Titre : Being human
Auteur : Aélane
Fandom : Being Human
Disclaimer : épisode pilote créé par Matthew Bouch (producteur) et Toby Whithouse (scénariste), diffusé par la BBC le 18 février 2008 - je ne fais qu'épiloguer dans mon coin en attendant que la BBC choisisse ou non d'en faire une série.
Rating : PG
Genre : drame/humour/fantastique, POV de Mitchell (le vampire), un chouïa de SLASH (Mitchell/George)
NB : drabble-cadeau d'anniversaire pour Shinrin.
OoO
O'o'O
Le premier siècle, le monde semblait miroiter de mille feux à vos pieds. Visiter New York ? Revêtir les plus beaux costards ? Séduire une nouvelle conquête nuit après nuit ? Vous aviez du pouvoir. Vous aviez le temps. Qui a le temps pouvait s'enrichir aisément. Qui a le temps peut attendre de voir venir à lui les occasions les unes après les autres, puis les saisir à bras le corps. Pourquoi vous en priver ? Tout vous était soudain possible. Tous vos désirs pourraient être assouvis l'un après l'autre, sauf le plus important bien sûr, celui que tout vampire s'acharnait à oublier le plus vite possible. Et pour l'effacer, il n'y avait rien de tel que de se plonger dans l'ivresse du statut si neuf, si beau, si brillant de prédateur de la gent humaine. Cela marchait à tous les coups, si l'on croyait les autres vampires qu'il croisait de siècle en siècle.
La chose déprimait profondément Mitchell : à quoi bon se traîner vaille que vaille de siècle en siècle sans plus jamais arriver à se regarder en face dans une glace ? Oui, bon, d'accord. C'était déjà raté du départ, mais lui, siècle après siècle, le désir d'être un humain comme un autre ne faisait que le tarauder davantage. Un désir impossible qui aurait fini par avoir raison de sa volonté à voir la prochaine nuit se lever. Comme tant d'autres vampires, espérait-il, pour son propre salut, comme tant d'autres qu'il n'avait jamais rencontrés juste parce qu'ils avaient disparu trop rapidement, comme tant d'autres dégoût et ennui l'auraient sûrement submergé, s'il n'avait croisé de temps à autre le chemin d'un brave Lassie. Il aimait bien cette métaphore ridicule. Sa non-vie entière n'était-elle pas le comble de l'ironie ?
Il les appelait tous Lassie, ces jeunes loups-garous qui le sauvaient de lui-même. Le loup-garou n'était inhumain que quelques jours par mois, ils subissaient donc moins les désirs de ses pairs. Ils résistaient plus aisément à leur nature. Leur transformation était une douleur, non ce plaisir incessant du sang. Ils pouvaient plus aisément croire en leur humanité. Parfois, ils s'en allaient pourtant au bout de quelques années, terrassés à leur tour. Avec de la chance, ils affrontaient quelques décades ensemble. Il espérait que ce soit le cas avec celui-ci. Celui qu'il avait ramassé plus mort que vif au Mexique.
Il l'aimait particulièrement bien celui-là, oh, plus que… au moins les dix précédents. Il plaçait de grands espoirs en lui. En George. Qui lui rappelait de ne pas baisser les bras. Qui s'enthousiasmait comme un gamin devant l'acquisition d'un appartement miteux. Qui se battrait pour la domesticité de leur petite vie tranquille. Qui le laissait s'assurer de sa présence par mille et une petites touches. Qui se moquait de lui. Qui ne le craignait pas. Qui lui disait sans mots que tout restait toujours possible. Qui l'encourageait à tenir bon, à rester lui-même, aussi monstrueux soit-il pour le reste du monde.
FIN
