Il s'est mis à faire noir...
– Je ne suis pas sûr de ce plan, marmonna Stiles dans sa barbe, alors qu'il descendait de sa Jeep.
A ses côtés, Scott fronça les sourcils. C'était pourtant la première fois que lui, se sentait plutôt positif quant à la suite des événements. Cet Oméga allait bientôt être stoppé, il en était certain... Enfin, il est vrai que l'attitude négative de son ami hyperactif ne le rassurait pas vraiment.
– Derek et Malia sont déjà sur place, nous n'avons plus le temps de faire demi-tour, répondit-il pour essayer de convaincre Stiles que de toutes manières, ils n'avaient plus le choix.
Pourtant cette information ne le rassura pas vraiment, au contraire. Stiles s'en trouva inquiet... Or Scott avait raison, il fallait s'y mettre maintenant ! C'était peut-être un simple Oméga, mais il ne fallait pas non plus sous-estimer l'ennemi.
– Bien bien. Dans ces cas-ci ne traînons pas.
– Tu resteras bien à l'orée de la forêt, une fois que j'aurais atteint l'ancienne usine, hein ? Lui répéta Scott comme ils l'avaient convenu un peu plus tôt dans la voiture.
Stiles hocha la tête alors qu'ils se mettaient à courir :
– Ne t'inquiètes pas, je ne m'attirerais pas d'ennui... Sauf en cas de force majeure, bien évidemment. Parce qu'imagine que..., essaya-t-il de continuer mais courir lui coupait le souffle et il se résolut à se taire.
Les autres loups garous avaient réussi à piéger l'Oméga... Et Stiles peinait encore à accepter la manière dont ils l'avaient fait. Ils étaient en plein mois de Février, période de chaleur des louves, et il avait suffi qu'une des louves de la meute de Satomi se promène un peu, laisse traîner son odeur dans la forêt et élise domicile dans l'usine pour que l'Oméga finisse pas y être attiré... Stiles s'était alors dit que le loup-garou n'était tout de même pas malin, ou alors sa vie en solitaire avait rendu son loup beaucoup plus présent que d'habitude... Il fallait avouer qu'il y avait de quoi se poser la question... ! Heureusement que Satomi avait eu la gentillesse d'accepter !
Réalisant qu'ils arrivaient, Stiles ralentit considérablement son allure, déjà bien endommagée par ses difficultés physiques, et finit par s'arrêter. Scott fit de même afin de faire une accolade à son ami, avant de disparaître vers l'usine.
Stiles n'aimait pas spécialement être mis de côté, mais pour le coup, il pensait que le jeu n'en valait pas vraiment la chandelle. Il avait juste hâte de voir cet Oméga sortir en hurlant de l'usine, et fuir, pour qu'ils puissent tous rentrer chez eux, sain et sauf, et aller se coucher ! D'ailleurs, pourquoi fallait-il que la plupart des plans se déroulent la nuit, franchement ?
Stiles croisa les bras, réfléchissant plus sérieusement à la question, tandis qu'il voyait Derek et Scott entrer dans l'usine, alors que la louve de la meute de Satomi repartait dans les bois. Bon certes, la nuit leur apportait une obscurité qui n'était pas vraiment un inconvénient pour les loups (mais pour les humains, hein ?! La meute n'avait pas pensé à son confort visuel, comme d'habitude!), et généralement, il y avait moins de promeneur dans la forêt, et donc moins de risques d'avoir des blessés inattendus... Mais bon, ils étaient à la sortie de la ville, dans une usine désaffectée, pourquoi se soucier de cela ?! Surtout, que certaines choses étaient visibles même la nuit... Comme... Eh bien...
– Du feu..., murmura Stiles en apercevant sur la gauche de l'usine un point de lumière jaune qui lui semblait... Ne pas être un bon signe du tout.
Son cœur s'emballa immédiatement, et il sortit de sa cachette, en toute discrétion pour aller vérifier ses dires, mais à peine avait-il fait un pas dehors qu'un hurlement le surprit. L'Oméga venait de se faire prendre. Le hurlement fut malheureusement suivit d'un léger boum, et Stiles vit avec horreur, une des cuves bordant les murs de l'usine se mettre à déborder, faisant craquer l'ancienne paroi, et laissant s'échapper près de la flamme un liquide douteux.
La situation ne fit qu'un tour dans l'esprit de Stiles :
– Sortez ! Hurla-t-il brutalement. Sortez ! Ça va exploser ! Derek, Scott ! Sortez ! Malia, sors d'ici !
Il entendit plusieurs aboiements, alors qu'il était figé par l'horreur, ne songeant à se protéger lui-même tant qu'il ne verrait pas ses amis sortir :
– Sortez, bordel ! Cria-t-il à nouveau, ses yeux ne quittant pas la flamme, qui venait maintenant de s'élancer sur l'étrange liquide, l'enflammant progressivement.
L'Oméga finit par surgir, ne se souciant pas de la présence de Stiles, il se mit à fuir dans les bois sans demander son reste.
– Cours, Stiles ! Entendit-il Scott lui crier, et il vit au même moment Malia s'élancer à la suite de l'Oméga lui faisant signe de s'éloigner.
Il ne se soucia pas plus longtemps de son ex-petite-amie, et chercha Derek du regard, tout en se mettant à courir derrière Scott qui l'avait déjà rejoint, et partait bien plus vite devant lui.
– Derek ! Appela Stiles en espérant voir le plus âgé.
Le loup-garou apparut à la porte, à moitié transformé, boitillant, mais toujours alerte. Cependant, Stiles se figea lorsqu'une déflagration plus importante le força à se mettre à genoux et à protéger ses tympans. Le cœur battant, il se retourna rapidement, ignorant ses oreilles légèrement sifflantes, pour savoir si Derek allait bien, et celui-ci était couvert de poussière, mais se relevait déjà pour courir de nouveau. Un bruit sourd porta leur attention vers les cuves, et Stiles hurla de toutes ses forces, ses yeux rivés sur Derek, alors que l'explosion le propulsait loin dans l'inconscience.
(…)
Le silence lui paraissait bien trop brutal pour n'être ne serait-ce que naturel. Il se sentit remonter à la surface de la conscience, sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait. Grognant, il essaya de se tourner sur le côté, mais une main se posa sur son avant-bras et avant qu'il ait pu comprendre ce qu'il se passait, il ouvrit les yeux en repoussant la personne, réalisant qu'il était dans le noir. Visiblement allongé sur une table, il bondit, essayant d'entendre qui était là mais le silence lui répondit encore. Il grogna et... Se figea d'horreur : il n'entendait quasiment pas son grognement.
Apeuré, il tenta de se concentrer sur sa vue pour distinguer quelque chose dans ce noir, mais la pièce était visiblement bien fermée, et il n'arrivait même pas a voir avec sa vue lupine... Quelque chose n'allait pas... Alors, il utilisa son odorat, mais seule l'odeur du brûlé lui parvint, c'était trop tôt pour pouvoir sentir autre chose. Que restait-il ? Le toucher. Mais il se mettrait en danger surtout si son ennemi pouvait le voir. Pourtant, il tenta de se concentrer pour voir s'il pouvait ressentir cette présence. La découverte qu'il fit le fit grogner à nouveau : quelqu'un était derrière lui. Il se retourna, avant de s'immobiliser brutalement en réalisant qu'une main se posait avec douceur sur son avant-bras. Étonné, il attendit pour savoir ce qui allait se passer, se préparant à toute attaque, or la main glissa jusqu'à la sienne, pour la tourner, paume vers le haut. Ses sourcils se froncèrent d'incompréhension quand il sentit un doigt y tracer quelque chose. Et il comprit que c'était des lettres, bien qu'il eût le temps de capter les dernières : T, I, L, E, S.
– Stiles ? Où est-il ? Demanda-t-il, réalisant qu'il n'entendait qu'un vieux grognement, incapable de savoir si ces mots étaient compréhensibles.
L'explosion avait dû altérer son ouïe, et son corps mettait plus de temps à récupérer dû au choc, cela ne l'inquiétait pas vraiment.
La main souleva la sienne, et il comprit qu'on la levait vers un visage, et son cœur s'emballa alors que la lumière se faisait dans son esprit. Il déposa doucement ses doigts sur la peau face à lui, et reconnu immédiatement le petit nez, et les cheveux en bataille qui se trouvait face à lui : c'était Stiles.
Mais il ne comprenait toujours pas pourquoi ils étaient tous les deux dans le noir... Et ne pas pouvoir utiliser son odorat et son ouïe était réellement handicapant.
– Je ne comprends pas, essaya-t-il de dire mais encore une fois il ne fut pas certain de ce qu'il disait.
A nouveau, Stiles lui prit la main, et il le sentit écrit : B, L, E, S, S, U, R, E.
– Quoi ? Tu es blessé ?! Paniqua-t-il et ses mains se mirent brutalement à bouger sur le plus jeune, mais Stiles se déplaça, l'arrêtant dans son mouvement pour lui attraper la main.
Et ce qu'il écrivit le laissa encore perplexe : T, O, I. Il secoua la tête, avant de se rappeler qu'ils étaient tous les deux dans le noir, comme des idiots. Pourtant, Stiles lui reprit la main : Y, E, U, X.
Alors la lumière se fit dans son esprit, et comme apeuré, il releva doucement ses mains vers son propre visage, et à peine effleura-t-il ses paupières qu'il lâcha un grognement.
Il comprit donc ce que Stiles essayait de lui dire : il ne faisait pas noir, c'était lui qui ne voyait plus rien. Il était dans le noir total.
TO BE CONTINUED
J'espère vous avoir captivé, aha.
