Chapitre 1 :
Le regard argenté se posa sur celui brun qui se tenait en face de lui. Juste quelques pas. Seulement, quelques pas les séparaient l'un de l'autre. Un grognement sourd s'échappa de sa gorge. Il avait faim, il avait soif. Approche ! Il se traina sur le sol. Son propre sang se répandait sur le sol. Sa veste en cuir lui brulait la peau, il avait si chaud. Juste un pas et enfin il l'atteindrait. Mais elle était à la lumière du soleil. Si faible… Il ne pourrait pas se protéger de cette lumière aveuglante et si forte. Elle brûlerait sa peau. Mais… si faim… Il avait si faim. Juste un pas le séparait de cette félicité.
Viens, n'ait pas peur !
Son bras traversa la lumière du soleil, et s'agrippa à celui fin de la jeune fille. Il l'attira à lui. Il se retrouva avachi sur le sol, elle entre ses jambes. Son souffle était faible, son regard embué. Et le sang l'enivrait. Il se redressa et lécha la gorge qui lui saurait bientôt offerte. Ses mains se plaquèrent contre les omoplates de la jeune fille. Puis brusquement, il fendit la peau. Le sang se déversa dans sa gorge apaisant aussitôt les brûlures de son corps. La jeune fille gloussa. Elle rejeta la tête en arrière. Il continua de s'agripper à sa proie, elle était sa survie. Ses blessures une à une se refermèrent. L'adolescente posa ses mains sur les épaules du jeune homme. Elle s'approcha de son oreille.
_ Ne boit pas tout, sinon je vais devoir boire de ton sang, Lucas…
Ledit Lucas, releva la tête et croisa le regard sage de la jeune fille.
_ Mais c'est si bon, Maïa. Juste une gorgée de plus.
Maïa ne put s'empêcher de rire. Elle le repoussa.
_ Tu en as eu assez ! Tes blessures sont toutes refermées.
Lucas fit la moue, mais capitula. Il lécha la plaie. Plus une trace de sang. Satisfait, il se releva. Maïa l'imita. Elle sourit en voyant ses lèvres rougit par le sang. Un vrai petit enfant. Elle se hissa sur la pointe des pieds. Et suça les quelques gouttes de sang.
_ Il va bientôt faire nuit… Mais qu'as-tu fais pour revenir dans un état pareil ? demanda curieuse Maïa.
Lucas détourna les yeux. La jeune fille tentait de le sonder. Le jeune homme se racla la gorge et s'extrayait de la ruelle sombre.
_ Il faudrait rentrer, Cain risque de se mettre hors de lui si jamais on arrive en retard…
Maïa fronça les sourcils. Puis, soudainement, elle comprit. Elle attrapa le bras de son frère, le regard flamboyant.
_ Ne me dit pas que tu es partit tout seul te battre !
Lucas fuyait son regard. Maïa fronça les sourcils. Si tête de mule… Elle le relâcha en soupirant. A quoi bon le sermonner ? Il n'écouterait rien de toute façon…
_ Aller, rentrons.
Maïa passa son bras sous celui du jeune homme, voulant sans doute l'empêcher de s'enfuir. Lucas leva les yeux au ciel, puis regarda tendrement sa petite sœur. La plus réservé d'eux tous, celle qui ne sa battait quand cas de nécessité et qui faisait tout pour tout le monde. Il embrassa le sommet de son crâne et la lumière caressa leurs corps. Il rit de cette histoire et raconta des idioties à sa belle petite sœur. Celle-ci ne faisait qu'esquisser des sourires, mais au moins l'inquiétude avait quitté son regard brun.
Ils pénétrèrent dans l'immeuble à quatre étages sans ascenseur. Ils montèrent les escaliers jusqu'au dernier étage. Maïa sortit ses clefs, et ouvrit l'appartement. L'odeur du sang les frappa tout deux. Ils échangèrent un même regard. Maïa referma la porte silencieusement. Elle s'avança lentement dans l'appartement. Lucas, lui, sortit un couteau de sa poche. Du bruit provenait du salon. Une ombre se dessina sur le sol. Elle approchait. Le jeune homme se déplaça rapidement et silencieusement jusqu'au mur qui cachait l'homme ou la femme. Maïa fixa l'ombre puis acquiesça. Lucas d'un mouvement rapide abaissa son bras qui fut arrêté net. Il fut mis à terre en quelques mouvements. Une adolescente se tenait au dessus de lui, la peau ruisselante, les cheveux noirs retenue en queue de cheval. Un débardeur violet couvrait son torse tandis que ses jambes portaient un jogging blanc. Entre ses lèvres pulpeuses se trouvait une poche de sang qu'elle buvait avidement. Son regard émeraude luisait. Ses yeux se levèrent sur la jeune fille restée en retrait.
_ Est-ce une façon de dire bonjour à sa sœur ?
_ On a cru qu'un voleur était entré…répondit Maïa. Mais où as-tu eu cette poche de sang ?
Lucas se réveilla de sa surprise. Il souleva sa sœur et la renversa sur le sol, le poing près à frapper.
_ Tu croyais vraiment m'avoir petite Tess ? Ricana Lucas.
Tess grogna et leva son genou l'enfonçant dans le ventre de son adversaire. Celui-ci émit une plainte, et relâcha sa prise un court instant. La proie se releva près à se défendre. Un sourire moqueur étira les lèvres de l'ennemi. Il se releva d'un bond. Il lança son pied que sa sœur stoppa à l'aide de ses deux mains. Lucas en profita. Avec vitesse il se propulsa contre elle et la plaqua contre le mur. Il lui arracha sa poche de sang et en but aussitôt une gorgée. Il relâcha sa prise.
_ Hé ! C'est à moi, s'indigna Tess.
Elle se mit à sautiller sur place sans faire attention au regard noir de sa sœur.
_ Où as-tu trouvé cette poche de sang ? répéta celle-ci.
Tess s'arrêta. Elle pencha la tête sur le côté. Son regard perdait de sa lumière.
_ A l'hosto'.
Maïa leva les bras au ciel prête à faire la morale, mais Tess lui coupa la parole avant même qu'elle n'est ouvert la bouche.
_ Elle était posé solitaire sur une table et elle m'appelait. « Bois-moi, bois-moi ! »
_ Et bien sûr, tu t'es fait un plaisir de lui obéir, renchérit l'aînée.
Tess haussa les épaules.
_ Bah, ouais. Le sang s'est comme du chocolat, mais en mieux. C'est bien mieux même que toutes les sucreries du monde.
Maïa sourit. Elle avait raison, rien ne pourrait jamais être meilleur que le sang. Elle tendit la main. Lucas et Tess la regardèrent suspicieux.
_ Je peux en boire un peu ?
Lucas lui lança la poche et Maïa but jusqu'à la dernière goutte. Tess sauta sur sa sœur avant qu'elle n'est eue le temps de lécher ses lèvres et s'empressa de goûter aux quelques larmes de sang. L'adolescente laissa fondre sur sa langue les gouttes.
La porte d'entrée s'ouvrit à la volée. Les trois têtes se retournèrent d'un même mouvement. Un regard froid et luisant se posa sur les trois plus jeune. Le regard de Maïa se baissa sur le sol. Son frère aîné le remarqua à peine.
_ Le soleil se couche. Préparez-vous. Maïa c'est ton tour pour le dîner.
Maïa acquiesça. Pendant que les autres allèrent se vêtir, elle se rendit en cuisine. Elle prépara des biftecks et des pommes de terre. Son frère était là. Il emplissait la cuisine de son odeur de mâle. Il était le dominateur. Elle n'avait pas le droit de désobéir.
_ Où… es-ce qu'on va, Cain ?
Maïa se concentrait sur les pommes de terre tentant d'oublier la présence de son aîné. Elle se sentait oppressé et sans issu. Elle ne voulait pas l'avouer, mais elle avait peur. Elle était nerveuse et mal à l'aise. Elle ne savait pas se qu'il pensait. En fait elle ne savait rien… Rien de lui.
_ La rue nationale.
La jeune fille tourna les yeux. Il était adossé au mur, une bière en main. Son regard froid était posé sur la vitre. Le soleil se couchait. Le soleil se couchait toujours et pourtant… Elle ne désirait qu'une chose : que le jour ne fasse jamais place à la nuit. Un soupire lui échappa. Son frère haussa un sourcil. Elle ne le remarqua pas.
_ Hum… ça sent bon ! Dit Maya, je peux goûtée ?
La jeune fille surprise, sursauta. Elle se tourna vers sa sœur et serra les dents.
_ Ne me faits plus jamais une peur pareille !
La gamine ne s'excusa pas. Elle regarda dans la poêle et huma l'odeur des steaks. Puis une moue boudeuse se dessina sur son visage. Elle s'adressa à son frère d'une voix plaintive.
_ Pourquoi on mange pas les steaks crus ? C'est pas bon cuit ! Y'a même plus de sang !
Maya se retira dans sa chambre sans même écouter les propos de son frère. Les vêtements sombres l'attendaient. Ils étaient là, dans son armoire, cachés parmi les autres vêtements. Et chaque nuit elle les retrouvait. Ces vêtements qui épousait son corps à chaque couché du soleil. Elle retira le cintre. Elle caressa le cuir de son manteau. Cette nuit comme chaque nuit, ses mains seraient sales. Sa gorge serait rassasiée et… elle aimera ça ! Elle aimera ce qui allait arriver. Elle ne pouvait empêcher la peur de s'insinuer en elle. Que ce passerait-il ? Elle l'ignorait, mais elle savait qu'elle serait toujours debout demain. Elle savait que nuit après nuit elle serait toujours vivante.
Par delà la fenêtre, par delà les rideaux rouge, le soleil touchait l'horizon.
Il est l'heure !
