Chapitre Deux: Je serais quand même venue!
Mon plan ne se passa pas exactement comme prévu. De toute façon, il y avait de grosses lacunes. Au départ, je voulais filer à Pré-au-Lard, pour acheter les fournitures, mais c'était ridicule. C'était au Chemin de Traverse qu'il fallait aller. Et je n'avais pas de baguette pour appeler le Magicobus, et pas les moyens de transplaner. Je n'étais même pas une sorcière! Tout allait mal.
Néanmoins, je n'allais pas en pleurer. Mais il fallait que je rentre chez moi. Ma mère ne s'inquièterait pas, mais mes amis, si.
Je vagabondais comme une âme en peine dans le château. J'avais croisé plusieurs personne, et on s'était moqué de ma tenue de moldue. J'avais répliqué su tac au tac sans hésiter, et certains étaient repartis rouge de honte. Et vlan.
C'est alors que ce fut à moi d'avoir la honte de ma vie. J'entrai dans quelqu'un, et, pour la troisième fois de la journée, poussai un léger cri. De longs poils brun argentés m'entrèrent dans le nez et je reculai d'un coup. Un vieux. J'étais entrée dans un vieux au regard bleu perçant, au nez aquilin, avec des lunettes en demi-lune posées dessus. Je plaquai une main sur ma bouche. Dumbledore. J'étais face à celui qui avait vaincu Grindelwald, face à l'homme qui avait aidé Nicolas Flamel à réaliser la pierre philosophale désormais détruite.
- Excusez-moi… je n'ai pas regardé.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas parlé avec autant de respect pour quelqu'un. Il me sourit avec bienveillance, lorsque je me rendis compte que si quelqu'un pouvait m'aider, c'était lui.
- Dites euuh… vous voulez bien que je vous parle s'il vous plaît?
Il parut amusé.
- C'est ce que tu fais en ce moment…
Apparemment, il se croyait drôle, et voulait mon nom. Je le lui offris:
- Sawyer. Millie Sawyer. J'aurai dû préciser: dans un endroit où personne ne peut nous entendre?
Il haussa un sourcil, mais il devait être curieux. Normal, pour un ancien Gryffondor. La curiosité est un vilain défaut, papy… soudain, j'eu peur qu'il ait utilisé la legilimencie contre moi, mais il ne changea pas d'expression. Oups, désolée, je suis désolée, ne m'en veuillez pas… j'ai un langage pas très recommandable, je suis moldue, vous voyez…
STOP! Il fallait cesser ce monologue intérieur, sinon j'étais bonne pour l'asile. Je secouai la tête, et lui me guida vers une salle de classe vide, qu'il ferma derrière lui. Il s'assit sur une chaise, décontracté, et croisa ses longs doigts sur ses genoux, attendant visiblement que je prenne la parole. Je me grattai la tête, gênée.
- Alors voilà. Je suis une moldue et euuh…
Il ne sembla pas surpris par ma révélation. Mon jean et ma chemise blanche attiraient-ils l'attention à ce point ou bien attendait-il la suite? Ayant l'impression d'être passée au rayon X sous le regard bleu d'Albus Dumbledore, j'ajoutai:
- Et je ne sais pas comment rentrer chez moi. En fait, de là d'où je viens, je connais toute votre histoire, ce qu'il se passera plus tard, même votre passé, et le futur de tous ceux qui se trouvent ici. Je crois pas que ce soit une excellente idée que je reste ici. Imaginez je fais une gaffe!!
Cette fois, Dumbledore parut très intrigué, mais aussi surpris. Je vis presque les rouages de son cerveau génialissime en marche. Il finit par dire:
- Je ne sais pas comment te renvoyer chez toi, Millie.
J'étais un peu étonnée. Eh oh, c'est le sorcier le plus grand de son temps oui ou non? Alors pourquoi, par la barbe de Merlin, ne pouvait-il pas me ramener chez moi? Je prenais déjà les expressions de ce fichu monde.
- Je crains que tu ne doivent t'adapter. Et, contrairement à ce que tu penses, tu n'es pas une moldue…
Je le regardai avec des yeux ronds. Cette fois, il était fou. J'étais une fille normale, moi, pas une babouine enragée armée d'un bâton! Petite expression du professeur Flitwick en passant. Je pris un air découragé.
- Et je fais quoi, moi, maintenant?
Il parut songeur un instant.
- Je vais te donner de l'argent pour que tu achètes des livres de cours. Tu iras sur le Chemin de Traverse, je vais t'expliquer comment y aller…
- Inutile, je connais, le coupai-je.
Il ne posa aucune question. Je m'en voulus un peu de m'être montrée abrupte, mais je ne m'excusai pas. Ben quoi, j'ai ma fierté à moi aussi! Le professeur sembla songeur un instant, puis murmura, à voix si basse que je fus forcée de tendre l'oreille pour l'entendre:
- Même lorsque nous croyons tout savoir de la magie, celle-ci nous détrompe lourdement…
J'en conclus qu'il n'y avait jamais eu d'autres personnes qui débarquaient soudain dans leur monde en clamant à qui mieux mieux qu'elle venait d'un autre endroit complètement différent.
Mon ventre se noua lorsque je songeais que, au final, j'étais au courant du futur, et même du passé de Dumbledore. De ce qu'il s'était passé avec Ariana, sa mère, son frère, Grindelwald, les Reliques de la Mort et tout ça. C'était assez terrifiant. Surtout en songeant que, si j'étais obligée de rester ici, je croiserai quotidiennement les Maraudeurs, comme se faisaient appeler James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow. Connaissant leur destin… saurais-je m'empêcher de le leur dévoiler? Dumbledore sembla lire dans mes pensées, et dit d'un ton abrupt:
- Vous ne devez rien dire à personne en ce qui concernera le futur. Jouez à l'élève normale. Dès que vous aurez acheté vos fournitures, passez me voir à mon bureau. Il est au deuxième étage.
- Et j'y ferai quoi, à votre bureau?
Encore une fois, j'étais impolie. Je me mordis l'intérieur de la joue, mais il passa outre et me répondit:
- Vous serez admise dans une des quatre maisons de Poudlard.
Il ne m'expliqua pas ce qu'était les quatre maisons. Visiblement, il avait compris que je savais. Enfin, normal, avec un cerveau comme le sien… n'était-il pas inquiet que je sache tous ses secrets? Moi, je serai folle de rage à sa place. Il fit un léger geste, et je compris que l'entrevue était finie. Le temps de cligner des paupières, et un sac d'or (ou de Gallions plutôt) était face à moi.
- Hagrid vous mènera au Chemin de Traverse.
Je ne protestai pas. De toute façon, il fallait une baguette pour l'actionner non? Alors je sortis dehors, hochant la tête, et courut vers la petite maisonnette dans le parc de l'école. Sans vraiment me l'avouer, j'avais hâte de voir la tête du demi-géant…
