Et voilà (enfin) la suite. Ça m'a pris un certain temps, mais bon, j'avais prévenu!
Désolée pour le taillage de steack que certaines attendaient, mais il faut d'abord que je mette tous les persos en place, et comme rien n'est en place dans mon cerveau (héhé), il faudra attendre un peu...
J'apporte une rectification pour la saison, en fait, l'histoire se déroule durant la troisième, après le 3X08 "McKay & Mrs Miller" et avant le 3X09 "Phantoms" et elle s'étend sur une durée indéterminée. Enfin, vu que je pioche des trucs dans les épisodes que j'ai vu et que je n'en fait qu'à ma tête après, il vaut mieux ne pas trop en tenir compte, mais un peu quand même. (Je vous avais dit que c'était le bordel là-haut!)
Sinon, je l'ai déjà dit, mais je me répète : Merci pour les reviews!!!!
Et merci à Charlie : Un truc que j'adore chez toi, c'est le (boulet) que tu réussis à caser dans toutes tes reviews... Et tes reviews, parlons-en : sur toutes les fics que je lis, je vois que Charlie à déjà laissé un commentaire désopilant! Alors sur une des miennes, ça met de bonne humeur pour la journée! Enfin, bref, je pense que tout le monde m'a compris.
Le même jour, sur Terre
John ferma les yeux et inspira profondément. Bon Dieu, qu'est-ce qu'il pouvait détester ça ! Il avait préféré marcher au lieu de louer une voiture. "Pour prendre l'air", c'était ce qu'il avait dit à Elizabeth. Mais il devait admettre que c'était simplement pour retarder l'échéance. Il avait flâné, il avait essayé de profiter de la température exceptionnellement douce pour la saison (et pour le pays), il avait perdu le maximum de temps... Mais il avait fini par y aller.
Il se trouvait devant cette maison et ce qui allait arriver lui fichait la trouille plus sûrement que si une horde de wraiths l'attendait derrière la porte.
Il rouvrit les yeux, prit son courage à deux mains et sonna. Quelques secondes plus tard, une adorable fillette ouvrit la porte et le détailla de haut en bas.
- Tu m'as apporté un cadeau ?
-Madison !
Jean Miller entra dans son champ de vision et pendant qu'elle sermonnait sa fille, Sheppard tenta tant bien que mal de se donner une contenance. Cette gamine devait rendre folles toutes les grand-mères du coin ! (1)
Après avoir envoyé Madison auprès de son mari, Jean sembla réaliser que quelque chose clochait.
- John, mais qu'est-ce que vous faites dans le coin ? Mer ne m'a pas...
Elle s'interrompit. John essaya de commencer une phrase.
- Je suis désolé Jeanie, si je suis ici, c'est parce-que...
Et merde, depuis quand sa voix tremblait comme ça ? Il déglutit difficilement et vit un éclair de compréhension passer dans les yeux de la soeur de McKay. Elle pâlit soudain.
- Toutes mes condoléances.(2)
- Oh mon Dieu...
Elle s'accrocha d'une main au mur comme si ses jambes ne la portaient plus. Puis elle éclata en sanglots et John la prit dans ses bras en lui tapotant maladroitement le dos pendant qu'elle lui débitait en hoquetant tout un charabia (3) auquel il ne comprit rien à part peut-être une histoire de dinde-tofu.
C'est à ce moment qu'il aperçut Kaleb Miller. Il avait apparemment assisté à toute la scène et regardait sa femme d'un air attristé.
Sheppard et Jean étaient maintenant assis dans le salon autour d'un café. Kaleb avait emmené sa fille au parc quelques minutes auparavant.
- Je suis désolée pour..., elle fit un signe de tête en direction de la porte. Ça n'est pas vraiment dans mes habitudes.
John leva le nez de son café et arrêta de touiller le sucre qui avait fondu depuis longtemps .
- Ne vous inquiétez pas.
Il lui fit un sourire un peu triste.
- Disons que ça restera entre nous.
Elle ricana et renifla. Il lui tendit un mouchoir (4).
- J'ai au moins réussi à vous dérider un peu.
John replongea dans son café et recommença à jouer avec sa petite cuillère, puis elle se mit à parler.
- Vous savez, ce n'est pas tant le fait qu'il soit mort que le fait que tant de choses n'aient pas été dites.
Arrêt de la petit cuillère. Deuxième levage de tête. Jean se moucha.
- J'ai réussi à le faire passer pour un mauvais frère devant vous tous, mais je n'ai pas été mieux de mon côté. Il n'a simplement pas accepté le choix que j'ai fait il y a 4 ans tout comme je n'ai pas accepté le sien à l'époque où on pouvait encore se considérer comme frère et soeur.
John la regarda d'un air dubitatif. Elle soupira. Il se dit que ça devait être de famille.
- Oui, vous savez, quand on était plus jeunes... disons que... Rodney... Enfin, pour faire simple, il a choisi de vivre en totale opposition avec ce que nos parents nous ont appris. Il n'a respecté ni leur mémoire, ni leur enseignement, et c'est ce qui a commencé de nous séparer, avant même que je ne décide d'arrêter mes études. Plus tard... je ne sais pas si je fais bien de vous dire ça, mais... je lui ai fermé ma porte alors qu'il était à la rue et sans le sou.
Sheppard lâcha la cuillère pour de bon cette fois-ci.
- Il ne m'en a jamais reparlé même si je sais qu'il ne m'a pas pardonné, et c'est légitime... Je ne sais toujours pas comment il a fait pour s'en sortir. Je m'en veux tellement! Il avait fait le premier pas vers la réconciliation avant mon retour sur Terre, et c'était à moi de faire le suivant. J'aurais tant voulu qu'on se comprenne, mais on était si différents l'un de l'autre qu'on n'a jamais réussi. En dehors du lien fraternel, nous n'avions rien en commun, Mer et moi. Hormis cet amour vicéral qu'on éprouve obligatoirement pour son frère, on ne s'est jamais aimé, simplement parce que c'était comme ça.
Jean releva enfin la tête pour croiser le regard surpris du lieutenant-colonel.
- Vous me comprenez ? lui demanda-t-elle.
- Oui. Enfin, je crois, répondit-il en fronçant les sourcils, avec une petite grimace.
Elle sourit. Même dans les pires situations, il fallait qu'il fasse de l'humour.
- En réalité, ce qui me trouble, c'est que le Rodney que vous me décrivez, j'ai l'impression de ne pas le connaître, continua-t-il. Je me rends compte qu'en fait, je ne savais rien de lui, à part ce que vous m'en avez dit sur Atlantis et maintenant.
Jean secoua la tête avant de rectifier :
- Je ne le connaissais pas mieux que vous. On a été élevés ensemble, c'est tout, malgré ce que je voulais bien croire. Mer l'avait compris depuis longtemps. Regardez, j'ai même été surprise quand vous m'avez montré cette vidéo de lui ! s'exclama-t-elle. Il était très secret et se renfermait dans une carapace, ça j'en suis sûre. Mais pour ce qui est de savoir ce qu'il y avait en dessous... Je n'en ai aucune idée.
Elle rit amèrement.
- Peu de personnes peuvent se vanter de connaître Rodney McKay. Le Dr McKay, oui, mais c'est tout.
John la fixa un instant avant de dire :
- Vous ne m'avez pas demandé comment il est mort.
- Eh bien, je suppose que c'est classé secret défense, répliqua-t-elle. Et puis... je ne suis pas sûre de vouloir savoir.
Elle se mordit la lèvre.
- Est-ce-qu'il a souffert?
John hésita.
- Je ne vais pas vous mentir, finit-il par répondre. Pour avoir subi la même chose, bien que j'y aie survécu, je peux vous dire que c'est très douloureux (5). Je n'ai malheureusement pas le droit de m'étendre sur les conditions de sa mort.
Un long silence s'installa que John finit par briser :
- Y-a-t'il d'autres personnes à prévenir ? Des proches, ou d'autres parents... Il n'y a aucune famille dont il est fait mention dans son dossier, à part vous et vos parents qui...
- Sont décédés il y a 20 ans dans un tragique accident de voiture, termina Jean comme si elle récitait une leçon.
Sheppard grimaça.
- Oui... Encore une chose que j'ignorais à propos de votre frère...
- Pour répondre à votre question, je me chargerais de prévenir ceux qui doivent l'être, si ça ne vous ennuie pas, déclara-t-elle en prenant leurs tasses et en partant vers la cuisine.
John fut surpris de cette attitude, mais n'en montra rien. Resté seul dans le salon, il se mit à réfléchir à ce qu'avait bien pu faire Rodney pour que sa soeur aille jusqu'à le laisser dormir dehors. Et pourquoi ses parents auraient-ils désapprouvé ? Jeanie avait soulevé tellement de questions qui resteraient apparemment sans réponses... Et elle n'avait pas l'air d'avoir envie de le mettre dans la confidence. Il se leva et la rejoint dans la cuisine. Peut-être valait-il mieux ne rien savoir après tout...
Quelques heures plus tard, à New-York, dans un appartement poussiéreux, un téléphone sonnait. La messagerie se mit en route, une voix féminine résonna dans le silence :
Hey! Vous êtes bien sur le répondeur de Riley Hawkins. Je suis pas là pour l'instant et sûrement pour un bout de temps encore, alors vaut mieux pas laisser de message, sauf si vous savez pas où me contacter ailleurs qu'ici. Sur ce, si vous avez pas encore raccroché, je vous laisse avec le bip sonore.
- Riley, c'est Jean Miller, la soeur de Rodney. Je n'avais que ce numéro pour te contacter, alors... Je t'appelle justement à propos de Rodney.
TBC
(1) Je ne suis pas très branchée gamins, mais Madison est mignonne quand même... Quand elle s'accroche à Roro et qu'elle lui demande si il lui a apporté un cadeau, c'est génial!
(2) Le truc le plus débile qui soit et celui qu'on dit en premier à une personne qui vient de perdre quelqu'un. Ça m'énerve.
(3) Synonymes de charabia : galimatias, amphigouri, baragouin, largonji, loucherbem, pidgin, sabir ... sans oublier embrouillamini, méli-mélo et imbroglio. Vive la langue française...
(4) C'est fou cette capacité qu'ont les héros à toujours tout avoir sous la main au bon moment, non?
(5) Episode 3X07 "Common Ground".
Bon, ça, c'est fait. J'ai encore du mal avec la mise en page, désolée si c'est chiant à lire. Alors?
Des avis, des tomates pourries? Je suis ouverte au critiques les plus diverses...
¨P
