Chapitre 1
Flash back : ce qui est arrivé à Jacob
pendant sa période Loup
POV nouveau personnage - Mewena
Cela ne me dérangeait pas de vivre seule au milieu de la Forêt. La seule vraie frousse était plutôt venue de deux chasseurs en mal de tendresse que des animaux sauvages. Quelques lancés de couteaux les avaient bizarrement calmés. La scène s'était déroulée dans un silence total. Aucune parole n'avait été échangée. Les intentions des deux hommes en vestes à carreaux avaient été claires, ma réaction tout autant. Mes couteaux étaient un peu spéciaux : longs, fins, allongés, très équilibrés et très aiguisés : le fait de tailler des branches de bouleau jaune en tournoyant les avaient définitivement fait fuir.
Pendant quelques temps, j'avais été tranquille.
Même l'énorme loup brun-roux que j'avais croisé quelques jours plutôt ne m'avait pas posé de problème : il m'avait regardé fixement, longtemps, avec un regard presque humain. Puis il était reparti. Il était anormalement grand. C'était la première fois que je voyais un loup de cette taille.
Puis quelques jours s'étaient passés.
Il m'arrivait parfois dans ce monde végétal vide d'humain d'aller plonger dans un petit lac de montagne, proche de ma cabane. Je me savais seule alors j'osais me baigner nue.
Seulement voilà, un jour les deux grosses brutes refirent leur apparition. Ils ne s'étaient pas éloignés autant que je l'avais cru.
Ils avaient attendu que je sois dans l'eau froide, très froide, du lac de montagne. Ils s'approchèrent lentement du bord, et sans se presser, ils prirent mes vêtements : faut-il préciser que leurs intentions n'étaient pas forcément bienveillantes ? Ils commencèrent par enlever leur veste à carreaux. Sans ambigüité !
Ils attendirent tranquillement sur la rive. Où aurais-je pu aller ?
Mes chances de survie dans cette eau froide en s'échappant sur l'autre rive à la nage étaient plus que compromises : nue dans le vent froid… Ils le savaient. Ils n'avaient plus qu'à attendre.
Fuir ou affronter ?
Je n'avais pas mes couteaux. Ils le savaient aussi. Alors je me dirigeais lentement vers les deux hommes. Je me plantais devant eux, dégoulinante d'eau, en apparence pas gênée par ma propre nudité. Le froid me fit monter la chair de poule et mes bouts de sein se tendirent par l'action du froid. Les deux hommes fixèrent avidement ma poitrine.
Je me mis en position de combat, en espérant les impressionner. Ils avancèrent, un sourire salace aux lèvres, sûrs de leur force et de leur supériorité.
Un étrange grognement les fit se retourner.
Un énorme loup brun-roux s'approchait d'eux, il fixait intensément les deux hommes. En même temps qu'eux, j'écarquillais les yeux.
Le loup bondit et atterrit d'abord sur le premier homme, ensuite sur le deuxième. Ils s'étalèrent sur le sol brutalement. Le loup se mit entre eux et moi. Ils se relevèrent difficilement en grimaçant. Le loup se remit à grogner, cette fois en montrant les dents de manière féroce. Les deux hommes détalèrent le plus rapidement qu'ils leur étaient possible.
Le loup courut derrière eux.
Très vite, je ne les vis plus. J'en profitais pour reprendre mes vêtements et me rhabiller. Soudain, j'entendis une déflagration et un énorme hurlement douloureux, suivi d'un grognement. Je me précipitais vers l'endroit. Entre deux rochers, le loup avançait, babines retroussées. Il perdait du sang en abondance sur son flan droit. Me voyant arriver (j'avais récupéré mes couteaux), les deux hommes se regardèrent, regardèrent leur fusil se trouvant loin d'eux au sol, et ils se mirent à courir.
Il y eu un temps de suspension. J'entendais la respiration difficile du loup, il se mit sur son flanc gauche en gémissant.
Je m'approchais doucement de lui. Il me regarda m'approcher sans signe d'agressivité. Je m'adressais à lui doucement :
« Là, ça va aller, laisse-moi regarder »
Je mis doucement ma main dans sa fourrure pour écarter les poils. J'ouvris grand les yeux :
« Mais, la plaie se referme déjà…..Mais qui es –tu toi ? »
Le loup essaya de se relever, mais il avait perdu beaucoup de sang. Il était faible.
Il s'écroula sur le sol. Il commença a avoir des petits soubresauts de tous ces muscles.
Sa respiration était saccadée et forte.
Est-ce que j'avais la berlue ?
Ses contours devenaient ...flous. Je frottais mes yeux.
Et puis, à sa place, maintenant, gisait un humain !
Un homme jeune à la puissante musculature, ma foi, fort beau garçon et...nu !
Pas d'affolement, il était dans les vaps, comment est-ce que je pouvais faire pour le transporter ?
Il ne devait pas être léger, en humain, en loup non plus d'ailleurs.
Je me surpris à envisager sereinement qu'il pouvait être effectivement à la fois le loup, et l'humain !
