Ceux et celles qui ont compris à quelle œuvre musicale se réfère le titre de ce chapitre, ne changez pas ^^

Je vous souhaite une bonne lecture et amusez-vous surtout !

P.S. : Ne me jugez pas pour les couples que je forme… Je les trouve juste tellement mignons (et ils tous majeurs, je vous le jure).


Chapitre 1 : Mon p'tit loup…

Hermione – fin août, une semaine avant la rentrée, appartement d'Hermione

Bien que la Directrice de Poudlard fût partie, Hermione ne bougea pas de sa chaise. Elle sentait que si elle se levait, ses jambes ne pourraient pas la soutenir. Une émotion trop forte s'était emparée de son cœur et de son esprit.

Ainsi, Remus était de retour parmi la société. On ne l'avait plus vu depuis qu'il avait perdu dans la même semaine sa femme Nymphadora et son meilleur ami Sirius. Elle ne le jugeait pas. Elle l'avait vu pleurer la mort de sa femme. Elle l'avait vu dépérir à cause de la perte de deux êtres chers. Et il avait finalement fait le choix de fuir, fuir tous ces endroits et toutes ces personnes qui lui rappelait douloureusement la perte de son âme sœur.

Mais même si elle comprenait ce chagrin mieux que beaucoup d'autres – la guerre lui avait arraché de nombreux amis – elle lui en avait longtemps voulu. Elle l'avait détesté de l'avoir aussi longtemps privé de sa présence. Car oui, Hermione était tombée amoureuse de lui, de ce professeur qu'elle avait toujours admiré, de loin comme de près.

Elle se souvenait parfaitement du jour où elle l'avait rencontré. C'était le jour de la rentrée de sa troisième, dans l'un des wagons du train qui partait en direction de Poudlard. Quand elle entra dedans avec ses deux amis Harry et Ron, il dormait. Elle le trouva beau à l'instant même où ses yeux se posaient sur lui, emmitouflé dans sa cape, comme s'il avait peur d'avoir froid. Discrètement, elle jeta des regards vers lui, tout au long du trajet, jusqu'à l'attaque des détraqueurs. Et quand le calme fût revenu dans le train, et que Remus revint s'installer près d'eux, elle reprit sa nouvelle habitude : observer cet homme.

Mais elle avait grandi depuis cette époque, et elle aimait à se dire que ce n'était plus une petite fille qu'il considérerait encore comme une enfant en la revoyant. Elle espérait, au fond d'elle, qu'il ne se comporterait pas comme un père…

Et Sirius. Le simple fait de pouvoir se dire qu'il était vivant lui donnait le sourire. Elle le considérait comme un oncle, presque un grand frère. Il lui avait tant manqué. Elle se demande s'il avait changé depuis son passage à travers le Voile. S'il se souvenait de tous les détails de sa vie. Est-ce qu'il se souviendrait d'elle ?

Sur cette pensée, elle se leva. Elle n'avait pas encore mangé, mais le choc des révélations de la Directrice lui avait enlevé son appétit. Pour se détendre, elle prit une douche et se sécha rapidement, avant de se blottir dans ses couvertures. Elle ferma les yeux et ses pensées se dirigèrent instantanément vers Remus et Sirius. Dire que dans une semaine, elle « vivra avec » ces deux hommes quotidiennement… Elle s'endormit sur cette pensée en souriant.


Remus – veille de la rentrée, appartement de Remus

« Quelle merde ! » s'exclama-t-il en entrant dans son salon. Remus avait perdu l'habitude de devoir partager son appartement, surtout avec quelqu'un d'aussi bordélique que Sirius. Son meilleur ami avait beau avoir dépassé les trente ans, il ne parvenait pas à imprimer dans son esprit la signification du mot « ranger ». Peut-être même celle du mot « respect ».

Excédé par ce qu'il venait de trouver dans son salon alors qu'il venait de se réveiller, Remus se rendit jusqu'à la porte de la chambre du coupable et ouvrit la porte brutalement. Comme il s'y attendait, l'espèce de chien galeux qui lui servait de colocataire était sous sa couette, accompagné d'une créature aux cheveux blond platine.

« Espèce de connard ! hurla Remus pour le réveiller.

- Il t'arrive quoi, Lunard ? J'ai fait une connerie ?

- Vire-moi ton plan cul de l'appartement, on parle après. »

Remus claqua de nouveau la porte en partant et s'enferma dans la salle de bain. Il se demanda comment se détendre quand ses yeux se posèrent sur la douche. Mouais, ça pourrait le faire. Il ouvrit le robinet et se déshabilla à toute vitesse avant de rentrer dans la cabine déjà embuée.

Il ferma les yeux et laissa l'eau couler sur son corps. Ce corps qu'il haïssait à cause des multiples cicatrices qui le barrait de toute part. Des sorts l'ayant touché durant la Grande Bataille, des frasques de loup-garou, des bagarres dans les bars quand l'alcool prenant l'ascendant sur sa raison… Tout cela le rendait malade. Depuis qu'il avait perdu Nymphadora – sa femme, son amour –, il n'avait plus pensé à partager une intimité avec quelqu'un.

Non. Dire cela constituait un réel mensonge. Il y avait pensé, une fois, avec une personne qu'il s'arrangeait pour croiser au hasard d'une rue du Chemin de Traverse, ou dans le Londres moldu qu'il affectionnait tant. Mais s'il désirait la voir, il ne souhaitait pas qu'elle le voit. Pour cela, il avait demandé à Harry s'il pouvait exceptionnellement lui emprunter sa cape s'invisibilité, le temps d'un été. Il avait rarement vu quelqu'un d'aussi généreux que ce garçon. Il lui avait prêté sa cape sans lui demander la raison.

Et heureusement qu'il ne la lui avait pas demandée. Comment aurait-il pu justifier son geste ? Il détestait mentir, mais il ne voulait pas dire à celui qu'il considérait comme son neveu qu'il avait besoin de ne pas se faire voir de sa meilleure amie pour pouvoir l'admirer de loin. Eh oui, il était tombé amoureux. Amoureux fou d'Hermione.

Juste à penser à elle, il sentit une douce chaleur se répandre en lui. Il se remémora tous les endroits où il l'avait vu : à la librairie, au Magasin de Farces et Attrapes des Weasley… Il la revit sourire pendant qu'elle lisait un ouvrage sur les Créatures Magiques. Il la revit rire aux éclats alors qu'elle discutait avec Harry devant une Biéraubeurre. Mais aussi, il la revit se pencher vers les rayonnages inférieurs de la bibliothèque pour attraper un volume poussiéreux, il eut l'image de son corps parfaitement dessiné devant les yeux.

Cette dernière pensée déclencha un flux de désir qu'il ne pût contrôler et il prit sa virilité dans sa main et commença des va-et-vient lents. Il ne lui fallut pas faire de grands efforts pour que son envie d'elle ait raison de lui. Le souffle court, il plaqua sa main contre le carrelage humide de la douche pour soutenir son corps affaibli. Une fois qu'il eût récupéré, il sortit de la douche, noua une serviette autour de sa taille et se sécha rapidement. Son colocataire devait sûrement l'attendre en bas.

Peut-être qu'un Doloris lui ferait comprendre la leçon. Un sourire sadique germa sur ses lèvres, mais il calma vite sa rage. C'était peut-être un maniaque du désordre, mais franchement, il y avait une différence entre faire une montagne de quelque chose d'insignifiant, et retrouver des capotes usagées sur son canapé.


Sirius – encore la veille de la rentrée, toujours chez Remus

Alors qu'il sortait de sa chambre, après avoir abusé une dernière fois de la gentillesse de sa compagne d'une nuit et que celle-ci fût partie, Sirius se demanda ce qui pouvait bien avoir déclenché une telle colère chez son meilleur ami. Il ne se souvenait pas de ce qu'il avait fait en rentrant, sans doute à cause de tout le Whisky Pur Feu qu'il avait ingurgité la veille.

En revanche, il se souvenait très bien de ce qu'il avait fait avec sa partenaire. Mais il n'avait pas eu la révélation qu'il espérait depuis qu'il était revenu du Voile. Quand il s'était retrouvé enfermé dans ce brouillard qui ne se levait jamais, il avait pris la décision que si jamais il avait la chance de revenir dans le monde réel, il chercherait sans relâche la femme qu'il lui fallait. Il s'était fait la promesse de ne plus vivre seul.

Il savait pertinemment ce que pensait son meilleur ami de sa façon de chercher la femme parfaite. Et il devait lui donner raison : écumer les bars, ce n'est vraiment pas la meilleure façon de s'y prendre. Rares sont les femmes vertueuses qui se cachent en plein milieu de la nuit dans les bars. Mais au-delà de son envie de se mettre enfin sérieusement en couple et d'essayer de tourner la page, il avait également des besoins plus primaires. Et c'était grâce à ces femmes libérées qui se saoulaient autant que lui d'en les bars qu'il pouvait se satisfaire.

En passant devant la salle de bain, il entendit des bruits étranges. Il colla son oreille à la porte et entendit alors les grognements caractéristiques de son ami : Remus se donnait du plaisir seul. Mais ce ne fût pas cela qui le choqua. Ce fût quand il l'entendit prononcer le prénom d'Hermione qu'il crût avoir halluciné. Depuis son passage dans le Voile, il ne l'avait pas vu, ni chez Harry, son filleul, ni dans l'appartement de Remus. Il ne s'était pas douté un seul instant que son ami de toujours pouvait avoir des vues sur cette jeune femme.

Certes, elle avait grandi et, pour l'avoir aperçu de loin quelques fois, il ne pouvait qu'accorder à Remus qu'elle était très belle, même bandante s'il se laissait aller à ses besoins les plus primaires. Mais il ne savait pas que son colocataire avait tourné la page en ce qui concernait Nymphadora. Cela avait dû être très dur pour lui de se rendre compte qu'il tombait amoureux d'une autre femme. Il devait penser trahir la mémoire de son amour perdu.

Si Sirius était aussi sûr des pensées de Remus, c'était pour deux raisons. Premièrement, il avait toujours su anticiper et comprendre les actes de son ami. Ils étaient comme des frères. Si Remus tombait amoureux, il lui était impossible de le cacher très longtemps aux yeux de son meilleur ami. Deuxièmement, Remus ne s'était jamais masturbé sur une femme pour qu'il n'éprouvait pas de sentiments. Sirius avait toujours trouvé ça dépassé, mais il le savait, Remus était un romantique. Tout le contraire de lui. Mais ce que Remus ignorait, c'était qu'il arrivait également à Sirius de penser à Hermione…