Conséquences d'Une Nuit
Deuxième Partie
La scientifique s'installa devant son écran, une tasse à café à la main, regardant son beau prince transpirer dans sa salle de gravité. Depuis que son père lui avait construit cette salle spécial pour qu'il s'entraîne, il y a des années de cela, elle avait prit l'habitude de le regarder performer son art, d'abord inquiète qu'il se tue d'épuisement, puis elle s'était mise à apprécier la vue du guerrier sanguinaire en train de s'exercer.
La porte de la salle s'ouvrit brusquement, causant la gravité de baisser d'un coup, ce qui énervait toujours autant Végéta. Son perturbateur entra dans la salle, claquant la porte derrière lui, et Bulma fut surprise de voir qu'il s'agissait de Gohan ; celui-ci s'entraînait très rarement depuis l'incident avec Majin Boo, et venait encore plus rarement, si ce n'est jamais, s'entraîner avec Végéta dans la salle de gravité.
Et il n'avait pas l'air du tout de bonne humeur, ce qui était tout aussi inhabituel chez le jeune médecin.
Végéta regarda le fils de son rival en levant un sourcil, tout aussi surpris que sa compagne -bien qu'il le montrait moins- de le voir débarquer dans sa salle de gravité. Puis son nez distingua une odeur familière sur le demi Saïya-jin qui commençait à augmenter sa puissance, ne perdant pas de temps à expliquer la raison de sa venue.
« Tu aurais pu prendre une douche, avant. » dit-il. « Tu sens le sexe à des kilomètres. »
Bulma cracha son café sur son écran, choquée par ce qu'elle venait d'entendre. Bien sûr, elle se doutait que le petit innocent Gohan n'était plus si innocent que ça ; c'était un homme après tout, et un Saïya-jin, en plus !
Mais pourquoi avait-il l'air si énervé ?
Finissant d'augmenter sa puissance à son maximum, devenant tout de suite Mystic, Gohan fonça sur son prince, qui, à sa grande frustration, bloquait et évitait toutes ses attaques.
« Qu'est-ce qu'il y a, gamin, t'as pas été à la hauteur et elle t'a jeté ? » se moqua Végéta, continuant de bloquer et éviter les attaques de son opposant.
Les sourcils de Gohan se froncèrent encore plus, et il parla pour la première fois depuis son arrivé, « J'aurais préféré que ce soit ça. »
Végéta haussa un sourcil, sa curiosité attisée par la réponse du jeune homme. « Oh ? Et qu'est-ce que c'est, alors ? »
Rien que d'y penser mit Gohan fou de rage, et il planta un puissant coup de poing dans le nez de son adversaire, l'envoyant s'écraser sur le mur de la salle de gravité, y laissant l'empreinte de son corps. Végéta prit son nez ensanglanté et sans doute cassé dans sa main, fusillant le guerrier Mystic du regard.
Sa curiosité oubliée, il attaqua.
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Bien que blonde, Erasa n'était pas stupide, contrairement à ce que peuvent penser certains, et elle était encore moins aveugle, surtout lorsqu'il s'agissait de sa meilleure amie. Quelque chose tracassait Videl ; Erasa l'avait compris à la seconde où elle était entrée dans leur café habituel. La jeune blonde voyait bien que son amie essayait de le cacher avec son faux sourire, et cela aurait peut être marché avec quelqu'un d'autre, mais sûrement pas avec quelqu'un qu'on connaît depuis l'enfance.
« Videl, qu'est-ce qui ne va pas ? »
La jeune policière ne fut pas surprise que son amie pose cette question, et pour être honnête, elle s'y était attendue. Erasa la connaissait trop bien, et elle était la seule personne qui savait quand elle mentait, alors elle décida de ne rien dire.
« Ce n'est pas très sympa de m'ignorer. »
Elle soupira, et bien qu'elle savait que cela ne servait à rien, elle essaya quand même : « Y'a rien, Erasa, je vais bien. »
Erasa résista à l'envie de rouler des yeux à sa futile tentative de lui mentir. « Tu sais que je vais te harceler jusqu'à ce que tu me dises, n'est-ce pas ? »
Un autre soupire s'échappa de ses lèvres. « Ouais, je sais. »
Il eut un moment de silence, dans lequel Videl évitait Erasa du regard, celle-ci attendait qu'elle parle. Finalement, après un moment, la jeune blonde brisa le silence :
« Alors ? »
Elle soupira encore, ses yeux fixant son café, et une teinte rose à peine visible colora ses joues. « Tu… Tu avais raison, Erasa. »
Elle leva un sourcil blond. « À propos de quoi ? »
« À propos de Gohan. » La teinte sur ses joues s'intensifia. « Je… J'étais vraiment amoureuse de lui au lycée. »
« Oh je vois ! » s'exclama Erasa. « Tu t'es rendu compte que tu étais toujours amoureuse de lui pendant votre dîner d'hier soir, et maintenant tu te sens coupable d'avoir des sentiments pour lui alors que tu es fiancée à Heiji ! »
Elle n'eut pas le courage de contredire son amie, et acquiesça. Et puis d'une certaine façon, ce n'était pas tout à fait un mensonge : elle s'était effectivement rendue compte qu'elle était toujours amoureuse de Gohan, seulement ce n'était pas pendant leur dîner, mais à l'instant où elle l'avait revu, à l'hôpital. Et elle ne se sentait pas coupable uniquement à cause des sentiments qu'elle ressentait pour lui…
« Ne t'inquiètes pas, je suis sûre que ça va vite te passer. » assura son amie. « Il a été ton premier amour, ce que tu ressens est tout à fait normal. Et c'est de Gohan que l'on parle ; il a un charme fou avec son petit côté naïf et tout… En plus il est super beau, intelligent, gentil… et tu ne m'as pas dit qu'il est médecin ? Mon Dieu ce type est carrément parfait ! Tu sais s'il a une petite amie ? Tu crois qu'il se souvient de moi ? Tu m'as dit qu'il travaillait au Satan City Hospital, n'est-ce pas ? Et si on y allait ? »
Sans attendre son accord, ou même une réponse, Erasa se leva puis prit Videl par le bras pour la traîner hors du café, et vers l'hôpital le plus important de la ville.
« Hé ho, pas si vite ! Qui a dit que j'ai envie d'y aller ? »
Erasa s'arrêta, se tournant vers elle avec un sourcil levé. « Pourquoi tu n'en aurais pas envie ? »
Videl se libéra de l'emprise qu'Erasa avait sur son bras, et croisa les bras. « Je n'ai pas que ça à faire, qu'est-ce que tu crois ! Et puis je dois travailler ! »
Son amie haussa les épaules. « Très bien, si tu n'en as pas envie, ne viens pas. J'irai seule. »
Elle la regarda s'éloigner pendant un moment, puis se mit à courir après elle. Elle n'aimait pas du tout l'idée d'Erasa se retrouvant seule avec Gohan.
« Tu ne devais pas aller travailler ? » demanda la jeune femme blonde, un sourire en coin.
Videl se frappa la tête contre un mur intérieurement. Elle s'était fait manipuler !
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Il était complètement épuisé. Sa petite 'visite' chez le Prince l'avait bien défoulé, certes, mais cela l'avait aussi totalement vidé de son énergie, et aussi mis dans un sale état. Il devait avoir quelques côtes brisées, et plein de bleus et blessures sur tout le corps. Mais heureusement, Végéta fut assez intelligent pour ne pas trop toucher à son visage, et il n'avait qu'un petit pansement au dessus de son sourcil gauche. Il lui était très reconnaissant d'avoir épargné son visage, mais avait-il été obligé de le tabasser jusqu'à qu'il perde connaissance ?
« Végéta a raison, je manque cruellement d'entraînement. » se dit-il alors qu'il marchait dans les couloirs du Satan City Hospital.
Il passa devant l'accueil, tellement perdu dans ses pensées qu'il ne remarqua pas les deux femmes qui demandaient justement à le voir.
« Justement le voilà. » dit la secrétaire médicale. « Dr. Son, ces deux jeunes femmes demandent à vous voir. »
Il s'arrêta, puis se tourna vers ses visiteuses, se figeant sur place en voyant la dernière personne qu'il avait envi de voir. Comment osait-elle venir le voir dans son lieu de travail après ce qu'elle lui avait fait ! Il s'apprêtait à leur dire qu'il était débordé de travail et qu'il n'avait pas de temps à leur accorder, mais se stoppa. Il ne pouvait faire ça à Erasa ; elle n'avait rien à voir avec ce que lui avait fait Videl. Alors, il ignora ses sentiments, et força un sourire.
« Erasa, Videl, quelle bonne surprise ! »
Videl haussa les sourcils, surprise par sa réaction. Elle avait vu son expression passer brièvement à la colère quand il l'avait regardé, et il s'était apprêté à dire quelque chose -sûrement qu'il avait à faire-, mais il s'était rétracté en voyant Erasa, son regard s'adoucissant, et avait sourit, bien qu'elle doutait qu'il soit sincère.
« Gohan ! Ça faisait tellement longtemps ! » s'exclama Erasa, le serrant dans ses bras.
Gohan rougit un peu, se frottant l'arrière de la tête. Finalement, elle finit par le lâcher, et le regarda en souriant.
« Tu es toujours aussi beau ! » dit-elle, le faisant rougir encore plus. « Tu as dû en faire tomber, des cœurs… »
Il la regarda, confus. « Mais je suis médecin, Erasa, je soigne les cœurs si besoin est, je ne les fait pas tomber… »
Un GROSSE goûte de sueur se forma à l'arrière des têtes des deux jeunes femmes, puis la blonde se mit à rire. « T'as pas changé du tout, toi ! Toujours aussi naïf ! »
Elle lui donna une tape amicale à son épaule, rouvrant une blessure qu'il y avait pile à l'endroit où elle avait taper, causant à Gohan de grimacer de douleur. Cela passa heureusement inaperçu par Erasa, mais pas par Videl, qui se demandait comment quelqu'un qui pouvait sauter du huitième étage et atterrir sur ses pieds sans problème pouvait être affecté par une petite tape sur l'épaule. Non, il devait y avoir autre chose… Puis, elle remarqua que la bouse du médecin se tâcher de rouge à son épaule, et poussa une exclamation, attirant l'attention des deux amis, qui la regardèrent interrogativement.
Du Sang.
« Gohan… Tu… Ton… » balbutia-t-elle, pointant du doigt son épaule.
Ils se tournèrent vers l'épaule qu'elle pointait, et Erasa poussa une exclamation à son tour.
« Mon Dieu, Gohan ! Tu saignes ! »
« Euh… Ah bon ? Je suis tellement maladroit, j'ai dû me blesser sans me rendre compte ! » Il se mit à rire nerveusement, se frottant encore l'arrière de la tête.
« Il faut que tu te fasses examiner par un médecin ! »
« Erasa, je suis médecin, et je dis que c'est rien de grave, ne t'inquiètes pas. » dit-il.
Erasa sembla accepter cette réponse, mais Videl ne l'entendait pas de cette oreille.
« Et comment peux-tu en être si sûr ? Tu l'as dis toi-même, tu ne sais même pas comment tu t'es fais ça, ça pourrait être grave, surtout si ce n'est pas traité à temps ! »
Il la fusilla du regard, mais Erasa fut convaincue par les paroles de Videl, et commençait déjà à demander un médecin autour d'eux.
« Que se passe t-il ? » demanda un médecin, dans la quarantaine.
« Gohan est blessé à l'épaule, il faut vite le soigner avant que ça s'infect ! » dit précipitamment Erasa, montrant le jeune médecin à côté d'elle. »
« C'est rien, Dr. Yamato. » assura Gohan. « Désolé de vous avoir dérangé pour rien. »
Le Dr. Yamato fronça les sourcils, voyant la tache de sang qui continuait de s'agrandir sur la manche de la blouse blanche de son compère.
« Juste par sécurité, je vais vous examiner. » décida-t-il.
Cela alarma le demi Saïya-jin. Si ce médecin l'examinait, il verrait qu'il n'était pas uniquement blessé à l'épaule, mais sur tout son corps ! Comment allait-il expliquer la présence de tous ses hématomes ?
« Venez avec moi, Dr. Son. » dit le Dr. Yamato, commençant à se diriger vers une des nombreuses chambres de l'hôpital.
Gohan ne l'aurait pas suivit, si Erasa ne le traînait pas de force par le bras, appuyant sur une blessure particulièrement douloureuse, et il grimaça. Il sentait que Videl était derrière eux, et jura intérieurement.
« Entrez. » dit le médecin, tenant la porte ouverte pour les laisser passer.
Résigné, il se laissa traîner dans la chambre d'hôpital, entendant la porte se fermer derrière lui après que Videl soit entrée.
« Une minute ! » dit-il brusquement. « Vous n'allez tout de même pas rester pendant que le Dr. Yamato m'examine ! »
« Mais on s'inquiète pour toi, Gohan ! » répliqua Erasa.
« Ce n'est pas grave, Dr. Son, elles ne me dérangent pas. » dit calmement le Dr. Yamato.
Moi elles me dérangent. Surtout elle, pensa Gohan, lançant un regard glacial à la jeune femme brune.
« Bien, Dr. Son, asseyez vous sur le lit et enlevez votre blouse et votre chemise, s'il vous plait. » demanda gentiment l'autre médecin.
Il soupira, et obéit sans discuter. Des exclamations de surprises de d'horreurs s'échappèrent des lèvres des trois personnes présentes.
« Mon Dieu, Gohan ! Qu'est-ce qui t'es arrivé ? » s'écria Erasa.
Il n'avait pas toutes ces blessures, hier soir, pensa Videl. Alors, il s'est fait tous ça aujourd'hui… ?
« C'est moins grave que ça en a l'aire, vraiment… » tenta-t-il.
« Mais comment vous êtes vous fais tous ça ? » demanda le Dr. Yamato.
« Je… euh… » Il soupira. « Je pratique les arts martiaux, et mon partenaire d'entraînement n'est pas du genre à retenir ses coups. »
« Vous voulez dire que ces blessures ont toutes été faites à main nue ? » s'étonna le Dr. Yamato.
« Euh… oui. »
« Eh ben, il doit être sacrément fort, ce type. » dit Videl, parlant pour la première fois depuis qu'ils sont entrés dans la chambre d'hôpital.
Gohan ne lui prêta même pas un regard. « Bon, Docteur, vous comptez m'examiner ou pas ? »
Le docteur sembla sortir de sa stupeur. « Euh… Oui oui. »
Sous l'œil inquiet des deux jeunes femmes, le Dr. Yamato commença d'examiner son compère, le faisant grimacer de temps en temps. Après plusieurs longues minutes, il fit le bilan : trois côtés cassés, de nombreux hématomes sur les bras, les poings sérieusement amochés, des traces brûlures sur le torse et les avant-bras, sans oublier sa blessure à l'épaule qui avait attiré leurs attentions.
Il commença alors à bander ses côtes, son épaule et ses bras, pansant d'autre blessures moins graves, pendant que Gohan maudissait Végéta intérieurement de l'avoir mis dans cet état, et aussi de ne pas lui avoir laissé le temps de se soigner dans le caisson régénérateur, ou d'aller chercher un Senzu à la tour Karine, ou d'aller voir Dende pour qu'il le soigne…
« Voilà, terminé. »
Il cligna des yeux, puis les baissa pour se regarder. Il avait tellement de bandages qu'il ressemblait à une vraie momie. Il se tourna vers le Dr. Yamato, un sourire se dessinant sur ses lèvres.
« Merci, Docteur. »
Il fut répondu par un sourire chaleureux. « Je n'ai fait que mon devoir de médecin. Et puis, vous auriez fait pareil, si j'étais à votre place. »
« Dis, Gohan, » commença Erasa, changeant de sujet. « T'as le temps d'aller prendre un verre avec moi ? »
Videl regarda son amie en plissant les yeux. Comment osait-elle inviter Gohan à sortir alors qu'elle savait très bien qu'elle était toujours amoureuse de lui ? Tu parles d'une meilleure amie !
« C'est que… je travaille là… » répondit Gohan, ne captant pas l'allusion d'Erasa.
« Allez-y, Dr. Son, l'hôpital est plutôt calme aujourd'hui. » dit le Dr. Yamato. « On pourra se débrouiller sans vous, ne vous inquiétez pas. »
Il haussa les épaules. « D'accord, alors. »
« Génial ! » fit la blonde. « Par contre, Videl ne pourra venir, elle doit aller travailler. N'est-ce pas Videl ? »
Les yeux de Videl se plissèrent encore plus, mais en voyant le soulagement dans le visage de Gohan, elle n'osa pas la contredire, et acquiesça.
« Je suis en retard, d'ailleurs. » dit-elle. « Je vais vous laisser. Ravi d'avoir fait votre connaissance, Dr. Yamato. »
« Le plaisir est partager. » répondit le docteur.
Et elle s'en alla, maudissant la traîtresse qui prétendait être sa meilleure amie. Comment avait-elle pu la trahir ainsi en connaissant parfaitement les sentiments qu'elle avait pour Gohan ? D'accord, elle était fiancée à Heiji, et Gohan était célibataire, mais quand même, l'inviter à sortir avec elle -même s'il n'avait pas saisi-, et devant elle, en plus !
« J'espère qu'elle va passé le pire moment de sa vie ! »
Elle ne savait pas à quel point cela allait être vrai…
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Ils étaient allés se prendre un verre, comme l'avait proposé Erasa, mais il s'avéra que Gohan ne s'arrêta à un verre, et en prit un deuxième, puis un troisième, un quatrième, et ainsi de suite.
« Un autre ! » commanda-t-il, ses joues rougies par l'alcool.
« Gohan, tu devrais peut être… »
« Alors, il vient, ce verre ! » la coupa-t-il.
Et il continua de boire, n'ayant pas l'air d'avoir l'intention de s'arrêter de sitôt. Erasa soupira. Ce n'était pas du tout de cette façon qu'elle voyait sa première sortie avec le jeune médecin, et c'était tellement hors caractère de voir le gentil petit innocent Gohan en train de se noyer dans l'alcool.
« Je n'arrive pas à croire qu'elle m'ait fait ça… » se dit-il à voix haute, attisant la curiosité de son amie.
« Qui ça ? » demanda-t-elle.
Il serra son verre, et cracha son nom comme si c'était du poison. « Videl. »
« Videl ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? »
Son verre se brisa sous la pression de son emprise, faisant sursauter Erasa. « Elle… Comment a-t-elle pu… »
« Gohan, tu saignes… »
Il l'ignora, demandant un autre verre. Il le but d'une traite, et en demanda un autre.
« Gohan, tu ne devrais pas boire autant… » conseilla la jeune blonde.
« Je crois que j'ai le droit de noyer mon chagrin comme je veux ! » rétorqua-t-il, après avoir vidé un autre verre.
« Ton… chagrin ? » répéta-t-elle, puis la compréhension se lut sur son visage. « Ah, je vois ; tu as appris que Videl est fiancée… »
Il eut un rire amer. « Si c'était que ça… »
Erasa fronça les sourcils. « Que veux-tu dire ? »
« Elle… Elle s'est servie de moi… » dit-il, sa voix remplie de peine.
« Gohan, qu'est-ce qu'elle t'a fait ? » redemanda la jeune femme. « Votre dîner s'est mal passé ? »
« Oh, il s'est très bien passé ; on a mangé, on a discuter, on a rit… J'ai réellement passé du bon temps. »
« Alors… pourquoi… ? »
« Après le dîner, » continua-t-il, comme si elle ne l'avait pas interrompu, ses yeux rivés sur son verre à moitié rempli. « Je l'ai raccompagné chez elle, et je l'ai embrassé. »
Erasa écarquilla les yeux. « Tu as QUOI ? Enfin, Gohan, elle est fiancée ! »
« Et elle s'est bien garder de me le dire… » dit-il. « Et elle ne m'a même pas repoussé, bien au contraire, elle a répondu à mon baiser, et m'a ensuite invité à entrer chez elle. » Il serra encore son verre, seulement fit attention de ne pas le briser, celui-là. « J'aurais dû refuser, à ce moment, mais comment j'aurais pu savoir qu'elle avait déjà quelqu'un ? »
La jeune femme n'était pas sûre s'il attendait une réponse ou pas, alors elle ne dit rien, attendant silencieusement qu'il continue son histoire. Il finit son verre, et en demanda encore un autre, le regardant un long moment avant d'en prendre une gorgée, puis continua :
« C'est là que les choses ont dégénéré. »
« Comment ça ? » risqua-t-elle.
Il resta un moment silencieux, fixant toujours son verre. « On… On a passé la nuit ensemble. »
« Quoi ? » fit Erasa, n'étant pas sûre d'avoir bien entendu.
Il lui lança un regard noir, n'aimant pas se répéter. « On a baisé, c'est plus clair maintenant ! »
Il avait dit cela plus fort qu'il ne l'aurait cru, et tous les regards se tournèrent vers lui, un silence pesant s'installant dans le bar.
« QUOI ? » cria Gohan, frappant son verre sur le comptoir, brisant celui là aussi, et fissurant visiblement le bois.
C'est tout ce qui suffit aux autres clients pour retourner à leurs affaires, le barman étant trop effrayé pour dire quoi que ce soit à propos des dommages.
« Un autre ! » ordonna-t-il.
Erasa était trop choquée pour lui conseiller d'arrêter de boire. Videl avait… avec Gohan… alors qu'Heiji…
« Comment a-t-elle pu… ? »
« Bonne question. » dit Gohan, un nouveau verre à la main. « Et elle ne portait même pas de bague de fiançailles, lors du dîner, ni quand on s'est retrouvé, d'ailleurs, mais ça, ce n'était pas intensionnelle. Par contre, au dîner, c'est différent… » Il serra son nouveau verre. « Je pari qu'elle avait tout prévu cette p- »
« Hé ! Fais attention à ce que tu vas dire ! » l'interrompit Erasa. « C'est de ma meilleure amie que tu parles ! »
Il lui lança un regard qui lui donna froid dans le dos. « Je n'en serais pas fière, si j'étais toi. »
Elle baissa la tête. « Je sais. » Elle soupira. « Je n'arrive pas à croire qu'elle ait fait ça… Et un mois avant son mariage, en plus. »
« Un mois, hein ? » Il ronfla. « Je devais juste être sa petite aventure d'une nuit, son dernier écart, avant le grand saut. »
« Ce n'est pas le genre de Videl. »
« Faut croire que oui, finalement. » dit-il. « Elle… Elle s'est servie de moi… Jamais je ne pourrais lui pardonner. Et… Et le pire… »
« Le pire ? » Oh non, qu'est-ce qu'elle lui avait fait, encore ?
« Le pire… » Il poussa un soupir. « Le pire, c'est que je l'aime. Je suis tombé amoureux d'elle à mes dix-sept ans, et je l'ai toujours aimé depuis. Je n'ai jamais pu l'oublier… Elle est seule qui a jamais compté dans mon cœur, et même après tout ce qu'elle m'a fait, je sais que je ne pourrais jamais cesser de l'aimer. »
Erasa resta silencieuse, ne sachant pas quoi dire face à une telle déclaration. Il finit encore un autre verre, et le fixa, le serrant encore.
« Mais elle… Elle a volé mon cœur, puis elle s'est assurée qu'il était bien déchiqueté avant de me le rendre, morceau par morceau. » Il relâcha la pression sur son verre. « Et pourtant, ce cœur qu'elle a tant malmené… Ce cœur, qu'elle a brisé sans remords… Il ne battra jamais que pour elle. »
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Elle ne savait pas quoi faire. Son fiancé était venu la voir à son appartement, et bien évidemment, il avait envi de 's'amuser' avec elle. Elle était dans les toilettes, en ce moment, mais elle savait qu'elle ne pourrait pas y rester éternellement. De plus, elle ne pouvait pas utiliser l'excuse des règles, elle l'avait déjà utilisé, dix jours plus tôt, quand elle n'en avait pas eu envie.
« Videl, tu vas bien ? Ça fait un moment que t'es là dedans ! » entendit-elle, derrière la porte.
« Euh… non, pas vraiment… » répondit-elle. « Je crois que j'ai mal digéré le poison au déjeuner… »
Elle entendit un soupir. « Tu as besoin de quelque chose ? »
« Non, ça ira, je crois. »
« Tu es sûre ? »
Elle s'apprêta à répondre que ça allait, mais la sonnerie de la porte l'en empêcha.
« Tu peux aller ouvrir ? » demanda-t-elle à la place.
Elle entendit ses pas s'éloigner, et soupira de soulagement, remerciant intérieurement la personne qui l'avait sauvé de cette situation.
Elle ne la remercierait pas longtemps…
« Ah, salut Er- »
« Où est Videl ? » le coupa-t-elle, s'invitant à entrer.
« Elle est dans les toilettes. » répondit-il. « Elle ne se sent pas très bi- »
« Videl, sors de là ! » cria Erasa en martelant la porte des toilettes avec son poing.
« Erasa, je crois que tu devrais te calmer… » dit nerveusement Heiji.
Elle lui lança un regard noir, et il se tut immédiatement. Cette femme était vraiment intimidante quand elle voulait.
« Va faire un tour, Heiji. Je dois parler à Videl. Seule. »
Ne voulant pas contrarier la femme qui était déjà assez énervée, il sortit de l'appartement précipitamment, abandonnant sa fiancée à la merci de la furie.
« Erasa… ? » demanda nerveusement Videl, toujours dans les toilettes.
« Sors de là, je t'ai dis ! MAINTENANT ! »
La porte s'ouvrit enfin, révélant Videl qui regardait son amie interrogativement.
« Qu'est-ce qui te prends, Erasa ? »
« Ce qui me prend ! » s'indigna Erasa. « La question, ce serait plutôt : 'Qu'est-ce qui t'as pris ?' ! Vraiment, Videl, je croyais te connaître mieux que ça ! »
« Tu pourrais pas être plus vague, là ? » dit-elle sarcastiquement.
Erasa l'ignora. « Comment… Comment as-tu pu lui faire ça ? Gohan est complètement effondré à cause de toi ! »
Le cœur de Videl manqua un battement quand elle entendit son nom, et, lentement, la compréhension traça son chemin sur son visage. Elle déglutit. « Go-Gohan ? »
« Oui, Gohan ! Celui à qui tu as brisé le cœur, tu t'en souviens ? »
« Il… Il t'a parlé ? »
« Un peu qu'il m'a parlé ! Il était tellement bourré qu'il aurait débité son histoire à une plante en la prenant pour sa meilleure amie ! »
« Gohan, bourré ? » Elle avait dû entendre de travers, c'était impossible. Les deux n'allait tout simplement pas ensemble.
« Oui, bourré ! Et pas qu'un peu ! » répondit son amie. « Il était dans un état… Comment as-tu pu te servir de lui comme ça ? »
Là, elle commençait à s'énerver. Qu'on lui reproche ce qu'elle avait fait, d'accord, mais qu'on aille pas l'accuser de s'être servie de Gohan ! Et c'était complètement faux, en plus !
« Je ne me suis pas servie de lui ! » rétorqua-t-elle. « Comment j'aurais pu prévoir ce qui allait se passer ? »
« Tu n'avais qu'à ne pas l'inviter à entrer chez toi, en premier lieu ! » reprocha Erasa.
« Je l'ai juste invité à prendre un verre, c'est lui qui m'a pratiquement sauté dessus ! »
« Si tu lui avais dis que t'étais fiancée, il ne l'aurait certainement pas fait ! Et d'ailleurs, pourquoi tu ne lui as pas dis ? De plus, tu ne portais même pas ta bague de fiançailles ! Pendant ton service de police, je peux comprendre, tu ne veux pas l'abîmer, mais pendant le dîner ? »
Videl ne savait pas quoi répondre. Elle n'était pas sûre elle-même de la raison de son acte.
« Je l'ai oublié. »
Erasa roula des yeux. « Oh je t'en pris, Videl ! À d'autre ! »
« Écoute, Erasa, je ne sais pas, d'accord ? » dit-elle, commençant à perdre son sang froid. « Je ne l'ai pas mise, c'est tout ! Comment j'aurais pu savoir que ça finirait comme ça ? »
« Et pourquoi tu ne lui à pas dis que tu étais fiancée ? »
« Oh, mais c'est fini, oui, cet interrogatoire ? » s'exclama Videl, son sang froid jeté aux oubliettes. « Tu crois que je me sens pas assez coupable comme ça ? Mais non, faut que t'en rajoute une couche, que tu remues bien le couteau dans la plaie ! »
Erasa poussa un profond soupir, et alla dans le salon -elles étaient toujours dans le couloir, devant la porte des toilettes. Elle s'écroula sur le canapé, suivit de près par son amie.
« Pourquoi tu ne l'as pas arrêté, quand ça a commencé à devenir sérieux ? » demanda-t-elle, la colère ayant disparu de sa voix.
Videl baissa la tête. « Je… Je ne sais pas… Je suppose… que je n'avais pas envie qu'il s'arrête… » Elle releva la tête, regardant son amie. « Et crois moi, si tu avait été à ma place, tu n'aurais pas eu envie qu'il s'arrête, non plus. »
FIN DE LA DEUXIEME PARTIE
