Encore une fois, merci à ma bêta, Lololitaoe !
Et merci à tous pour vos lectures ! Je suis vraiment désolée que la suite tarde tant, mais la réecriture s'est avérée nécessaire...
CHAPITRE 2
Harry ouvrit difficilement les yeux. Et les referma aussitôt, son mal de tête ravivé par la lumière qu'il avait entr'aperçue. Il grogna et chercha ses lunettes à tâtons, du mauvais côté du lit.
Merde... Je suis où, là ?
Complètement désorienté, il les trouva finalement de l'autre côté, posées sur une petite tablette. En les attrapant, il avait fait tomber quelque chose. Le petit bruit que l'objet provoqua en touchant le sol lui vrilla les tympans. Il mit ses lunettes et tenta à nouveau d'ouvrir les yeux, très lentement.
OK. Square Grimmaurd. Ça pourrait être pire.
Il s'assit doucement, et se leva. Pour s'affaler aussitôt, tête la première sur le sol.
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Dans la cuisine, à l'étage en dessous, quelques adultes étaient attablés autour d'un thé avec trois jeunes adolescents.
-Que s'est il passé exactement, Alastor ? Demanda Molly Weasley à voix haute.
-Je ne sais pas avec certitude. Mais j'ai bien une idée, répondit ce dernier. Quand on est arrivés, il s'est évanoui. Il avait du sang partout sur lui. Je pense que c'est son oncle. Je les ai tous les trois expédiés hors de sa chambre, et je leur ai dit qu'on reviendra.
-Je suis allé près de lui, ajouta Remus, et j'ai transplané directement ici.
Tonks s'apprêta à ouvrir la bouche, quand un bruit sourd se fit entendre à l'étage.
Ron se leva.
-Je vais voir.
Il grimpa les escaliers quatre à quatre, et se retrouva rapidement dans la chambre qu'il partageait avec le petit brun. Arrivé près du lit, il vit la main de ce dernier sur le sol.
-Maman ! Remus !
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-On ne peut pas le laisser comme ça, reprit Molly alors qu'ils étaient redescendus. Ça fait deux fois au moins en 24 heures qu'il s'évanouit, et ça fait déjà un moment... Elle jeta un œil vers Remus. Écoute... ça ne va pas te plaire, mais il faut qu'on appelle Severus.
-Je ne laisserai pas ce bâtard graisseux s'approcher de Harry, grogna le loup-garou.
Molly soupira.
-Il le faut, Remus. On a pas le choix.
-Et pourquoi pas Poppy ?
-Tu sais très bien qu'elle n'est pas là.
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Snape entra dans la chambre du Survivant et avisa Ron assis près de lui sur le lit.
-Sortez. Immédiatement.
Son ton glacial ne laissait aucun doute. Il était ravi d'être ici.
Ron sortit sans dire un mot, laissant le potionniste seul avec son ami, non sans un regard en arrière.
L'homme lança quelques sortilèges, plaça sa main sur le front du jeune homme, soupira d'un air las et ressortit. Il n'approfondit pas son examen.
Il arriva dans la cuisine peu après.
-Alors ? Demanda la mère de famille.
-Je ne suis pas sûr. Je dois parler à Albus. Mais il est vidé de son énergie, et il a de la fièvre. Il devrait s'en remettre. Je vous laisse (ill posa une bourse sur la table, lança un Finite pour lui redonner sa taille normale, et fouilla dedans) quelques fioles de potion de sommeil, de la Pimentine et un revigorant. Je repasserai sans doute pour en amener encore une autre, mais il faut que je la prépare et j'en ai pour trois jours. Ou quatre si je n'arrive pas à voir Albus ce soir.
Sans plus rien ajouter, il s'en alla, sa cape flottant derrière lui. "Qu'est-il arrivé à sa joue ?
-Nous ne savons pas encore. Nous pensons que c'est Vernon Dursley."
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Severus Snape entra dans le bureau d'Albus Dumbledore d'un pas lourd. Il s'assit en face du vieil homme, qui lui offrit un thé. Le maître des cachots accepta d'un hochement de tête, alors que son aîné leva un sourcil interrogateur.
-Eh bien, Severus, voici qui n'est pas dans vos habitudes.
-Certes. Aller au chevet de Potter en plein milieu des vacances n'est pas dans mes habitudes non plus.
-Avez vous trouvé ce qui a déclenché l'alarme ?
Severus hésita, -ce qui était encore moins dans ses habitudes- et but une gorgée de thé brûlant qu'un elfe venait d'apporter.
-Je crois qu'il a... perdu le contrôle. Il semblerait qu'il ait lancé sa magie inconsciemment, sans doute pour se protéger.
-Mais enfin, Severus... Il était en sécurité là où il était. Aucun Mangemort...
-Ou pas, le coupa Severus. Il a un énorme bleu à la mâchoire, et d'après ce que j'ai compris, il se serait protégé de son oncle. Ça ne m'étonnerai pas qu'il ait lancé un bouclier. Sans baguette.
Albus se renfrogna et commença à triturer sa barbe.
-Je vais tirer cette affaire au clair. Il va falloir que vous m'aidiez.
Ce fut Snape qui leva un sourcil cette fois-ci, en reprenant une gorgée de son thé.
-Je sais que l'occlumancie n'a rien donné... Mais il va falloir l'aider à maîtriser sa magie intérieure. Il va être majeur dans peu de temps, et je pense que sa magie à déjà commencé à évoluer. Et je pense qu'il va être très puissant.
-Je ne suis pas sûr...
-Severus, coupa le directeur. Vous êtes le seul à pouvoir faire ça. Vous êtes le seul à ne pas le traiter comme le Survivant. Vous seul avez assez de... distance pour le faire. Et surtout, vous êtes le meilleur. Il faudrait aussi que vous lui donniez quelques leçons, même si j'aurais préféré ne pas avoir à vous le demander.
Le maître des cachots soupira et reposa sa tasse.
Il en avait assez d'avoir toujours raison. Il prit congé, et alla dans son laboratoire pour préparer une potion qui aiderait à ce que la transition magique soit plus douce.
Il faut toujours que ça tombe sur Potter. Ça arrive à un sorcier sur mille de perdre le contrôle, et il faut ENCORE et TOUJOURS que ce soit lui. Ce sale gamin ne fera décidément jamais rien comme les autres.
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Assez loin de là, un autre jeune homme semblait complètement perdu dans ses pensées, accoudé à la balustrade du balcon, ses yeux d'orage tournés vers les étoiles. Il ne voyait rien du magnifique parc qui s'étendait à ses pieds et était totalement sourd aux bruits de la nature qui l'environnait. Décidément, ces vacances s'annonçaient pourries. Dans tous les sens du terme.
Trois semaines auparavant, il avait fêté son anniversaire. Un bal avait été organisé, et tout avait été parfait. Enfin, presque parfait. Son père l'avait emmené auprès du Seigneur des Ténèbres dès la fin de la soirée. Il s'attendait à être hautement réprimandé pour avoir raté sa mission à la fin de l'année. Quelqu'un à l'école avait deviné ce qu'il préparait avec l'armoire à disparaître et avait fait échouer son plan à la dernière minute en la faisant exploser. Lui qui avait travaillé toute l'année dessus... Il avait pensé à Potter, mais il semblait que ce soir là, il était de sortie avec Dumbledore, et avait donc un alibi, en quelque sorte. Il eut un rictus. Bien sûr, Saint-Potter avait toujours ses petits privilèges. Évidemment, son père l'avait sévèrement puni et lui avait dit que le Maître ne laisserait pas passer une telle erreur, même s'il n'était pas encore marqué. Ce qu'il avait vu alors qu'il était introduit auprès de lui l'avait révulsé au plus haut point. Son père -un Malefoy!- se traînait à genoux devant Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Entre le savoir et le voir, cela faisait une sacrée différence. Il avait toujours cru que son père avait une place de choix parmi les Mangemorts, et sans doute que cela avait été le cas, avant le fiasco du Ministère. Il soupçonnait que son père avait tenté de s'attirer à nouveau les bonnes grâces du Maître en faisant en sorte que ce soit lui qui écope de la mission de tuer Dumbledore. Comme si la tâche était facile ! Et il lui avait demandé de le rejoindre, malgré son échec lamentable. Drago avait pour le moment réussi à éviter le pire. Il avait promis que dès qu'il aurait fini l'école il rejoindrait le Mage Noir. Celui-ci n'était pas particulièrement ravi, mais avait accepté ses arguments. Son père était resté auprès de lui après son départ, et il était rentré bien plus tard, épuisé.
Depuis trois semaines, son esprit tournait à plein régime. Depuis trois semaines, il ne dormait plus. Il était juste hors de question qu'il s'abaisse à ça. Pas après ce qu'il avait vu. Évidemment, il devait bien se l'avouer... A la base, les idées de Voldemort lui plaisaient bien. Correction. Les idées de Tom Jedusor lui plaisaient. Mais depuis un moment, il pensait que le Seigneur Noir était plus détraqué qu'autre chose. A quoi donc avoir le pouvoir absolu ? Non pas qu'il ne désirait pas être puissant, et à sa manière, il l'était... Mais pas à n'importe quel prix. Pas au prix de sa vie. Et encore moins au prix de sa liberté. Pas après la vie qu'il avait menée, ou tout n'était qu'apparences. Pour la première fois ce soir-là, il avait eu honte de son père. Réellement honte.
Un petit Pop se fit entendre.
-Maître Draco, Monsieur, Pardon. Le Maître Malfoy demande à vous voir dans son bureau.
Le jeune homme blond soupira et hocha la tête, passant à coté de l'elfe sans lui accorder le moindre regard supplémentaire.
Il sortit de sa chambre et redescendit le luxueux escalier de marbre clair, sans y prêter attention. Arrivé au rez de chaussée, il se dirigea vers le bureau personnel de son père et entra sans frapper.
-Père. Vous m'avez fait demander ?
Lucius Malfoy était installé derrière un grand bureau de bois sombre, assis dans son fauteuil. Une vitrine et plusieurs étagères se trouvaient derrière lui, contenant les affaires de la famille, le tout parfaitement classé et rangé. Il finit de remplir le parchemin qui était posé devant lui, et le signa. Il partirait au courrier le lendemain. Après s'être relu, il posa sa plume et leva enfin les yeux vers le jeune homme qui attendait toujours près de la porte.
-Assieds-toi fils. L'homme semblait nerveux et quelque peu irrité. Son teint habituellement pâle était ce soir là légèrement rosé, et sa main tremblait. Sans doute une autre de ses fameuses réunions ne s'était pas très bien passée. Cela arrivait de plus en plus souvent ces derniers mois. Je ne comprends pas pourquoi tu repousses ainsi l'offre du Maître. Tu devrais être honoré qu'il te fasse encore confiance, surtout après ce qui est arrivé... ou plutôt ce qui n'est pas arrivé à la fin de l'année.
-Mais enfin Père... Si je porte la Marque à l'école, Potter et sa bande auront bien vite fait de s'en rendre compte. Ça serait stupide de ma part d'accepter maintenant. Je ne pourrai pas toujours la cacher, et aucun sort ne pourrait la dissimuler.
Lucius regarda son fils avec dégoût.
-Aurais tu peur ?
-Bien sûr que non. Je suis un Malfoy, moi.
Malfoy sénior tiqua, mais Draco ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouche.
-Mais je peux toujours... amener des informations. Tant que je ne suis pas marqué, je serais beaucoup plus discret. Ils pourront toujours avoir des soupçons, mais ils n'auront aucune preuve contre moi. Et je commence à avoir un petit réseau à l'école. Je serai bien plus efficace comme cela. Et rappelez-vous, le Maître a accepté cette suggestion.
Malefoy senior regarda son fils avec fierté, une nouvelle lueur dans ses iris claires.
-Oui... c'est vrai. Mais j'aurais préféré que tu reviennes sur ta décision et que tu nous rejoignes plus tôt. Nous avons besoin... de sang neuf.
Le blond sortit du bureau et retourna tranquillement dans sa chambre. Il ferma calmement la porte et se dirigea vers sa salle de bains. Il se passa un peu d'eau sur le visage, et s'appuya sur le bord de la luxueuse vasque. En croisant son reflet dans le miroir, il fut pris d'un brusque accès de rage, et fracassa la glace de son poing fermé.
Ses yeux d'orage lançaient des éclairs, alors qu'il regardait le sang s'échapper de sa main, le souffle court. Il ferma les yeux, et ravala le hurlement qui lui brûlait la gorge.
