S'accrochant aux barreaux de son lit, Sherlock se redressa en tirant sur ses petits bras et poussa un petit cri de triomphe en voyant par-dessus la bordure de bois.

Couché à plat ventre sur le tapis d'éveil, un livre devant lui, Mycroft redressa la tête en entendant une petite voix aussi pure que du cristal.

Agé maintenant de dix mois, Sherlock filait à vive allure sur ses quatre petites jambes, traversant les pièces du manoir sous le regard attendri du personnel.

- Oui Sherlock ?

Un son ressemblant à un Bwga sorti de la petite bouche rose et le petit brun bougea la tête, faisant danser ses grosses boucles brunes dans tous les sens.

Fermant son livre, l'ainé des deux frères se releva et s'approcha de son cadet. Avec une grande précaution, il le sorti du berceau et le posa sur le tapis avant de la rejoindre.

A peine fut-il assis, que le brun se mit à ramper vers les boites de jouets. Il entreprit une fouille dans un gros bac bleu et posa une espèce de cri de joie en y sortant un hochet tout mâchonné. Hochet qu'il s'empressa de mordiller de sa dentition encore vierge.

- Sherlock.. Tu n'as pas de dents.

Se tournant vers la voix de son frère, Sherlock lâcha sa prise sur sa proie et rampa, un sourire immense collé aux lèvres vers Mycroft.

S'arrêtant devant le roux, le bouclé se redressa et attendit un simple mot de son frère pour agir.

Et comme d'habitude, Mycroft se mit à hauteur des yeux de son cadet, plantant son regard dans le sien et lui parla doucement :

- Papa et maman vont rentrer ce soir. Et comme ça, ils pourront voir tes progrès en ce qui concerne ta marche. Et d'ici peu, je suis persuadé que tu te tiendras sur tes deux petites jambes. Bon par contre, pour cavaler comme tu le fais en ce moment ça prendra du temps, je pense. Mais je suis sûr qu'un jour, tu courras dans les rues de Londres comme tu les connaissais comme ta poche.

Et comme tout bébé qui se respecte et qui ne comprenne pas un tiers des mots qu'on leur dit, Sherlock poussa une espèce de cri qui signifiait sans doute : Oui !

L'horloge de la maison sonna le quatre coups du gouter. L'ainé prit son cadet dans ses bras et descendit avec prudence les escaliers menant à la cuisine. Il mit le petit brun dans une chaise haute, tandis que ce dernier gesticulait comme un asticot, cherchant un moyen comme un autre de se libérer de cette immense chose en bois.

Les domestiques échangèrent un regard attendri sous le spectacle qui s'offrait à eux. Même avec sept ans d'écart, la complicité qui liait ces deux-là étaient visible à l'œil nu.

Sarah prit un petit pot à la pêche et se mit en face du bouclé, qui cessa toutes manœuvres de fuite et fronça les sourcils en voyant cette vieille femme tentait de le nourrir.

- Aller. On ouvre la bouche Sherlock.

Après un refus de cinq minutes où Sherlock resta bouche fermée, Mycroft prit l'affaire en main.

Il prit le pot des mains de Sarah et tendit la cuillère vers le futur sociopathe qui ouvrit la bouche dans un O parfait.

Cinq minutes après, le pot fut vide et raclé jusqu'au fond. Un soupir de bien-être s'échappa de la petite bouche et de nouveau, Sherlock tenta de s'échapper sous le regard exaspéré et attendri de Mycroft.

Babillant quelques sons, le petit frère regarda son frère dans ses yeux et lui offrit ce sourire que seul les enfants heureux donnent.

Cessant toutes activités d'évasion, Sherlock tendit ces petites mains vers celui qui deviendra le Gouvernement et dans un silence profond, une petite voix se répercuta contre les murs.

- My.

Tout le monde se trouvant dans la pièce se figea. D'ordinaire, Sherlock ne prononcé quelques sons, mais il préférait rester dans le silence et regarder autour de lui. Mais quand son frère était là, il prononcé des sons sans cesse et là, il venait tout juste d'appeler ce dernier.

Encore sous le choc, Mycroft secoua sa tête et passa sa main dans les boucles brunes. Il était le premier mot « convenable » de son petit frère et cela lui donnait une joie immense.

La porte du hall d'entrée s'ouvrit et des bruits de pas et de valises tirées se firent entendre au-dessus du plafond de la cuisine.

Quelques instants plus tard, les parents des deux garçons arrivèrent dans la cuisine et se jetèrent littéralement sur leur progéniture.

- Oh enfin. Vous n'imaginez pas à quel point vous nous avez manqué. Dit en couvrant le baiser son dernier né Violet Holmes, tandis que Sherlock tentait de repousser tant bien que mal cet assaut d'amour.

- Calme-toi Violet, tu l'étouffe. Tenta Arthur.

Riant discrètement, Mycroft aida Sarah à débarrasser la table quand la petite voix fluette se répéta à nouveau.

- My.

Les yeux ronds, les deux parents regardèrent alternativement leurs deux enfants et un doux sourire se dessina sur leurs visages.

- On dirait bien que tu es son premier mot Mycroft. Ria légèrement le père.

- D'ordinaire, c'est papa. Non ? Question le premier mot en question.

- Oui, mais certains enfants prononcent un mot qui leur semble cher, ou important. Très important. Et le faite que ton petit frère ait choisi ton nom en premier signifie que tu très important à ces yeux. Regarde bien. Quand tu n'es pas là, il te cherche partout ou bien essaye de prendre un livre et de faire comme toi. Mais dès que tu es dans son champ de vision, ou bien qu'il sent ta présence, votre père pourrait danser avec un saladier sur le crâne et avec une tenue de vahiné qu'il s'en moquerait comme de sa première couche. Répondit avec douceur la mère en sortant le petit bouclé de sa prison de chaise.

Les mains tendues vers son ainé, Sherlock agrandi son sourire quand ce dernier le prit dans ses bras et monta dans sa chambre.

Mycroft le reposa sur le tapis d'éveil et perdu son regard dans les boucles folles qui s'agitaient devant lui. Il se pencha vers le petit visage tout illuminé.

- My ! Ria le petit bouclé.

Le roux attrapa les petits doigts tout gracieux qui tentaient de l'attraper et se jura que quoi qu'il arrive, il veillerait toujours sur l'être qui était devant lui. C'est le rôle d'un grand frère de veillerait sur le cadet non ?

- Oui je suis là Sherlock. Répondit doucement celui qui plus tard veillerait dans l'ombre.