Je jure qu'il y a un scénario ! Mais il y aura Loki\April au premier plan.

Merlin avait gracieusement proposé que la réunion au sommet se déroule dans un de ses châteaux. Ce château, comme tant d'autres choses à Everworld, était une aberration en soit. Il s'agissait d'un château fort typique, à l'image de celui de Galaad mais il semblait avoir été taillé dans un seul bloc de pierre d'un blanc éclatant. Toiture, écurie et cour extérieure comprises. L'effet était…saisissant. BAE. Ce qui était loin d'être désagréable en revanche c'était la dimension humaine du château. Merlin malgré ses pouvoirs était humain, et ne devait pas dépasser le mètre soixante-dix. Un petit grand père. Comme toutes les mamans du monde disent « Il ne faut pas se fier aux apparences ». Surtout avec le plus grand magicien d'Everworld.

Les objets et meubles avaient des dimensions respectables, il était possible de voir la fin d'un couloir et les escaliers ne donnait pas envie de pleurer par anticipation. Par contre les dieux râlaient. Ils avaient du mal dans ces conditions à évoluer en gardant toute leur splendeur et leur « grandeur ». Ils se bornaient donc à faire 2 mètres, les pauvres. Merlin leur avait également interdit toute démonstration de force. J'en avais croisé quelques uns errant comme des âmes en peine ; comme des adultes coincé dans une cabane d'enfant. Pensez donc, quand on à huit bras ou une chevelure de flamme (littéralement) on a besoin d'espace pour ne pas tout renverser ou tout cramer sur son passage. Personnellement avec mes deux bras et mes deux jambes, du haut de ma taille humaine j'étais parfaitement heureuse et éprouvait même un sentiment de satisfaction mesquin à l'idée de dieux se cognant la tête aux dessus de porte. Mais pour l'instant je ne faisais pas trop la maligne.

Les garçons étaient partis avant moi au « conseil des Jedi » pour reprendre l'expression de Christopher. J'avais passé une demi-heure à trouver une tenue convenable (c'est-à-dire ou je ne serais pas à moitié nue) mais néanmoins assez féminine (on est futile ou on ne l'est pas) qui me permettrais de garder mon épée, un cadeau d'Etain, à porté de main et également de courir très vite en cas de besoin. La servante m'avait finalement fait enfilé de force une robe assez légère, largement fendue jusqu'aux cuisses dans un tissu (alléluia) opaque. J'avais gardé mes inséparables baskets et j'avais mon épée solidement accrochée à une fine ceinture autour de ma taille. Je me consolais en me disant que les fentes autorisaient plus de liberté de mouvement. Et le vert de la robe m'allait très bien. J'étais satisfaite de ma tenue mais…j'étais perdue. Et sacrement en retard pour la réunion, même si je n'y étais pas du tout indispensable. David, Christopher et Jalil devait être en train de gérer du mieux qu'il le pouvait les immortels en essayant de les amener sur un terrain d'entente (de préférence notre point de vue) et moi je tournais lamentablement en rond.

-Lamentable en effet, ma confirma une voix traînante derrière moi.

Dire que je sursautais serais un euphémisme. Je connaissais trop bien cette voix. Généralement elle commandait à des trolls (êtres répugnants) de me tuer, de tuer mes amis, de tuer nos alliés et de tuer tout être humain agaçant (c'est-à-dire tous sans exception pour elle) sur son passage. Je plaquais un faux sourire aimable sur mon visage.

-Seigneur Loki, saluais-je en me retournant.

Ma voix était trop rapide. Il ne fallait pas que je montre ma peur à cette créature. Elle aimait trop ça. Je respirais un grand coup et me redressait. Après tout c'était censé être un allié maintenant.

Il était beau…comme un dieu. Mais pas n'importe quel dieu. Le dieu du mal et de la destruction. Il ressemblait un peu à un ange déchu. Ses longs cheveux blonds or encadraient un visage parfaitement ciselé aux pommettes saillantes, masculin sans l'être…trop. Il avait des yeux gris arrogants et glacials. Il n'était pas vêtu comme un guerrier contrairement aux autres dieux nordiques. Il n'avait même pas d'arme. L'arme de Loki était son intelligence. Il était plus rusé, plus subtil que tous les autres dieux que je connaissais. Et généralement s'employait à utiliser ses capacités pour nuire à autrui. Il avait tué Galaad, le parfait chevalier. Il m'avait récemment sauvé la vie aussi. A propos …Je pris une profonde inspiration.

-Merci d'avoir empêché Hel de me …

Je n'ai pas pu finir ma phrase. Je ne voulais pas penser à ce qui aurait pu arriver.

-Tout le plaisir était pour moi, répliqua t-il avec un sourire narquois, ayant l'air de quelqu'un faisant une plaisanterie que lui seul comprenait.

Impossible d'être à l'aise avec lui, allié ou non.

-J'ai cru comprendre que vous vous étiez perdu. Je vous prie de me permettre de vous servir d'escorte jusqu'à cette barbante réunion imposée par l'enchanteur.

Pause. Qu'est ce que c'était que ce scénario ? M'escorter ? La seule menace immédiate que je voyais dans les parages c'était lui, le grand méchant dieu nordique de la destruction. Mais je me voyais mal l'envoyé paître. Et sans doute que lui avait le sens de l'orientation .Au pire il pouvait toujours passer à travers les murs. Même si Merlin serait sans doute fâché de voir son château détruit.

Il me tendit son bras sans se départir de son air amusé. Je fis mine de l'ignorer.

« Merci beaucoup monsieur Loki, répondis-je poliment en restant à distance respectueuse.

S'il décidait de m'attaquer je ne vois pas ce que j'aurais pu y faire. Ce n'est pas mon épée, offert par une princesse elfe ou pas, qui l'empêchera de me réduire en pièce s'il le désirait.

-Allons, pas de manière entre nous, ma chère. Prenez mon bras. Il y à des irrégularités dans le sol de cette…demeure. Il ne faudrait pas que vous vous blessiez.

« N'ai pas peur mon enfant, c'est pour mieux te manger ». Il n'y avait pas la moindre irrégularité dans le sol. Je me sentais de plus en plus comme un lapin coincé dans un terrier de Renard. A conte cœur je finis par poser ma main sur son bras. Premièrement car je souhaitais vraiment assister à la réunion, ensuite car il était hors de question de montrer le moindre signe de crainte à cet individu. Je le regardais dans les yeux et souris.

-Et bien, en route monsieur Loki.

Il avait l'air de plus en plus amusé. Il fit volte face, m'entraînant avec lui. Apparemment j'étais partie dans la mauvaise direction. Nous marchâmes un temps en silence.

-Essayer de vous introduire chez ma fille était une idée stupide.

Non, vous croyez ?

-Je n'ai pas encore décidé si vous étiez tous le quatre incroyablement stupides ou incroyablement courageux.

-L'un va souvent avec l'autre.

Je le pensais sincèrement.

-Vous êtes très différents des autres mortels…

-Nous ne nous comportons pas comme des moutons vous voulez dire ? En effet nous n'avons pas été éduqués pour nous courber devant des dieux de pacotilles jouant aux tyrans.

Je regrettais mes paroles dès qu'elles eurent quittées ma bouche. Contre toute attente Loki s'esclaffa. Il ne sépara pas ma tête de mon corps. Non je le faisais rire. J'avais trouvé ma vocation : April bouffon des dieux ! Christopher n'allait pas apprécier la concurrence.

-Parler moi de votre monde. A qui les gens doivent ils allégeance désormais.

-Euh...A la constitution des Etats-Unis.

La situation passait d'étrange et inconfortable à totalement irréelle.

-Pour moi il y a les dix commandements aussi, continuais-je.

-Avez-vous un époux ?

Hein ? Qu'est ce que c'était que cette question ? Qu'est ce que ça venait faire dans cette conversation ?

- Non, lâchais-je un peu désarçonnée.

-Pourquoi donc ? Vous ne répondez pas aux critères de sélections de votre monde ?

Je vis rouge. Vous connaissez les idées reçues sur les rousses qui s'enflamment en un instant ? Ce Dieu nordique avait réussi à appuyer sur le détonateur. Je retirais ma main de son bras et lui fis face. Enfin fis face à son torse car il devait bien atteindre les deux mètres.

-Pour votre gouverne, monsieur Loki, je réponds parfaitement aux critères de sélection de mon monde. J'ai eu plusieurs petits amis Dans mon monde on ne se marie pas à 17 ans voilà tout. On considère que les femmes sont bonnes à autre choses qu'à tenir une maison et faire des enfants.

Il répondit à ma diatribe par un sourire étincelant qui dévoila des dents hollywoodienne.

-Vous êtes sévère avec Everworld. Les femmes ne sont pas bonnes qu'à ça. Elles ont aussi une grande utilité dans la chambre à coucher.

-Je suis surprise qu'il y ait des femmes qui acceptent d'entrer dans une chambre à coucher avec vous.

Ce type donnais envie de fuir à l'autre bout de la planète à n'importe quelle personne saine d'esprit.

-Je suis un dieu.

-Pas le mien.

-Je le vois.

Il me représenta son bras. Je le fusillais du regard et me dirigeais d'un pas décidé dans ce que j'espérais être la bonne direction. Il m'emboîta le pas.

-Vous devez être à mon bras pour entrer dans la salle où la réunion se tient.

Je stoppais net.

-Et pourquoi donc, monsieur Loki ?

-Je suis persuadé qu'une bonne partie des dieux présents seraient ravis d'ajouter une femme de l'ancien monde, une des prophètes d'Everworld, à leur…cour. J'ai ouïe dire que Bâl avait un harem dont il était particulièrement fier. Il serait ravir d'acquérir une pièce aussi rare que vous. Surtout que vous êtes loin d'être repoussante.

Il me jaugea de la tête au pied d'un regard de connaisseur. Je devais être rouge comme une tomate.

-Il serait donc préférable pour vous de montrer que… vous êtes déjà prise.

D'accord. Respire April, respire. Une deux, une deux. J'avais envi de hurler. La féministe en moi rugissait d'indignation. Mais Etain et son sort étaient bien présents dans mon esprit. Si prendre le bras de Loki quelques instants me permettait d'éviter de faire l'objet de transaction c'était un moindre mal. Je n'allais pas instaurer la parité à Everworld en quelques jours, mais je me promis intérieurement que dès que l'affaire « néo nazis en liberté » et la guerre contre les extra terrestre envahisseurs serait finies je lancerais un mouvement militant pour le droit des femmes dans ce monde de purs macho.

En attendant je pris le bras de celui par qui, quand on y réfléchit, tout était arrivé.

Je vais essayer de faire des chapitres plus longs, promis.