Chapitre 2 : Qui suis-je ?
Ça ne va pas être simple de passer sans se faire repérer, me dis-je. Tapie dans un buisson, je me creusai la tête à la recherche d'un plan, quand tout à coup…
« S-saku…ra ? » entendis-je. Je me retournai et observai un garçon qui lui-même me fixait, ou plutôt me dévisageait. Il était plutôt grand, avait les cheveux foncés courts et les yeux noirs. Il était très pâle et portait un t-shirt court bleu-gris laissant voir des abdos parfaits et un pantalon de la même couleur. Je ne reconnaissais pas cet inconnu mais lui semblait me connaitre.
« Excusez-moi, on se connait, peut-être ? » demandais-je, toujours accroupie derrière le buisson.
« Mais oui on se connait ! » répondit il avec une mine d'incompréhension sur le visage. « Sakura, tu blagues j'espère ^^' » poursuivit-il en s'approchant.
« N'avance pas ! Reste où tu es » l'interrompis-je, en tendant la main face à lui, en signe d'autoprotection. « Je ne sais pas par quel hasard tu connais mon nom car il me semble que nous ne nous sommes jamais rencontré mais s'il te plait passe ton chemin, j'ai quelque chose d'urgent à faire, là tout de suite » dis-je en me retournant vers les gardes, toujours à la recherche d'une idée pour rentrer dans le village.
« Sakura, c'est moi, Sai ! » continua le dit « Sai ». « Qu'est ce que tu fais dehors ? Tu devrais être à l'hôpital, tout le monde te cherche depuis ce matin ! » reprit-il avec animosité.
« Mais qu'est-ce que vous racontez ? Qui me cherche ? Qu'est ce que je faisais à l'hôpital ? » balbutiai-je.
Tant de questions se bousculaient dans ma tête. Qui était ce Sai que j'étais censée connaitre ? Pourquoi étais-je à l'hôpital ? Et que s'est-il passé cette nuit ? J'étais encore en train d'essayer de rationaliser, comme j'avais l'habitude de le faire, lorsque Sai me tira de mes pensées.
« Bon écoute, viens avec moi, rentrons au village, nous irons voir Tsunade pour lui expliquer la situation, elle doit beaucoup s'inquiéter pour toi. En plus, il faut que tu retournes à la clinique, c'est dangereux d'être dehors dans ton état. Et prend ma veste, ça sera toujours ça de couvert » ajouta-t-il en détaillant mon étrange tenue du regard. C'est vrai que je devais avoir belle allure là dedans, pas maquillée, pas coiffée, vêtue d'une simple blouse verte et pieds nus… Une vraie cinglée sortie de l'asile.
Ayant enfin une occasion de me faufiler dans le village, j'acceptai la proposition de Sai. Il n'avait pas l'air méchant ni dangereux, et semblait réellement inquiet. Et puis, dans le pire des cas si mon intuition avait le malheur de me tromper (ça n'est jamais arrivé !) je suis assez forte pour me défendre contre ce maigrichon pâlot.
Je passai donc la porte d'entrée du village aux côtés de Sai. Les gardes à l'entrée me firent un signe de tête et l'un d'eux me lança un « Salut, Sakura ! » amical. J'étais de plus en plus perplexe car aucun de ces visages ne me revenaient, pourtant eux semblaient me connaitre.
Après avoir marché dans ce labyrinthe qu'était le village pendant quelques minutes, Sai s'arrêta devant un escalier en pierre et tendit son bras dans sa direction, m'invita à le précéder. Ce que je fis. Arrivée en haut j'inspectais le couloir qui se trouvait devant moi et qui semblait vide. Sai passa devant moi et me pris la main pour m'amener à le suivre. Surprise et surtout méfiante, je retirai ma main d'un coup sec. Sai s'arrêta et me regarda, sans comprendre tout de suite, puis il sembla se souvenir que je ne le connaissais pas et repris sa route simplement, sans commentaire. J'aimais cette attitude pas trop de blabla inutile, de l'agissement avant tout.
Il s'arrêta enfin devant une porte marquée d'un écriteau « Hokage Tsunade » et appuya sur la petite sonnette qui se trouvait à la gauche de celle-ci. Nous attendîmes un peu, et voyant que personne n'ouvrait nous repartîmes. En chemin, nous avions eu la chance (ou la malchance ?) de ne croiser personne et j'en étais soulagée.
« Si elle n'est pas dans son bureau, elle ne peut être qu'à la clinique » dit Sai.
« Euh.. Sai, excuse moi, mais pourrais-tu me conduire dans une boutique, j'aimerai me changer, je ne suis pas à l'aise dans cette chemise, je ne pourrai pas partir comme ça. »
« Partir ? Tu ne pars pas Sakura, tu es chez toi ici, à Konoha. Tu dois te reposer en plus. J'ai l'impression que tes esprits sont confus, ce doit être du à la fatigue, et puis c'est tout à fait n… »
« Pardon ? Tu me traites de folle là ?! » criai-je, en m'arrêtant brusquement.
« Non, pas du tout Sak… »
« Si, c'est que tu viens de dire, que mes esprits sont confus, ça veut tout dire, je pers la tête c'est ça ? » continuai-je, refusant d'écouter ses protestations.
Pour qui se prenait-il cet imbécile ? Il ne la connaissait pas, ne savait rien d'elle. Comment se permettait-il de la traiter de la sorte ? ça n'allait pas se passer comme ça, foi de Sakura, il va voir de quel bois je me chauffe ce mal élevé.
Voyant qu'il était inutile d'insister dans ce cas là, Sai abandonna et cessa de parler, après tout il connaissait Sakura et ce qui n'avait pas changé en elle c'était sa susceptibilité. Il reprit sa route, entrainant derrière lui la jeune fille irritée. Au plus vite je retrouve Tsunade, au plus vite nous pourrons réparer ce problème, pensa-t-il.
Pendant ce temps, au QG de l'Akatsuki…
« Tu es sûr que c'est une bonne idée de la ramener ici ? Elle n'est pas comme nous, elle risque de nous nuire. Si jamais Konoha découvre notre repaire, on va avoir un sacré paquet de ninjas sur le dos, sans compter les alliés et puis… »
« Je connais les risques, Konan. Elle ne nous nuira pas, au contraire. Je pense que dans l'état où le monde évolue, il est grand temps que nous disposions d'une médic-nin. Et qui serait mieux placée que Sakura Haruno, la disciple de Tsunade la Sennin ? De plus, elle a déjà prouvé son talent lors de l'affrontement contre Sasori, après avoir guéri le marionnettiste de Suna du poison mortel de celui-ci. Et puis, ne t'en fais pas, j'ai les moyens de la tenir en place. J'ai tout prévu. »
« Mmmh… Bon, puisque tu le dis, je suppose que ça doit être vrai » lança Konan à l'adresse de son partenaire. « Quand intègrera-t-elle nos rangs ? »
« Ce n'est qu'une question de temps, il n'y aura pas longtemps à patienter. Je suis sûre que le stratagème d'Itachi est déjà en train de faire son effet… » continua Pein d'une voix lente et froide.
