti ? Cette question, Végéta se la posait également à présent qu'il avait fini de sonder la zone. Et sa conclusion était simple : il n'y avait plus personne à sauver. Le chef des pompiers pouvait rappeler ses hommes qui s'apprêtaient à se frayer un chemin dans les étages, car il était trop tard...
-« Monsieur ? Je vois qu'il y a le logo de la Capsule Corporation sur votre T-shirt ! Etes-vous l'un de leurs employés ? »
Encore une question, cet homme ne pouvait donc pas le laisser tranquille ?
-« Combien y'a-t-il de survivants ? »Demanda Végéta d'une voix neutre.
-« Euh ...Je ...je ne sais pas. Nous n'avons pas encore fait le décompte. Les ambulances en ont conduits un certain nombre à l'hôpital ... »
Soudain, le cœur de Végéta sembla s'arrêter. Des cris perçants provenant de l'immeuble avaient retenus l'attention de tous, sauveteurs comme simple quidam. Certains d'entre eux s'étaient même mis à applaudir au passage d'un pompier tentant de contenir dans ses bras un vigoureux petit garçon aux cheveux mauves. Celui-ci se débattait comme un diable, frappant le pompier de ses pieds et tendant ses bras en arrière vers le bâtiment d'où on l'avait sorti. Visiblement, l'enfant voulait y retourner.
-« Mama ! Mmamama ! »
Et comme si un seul miracle ne suffisait pas, un autre pompier sortit à son tour, une femme dans ses bras. L'enfant se tut aussitôt, apaisé de voir ce visage familier.
La femme fut allongée sur une civière, à moitié inconsciente, elle souriait faiblement au médecin qui appliquait sur son visage un masque à oxygène. A l'exception d'une fracture à la cheville et d'une légère commotion, elle allait bien.
Végéta courut à sa rencontre. Contre toute attente en effet, il était ravi de revoir son sourire décidément présent en toute circonstance. Malheureusement, le policier lui avait emboîté le pas et l'empêchait maintenant de s'approcher davantage.
-« Imbécile, laissez-moi passer ! »
-« Je regrette mais cette zone est comme je vous l'ai déjà dit, inaccessible au public ! »
-« Vous ne savez pas à qui vous parlez misérable larve, je peux vous pulvériser et toute la planète avec si j'en ai envie ! »
-« Monsieur, dois-je comprendre que vous êtes à l'origine de l'attentat contre les bureaux de la Capsule Corporation ? Si ce sont là vos aveux je ... », continua le policier tout en sortant des menottes.
-« Lâchez mon bras ! Il faut que je lui parle ! Et non je ne suis pas le responsable de ceci !» avait crié Végéta.
Se dégageant aisément, il poursuivit sa route vers l'ambulance quand un médecin l'arrêta à son tour.
-« Monsieur vous ne pouvez pas lui parler, elle a besoin de soin et de repos. »
-« Je veux seulement lui demander à quel endroit elle se trouvait avec Trunk ! »
-« Trunk ? »
-« Mon fils ! »Renseigna Végéta tout en pointant l'enfant du doigt. Celui-ci continuait d'ailleurs de brailler et de se débattre, dans les bras d'un infirmier cette fois.
-« Oh je vois ...Vous êtes donc de la famille, cela change tout ! Vous pouvez y aller ! »
Végéta s'approcha d'abord de l'infirmier qui tenait maintenant Trunk la tête en bas tant l'enfant cherchait à lui échapper. Il lui semblait que c'était la première fois de sa vie qu'il prenait son fils dans ses bras. L'enfant cessa aussitôt de pleurer et de bouger, ses grands yeux montrant plus de l'étonnement qu'une réelle joie...comme en témoignait également sa mine renfrognée.
-« Hormis ses cheveux mauves et ses yeux bleus, il a mes traits », remarqua Végéta...
-« Papa ...Mama ...Mama ... » balbutiait le petit Trunk tout en s'endormant sur l'épaule de son père. « Sa lutte contre le pompier et l'infirmier ont fini de l'épuiser », se dit Végéta., « si seulement il pouvait me parler, il me dirait ce qu'il s'est passé à l'intérieur.
En cela, Végéta avait raison. Mais si Trunk avait été un enfant très précoce au niveau de la marche et du chapardage de gâteaux, il en était tout autre pour le langage, au grand désespoir de sa mère.
Trunk avait 21 mois et alignait tout juste deux mots à la suite. En revanche, il était capable de démonter ses jouets pièce par pièce et même d'en remonter certains. Pour la faire sourire, le Dr Brief aimait à dire qu'il tenait ce trait de caractère de son père. En effet, Végéta ne parlait pas beaucoup...et seulement quand il avait des choses à dire.
Maintenant qu'il avançait vers Bunny, une autre question le taraudait : où se trouvaient-ils dans le bâtiment ? Et pourquoi, alors qu'il en avait sondé tous les recoins, n'avait-il pas ressenti leurs deux faibles énergies. S'il s'était trompé pour eux deux, se pouvait-il qu'il n'y ait pas que des cadavres à l'intérieur du building ?
