2. Dernières minutes avant la fin d'un monde.

-Attention Seamus! Cria Ron Weasley en évitant d'un coup de baguette que le plateau débordant de cocktails n'entrent en collision avec le jeune irlandais les bras chargés de paquets cadeaux. Bonjour Susan, entre vite il fait froid à périr et goûte moi ça!

La jeune femme se retrouva avec un verre rempli d'un liquide rose translucide dans les mains.

-Merci Ron, c'est quoi? Hum, délicieux...

-Demande à Neville, ce soir c'est notre Maître es potions et il s'en tire drôlement bien.

Susan Bones déposa son manteau nimbé de givre sur une chaise dans l'entrée de la maison et gagna la grande cuisine où Neville Longbottom faisait s'envoler les bouteilles et les shakers sous des regards admiratifs.

-Salut Sue, tu vas bien? lui demanda Padma Patil.

-Sans problèmes et toi?

-Fatiguée, la médicomagie ce n'est pas de la tarte et les stagiaires sont corvéables à merci.

-Tu l'as voulu, tu l'as eu, petite sœur, intervint Parvati et puis si un jour je me retrouve en morceaux tu me répareras.

-Les aurors sont notre fond de commerce à nous autres médicomages, répondit sa jumelle philosophe.

-A qui? demanda Neville en tendant à la foule une création d'un magnifique vert sapin où surnageait une cerise au marasquin.

-A moi, répondit Ernie Mac Millan assis sur un appui de fenêtre.

Le verre passa au dessus des têtes des admirateurs pour atteindre son destinataire. Ernie y trempa les lèvres.

-Un peu fort mais pas mauvais. Nev' une carrière de maître de potions s'ouvre à toi.

-Bonne idée, renchérit Parvati. Tu pourrais enseigner à Poudlard et venger des générations de gryffondors opprimés.

-Mouais! Moi les cachots, ça me dit moyen, je préfère le grand air, répondit l'homme au shaker en préparant une nouvelle tournée sous les applaudissements.

Dans le grand salon de réception la musique se fit plus forte. On dansait pour accueillir la nouvelle année 2002. Les parquets tremblaient et les lustres à cristaux s'agitaient en cadence sur le dernier tube des bizzar'sisters. L'entrée de Ron avec son plateau fut applaudi. Le plateau se vida comme par magie.

La fête battait son plein chez le héros du monde sorcier. Et des héros ce soir là il y en avait pléthore au 12 square Grimmaud, des salons jusque dans les toilettes où Terry Booth digérait assez mal son douzième cocktail. Ron Weasley, jeune auror encore en formation chercha des yeux son meilleur ami, collègue et également maître de céans. Il regarda du côté de sa jeune sœur qu'il vit en grande conversation avec Morag et Hannah. Il était très fière de Ginny qui avait intégré l'équipe des Flèches d'Appleby en tant qu'attrapeuse remplaçante. Les trois filles étaient assises devant la cheminée. Pas de Harry non plus dans le salon où grimpée sur une table d'acajou vacillante Luna Lovegood se déchaînait au son des guitares, assurant le spectacle à elle toute seule. Il le trouva finalement et après recherche en grande discussion avec Hermione Granger. Ils étaient tous les deux à la porte du jardin, à l'arrière de la maison. Ils se parlaient tout bas dans la lumière de la guirlande qui encadrait la porte. Harry avait les mains dans les poches et regardait le ciel noir, Hermione se tenait face à lui un verre vide qu'elle faisait tourner entre ses doigts.

-Tu as raison Harry et je suis sûre que d'où il est, il doit nous regarder nous amuser dans sa maison et qu'il est heureux pour toi, lui dit-elle avec un tendre sourire.

-Qui est heureux? demanda Ron.

-Nous parlions de Sirius, répondit Hermione.

-Ouais, je vois.

Ron posa la main sur l'épaule d'Harry.

Ils restèrent un instant tous les trois, soudés, à regarder le jardin noyé dans la nuit. Sous le givre la nature semblait figée dans une gangue brillante et glacée.

-C'est bon de vous avoir.

-On a toujours été là, non?

-C'est bien pour ça que vous allez encore m'aider. Je voudrais... est-ce que vous pourriez me donner des idées... parce bon... moi je trouve...

-C'est limpide, Harry, ricana le roux.

-Ron! Laisse-le finir.

-Je voudrais... enfin, il est temps de le faire...

-Tu fais une tête! Tu n'es pas malade au moins?

-Mais non! Je veux juste une idée pour demander ta sœur en mariage, Ron!

- C'est génial, Harry. Pourquoi tu n'organiserais pas un petit dîner romantique avec des fleurs, du champagne, une jolie bague, tu as bien une jolie bague?

Harry prit un air affolé. Hermione hocha la tête.

-Je vais te faire une liste, ce sera plus sûr.

-Une...liste? balbutia le plus jeune des fils Weasley. Mais pourquoi au nom de Merlin veux-tu faire une liste?

-Pour qu'il n'oublie rien voyons! Ron?

-Heu, laisse faire Hermione, Ron, pour l'organisation c'est la plus forte, ajouta Potter.

-Au fait, soit le bienvenu dans la famille... beau-frère, répondit Ronald en prenant son meilleur ami et presque frère dans ses bras.

-Vous pourriez attendre que Ginny ai dit oui. Qui sait, elle vit peut être une liaison torride et passionnée avec le gardien de son équipe ?

-Lequel?

-Pas Savanna, elle est mariée mais pourquoi pas Marcus Fl...

-Tu est répugnante, Hermione Granger!

-Bon! Il est bientôt minuit, il faudrait retourner avec les autres.

Harry referma la porte sur le jardin et le froid du dernier jour de l'année.

Dans le salon, le compte à rebours avait commencé. On y fêtait la nouvelle année entre jeunes après un Noël passé au Terrier à s'extasier sur l'air béatement heureux de Molly devant ses deux premières petites filles l'adorable Victoire et la gazouillante Molly qui avait reçu le prénom de sa grand-mère, un moyen comme un autre pour Percy de faire définitivement la paix avec sa famille et de revenir prendre sa place au sein du giron familial. Une vraie fête de famille à laquelle les parents d'Hermione avait même été conviés.

Chez Harry, tous ses anciens camarades de Poudlard étaient réunis dans l'ancienne demeure des Black sauf les serpentards si on ne comptait pas Blaise Zabini qui était venu en compagnie de Morag Mac Dougall. Il y avait un minuscule moment de fraîcheur quand il avait passé la porte mais il s'était ensuite parfaitement tenu toute la soirée.

A zéro, des milliers de petites fleurs argentées tombèrent du plafond pour recouvrir les danseurs qui s'embrassaient ou levaient leurs verres en échangeant de bons souhaits.

-Harry, la pièce moldue est libre demanda Hermione en criant par dessus la musique. je voudrais appeler mes parents pour leurs souhaiter la bonne année.

-Pas de souci, fais comme chez toi, répondit le Survivant dans les bras de sa fiancée.

La pièce moldue était une géniale invention conjointe de George et Hermione, une pièce purgée de magie où les objets moldus fonctionnaient sans problème. Dans l'ancien bureau du premier étage, Harry avait installé un téléphone, un ordinateur, une télévision et une chaîne hi-fi. George comptait breveté l'invention dès le mois de février et Hermione serait une des bénéficiaires de la découverte.

Dans, l'escalier, elle salua le portrait des frères Black.

-Bonne année Sirius, bonne année Regulus.

-Tous mes vœux charmante Hermione, répondit Sirius en lui faisant un clin d'œil.

-Une bonne année à vous Miss Granger, ajouta Regulus.

La porte du bureau non magique s'ouvrit devant elle pour livrer passage à Dennis Crivet qui ressemblait de plus en plus à un de ces top models moldus tout en longues jambes et crinière dorée. il faisait des ravages dans la gente féminine.

-La place est libre, Hermione.

-Merci Dennis.

Elle s'installa sur le canapé et décrocha le combiné du téléphone légèrement rétro qu'Harry avait trouvé dans une brocante. Elle fit le numéro et attendit. La sonnerie se répercuta en écho plusieurs fois.

-Allo, Papa... Pardon je me suis trompée... Qui êtes-vous?...Que?

- Non... non

Elle avait l'impression que le monde autour d'elle perdait peu à peu ses couleurs et qu'il faisait de plus en plus froid. Elle n'entendait plus la musique en bas juste la voix dans le téléphone. Si seulement cette voix pouvait se taire, si seulement cette voix pouvait mentir. Ce n'était pas possible, ce n'était pas vrai. Elle tremblait et ses oreilles bourdonnaient. Elle se leva et ses jambes ne la portèrent pas. Elle tomba à genoux sur le tapis juste au moment où Lavande entrait dans la pièce. La voix de plus en plus affolée de son ancienne camarade de dortoir lui paraissait si lointaine. Lavande qui s'emparait du téléphone et qui parlait avec la voix qui avait dit ces choses épouvantables. Lavande qui la regardait les yeux pleins de larmes. Lavande qui houspillait Justin arrivé d'elle ne savait trop où et qui disparut sous ces yeux. Lavande qui lui tenait la main en lui murmurant qu'elle n'était pas seule. Quand finalement les autres entrèrent, elle tomba définitivement évanouie.

A suivre...