Il était une fois

Chapitre 2

Plusieurs jours passèrent sans qu'Harry ai le courage de retourner à la tour et surtout, il s'ingénia à éviter le serpentard au maximum, ce qui ne dérangea pas particulièrement ce dernier quoiqu'il en fut intrigué.

Bordel j'en peux plus. Il me poursuit même dans mes rêves, faut que j'fasse quelque chose, j'vais finir par craquer. Y'a cette Poufsouffle là, Katrin je croie, qui me fait de l'œil, je devrais essayer avec elle, je serais p't'être fixé après ça. Ouais, bonne idée, aller, te dégonfle pas mec, tu vas y arriver ! Faut encore la trouver, tient justement, la voilà, rougit pas surtout…

- Salut, Harry.

- Salut, euh, Katrin ?

- Tu te rappelles de mon prénom ?

- Euh, oui pourquoi ?

La v'là qui rougit comme une pivoine maintenant ! C'était p't'être pas une si bonne idée après tout. J'dois dire quoi, là ? Au secours !

- Hum… tu fais quelque chose ce soir ?

Arrête de rougir, respire, bon sang, elle va pas tomber dans les pommes, hein ? Répond, j'ai l'air de quoi, moi ? C'était trop direct ?

- … rien de spécial…

Ah quand même ! J'ai eu peur…

- On pourrait se voir après les cours alors ?

- Oui.

- A tout à l'heure ?

Pffff, c'est ça, cours vite raconter ça aux copines, que tout le monde soit bien au courant ! Merde, ces filles, elles peuvent pas être discrètes ! Bon trop tard, et pis c'est pas si grave après tout, c'est pas comme si c'était important non plus. Bien que… zut ! Faut qu'j'arrête de m'prendre la tête !

Encore 4 heures de cours et je serais p't'être fixé. Par pitié, faites que je ne sois pas comme Malefoy, j'veux être normal, pour une fois, please ! Elle est mignonne la Katrin en plus, pas trop grande, blonde aux yeux bleu, c'qu'y faut là où y faut, j'aurais pu plus mal tomber. Y'a quand même un léger problème, c'est mon premier rancart, j'sais pas trop ce que j'dois faire et surtout pas faire… J'peux pas demander de l'aide à Ron, il est aussi manche que moi, pis les autres, j'ai moyennement confiance. Hermione ? Après tout c'est une fille, non ? Pis merde, j'suis pu un gamin, j'peux m'débrouiller tout seul. Bon, ben, j'improviserais, ça dois pas être si dur que ça.

`°oOo°´

Non mais franchement ! Comment j'en suis arrivé là ? Penser à Malefoy alors qu'j'étais dans les bras de cet'pauvre fille ! Penser que ses cheveux étaient surement plus doux, sa peau plus fine, ses lèvres plus expertes, tout comme ses caresses… Du coup, j'me suis barré, j'lai planté sans explication, bravo, j'suis champion moi. Merde, merde, merde et re-merde ! Pourquoi ce putain de blond a autant changé aussi ? Il n'était pas si beau avant, avant quoi d'abord ? Avant que j'le surprenne en train de baiser dans la tour ? Avant qu'en une seule petite demi-heure, il fasse s'écrouler mon petit monde bien rangé ? Bordel ! Je devrais m'faire soigner, on n'peut pas changer aussi vite, si ? Pourtant elle était pas là, cette envie qui me taraude, cette quasi obsession pour cette saleté de fouine. Pourquoi mon abruti de corps m'a trahi comme ça, pour un mec. Fait chier, j'suis pas pédé… j'suis pas homophobe non plus, mais merde quoi ! Et surtout c'est Malefoy qui m'fait triquer. J'en ai marre ! Casse toi de ma tête ! Sors de mon corps, t'as pas l'droit d'me faire ressentir des trucs comme ça d'abord. J'veux pas, on s'détestes tous les 2. Tu me détestes.

- Harry, ça va pas ? Tu pleures ?

- Quoi ? Euh, non Hermione, t'en fait pas, c'est de l'allergie. Faut que j'trouve un truc pour ces foutus pollens…

- Mouais… des pollens, en plein hiver… Si tu avais un problème tu m'en parlerais, ou à Ron, hein ? Tu sais que je serais toujours là pour toi Harry, on est amis. Tu peux tout me dire.

- Je sais Herm' t'en fait pas j'te dis, merci.

- Bon, comme tu veux, je n'insiste pas, mais je suis à la bibliothèque si jamais… Tu n'hésites pas, les amis c'est fait pour ça aussi.

- Ok.

- A plus.

V'là qu'je pleure maintenant, ça va vraiment pas, faut qu'j'me calme. J'vais prendre l'air, ouais, bonne idée. C't'histoire va m'rendre dingue, c'est trop subit, c'est comme si j'l'avais vu pour la toute première fois là haut, j'ai eu comme un… coup de foudre ? J'débloque complètement ! Faudrait qu'j'arrive à analyser c'qui s'passe dans mon crâne de piaf, y'a un sacré bordel la d'dans, il a foutu par terre toutes mes certitudes sur lui. J'sais plus où j'en suis. C'est pas sa faute, je l'sais, même si ça m'arrangerait, c'est moi qui ai changé, c'est mon regard qui a changé. J'ai peur, où ça va me mener, j'peux pas être amoureux, pas de lui, n'importe qui d'autre, mais pas lui. C'est aussi aberrant que si c'était Ron. J'suis trop con.

- Eh bien Potter, tu es devenu un elfe de maison ?

Le susmentionné sursauta et se retourna vivement.

- Qu'est ce que tu veux Malefoy, t'as rien de mieux à faire ?

- Pas pour le moment, et puis ce n'est pas tous les jours qu'on voit le survivant se taper la tête contre un arbre…

- Et ça t'amuse bien sûr.

- Oui, mais ça m'intrigue surtout. Qu'as-tu pu encore inventer de si stupide pour te faire subir ça ?

- La curiosité est un vilain défaut, et si j'te le disais, tu m'croirais pas.

- Tient donc, c'est si grave que cela… ça attise encore plus mon intérêt !

- Bon, j'ai pas envie de parler là, laisse-moi passer.

- Tout doux le lion ! Tu as vraiment une sale tête ces derniers temps.

Quoi ? Il a dit que j'ai une sale tête ? Il me regarde ? Houlà, faut pas que j'm'emballe, c'est normal qu'il m'observe pour me faire ces mauvais coups.

- Parce que t'en as quelque chose à faire peut-être ?

- Ce n'est pas véritablement cela, mais je te trouve un peu décevant depuis 2-3 semaines, tu m'évites, ne réponds plus aux provocations, pas que cela me manque, mais je me pose des questions.

- Malefoy altruiste, on aura tout vu ! Tu t'inquiètes pour moi maintenant ?

- Je n'ai jamais dit ça ! Ne saute pas trop vite aux conclusions ! Surtout quand elles sont erronées…

J'me disais aussi… c'était trop beau pour être vrai, il s'en fiche de moi, tout ce qui l'intéresse c'est d'avoir un punching-ball sous la main pour se défouler. Putain, pourquoi ça fait si mal ? J'veux pas pleurer devant lui, il s'rait trop content.

- Laisse moi, barre toi, j'veux voir personne et surtout pas toi !

- Tu m'énerves Potter, tu va me dire ce qu'il te prend, et puis regarde moi quand je te parle !

Drago attrapa le poignet d'Harry qui faisait mine de partir, le forçant à relever son visage vers lui. Le blond resta quelques secondes muet en voyant les yeux brillants de larmes contenues de son ennemi.

- Merde… qui te fait pleurer ? Qui-on-sait ?

Le brun eu un pauvre sourire et nia de la tête.

- Personne d'autre que moi n'a le droit de te faire pleurer Potter, et même moi, je ne me rappelle pas y être arrivé, qui est-ce ?

Tu as dit ça si doucement, ça t'emmerde tant que cela qu'un ou une autre ait du pouvoir sur moi ?

- C'est la Poufsouffle avec qui t'es sorti ! C'est forcément une histoire de cœur, vous autres les Gryffondors, vous êtes si…

- … sentimentaux ? Ca a rien à voir avec Katrin, mais t'es pas tombé loin.

Et si j'lui disais qu'c'est lui ? Que même Voldemort ne peut pas me faire aussi mal que lui. J'ai tellement envie de l'embrasser, ses yeux sont beaux quand il est pas en colère. Faudrait qu'j'arrête de pleurnicher d'abord, merde, c'est pas sexy. J'ai peur, bordel j'ai si peur, et s'il se fout de moi, j'ai l'impression qu'ça m'tuera. C'est quoi ça ? Son mouchoir ? Il me tend son mouchoir ?

- … Merci.

Harry s'essuya consciencieusement et se moucha, avant de ranger le bout de tissu dans sa poche.

Fichu cœur, arrête de battre comme ça ! Bon j'me lance, tant pis si y m'met un pain, j'aurais jamais de meilleures occases, c'est à quitte ou double. Va falloir que j'me mette sur la pointe des pieds, il est grand. Aller, courage, respire, il ne bouge toujours pas, j'y vais.

Le brun s'approcha plus près, passa une main sur la nuque du blond, et se hissant devant lui, posa timidement ses lèvres sur les siennes. Ce dernier se raidit un court instant avant d'enlacer Harry par la taille, le pressant fortement contre lui et de répondre tendrement à son baiser. Les 2 garçons restèrent un long moment à s'étreindre et s'embrasser dans la pénombre de la nuit tombante, les mots étaient superflus, leurs actes et leurs yeux parlaient pour eux… amour ? Désir ? Ils verraient ça plus tard, beaucoup plus tard.